Fiches de films - Répliques
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L'Homme de Rio
Catalan : Ce n'est pas n'importe quelle statue, Monsieur le Commissaire. Sa valeur est inestimable. Un des derniers vestiges d'une civilisation disparue.
Commissaire : Disparue !
Catalan : La civilisation Maltèque.
Commissaire : Maltèque ! Quel rapport ?
Catalan : Direct.
Commissaire : Direct ? Éclairez ma lanterne.
Catalan : Un peuple d'Amazonie qui a été sauvagement décimé à l'arrivée des barbares.
Commissaire : Des barbares !
Catalan : Les conquistadors, l'Europe. Vous, moi.
Commissaire : Moi ? Ah, diable !
Catalan : Les maltèques ont toujours aimé le mystère, la fascination, l'hypnotisme. Savez-vous quelle était leur arme préférée ?
Commissaire : La lance ? L'épée ?
Catalan : Le poison.
Commissaire : Ouais. Tout ça c'est du folklore, de l'histoire ancienne.
Catalan : Qui vous dit que ce peuple a entièrement disparu ?
Commissaire : Ah, ben voilà ! Des indiens disparus depuis trois siècles débarquent Place du Trocadéro pour voler une poterie ! Et par hypnotisme !
Commissaire : À qui ai-je l'honneur ?
Adrien : Soldat Dufourquet, 3ème escadrille, Besançon. La soupe est bonne, mon Commandant !
Commissaire : Vous êtes militaire ?
Adrien : Oui.
Commissaire : Ça se voit pas. Vous êtes de la famille ?
Adrien : Non.
Commissaire : Fiancé ?
Adrien : Pas vraiment.
Commissaire : Alors, qu'est-ce que tu fous là ?
Adrien : Ecoutez, je vais tout vous dire. C'est moi qui ai fait le coup. Motus, hein !
Commissaire : Oh, restons bons amis. Joue pas au plus fin avec moi.
Adrien : Vous voulez des détails ? En voilà : J'étais à la fenêtre. Le soir tombe. Deux hommes en noir au regard d'acier descendent de leur hispano. Les sinistres individus s'approchent du professeur, l'entourent doucement, l'enlèvent ! [par la fenêtre, il voit le kidnapping d'Agnès] Oh, merde ! Ils l'enlèvent !
[Dans les couloirs de l'aéroport, la chaise roulante d'un vieux général est poussée par une hôtesse. Elle le laisse pour aller acheter un journal et Adrien en profite pour prendre sa place et le pousse jusqu'à un guichet de contrôle d'identité]
Général : Vous n'avez rien trouvé, Mademoiselle ? [Derrière lui, Adrien toussotte d'une voix fluette. Le général tend ses papiers à un douanier] Ça ne fait rien, vous êtes charmante.
Douanier [au garde à vous] : Je vous en prie, mon Général.
[Adrien pousse la chaise du général à toute allure dans les couloirs]
Général : Ça me rappelle Charleroi, mais dans le bon sens !
[Dans l'avion, une hôtesse fait asseoir Adrien qui suivait Agnès mais n'avait pas l'intention de partir]
Hôtesse : Asseyez-vous, Monsieur.
Adrien : Mais, comprenez-moi bien, Mademoiselle. Il n'est pas du tout dans mon intention... Mademoiselle !
Hôtesse : Votre ceinture...
Adrien : Mais je...
Hôtesse : ... bouclez la !
Adrien : Mademoiselle Villermosa, s'il-vous-plaît.
Réceptionniste : Excusez-moi ?
Adrien : Vous ne voyez pas une jeune fille française qui est arrivée avec deux rastaquouères ?
Réceptionniste : Rastaquouère ? [il cherche dans son registre] Rastaquouère...
[Adrien a retrouvé Agnès, droguée et amnésique. Pour lui faire retrouver ses esprits, il la plonge dans la mer]
Agnès : Aaaaaah ! Ce qu'elle est bonne ! On dirait qu'il y a des vagues ! Ce que c'est bon !
