Précédent | Suivant | Jouer

Inscrivez vous ! / Réplikultes sur Facebook ! / replikultes@gmail.com / Vous voulez entrer dans l'équipe ?

Niouzes - Commentaires

K-do de nowel

Alors wala, lors de l'IRL à laquelle j'étais présent (y en a qu'une) j'ai promis à Fefaine et Chouk de mettre en ligne une 'tite nouvelle que j'avais z'écrite, c'est une pitite histoire sans ambition ni recherche de gloire, juste pour me faire plaisir. Enjoy =D

 

   Le matin, 8h, mon crâne va exploser si on continue de tambouriner à l'intérieur, et ça se met à crier « ...ice ! Ouvrez ! ». Je me retourne, je veux retourner dans le néant de mon sommeil éthylique. Ca continue, les coups sont de plus en plus forts...de l'intérieur de ma tête le bruit se déplace lentement vers mes oreilles, mon cerveau engourdi cherche à savoir d'où provient ce dérangement. Ca y est : quelqu'un est en train d'essayer de défoncer ma porte avec ses poings. Je dois me lever, atteindre la porte et faire fermer sa gueule à cet empêcheur de cuver en paix. Mon cerveau continue son dur labeur de me ramener dans la réalité, il retrouve les nerfs reliés à mes bras, mes mains, mes jambes, mes pieds...

Comme un boxeur sonné qui tente de se relever pour ne pas être compté je m'extirpe de mon lit, j'avais pas le souvenir de m'être endormi sur un bateau. Le sol tangue, roule sous mes pieds. Je m'accroche au vide et me vautre comme une loque...je suis dans un état pire qu'une loque. Je dois atteindre la porte, les coups et les cris continuent de me vriller les tympans et menacent de faire exploser ma tête. Pourquoi aujourd'hui ? Quelques souvenirs de ma soirée remontent rapidement : les lumières, la musique, la table recouverte de verres vides...

   J'y suis, le plus dur maintenant est de me relever et d'atteindre la clé pour ouvrir la porte, le simple redressement que j'inflige à ma tête me donne l'impression d'être propulsé comme au départ de Space Mountains sauf que je ne suis pas en état de tenir le choc, un voile gris descend devant mes yeux : tant pis, il fait noir dans ma chambre ça change pas grand chose. Ca y est la porte est ouverte, la lumière du jour m'agresse mais donne un coup de fouet à mon cerveau : je suis accroché au cadre de ma porte face à deux gorilles habillés en bleu : étrange vision. « Dany Harris ? » me hurle l'un d'eux « euh...oui » « Police, nous avons quelques questions à vous poser ». Je veux bien moi, j'ai rien à me reprocher et aider la police dans son travail ne me rebute pas tant que ça, mais là maintenant ça risque d'être très compliqué. Devant mon absence de réaction l'un d'eux me bouscule et entre dans ma chambre : c'est un petit 15m² plongé dans le noir, il le balaye d'un regard et semble en conclure que ce qu'ils cherchent n'est pas ici. « Veuillez nous suivre au poste de police. » Je peux emmener mon lit ? Ils n'ont pas l'air commode et pas d'humeur à rire d'une blague. « Euh...je m'habille. »

 

   L'idée de sortir en caleçon dehors ne me tente absolument pas et malgré mon état je trouve la force d'enfiler un pantalon, un sweat et une paire de chaussures, l'idée de mettre des chaussettes ayant été immédiatement supprimée par la complexité de l'enfilage de celles-ci. Me voici dans leur voiture, comment ? Je sais pas, téléportation peut-être ? Je regarde le policier assis à coté de moi et je note que son insigne bouge, tourne, se déforme...bizarre, mais si mon esprit n'a pas de réponse cohérente à cette observation, mon estomac en à une lui, deux contractions et voilà, disparut l'insigne, fallait pas me chercher. Une série de grognements inintelligibles et hostiles m'assaillent, apparement le policier exprime son mécontentement, je le comprends, moi aussi je serais pas heureux à sa place, mais comme je n'y suis pas et que je n'ai pas complètement évacué le THC que j'ai de coincé entre les neurones je rigole bêtement. J'aurais pas dû, heureusement l'éthanol est un puissant anesthésiant.

   Arrivée au commissariat, on ouvre la porte sur laquelle je suis appuyé et je m'écroule sur le sol, une serpillère doit être plus tonique que moi en ce moment, je suis traîné sur le bitume puis sur le carrelage et jeté sur une chaise d'où je m'écroule à nouveau : le carrelage est frais, c'est agréable, je ferme mes sens et me laisse à nouveau sombrer dans un sommeil réparateur. Une vague de froid très humide et désagréable m'en arrache, c'est la deuxième fois, mais que fait la police ? Ah oui, je suis chez eux je me souviens, on m'a réassis sur la chaise, c'est marrant cette sensation de tenir en équilibre alors que je suis bien calé.

