Fiches de films - Répliques
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Le gout des autres
[La copine de Bruno est aux Etats-Unis.]
Franck : Elle revient quand ?
Bruno : Dans quatre mois.
Franck : Putain, t'es patient comme mec.
Bruno : J'suis amoureux, quoi.
Bruno [à Franck] : Ah oui, c'est ça que je voulais te demander : t'as déjà tué quelqu'un ?
Bruno : Mais... On s'connait d'où exactement ? Parce que, excusez-moi, mais je... 
Manie : Ça n'a aucune importance. On a juste couché ensemble.
Bruno : On a couché ensemble ?
Manie : Ouais, mais y'a longtemps. J'me suis coupée les cheveux depuis. Et puis, on était bourrés tous les deux, certainement...
Bruno : Nan, mais euh.. C'est quand même incroyable que je m'en souvienne pas, nan ?
Manie : C'est pas grave. Ça arrive. Plus souvent aux garçons, mais ça arrive. C'est normal, on n'est pas constitués physiquement pareil. C'est pas la même action, c'est pas la même implication. Bon, laisse tomber.
Bruno : J'ai couché avec cette gonzesse. Je ne m'en souvenais pas. J'étais gêné, putain, j'étais mal à l'aise. Et quand elle me l'a dit, je l'ai bien regardée... Je m'en souvenais toujours pas.
Franck : Sur les 200-300 que j'ai dû baisées, je vais en connaître, quoi, 20 maximum. Normal, une fois t'es bourré, une fois c'est dans l'noir, une fois c'est entre 2 portes, tu peux pas te souvenir de toutes.
Bruno : Ouais, bien sûr... Mais quand tu dis 200-300, c'est une façon de parler, on est d'accord ?
Franck : Ben non, pas du tout. J'ai 45 ans, j'ai commencé à 15. Si tu comptes en moyenne 8 à 10 gonzesses dans l'année, pendant 30 ans, fais le calcul : 30 x 10 = 300. Voilà.
Bruno : Moi, j'ai 40. Ça fait donc, admettons, 25 ans, multiplié par... 2, disons. Ça fait 50. Ah oui, 50, quand même !
Franck : Putain, tu réfléchis vachment avant de niquer, toi.
Angélique : On peut y'aller ensemble, si tu veux. Ça sera toujours moins chiant.
Clara : Oui, allons-y ensemble. Oui, s'il te plaît.
Antoine : Je veux bien vous accompagner, moi. J'adore ces ambiances de l'ANPE. C'est convivial, c'est chaleureux. C'est agréable d'être humilié, de temps en temps, nan ?
Angélique : Il me sourit tout le temps, Fred. Je comprend pas s'il me drague ou si c'est un tic, simplement. Il te sourit, à toi ?
Clara : Non, pas spécialement, non.
Manie : J'aimerais bien savoir qui tu trouves pas immonde exactement.
Clara : Mais pourquoi tu dis ça ?
Manie : Parce que... à chaque fois que je te montre un mec, c'est jamais ton genre.
Clara : Mais pas du tout.
Manie : Alors vas-y, montre-moi quelqu'un qui te plaît, là.
Clara [se retourne et jette un coup d'oeil dans le bar] : Je sais pas... Lui, là-bas, là dans l'coin, par exemple.
Manie : Où ça, là-bas ? Y'a un vieux là-bas.
Clara : Ben oui, lui, tu vois, il m'attendrit, il me fait quelque chose.
Manie : Oui, d'accord mais... t'as envie de coucher avec ?
Clara : Mais je parle pas de ça.
Antoine [qui arrive] : Coucher avec qui, on peut savoir ?
Manie : Ben avec personne, justement.
Antoine : Oh. C'est triste.
Manie : C'est ce que j'essayais de lui dire.
Clara : Mais je dis pas le contraire mais je ne peux pas coucher avec n'importe qui. J'arrive pas, c'est tout. J'ai... J'ai envie d'être un peu amoureuse. Que ça veuille dire quelque chose, je sais pas, c'est pas si extraordinaire que ça ?
[En parlant de Bruno avec qui elle a couché il y a des années.]
Manie : Alors, il se retourne vers moi, tu sais, et puis il m'dit "comment j'ai pu oublié ?". Et c'est marrant, puisque moi, au même moment, j'pensais "comment j'ai pu m'en souvenir ?"
Clara : Tu sais ce que c'est une actrice de 40 ans au chômage ? Un pléonasme.
