Fiches de films - Répliques
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Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine
Narrateur : L'épisode que nous allons vous conter maintenant ne figure pas dans l'Histoire de France. Son contenu est trop désastreux pour notre pays.
Capitaine des mousquetaires : Messieurs, nous allons avoir le plaisir de collecter les impôts du Roi. Collectez, collectez, personne ne vous regarde ! Allez-y doucement, on est déjà venus la semaine dernière !
Aubergiste : Déjà de retour mon Capitaine ? N'a-t'on pas eu le plaisir de vous voir la semaine dernière ?
Capitaine des mousquetaires : Oui, mais enfin j'ai eu l'impression quand même que vous me cachiez quèques bricoles.
Capitaine des mousquetaires : Un pour tous ?
Mousquetaires : Tous pour un !
Aubergiste [à voix basse] : Tous pourris, oui !
[Le bouffon a voulu tuer le Roi, mais échoue et le Roi n'est que ridiculisé. Pour se venger, celui-ci humilie à son tour le bouffon en l'aspergeant de nourriture]
Bouffon : Vous êtes très drôle, très amusant... avec votre gros pif.
Le Roi : Gros pif ? C'est nouveau, ça, c'est un surnom ?
Bouffon : Oui.
Le Roi [fâché] : C'est rigolo, dites donc, ça m'amuse beaucoup.
Bouffon : Ça vous fait beaucoup rire ?
Le Roi : Oui, ça m'amuse.
Bouffon [lui jetant un verre d'eau au visage] : Tenez, riez !
Duc d'Orléans : Le remède est parfois pire que le mal, mais c'est un remède.
Duc d'Ambise : Pardon, il nous reste au moins deux solutions. On pourrait l'emprisonner.
Christian de Boynet : D'Ambise a raison, on pourrait l'empoisonner.
Duc d'Ambise : L'emPRIsonner !
Philippe de Boynet : Oui, après quoi il serait facile de l'empoisonner.
Antremont : D'Ambise propose de l'emprisonner à la place de l'empoisonner.
Bouffon : Nous voulons le faire disparaître. Bon, on est d'accord ! Alors maintenant on a changé d'avis ? On est émotifs ?
Duc d'Orléans : Il est parfois préférable d'attendre trop longtemps plutôt que d'aller trop vite.
Christian de Boynet : Je n'étais pas là à la réunion précédente, mais il me semble que nous pourrions l'enfermer dans sa cellule et le pendre.
Antremont : Et dans la cellule ? On fera croire qu'il visitait et que la porte s'est refermée toute seule ?
Le Roi : Je serais bien content de savoir qui c'est que, pendant que je dormais et que nous récupérions des fatigues bien méritoires que j'accumule tout au long de mes journées de travail, qui sont pas plus rigolotes pour moi que pour vous, et qu'en plus je dormais, de savoir le traître, que dis-je, le salopard qui a tiré dans mon lit avec un révolver et chargé en plus !
Le Roi : Je vous préviens ! Si par hasard ça se reproduisait...
Les ministres [hypocrites] : Oh non, non, non, non !
Le Roi : Imbéciles ! ... et que je sois tué, même légèrement, je vous préviens, je suis le Roi de France, ça va aller très loin.
Antremont [à d'Ambise] : Il est fou ?
Duc d'Ambise : Non, il n'est pas très malin.
[Les collecteurs d'impôts viennent de quitter le village. Un paysan incite les villageois à la révolte, mais les mousquetaires ne sont pas loin et reviennent silencieusement sur leurs pas]
Paysan : Dieu ne peut rien pour vous ni contre les mousquetaires. Si la récolte est bonne, elle sera pour le Roi, de toutes façons ! Le Roi veut nous faire crever au travail et en tirer seul le bénéfice. Montrons lui que nous ne sommes pas des larves, que nous savons relever la tête ! Mes frères, le Roi a voulu aller trop loin, il a commis une erreur, profitons-en. [Des villageois qui ont vu les mousquetaires revenir, commencent à quitter les rangs des spectateurs] Nos frères de villages voisins sont comme nous, fatigués de payer l'impôt. Nous sommes nombreux en ce pays. [d'autres spectateurs se retirent] Aucune armée ne pourra nous arrêter. Mes amis, nous sommes les forces vives du pays ! [les derniers spectateurs partent et les mousquetaires les remplacent mais l'orateur, enflammé et les yeux au ciel, ne voit rien] Debout, mes frères, l'heure de la justice a sonné ! Allons montrer au Roi que nous n'avons pas peur ! Qu'une poignée de mousquetaires alcooliques et... [il les voit et s'arrête net]
Capitaine des mousquetaires : Continue... continue !