   Un policier est en face de moi, je ne le reconnais pas, j'en déduis qu'il doit s'agir d'un autre. « Vous êtes réveillé ? » « Apparement. » Et là, l'angoissse : il commence à me poser des questions, pleins de questions, très vite, j'ai l'impression que le temps s'accélère, les informations arrivent à mon cerveau mais je n'ai pas le temps de les traîter, il y a un embouteillage. « J'ai rien compris de ce que vous venez de dire. » « Ah, on veut jouer au petit malin ?! » Bin non, juste que vous ralentissiez le débit de vos paroles, pourquoi se montrent-ils tous agressifs envers moi ? D'habitude l'agressivité des gens à mon égard me stresse, mais pas là, je me sens bien, détendu...et je revois les petits bonbons roses au milieu des verres, au moins je sais d'où provient cette sensation. Je me laisse porter par mes souvenirs qui font lentement surface, tranquillement, comme des bulles qui explosent à la surface. La soirée, elle avait commencée dès l'après midi, puis la boite, les lumières, la musique à fond, les verres qui se vident, les pétards qui passent de mains en mains, mes potes qui rigolent, qui dansent, je secoue la tête au rythme de la musique, c'était une bête de soirée.

   Le plafond change brusquement de place et le sol se jette sur ma figure. Le policier hurle mais je ne comprends toujours pas ce qu'il veut, un autre entre, calme le premier, me remet sur ma chaise et s'assoit en face de moi. Il claque une ou deux fois des doigts et me demande si je suis avec lui. « Oui. » « Une de vos amies est disparue depuis 48h, vous êtes la dernière personne à avoir été vue avec elle. » Soit et alors ? Je suis pas sa babysitter...vu sa tête je me dit que j'ai dû penser un peu trop fort. « Sa mère est venue annoncer sa disparition hier soir, nous avons interrogé vos amis et vous êtes le dernier à avoir été vu avec elle. » Mais de quoi parle-t-il ? On était tous ensemble quand on est parti... « Nous connaissons vos relations avec elle et d'après ce que l'on sait vous êtes susp... » Zut j'ai décroché, de quelle amie parle-t-il ? On était douze dont la moitié était des filles...ça fait cinq de trop...j'arrive à ce résultat avec une certaine fierté, je ne m'en serais pas cru capable. J'essaye de me reconcentrer « ...vous êtes son ex-petit ami n'est-ce pas ? » Hum...il doit parler de Mélanie, concentration, mode recherche, mot-clé Mélanie...Ca y est, oui elle était à la fête...attendez.... « 48h ? » « Oui, ça fait 48h que l'on est sans nouvelles d'elle »

Et alors ? Si ma mère allait au commissariat chaque fois qu'elle n'avait pas de nouvelles de moi pendant 48h, vous doubleriez votre quota de dépositions...Zut, encore pensé trop fort, il faut que je récupère le contrôle de ma langue. Mon cerveau continue de tourner en autonomie, pourquoi le fait que je sois son ex est-il important ? Ah oui, c'est vrai que ses potes et sa famille n'ont jamais vraiment compris pourquoi on était restés si proches après qu'elle m'ait largué pour un autre type, après avoir couché avec bien sûr. N'importe qui aurait pété les plombs et l'aurait rayée de son existence, mais bon, je n'avais pas vu l'intérêt de me priver d'une personne que j'apprécie simplement parce que notre relation était finie. Donc cet état des choses dérange. « Euh...je comprends pas bien où vous voulez en venir... » « Je vais te faire un dessin : T'as jamais digéré le fait de t'être fait largué, mais comme t'es pas du genre à péter les plombs, t'as préféré attendre ton heure en feignant le gentil garçon qui pardonne et hier soir ton heure est arrivée : enfin seul avec la miss, qui plus est dans un état de faiblesse, alors t'en as profité pour te venger...Tu l'as abandonnée au milieu de nulle part, faite tomber dans la rivière, ou peut-être que tu la séquestres. Vu qu'on a rien trouvé chez toi je suppose que le seul moyen de la retrouver est de te faire cracher le morceau : où est-elle ? »

   Ce mec est un grand psychopathe, il a trop regardé les trillers américains ou alors il essaye de me faire peur...je préfère la deuxième solution. « Tu vas te mettre à table ! » J'aurais pas dû penser que mon estomac criait famine à ce moment et encore moins commander un BigMac avec frites et Coca. Mais bon, je me suis reçu une patate à la place des frites et je suis retombé par terre. Faut absolument que j'efface ce sourire niais de mon visage, je suis sûr que c'est ça qui les énerve.