Clara : Je sais pas, cette vie-là, je sais plus quoi en penser. A 20 ans, c'est pas grave, l'incertitude, tout ça, on s'en fout. On y croit, on espère. On imagine un tas de choses. Puis là, j'en ai 40. Finalement, j'en suis toujours au même point à me donner si je pourrais payer mon loyer d'ici le mois. D'un côté, l'espoir, c'est pathétique. A part ça, je suis seule. Des enfants, il me reste 2 jours pour en faire. En plus, il me manque le père donc ça va pas être facile. Puis, en même temps, j'ai pas envie de faire tout ce cirque-là pour arriver à trouver quelqu'un. Ça me fatigue d'avance.
Clara : Parce qu'il y a plus d'épingles dans mes cheveux que de spectateurs dans la salle.
[Dans une salle d'exposition]
Antoine : C'est tellement laid, tout ça. Ça se vend comme des p'tits pains, d'ailleurs.
Clara : Ouais, c'est incroyable.
Antoine : Non, c'est normal. C'est décoratif, c'est pas dérangeant. C'est très bien. Les gens, ce qu'ils veulent, c'est continuer à dormir.
Bruno : Quand on couche avec quelqu'un d'autre, ça veut dire...
Manie : Ça veut dire quoi ?
Bruno : Ben non, mais c'est pas pareil. Pour un homme, c'est pas du tout la même chose. Un homme, il peut coucher avec n'importe qui, ça veut rien dire pour lui. [Mani sourit.] Nan, mais quand j'dis n'importe quoi, j'dis pas ça pour toi.
Manie : Nan, nan, j'ai bien compris mais j'pense que tu te trompes. J'connais des tas de femmes qui peuvent coucher avec n'importe qui et pour qui ça veut rien dire non plus.
[Franck voit qu'elle vend du shit.]
Manie : Tu gagnes pas ta vie, toi ?
Franck : J'fais un métier normal, moi.
Manie : Ben, moi aussi.
Franck : Ben voyons.
Manie : Un bureau de tabac, ça te choque moins ?
Franck : Ça m'choque moins, ouais.
Manie : Ou un bistrot, par exemple ?
Franck : Ça veut dire quoi, ça ? L'alcool, c'est autorisé, les cigarettes aussi. C'est quoi ces conneries, là ?
Manie : Ben, t'es pas obligé de me parler comme ça.
Franck : Mais attends, les cigarettes, c'est autorisé ou c'est pas autorisé ?
Manie : L'alcool et les cigarettes, ça fait du mal ou ça fait pas d'mal ? Ça fait 10 fois plus de mal ! Mais tu t'en fous, toi. C'est pas ton problème. Toi, ton problème, c'est que c'est pas AUTORISÉ.
Franck : Quand tu te retrouveras 18 mois en prison, t'auras l'air fine avec tes beaux discours.
Manie : Pourquoi, tu vas me dénoncer ?
Manie : Faut que j'arrête, quand même, à un certain moment [de dealer]. J'vais pas faire ça toute ma vie.
Clara : Qu'est-ce que tu ferais à la place ?
Manie : Des enfants. Du ménage. La cuisine. Ça donne envie, hein ?
Castella [en parlant de journalistes] : C'est vraiment des gros pédés, c'est incroyable.
Antoine : Des gros pédés, c'est-à-dire ?
Castella : Ben des pédés, quoi.
Antoine : C'est-à-dire des gens qui s'enculent ? Comme mon ami et moi, par exemple ?
Manie : Et j'fais quoi, moi, pendant que tu travailles ? Des enfants, le ménage, la cuisine ?
Franck : Et alors, c'est déshonorant ?
Manie : Ben fais-le, toi. On reste ici, j'travaille et toi, tu t'occupes de la maison. C'est pas déshonorant.
Franck : Faut pas t'emmerder, toi ?
Manie : Pourquoi tu dis ça ?
Franck : Parce que tu t'laisses pas faire.
Manie : Et alors, j'devrais ?
Franck : Non, t'as raison. Faut pas s'laisser faire.
Manie : C'est marrant, tu dis ça mais je sens que tu penses le contraire.
Angélique : C'est bizarre la vie quand même. J'aurais pas parié un sou sur cette histoire. Il était tellement loin de moi, ce type. C'est drôle comme on se fait des idées sur les gens. Quand j'pense que j'aurais pu passer à côté.