Adrien : Agnès ! Agnès ! Où te crois-tu ? Bien sûr qu'il y a des vagues ! Bien sûr que l'eau est bonne ! Bien sûr qu'il y a la mer ! On est à Rio !
[Des policiers arrivent sur la plage où Adrien et Agnès se reposent. Ils leur parlent en portugais]
Adrien [à Sir Winston] : Qu'est-ce qu'il dit ? [Sir Winston sifflote] C'est interdit de dormir sur la plage, faut circuler ? Bon !
Sir Winston : Elle est jolie, hein !
Adrien : Oui, mais emmerdante, crois-moi !
Agnès [endormie] : Dis, tu m'offriras des draps roses ?
Adrien : Tu vois, il leur faut toujours quelque chose. Et toujours c'qu'on n'a pas ! Ça rêve, c'est toujours à côté. Tu crois que tu lui parles, mais elle écoute l'empereur de Chine. Une femme, sir Winston, c'est quelqu'un qui t'attend à la maison. C'est la douceur, la compréhension. Tu rentres, elle ouvre la porte. Elle joue du piano, de la harpe. T'es chez toi ! Celle-là, elle sait même pas me faire un oeuf à la coque et je la suis au bout du monde ! Tu comprends quelque chose, toi ?
Agnès [se réveillant] : Où suis-je ? Qu'ai-je ? Adrien ! Je rêve... Adrien, qu'est-ce que tu fais là ? [Elle le secoue]
Adrien : Hein ! Où suis-je ? Qu'ai-je ? Agnès !
Agnès : Qu'est-ce que c'est que ça ? Vraiment joli, d'ailleurs !
Adrien : Ben tiens ! Rio !
Agnès : Ah, c'est affreux ce qui nous arrive... C'est délicieux !
Adrien : C'est affreux ou c'est délicieux ?
Agnès : La glace est délicieuse et c'est affreux ce qui nous arrive. C'que tu peux être chinois !
Adrien : Oh, ben c'est ça, engueule moi ! On n'est pas en voyage de noces, ma cocotte. J'suis déserteur, moi ! 12 balles dans la peau ! Alors, tes statues, tes indiens, les ennuis de ton professeur Bataclan...
Agnès : Catalan. Dis pas de mal de ce malheureux.
Adrien : Oui, d'accord, il a été enlevé, c'est triste. Mais toi...
Agnès : Et pourquoi on m'enleverait pas, moi ?
[Agnès essaie de retrouver la cachette de la statuette de son père dans l'ancien jardin familial]
Agnès : Ah, oui, évidemment, y'avait pas toutes ces plantes.
Adrien : Ah ! C'est comme tout, ça pousse, ça nous rajeunit pas !
Adrien : C'était le copain de ton père, Il était de l'expédition. c'est la prochaine étape,la prochaine victime. Mais je serai là, mes petits gars !
Agnès : Quand je pense qu'il est peut-être déjà trop tard ! Et s'il était mort ? Occis ? Poignardé ? Nous sommes devant un tombeau flottant, Adrien, j'en ai peur !
Adrien : T'as raison, n'y allons pas.
Agnès : Ah, Tu te dégonfles ? C'que tu peux être decevant !
Adrien : Attention à c'que tu dis !
Agnès : Et ben, moi j'y vais. Je plonge ! [elle se déshabille et se prépare à plonger]
Adrien : Non mais... non mais... Elle est folle ! Mais tu es folle ! Tu es complètement folle. C'est malin de te faire remarquer, surtout dans ma situation.
Agnès : Non mais, j'hésite pas, moi. Je plonge.
Adrien : Ah ! Tu sais nager, maintenant ?
Agnès : Non, pourquoi ?
Agnès : J't'ai pas attendu, moi, mon vieux, j'en avais marre. Dis... Dis, tu l'as retrouvé Di Castro ?
Adrien : NAN !
Agnès : Ah ! Il était pas là ?
Adrien : NAN !
Agnès : Ben, qu'est-ce que t'as ?