Chevalier blanc :
On m'appelle le Chevalier Blanc
Je vais et je vole au secours d'innocents
Quand dans la campagne résonne la poudre
Je vais et je vole plus vite que la foudre
Mon épée est prête à servir
L'ennemi n'a qu'à se tenir
De chacun je suis respecté
Du paysan au chevalier
On m'appelle le Chevalier Blanc
Je vais et je vole au secours d'innocents
Cent fois ma tête fut mise à prix
Jamais personne ne m'a pris
Les soldats ne me font pas peur
J'ai pour moi la force et l'honneur
La justice guide mon bras
Jamais rien ne l'arrêtera
On m'appeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeelle le Chevalier Blanc !
[Pendant la nuit, les ministres se trouvent dans la chambre du Roi pour le tuer]
Chevalier blanc [à la fenêtre] : Majesté ! Majesté ! [les conspirateurs font feu sur lui]
Bouffon : Qu'est-ce qu'il y a ? Qui c'est, celui-là ?
Chevalier blanc [en tombant] : On m'appeeeeeeeeeeeelle....
Le Roi : Qu'est-ce que vous avez fait, cette nuit ?
Antremont : J'ai dormi, Sire !
Le Roi : Et vous ?
Duc d'Ambise : J'ai dormi, Sire.
Le Roi : Tiens ! Et vous ?
Bouffon : Sire, j'ai dormi !
Le Roi : C'est original ! Alors, tout le monde a dormi ? Vous avez bien dormi, au moins ? [murmure général] Tant mieux, ça m'aurait ennuyé ! Vous !
Philippe de Boynet : Dormi.
Christian de Boynet : J'ai dormi aussi.
Philippe de Boynet : On dormait.
Christian de Boynet : J'ai dormi.
Le Roi : Et lui, il a dormi ?
Philippe de Boynet : J'sais pas, j'dormais.
[Le Roi a voulu enfermer ses ministres dans ses cachots, mais c'est lui qui se retrouve derrière les barreaux]
Le Roi : Non, non, déconnez pas, là ! [il s'en vont] C'est un jeu ? Bon, j'compte jusqu'à 100, pis après c'est à vous, hein ?
Chevalier blanc : Mais n'y a-t-il pas un passage secret qui mène à la prison ?
Lucienne : Non.
Chevalier blanc : Une bibliothèque qui tourne, un mur qui pivote, je ne sais pas, moi, des catacombes ?
Lucienne : Non, j'vois pas.
Chevalier blanc : Mais c'est incroyable ! Y'en a dans toutes les histoires, des passages secrets ! Alors, justement dans la mienne, il n'y en aurait pas ! Que c'est agaçant !
Le Roi [en prison] : On n'a pas le droit d'enfermer les rois, c'est interdit ! Y'a des lois ! Je l'sais, c'est moi qui les fait. Alors ! Moi, j'vous f'rai foutre en taule, hein... dès que j'serai sorti !
[Dans sa prison, le Roi ronfle et son co-détenu siffle pour le faire taire]
Le Roi [se réveillant] : Qui c'est qui siffle ?
Vieux prisonnier : C'est moi. Vous ronflez, alors moi, ça m'empêche de dormir !
Le Roi : Ah oui ? Et quand vous sifflez, vous pouvez dormir ?
Vieux prisonnier : Ah ben, non.
Le Roi : Eh ben alors, arrêtez de siffler, qu'au moins y'en ait un qui dorme !
Lucienne : Ce doit être la salle du trésor, que c'est beau !
Chevalier blanc : Ce doit être la salle du trésor !
Lucienne : Sûrement.
Lucienne : C'est quoi, ici ?
Le Roi : Ma tirelire.
Chevalier blanc : Attention, Majesté, l'escalier est plein de marches.
Capitaine des mousquetaires : Majesté, j'm'escuse de m'initier, là, hein, mais quand même je pense que, au niveau des libertés, il faudrait quand même y aller, euh..., comme on dit mollo-pollo, hein ! Parce que le peuple, qui donne ça... il veut les deux et puis nous, on est embêtés, quoi, hein ! Sauf le respect si j'm'escuse !
La Reine [au Bouffon] : Viens ici, grand fou.
Chevalier blanc : Oh, regardez Majesté ! Ce petit village au fond de la vallée !
Le Roi : Celui-là, là ? Comme égaré, presque ignoré ?
Enfant : Chevalier blanc ! Tu viens habiter ici ?
2ème enfant : Tu restes longtemps ?
3ème enfant : Fais moi un dessin !