 

   Le temps de la négociation est venu : mais étant donné que mes souvenirs de la soirée sont aussi ordonnés que la chambre d'un adolescent il va falloir jouer serré. D'abord un verre d'eau froide et un Doliprane, ensuite on verra...Je pensais pas que ça marcherait, c'est agréable de sentir cette fraîcheur à l'intérieur de soi, qui glisse le long de l'oesophage et avec un peu de chance le Doliprane mettra bientôt fin à mon mal de crâne. Bien, maintenant je voudrais aller pisser et après, quand j'aurai les idées un peu plus claires, on reprendra du début. Ils ont l'air résigné, on dirait que d'une agressivité viscérale ils sont passés à une pitié comme on en ressent pour un hamster autiste. Je suis conduit aux toilettes, quel soulagement de se vider, je me dirige vers les lavabos, on dirait que la tempête s'est un peu calmée, le sol bouge moins. Un peu d'eau sur la figure, je relève la tête et tombe nez à nez avec mon reflet dans un miroir...Je comprends mieux leur agressivité maintenant. Retour dans la salle d'interrogatoire, sur le chemin une femme hystérique me saute dessus en hurlant, elle est rapidement écartée, j'ai pas encore tout à fait récupéré ma faculté de communication, je n'ai donc rien compris de ce qu'elle disait mais je suis sûr de la connaître...une actrice peut-être... Dans un commisariat ? Non...alors d'où je la connais ? J'y réfléchirai plus tard.

   Le policier semble s'être enfin rendu compte que mon état limitait ma capacité de concentration et il parle doucement me demandant à la fin de chaque phrase si j'ai compris ce qu'il vient de dire, j'essaye de faire correspondre ce qu'il dit à mes souvenirs : Sortie de la soirée, nous sommes tous dans un état lamentable, Mélanie plus encore que les autres, elle est affalée sur le trottoir et son seul signe de vie est un grognement quand on la secoue, les autres sont complètement pétés aussi, ils partent en courant dans tous les sens, moi je reste avec elle. Puis au bout de trois quarts d'heure je me lève, passe son bras autour de mes épaules et me dirige vers le métro où je disparais, dixit mes potes et les videurs. Oui je me souviens à peu près ou je crois me souvenir, est-ce que ce sont de vrais souvenirs ou est-ce que je les ai imaginés en visualisant ce que me racontait le policier, peut-on se créer des souvenirs factices ? La seul preuve de sa vie pour un homme étant ses souvenirs peut-on créer une vie pour un homme, ce serait génial de pouvoir mourir en pensant que l'on a été heureux toute sa vie, il faut que je pense à un concept pour créer des souvenirs et le commercialiser, je pourrais devenir riche avec ça...

   « Allô ?! » Merde j'ai encore perdu le fil de la conversation, qu'est-ce que j'ai manqué ? « Qu'est-ce qui s'est passé après que tu sois entré dans le métro ? » Je n'en ai strictement aucune idée... La logique voudrait que lorsqu'on est ivre mort, défoncé comme un junkie et accompagné par une amie dans un état pire que le vôtre on se dirige vers le lit le plus proche pour s'y écrouler et attendre que le corps évacue les toxines. Je fais part de ma théorie au policier « Oui, donc dans cette théorie il y a ton trajet mais celui de ta copine ? » Euh...je sais pas, je suppose qu'elle m'a accompagnée tout le long « Donc elle serait chez toi ? » Bin suivant cette logique « Oui ». « Alors comment expliques-tu que les policiers qui sont venus te chercher ne l'ont pas vu dans ta chambre et que le gardien nous ait dit qu'il t'avait vu rentrer seul vers 7h du matin? » Aucune idée...J'ai le cerveau vide, je commence à m'interroger, est-ce que sous l'emprise de l'alcool j'aurais fait une grosse connerie, je pars en mode psycho : qu'est-ce que j'ai fait ? qu'est-ce que j'ai fait ? qu'est-ce que j'ai fait ? qu'est-ce que j'ai fait ? qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai fait ce matin...ce matin ? Elle est disparue depuis 48h...comment est-ce possible ? « La soirée a eu lieu il y a 2 jours. » Hein !! J'ai dormi pendant deux jours ?! C'est quoi ce délire ? « Dormi ou fait autre chose...Aller, dis-nous tout, si tu dis ce qui s'est passé et que tu nous aides à la retrouver le juge sera plus indulgent »

 