Adrien : RIEN !
Agnès : T'es fâché ?
Adrien : Non, non, amuse-toi, mon petit, je vois que tu te débrouilles très bien. Tiens, j'ai trouvé ça, moi, je rentre. Lebel m'attend dans quatre jours à la gare de Lyon, sous l'horloge. Ravi de t'avoir connue.
Agnès : Adrien, tu entends ? Di Castro est à Brasilia, y a pas une minute à perdre.
Adrien : Bien sûr, c'est la porte à côté. Comment on y va ? En métro ? Tu veux un ticket ? Attends ! [Il sort un ticket de métro de sa poche] Tiens, regarde. [il le respire] Aaah, Paname... Respire !
Agnès : On ne se moque pas de ce qu'on aime. Tu ne m'aimes pas !
Adrien : Oh ! Je ne te l'ai pas assez prouvé ?
Agnès : Toujours des mots. Facile !
Agnès : Il est fabuleux ! On est au milieu des merveilles et monsieur fait son blasé !
Adrien : Ecoute ! Un déserteur qui voyage dans une voiture volée avec une hystérique, de deux choses l'une : ou c'est un névropathe, ou c'est un blasé. Choisis.
Agnès : Avance !
Adrien : Si je veux !
Agnès : Bon, je descends.
Adrien : Ben, descends.
Agnès [caline] : Décidément, tu feras toujours de moi c'que tu veux. [Adrien redémarre]
Adrien : Monsieur, auriez-vous l'amabilité de m'arrêter ? Motifs : je suis déserteur, j'ai perdu mon uniforme, j'ai voyagé sans billet, j'ai escroqué un infirme, j'ai assommé des blancs, des noirs, des collèges à vous de toutes les couleurs, je roule dans une voiture volée, rose avec des étoiles vertes, ici présente, et j'attente à la pudeur de l'autoroute, comme vous pouvez le constater. Monsieur, les menottes s'il-vous-plaît. [Le policier reste sans réaction] Soldat Dufourquet, 3ème escadron, Besançon. Vous connaissez, Besançon ? Non ? Évidemment ! À part Rio et Brasilia...
Policier [lui indiquant une direction] : Ah, Brasilia ! A cinquenta kilometras.
Adrien : Pff... C'est à vous dégoûter d'être honnête !
Agnès : Quand je pense qu'ils auraient pu vous tuer !
Catalan : Non, non... Je suis le seul à connaître le secret des statues.
Adrien : Ah ! Parce qu'il y a un secret ! Dites donc, on m'a pas donné 8 jours de perm pour jouer aux indiens dans le Mato Grosso, hein ! Moi, lundi, il faut que je sois à la caserne.
Di Castro : Alors, Norbert, toujours vieux garçon ? Toujours ton petit costume étroit ?
Di Castro : Il y a trois ans, c'était plat comme ma main, un désert, rien ! J'arrive, moi et quelques autres, et voilà le résultat !
Agnès : Occupe-toi de moi.
Adrien : Tu as besoin de moi ? Il faut que je plonge, que j'assomme quelqu'un ? On part en Chine ?
Adrien : Les épreuves sont terminées ? Y'a pas un dragon qui passe par là ?
Agnès : Non, pas de dragon.
Adrien : Rien à tuer ? Personne à délivrer ? Mais c'est la retraite ! Passe-moi mes chaussons, maman !
Agnès : On fusille les déserteurs ?
Adrien : Mais je suis pas déserteur, j'ai encore deux jours de perm. On a largement le temps.
[C'est la fin de la permission d'Adrien. Lebel, arrivé en retard à la gare, a failli manquer le train]
Lebel : Ah ! Si tu savais, si tu savais !
Adrien : Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Lebel : Ah non, t'as jamais vu des embouteillages pareils, mon vieux ! Trois heures pour venir de chez moi ! Trois heures !
Adrien : D'où tu viens ?
Lebel : Viroflay. Tout Paris à traverser !
Adrien : Quelle aventure !!!











