Fiches de films - Répliques
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Shutter Island
Chuck : Des gardiens de prison dans un hôpital psychiatrique, c'est un drôle de spectacle, si vous me permettez de vous le dire.
McPhaerson : C'est le seul établissement de la sorte dans tout le pays, et même au monde. Nos patients sont les plus dangereux, les plus gravement atteints. Aucune autre institution ne les accepterait. Tout est du fait du docteur Cawley. Ce qu'il a créé est vraiment unique en son genre.
Teddy : Et que faites-vous exactement ici, Docteur ?
Dr Cawley : Un rapprochement moral du maintien de l'ordre et des soins cliniques.
Chuck : Pardon ? Un quoi de quoi et quoi ?
Dr Cawley : Autrefois, le genre de patients que nous prenions en charge ici étaient enchaînés et abandonnés dans leurs déjections. Ils étaient battus. Comme si les fouetter jusqu'au sang pouvait les désaliéner ! Nous leur enfoncions des vis dans le cerveau. Nous les obligions à prendre des bains si glacés qu'ils s'évanouissaient ou... se noyaient, même.
Teddy : Et de nos jours ?
Dr Cawley : Nous les traitons, les soignons, tentons de les guérir. Et si nous échouons, nous leur apportons au moins un peu de réconfort dans leur vie, de calme.
Teddy : Ce sont des délinquants violents que vous avez ici ? Ils ont fait énormément de mal, plusieurs ont commis des meurtres ?
Dr Cawley : Pratiquement tous, c'est exact.
Teddy : En ce qui me concerne, Docteur, je m'en contrefous qu'ils se sentent au calme.
Teddy : Alors, cette femme, cette prisonnière...
Dr Cawley : Patiente !
Dr Cawley : La santé n'a rien d'un choix, Marshall. Personne ne choisit d'être sain d'esprit.
[Teddy et Chuck sont accueillis chez le Docteur Cawley, un manoir cossu]
Chuck [après un sifflement admiratif] : J'aurais dû choisir une autre branche du secteur public, à la réflexion.
Dr Cawley : C'étaient les quartiers du commandant, à l'origine. Quand l'Oncle Sam a reçu la facture, le commandant est passé en cour martiale.
Teddy : Ça se comprend !
Dr Cawley : Votre poison favori ?
Teddy : Whisky, si vous avez.
Dr Naehring : Et vous, qui vous a élevé, Marshall ?
Teddy : Moi ? Une bande de loups !
Dolores : Elle est toujours là.
Teddy : Qui ? Rachel ?
Dolores : Tu te souviens quand on allait dans la petite maison, en été, on était tellement heureux !
[Teddy interroge les aliénés. L'un d'eux, Breene, est un criminel dangereux]
Breene : On vit vraiment dans un monde de tarés, j'vous l'dis. C'qu'y leur faut, c'est la chambre à gaz ! À tous, les attardés, les assassins, les négros...
Mme Kearns : Au fond, je ne repartirai jamais d'ici. Vaut p't'être mieux pas, d'ailleurs !
Teddy : Excusez-moi de vous dire ça, Mademoiselle Kearns...
Mme Kearns : Madame.
Teddy : ... Madame Kearns, mais vous semblez tout à fait normale. J'veux dire, comparée aux autres patients !
Mme Kearns : Oh, mais j'ai aussi mes jours sans ! Enfin, comme tout le monde, j'imagine. La différence, c'est que pour la plupart, les gens ne tuent pas leur mari à la hache ! Bien qu'en ce qui me concerne, je trouve que quand un homme vous bat à bras raccourcis et qu'il enfile la moitié des femmes qu'il croise, et que vous n'avez personne pour vous aider, la hache n'est pas la solution la plus incompréhensible au monde.
Chuck : Vaut peut-être mieux que vous restiez là.
Teddy : Quand Laeddis a disparu, j'ai réuni des informations sur Ashecliffe. Il est connu de beaucoup de monde, cet endroit. Mais tout le monde se tait à son sujet. On dirait que les gens ont peur. L'établissement est financé par une subvention spéciale émanant de la Commission des Activités Anti-américaines.
Chuck : L'HUAC ? Et c'est au large de Boston qu'ils sont venus combattre le communisme ?
Teddy : Pour tester des techniques de manipulation mentale. Enfin, c'est ce que je pense, en tous les cas.
Chuck : Mais qu'est ce qu'il lui arrive ?
Dr Cawley : Il a une migraine. Imaginez qu'on vous ouvre le crâne, qu'on le remplisse de rasoirs et que l'on secoue le tout très fort.
Dolores : Leaddis n'est pas mort. Il n'est pas parti. Il est toujours là.
Teddy : Je sais.
Dolores : Il faut que tu le trouves, Teddy. Trouve-le et fais lui la peau une bonne fois pour toutes.
Teddy : Il est là... Leaddis... Je sens sa présence.
Rayce : T'enquêtes sur rien du tout. T'es qu'un rat dans un labyrinthe.
Teddy : Vous êtes Rachel Solando, la vraie. Vous avez tué vos enfants.
Rachel : Je n'ai jamais eu d'enfants. J'ai jamais été mariée. Et avant d'être une patiente d'Ashecliffe, j'y avais un travail.
Teddy : Vous étiez infirmière ?
Rachel : J'y travaillais comme médecin, Marshall.