   Décidement ce type à l'art et la manière de me foutre les jetons. Aurais-je pu faire du mal à Mélanie, non c'est impossible ! J'essore mon cerveau, il faut que je me souvienne, ce serait plus facile sans les petites fées bleues qui dansent devant mes yeux, décidément c'est pas bon les mélanges. Je sens les larmes qui montent...qu'est-ce qui c'est passé ce matin-là, putain, j'arrive pas à me souvenir, et de l'autre coté de la table un regard compatissant et sadique me fixe, ça aide pas, on dirait un serpent qui a coincé sa proie et qui sait qu'elle ne peut plus s'échapper...Et il repart à l'assaut « Ses parents et son petit copain sont très inquiets, ils ont laissé plein de messages sur son portable, tu as bien dû l'entendre sonner ?! Tu faisais quoi à ce moment ? » Je sais pas, je sais plus...Ah si je sais, la femme qui m'a agressé tout à l'heure c'est sa mère. « Alors ? Qu'est-ce qui s'est passé ?! » Il faut que je sorte, ce mec est en train de me retourner le cerveau et je suis pas en état de le supporter. Je vais craquer, pitié que je fasse un malaise là tout de suite...

   Finalement c'est mon portable qui m'a sorti de mon imagination où le sordide le disputait à l'horrible quant au destin de Mélanie. Je décroche et le porte à mon oreille sans prêter attention à mon tortionnaire qui tente de me le prendre, sans doute parce qu'il ne voit pas d'un bon oeil ce répit qui m'est offert alors que j'allais passer aux aveux, aveux que j'ignore d'ailleurs, cette sonnerie rappela mon bon sens au passage : je ne suis pas un assassin, encore moins un psychopathe. La voix au bout du téléphone m'en assure complètement, transperçant mon cerveau qui envoie un signal intensif à mon coeur qui s'arrête de battre. Je regarde le policier « Qui c'était ? » même pas peur, mon esprit tourne très vite et je choisis ma réponse « Bon d'accord, j'avoue, c'était mon complice. Je vais vous conduire. On a pas eu le temps de faire disparaître le corps. » Son regard s'éclaire. Je leur explique qu'il faut retourner à ma chambre c'est là qu'est la réponse.

   En voiture avec sirène, nous sommes repartis vers ma turne, la maman en pleurs suit dans une autre, elle a fait un tel scandale pour venir qu'ils ont été obligés de la laisser les suivre, elle a été rejoint par le petit copain, bien dans son rôle de coeur qui souffre, connard. On monte les escalier, on arrive devant ma chambre : je glisse la clé dans la serrure et tourne. Puis j'ouvre la porte « Ah bin quand même ! J'ai cru que t'allais me laisser là dedans toute la journée. » Elle est là, fraîche, pimpante, pleine de bonne humeur, enroulée dans la couette, elle avait échappé au regard « acéré » du policier qui avait scruté ma chambre. Elle se penche vers moi et m'embrasse sur la joue « Ca, c'est pour pas m'avoir abandonnée sur le trottoir, vu l'état dans lequel j'étais t'as dû en baver pour me ramener ! » C'est à ce moment qu'elle remarque les policiers qui m'entourent, sa mère, son copain, aucun n'a bougé : on leur avait promis une tragédie et voilà qu'on leur offre une farce. Ca va chauffer quand elle connaitra la raison de leur présence ici, je rigole d'avance. Vengeance ! Je sors le paquet de cigarettes que j'ai dans ma poche et je m'en allume une...Tiens d'où il sort celui-là ? Ah oui j'étais retourné au bar-tabac en acheter un après avoir réussis à hisser Mélanie sur mon lit. J'inhale la fumée, me détends, et me cale contre le mur pour assister au spectacle. Héhéhé, présentement je n'échangerai ma place pour rien au monde, même pas avec celle de son petit ami, surtout pas en fait, vu que c'est lui qui aurait dû la ramener...

 

FINIEUH !

 

by Ehole

Ehole, le 30/12/2008 @ 12:00:17

Commentaires

[+] Ajouter un commentaire




7 commentaires

10/02/2009 @ 12:43:28 Titus
Avec pas mal de retard certes, mais BRAVO! C'est vraiment sympa à lire. :)
18/01/2009 @ 22:53:13 Yann
Bravo mon gars !
C'était bien drôle.
Une petite nouvelle fort sympathique qui fais sourire.
Écris en d'autres, le personnage mérite une suite...

Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man ^^
04/01/2009 @ 14:37:07 FulLMetaL
Et bha moi je l'ai lue en avant premiere cette tite nouvelle bien sympatique :)
02/01/2009 @ 11:35:19 sarahcarabin
Pas mal du tout !!!!!!
31/12/2008 @ 11:08:46 Ehole
Wala Maîîître, le découpage est fait....
30/12/2008 @ 20:16:39 eRaMaster
Moi je dis non !
C'est celui qui a écrit qui doit faire les coupures. Ça joue beaucoup sur la lecture.
Là, j'ai même pas eu envie de lire :/
30/12/2008 @ 13:16:07 Camel
bravo Ehole c'est bien écris et l'histoire est assez intéréssante :)