Fiches de films - Répliques
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Les Sous-doués
Un élève [à son père en pleurs] : Même si je l'avais eu, qu'est-ce que ça changeait ? Bachelier ou pas bachelier, même chômage.
Mme Jumaucourt : Les inscriptions pour l'année prochaine, ça s'affole pas, hein !
Catherine : Faut dire, mère, qu'avec les résultats que nous avons obtenus cette année !
Mme Jumaucourt : Personne n'est au courant.
Mme Jumaucourt : Depuis 20 ans, je dis amen à tout ce que vous dites, tout ce que vous faites. Je vous laisse agir à votre guise, hein ! Aujourd'hui, nous récoltons les fruits de vos méthodes pédagogiques permissives. 100 % de recalés. Vous m'entendez, Léon, 100 % de recalés. J'imagine que vous réalisez sans peine ce que représente pour nous la publicité gratuite que nous a fait la télévision.
Mme Jumaucourt : 68 % des parents réclament pour leurs enfants un système pédagogique répressif. Répressif. Oh, écoutez, vous m'entendez, Léon, quand je vous parle ? Répressif. C'est marqué dans le journal. De la répression ! Et ils en auront de la répression. Ils en auront pour leur argent !
Mme Jumaucourt [qui, de son bureau, observe à la jumelle l'arrivée de ses élèves] : Regardez-les. Et ça s'amuse. Et ça gesticule. Eh ben, profitez-en, allez, pendant qu'il est encore temps !
Mme Jumaucourt : Nous ne sommes pas du même monde. Nous, c'est la classe, eux, ce sont les parvenus. N'est-ce pas, Léon ? Des parvenus. Enfin, c'est l'argent. Et sans argent, nous vendons l'hôtel Jumaucourt. Jamais ! Jamais je ne me résoudrai à me séparer de cette demeure familiale. Jamais. Vous entendez, jamais. Alors, ils l'auront leur baccalauréat. Ils l'auront, les petits monstres. Contraints ou forcés, mais ils l'auront. Même toi, Baptiste Laval, notre meilleur client, tu l'auras ton bac, tu l'auras.
Baptiste : Salut, les filles. Ah ! Ben y'a pas que des boudins, c't'année. Si vous voulez des renseignements sur votre boite à bac préférée, vous me demandez, parce que j'suis client depuis 4 ans, ici.
Baptiste : Quand tu verras la prof de gym, tu comprendras pourquoi je quadruple. C'est Marilyn.
Mme Jumaucourt : Ben, qu'est-ce que c'est que ça ? Mademoiselle, les animaux ne sont pas admis dans les cours !
Une élève : Mais c'est pas un animal, Madame. C'est mon chien. C'est Mamour à sa Maman.
Mme Jumaucourt : C'est Mamour à sa Maman ! [Fixant la laisse à une poignée de porte] Bon, on va l'accrocher là, Mamour à sa Maman, vous le récupérerez à midi, hein !
Mme Jumaucourt : Je suis en train de réussir ce que vous avez raté depuis 20 ans : les mater d'entrée.
Mme Jumaucourt : L'anglais ne vous intéresse pas ?
MC2 : Bof !
Mme Jumaucourt : C'est une langue qui ne vous semble pas suffisamment parlée ?
MC2 : Non, mais ça ne sert à rien d'apprendre les langues étrangères.
Mme Jumaucourt : Le français vous suffit ?
MC2 : Mais c'est pas ça, mais y'a des machines pour traduire, alors pourquoi je me casserais le cul, hein ?
[Il pianote sur une machine qui, au fur et à mesure, parle d'une voix de robot]
La machine : Enchanté de faire votre connaissance. Nice to meet you.
MC2 : Et encore, bientôt, j'aurai même plus besoin de taper sur les touches. Je lui parlerai et elle me donnera la traduction directement. Alors, franchement, pourquoi je me casserais le cul ?
[On présente une jeune fille, Ruth, à Baptiste]
Baptiste : Ruth ? Changez rien.
Mme Jumaucourt : Vous voyez, Léon, Ils sont matés. Mais ils me l'auront, ce bac. Si, je vous dis, Léon, Ils me l'auront ce bac.
Mme Jumaucourt [à Baptiste, qui fait du chahut pendant un cours] : Pardon, je ne vous dérange pas ?
Baptiste : Ben si, un peu quand même.
Mme Jumaucourt : Un peu de gymnastique vous ferait plaisir ?
Baptiste : Ben ça, j'aimerais bien, voyez, parce que ça détend.
Baptiste [à propos de son diplôme] : Moi, à part à l'usure, j'vois pas comment j'pourrais l'avoir.
Baptiste : Pour qu'un jour j'aie une chance d'avoir mon bac, il faudrait qu'on supprime les épreuves. Ou alors, qu'on tire au sort les noms des reçus, sinon...