Rachel : Vous me croyez folle ?
Teddy : Non ! Non, non, non...
Rachel : Si je vous dis que je ne suis pas folle, et bien ça ne changera rien du tout. C'est tout le génie kafkaïen de la chose. Les gens vous font passer pour fou à lier et toutes vos protestations ne feront que confirmer leurs dires.
Teddy : J'ai du mal à vous suivre. Je suis vraiment navré.
Rachel : Une fois diagnostiqué psychotique, tout ce que vous faites est déclaré faisant partie de votre délire. Vos légitimes protestations sont du déni et vos frayeurs justifiées de la paranoïa.
Teddy : Et votre instinct de survie devient un mécanisme de défense.
Rachel : Vous êtes plus fin que vous n'en avez l'air. Ce n'est sûrement pas une bonne chose.
Rachel : Vous vous rendez compte qu'ils ne peuvent pas vous laisser partir d'ici ?
Teddy : Je suis un policier fédéral. Qu'ils essaient de m'arrêter !
Rachel : Et moi, j'étais une psychiatre réputée. Je venais d'une famille très respectée. Ça n'a pas compté.
Rachel : Si vous me permettez : Y a t-il eu des traumatismes dans votre vie ?
Teddy : Oui. Mais pourquoi... enfin... quelle importance ?
Rachel : Ils vont mettre le doigt sur un évènement de votre passé et dire "Voilà ce qui lui a fait perdre la raison." Et une fois qu'ils vous auront mis dans une cellule, vos proches, vos collègues, diront "Bien sûr qu'il a flanché, vu ce qu'il a vécu, comment ne pas flancher ?"
Teddy : Le genre de chose qu'on peut dire de tout le monde !
Rachel : Le problème, c'est qu'ils le diront à propos de vous.
Teddy : Dites-moi ce que vous savez. Qu'est-ce qu'ils font dans ce phare ? Dites le moi !
Rachel : De la neurochirurgie, du genre "Ouvrons le crâne et observons ce qui se passe si on tire là-dessus". Le style "comme chez les nazis". C'est là qu'ils créent les fantômes.
Teddy : J'avais un ami. J'étais avec lui, hier, mais on a été séparés. Vous l'avez vu ?
Rachel : Marshall, vous n'avez aucun ami.
Le directeur : Dieu aime la violence.
Teddy : Ah ? Je n'en savais rien.
Le directeur : Ah ! ah ! Si, vous le saviez. Enfin, s'il ne l'aime pas, pourquoi y en aurait-il tant ? Elle est en nous. Nous sommes violence.
Teddy : Je ne suis pas violent.
Le directeur : Si, vous l'êtes. Vous êtes d'une violence extrême. Je le sais parce que je suis moi aussi d'une violence extrême. Si tous les carcans de notre société étaient levés et si je représentais votre meilleure chance de faire un repas, vous me tueriez à coups de pierres et vous vous délecteriez de mes meilleurs morceaux. Avouez-le !
Le directeur : Crawley vous croit inoffensif. Il croit que l'on peut vous contrôler, mais je sais que c'est faux.
Teddy : Vous ne savez rien de moi.
Le directeur : Oh, mais si, voyons !
Teddy : Non. Vous ne me connaissez pas du tout.
Le directeur : Oh, que si, je vous connais ! Nous nous connaissons depuis des siècles.
Le directeur : Si je vous enfonçais mes dents dans l'oeil, là, maintenant, est-ce que vous pourriez m'arrêter avant que je vous fasse perdre cet oeil ?
Teddy : Vous n'avez qu'à essayer !
Le directeur : J'aime cet esprit !
Teddy : Nous avons ce pour quoi nous sommes venus, alors...
Dr Cawley : "Nous", Marshall ?
Teddy : Et, puisqu'on en parle, Docteur, vous ne l'auriez pas vu ?
Dr Cawley : Qui donc ?
Teddy : Mon équipier, Chuck.
Dr Cawley : Vous n'avez aucun équipier, Marshall, vous êtes venu seul.
Dr Cawley : Parlez-moi encore de votre équipier.
Teddy : Quel équipier ?
Dr Naehring : Mais, que comptez-vous faire ? Vous allez me tuer ? Marshall !
Teddy : Vous croyez donc l'avoir mérité ?
Dr Naehring : Pourquoi ? Pour vous avoir mis en colère ? Excusez-moi. Qu'est-ce qui ne vous met pas en colère ? Une remarque ? Une phrase ?
Teddy : Les nazis.
Dr Naehring : Oui, ça aussi. Et les souvenirs, bien sûr, les rêves.
Dr Naehring : Savez-vous que le mot "trauma" est le mot grec qui veut dire "blessure". Et savez-vous comment se dit "rêve" en allemand ? "Traum", ein Traum. Les blessures peuvent créer des monstres et vous, vous êtes blessé, Marshall. Et vous en conviendrez, lorsqu'on voit un monstre, on se doit de l'empêcher de nuire.
Teddy : Je suis désolé, chérie. Je l'aime beaucoup, parce que c'est toi qui me l'a offerte, mais honnêtement, je la trouve vraiment à chier, cette cravate.
Dr Cawley : Vous avez fait exploser ma voiture. J'aimais cette voiture.
Teddy : Je suis navré de l'apprendre, Docteur.