2ème enfant : Tu peux nous chanter ta chanson ?
[musique de l'introduction de la chanson]
Le Roi : NON ! Y peut pas ! Il est très fatigué et puis d'abord il va manger et c'est très malpoli de chanter la bouche pleine.
[Un hérault informe la population que le Roi est recherché]
Hérault : La Reine et ses ministres offrent 5000 écus d'or à qui permettra son arrestation.
Villageois : Hé, couillon, comment on va le reconnaître, le Roi, on l'a jamais vu, nous !
Le Roi [qui observe] : Tant mieux.
Hérault : Très bonne question. Son profil est gravé sur tous les écus d'or.
Autre villageois : Eh bé ! Des écus d'or, y'a longtemps qu'on n'en a pas vus, con !
Le Roi [dans son coin] : Hé ! hé ! C'est moi qui les pique !
Hérault : Ouais. Bon. Alors, j'en ai un, mais je vous préviens, il est pas à moi. Alors, je le prête. Je le prête pour qu'on regarde mais on le rend tout de suite parce qu'il est pas à moi. [Les villageois, en possession de la pièce, s'enfuient avec] Toujours la même chose ! Va falloir que j'aille en rechercher un autre, maintenant ! Oh, ils me font chier ! Merde, ils font chier !
[Le Roi se déguise avec des vêtements trouvés sur un épouvantail]
Chevalier blanc : Alors, désormais vous passerez pour mon valet et vous m'appellerez "monseigneur" et en public, bien sûr !
Le Roi : Eh bien, Monseigneur, appelez-moi "Jasmin".
Chevalier blanc [lançant un appel au loin] : Jasmin !
Chevalier blanc : Où étiez-vous ? Nous vous cherchions partout !
Le Roi : Eh bien, vous n'aviez qu'à m'appeler, imbécile !
Chevalier blanc : Mais vous m'avez dit de vous appeler Jasmin !
[Le Chevalier blanc chante pour les villageois]
Spectateur : Il chante bien, hein !
Le Roi : Oui, mais son cheval court plus vite.
Le Roi : Alors comme ça, vous êtes flamand ?
Flamand : Oui, de père en fils, et même certains depuis plusieurs générations.
Le Roi : Et pourtant, je ne sais pas ce qu'elle a à me reprocher, parce que j'ai toujours été un bon époux. Hein ? En 15 ans, on s'est pas parlé deux fois en dehors des repas. Alors voyez !
Le Roi : Alors, au début qu'on était mariés, j'suis allé une fois dans sa chambre. On a eu un enfant, bon, et puis on a décidé d'arrêter, d'un commun accord, quand on a vu le résultat.
La Reine : Messieurs, Messieurs ! Nous avons voulu débarrasser le pays de la tyrannie du Roi, ne lui imposons pas la nôtre, quand même !
Antremont : Mais enfin, Majesté, vous dites ça comme s'il ne s'était rien passé ! On vient de vous dire qu'ils ont attaqué des gardes ! Ils veulent plus payer ! Suivez, merde !
Duc d'Orléans : La mort, chez les pauvres ou les paysans, est une bonne solution. Ces gens là sont souvent malades ou contagieux. N'est-ce-pas, les tuer, c'est sauver une bête.
Christian d'Arblay : Nous, on est d'accord, on peut les pendre tous.
Philippe d'Arblay : Non, pas tous, il faut qu'il en reste un peu.
Christian d'Arblay : Un peu seulement, alors.
Philippe d'Arblay : Un sur trois, des vieux.
Christian d'Arblay : Oh oui, des vieux.
Roi de Flandres : Je dois vous dire que de ce côté là, j'ai eu plus de chance. J'ai épousé Rose d'Espagne, elle n'est pas très intelligente, elle est riche, elle n'est pas très gênante. Elle a une passion pour les pigeons voyageurs. Elle écrit beaucoup, elle ne parle pas tellement, mais enfin, heureusement parce qu'elle ne dit que des bêtises.
Le Roi : Comme ça, je soulève une armée de paysans, n'est-ce-pas, et je suis remis sur le trône par le peuple. Et adieu les ministres conspirateurs ! Évidemment, vous perdez la guerre.
Roi de Flandres : Eh bien, que le meilleur perde !

Bouffon [lisant une dépêche] : Messieurs, les Flamands ont envahi la Bretagne.
Antremont : Comment ont-ils osé ?
Duc d'Orléans : Ils ont osé !
Duc d'Ambise : Qu'ils osent !
Philippe de Boynet [farceur] : Hé ! Les Flamands osent !