MC2 : C'est vrai, le bac par tirage au sort, ça serait beaucoup plus équitable pour tout le monde. Fils d'ouvrier ou de bourgeois, même chance pour tout le monde au départ.
Gaëtan : Absolument, absolument. Et puis plus tard, la même chose. Tout le monde travaille et à la fin du mois, on tire le salaire au sort. Alors, pour le même boulot, un coup on gagne une brique, un coup on a le SMIG.
Graffiti : Le bac, ça sert à que dalle. Y'aura bientôt une guerre atomique, alors de toutes façons, bac ou pas bac, hein ?
Un élève : Oui, moi la guerre atomique j'suis pour. J'veux qu'elle éclate avant qu'j'aie des mômes.
Baptiste : Oui, une super guerre atomique, vachement esthétique. Euh, style Coppola, avec des champignons bleus, verts, rouges. Et puis, derrière, une musique genre, euh, Wagner, là, oh ! Ça va payer, ça.
L'élève : Ouais, ça raserait des monceaux de conneries accumulés depuis 30 ans, d'ailleurs.
Mme Jumaucourt [à l'élève octogénaire] : Vos copies sont plus que satisfaisantes. Simplement, un petit détail, le Congo belge n'existe plus et l'Afrique Equatoriale française non plus... et le tsar de toutes les Russies n'est pas Nicolas IV mais Brejnev.
Gaston : Oh, mais Madame ! Je vous jure que c'est ce qui est écrit dans mon livre.
Mme Jumaucourt : Il faudra vous en procurer de plus récents, Monsieur.
[Baptiste teste la "machine à apprendre"]
La machine : Asseyez-vous, asseyez vous. [Baptiste, en s'asseyant, est enserré dans des bras metalliques] Attention. Une phrase va défiler sur cet écran. Répétez-la "O.N.U. - Organisation des Nations Unies fondée en 1942". Attention, répétez.
Baptiste : Pff...
[la machine le gifle à plusieurs reprises]
La machine : Vous ne voulez toujours pas répéter ?
Baptiste : Si, si, si, si. Le... l'O.N.U. a été fondée en 1942.
La machine : En quelle année ?
Baptiste : Euh... en 1942.
La machine : Répétez plus vite.
Baptiste [plus vite] : Le... le... l'O.N.U. a été fondée en 1942.
La machine : Répétez 42 plusieurs fois.
Baptiste : 42, 42, 42, 42.
La machine : Attention, nouvelle question. Choisissez la bonne réponse.
[Question sur l'écran : Quelle est la capitale des U.S.A. : a New-York, b Washington, c Dallas]
Baptiste : C'est... c'est dur ! [il choisit une réponse]
La machine : Réponse fausse. [gifles, tapes]
La machine : Trotsky a été assassiné à Mexico en 1940. Répétez.
Baptiste : Trotsky a été assassiné à Mexico en 1940.
La machine : Plus vite.
Baptiste [plus vite] : Trotsky a été assassiné à Mexico en 1940.
La machine : En quelle année ?
Baptiste : Ben, en 40 !
La machine : Qui ?
Baptiste : Euh... Kennedy ! [gifles, tapes] Non. euh... Trotsky !
La machine : Où ?
Baptiste : Euh... Dallas. [gifles, tapes]
La machine : Qui ?
Baptiste : Euh... Debré. [gifles, tapes] Non, Kennedy. [gifles, tapes] Trotsky a été assassiné en 1940 aux jeux olympiques de Mexico. [gifles, tapes]
La machine : Attention, nouvelle question. La guerre d'Espagne a commencé en 1936. Répétez.
Baptiste : La guerre d'Espagne a commencé en 36.
La machine : En quelle année ?
Baptiste : En 36.
La machine : Quoi ?
Baptiste : La guerre d'Espagne.
La machine : En quelle année ?
Baptiste : En 36.
La machine : Quoi ?
Baptiste : La guerre d'Espagne.
La machine : En quelle année ?
Baptiste : En 36.
La machine : Terminée en 36 ?
Baptiste : Non, non, elle a commencé en 36.
La machine : Bravo. Vous avez mérité une petite récompense.
[Un sucre d'orge apparaît]
Baptiste [sortant de la machine] : Merci, Madame.
Elève enceinte [au moment d'entrer dans la machine à apprendre] : Mon bébé !
Mme Jumaucourt : Plus tard, vous me direz merci.
[Une vraie bombe chargée de T.N.T., fabriquée par des terroristes a été, par erreur, échangée avec la fausse bombe faite par Baptiste et ses amis. Un terroriste a introduit la fausse bombe, dans une couscoussière, à l'ambassade d'Abou Yamen]
Le terroriste [face à l'ambassadeur et ses invités couverts de semoule] : Notre peuple vaincra !






