Fiches de films - Répliques
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The Truman Show
Christof : On ne supporte plus aujourd'hui de voir des acteurs exprimer de fausses émotions. On s'est lassés de la pyrotechnie et des effets spéciaux. Et même si le monde dans lequel il évolue est plus ou moins artificiel, en ce qui le concerne, Truman ne triche jamais. Aucun script, aucune note. Ce n'est pas toujours du Shakespeare, mais c'est authentique. C'est la vie d'un homme.
Truman [devant son miroir] : Je n'y arriverai pas. Vous allez devoir continuer sans moi.
Truman [Pendant le générique, devant son miroir] : Vous êtes cinglés.
Meryl : J'veux dire ... pour moi, en réalité, il n'y a aucune différence entre ma vie privée et ma vie publique. Je n'ai qu'une vie, je n'en ai pas d'autre, c'est celle du Truman Show. Le Truman Show, c'est... c'est à la fois une sorte d'hymne à la vie et ... c'est une célébration de la vie.
Truman : Je suis pas ton genre ? Je t'ennuie ?
Lauren : Non.
Truman [lisant l'inscription du badge que porte Lauren] : "Comment cela va-t-il finir ?" C'est justement ce que j'aimerais savoir. Tu ne voudrais pas... Enfin, je ne sais pas. Si tu as envie... qu'on aille... euh... manger une pizza, je sais pas, disons vendredi...
Lauren : Je regrette.
Truman : Samedi ? Dimanche ? Lundi ? [Lauren écrit un mot sur un papier] Tout de suite ? Mais on est à la veille des examens !
Lauren : Oui, je sais. Si on veut que ça se réalise, c'est maintenant ou jamais. Tu comprends ? Qu'est-ce que tu décides ?
Truman [sur la plage, le soir, avec Lauren] : J'connais pas de meilleure pizzeria. Toni ! Une géante au plancton !
Lauren [qui entend une voiture s'approcher] : Truman, vite, écoute-moi. Le monde entier sait tout sur toi. Tout le monde sait ce que tu fais. Ce sont des simulateurs, Truman. Tu comprends ? Ils jouent la comédie en permanence.
Truman : Lauren...
Lauren : Non, je m'appelle pas Lauren. Je m'appelle Sylvia. Sylvia.
Truman : Sylvia ?
Lauren/Sylvia : Oui.
Un homme [qui descend de voiture ] Lauren chérie, tu recommences !
Truman : Eh ! Non. S'il vous plaît. Qui êtes vous ?
L'homme : Je suis son père.
Truman : Quoi ?
Lauren/Sylvia : Je n'ai jamais vu cet homme de ma vie.
Truman : On ne faisait rien de mal.
Lauren/Sylvia [à Truman] : Il ment. Truman, je t'en supplie, ne l'écoute pas. Tout ce que je t'ai dit est vrai. Je te le jure. Tout est faux. C'est un décor. C'est pour toi. C'est uniquement pour toi, le ciel, la mer, tout. Tout est faux. C'est un décor. Tout le monde nous regarde. Je t'en supplie, ne le crois pas. Ne le crois pas, il va te mentir. Fais attention.
Truman : J'aimerais bien avoir une explication. Qu'est-ce que ça signifie ?
L'homme : Elle a des crises de schizophrénie.
Truman : Schizophrénie ?
L'homme : On a tout essayé. L'hypnose, les thérapies, les électrochocs... Mais ne vous inquiétez pas, d'autres s'y sont laissé prendre. Vous n'êtes pas le premier. C'est déjà arrivé. Elle les a amenés tous sur cette plage.
Lauren/Sylvia : Qu'est-ce qu'il raconte ? Il ment ! Ecoute. Sauve-toi et viens me retrouver.
L'homme : Ne vous inquiétez pas. Nous partons pour les Fidji.
[Au volant de sa voiture, Truman écoute une émission. Il y a des interférences, il tourne les boutons, tape sur la radio et le son revient]
Voix dans la radio : Attendez le signal. Camera 1, tenez vous prêt. Attention, camera ! Il route vers l'ouest sur le boulevard. Les figurants sont prêts ? Il sera sur vous d'ici une minute trente. Ne laissez rien traîner. Le voilà. Il vient de tourner en direction de Lancaster Square. [en prenant son virage, Truman voit le panneau "Lancaster Square" et manque de renverser une femme] Il a failli l'écraser. Il est pas dans son état normal. On change de fréquence.
Truman : Regarde. Je prédis que dans moins d'une minute, une dame passera sur une bicyclette, suivie d'un homme portant un bouquet de fleurs, puis d'une Volkswagen au pare-chocs cabossé.
Meryl : Truman, voyons !
Truman : Regarde. Ah ! La dame... le bouquet de fleurs, et...
Meryl : Ecoute, c'est ridicule.
Truman : La voilà. La voilà ! La coccinelle cabossée ! Ouais ! Tu veux savoir comment j'ai fait ? Je vais te le dire. Ils tournent en boucle. Ils font le tour du bloc et ils repassent. Ils font ça sans arrêt. Ils tournent en rond toute la journée. Sans arrêt. Ils tournent.
Truman : Partons tout de suite. Je suis prêt, pourquoi attendre ? "A pierre qui roule, rien d'impossible" et "Coeur vaillant, nulle mousse n'amasse."
Truman : À moi, à moi ! Au secours ! Je suis devenu spontané !
Truman : On met le cap sur Atlantic City.
Meryl : Tu détestes le jeu.
Truman : Ah, oui, c'est vrai, je déteste le jeu.
Meryl : Alors, pourquoi veux-tu aller à Atlantic City ?
Truman : Parce que je n'y suis jamais allé. C'est pour ça que la plupart des gens voyagent, en général.
Meryl : Tu pourrais ralentir.
Truman : Oui, je pourrais.
[Un barrage de police stoppe les voitures. Truman se renseigne auprès d'un policier qu'il ne connait pas]
Truman : Merci du renseignement.
Policier : De rien, Truman.
Truman : Pourquoi tu veux un enfant de moi ? Tu ne me supportes pas.
Meryl : Qu'est-ce que tu racontes ? Ce n'est pas vrai. Je vais te préparer une bonne tasse de Mococoa, le cacao naturel, entièrement récolté à la main sur les pentes du mont Nicaragua, sans édulcorant de synthèse.
Truman : Mais qu'est-ce... Mais à qui tu parles ? Qu'est-ce que tu racontes ?
Meryl : J'ai goûté d'autres cacaos. C'est le meilleur.
Meryl [en pleurs] : Je ne veux pas continuer dans ces conditions. Ce n'est pas dans mon contrat.
Marlon [à Truman, ému] : Si j'avais eu un frère, j'aurais voulu qu'il soit comme toi. Je sais que la vie ne nous a pas donné tout ce dont nous avions rêvé. Je connais ça, ce sentiment que tout nous file entre les doigts et on ne veut pas s'y résigner, alors on cherche des réponses ailleurs. Mais... mais...
Christof [depuis le studio] : ... Mais je veux que tu saches que je serais prêt à faire n'importe quoi pour toi...
Marlon : Mais je veux que tu saches que je serais prêt à faire n'importe quoi pour toi.
Christof : Et qu'il n'y aurait rien de pire à mes yeux que de te trahir.
Marlon : Et qu'il n'y aurait rien de pire à mes yeux que de te trahir.
Voix du présentateur : 1 700 000 télespectateurs étaient là pour sa naissance. 220 pays ont suivi ses premiers pas. Le monde entier a retenu son souffle pour ce baiser volé. En même temps qu'il grandissait, la technique évoluait. Toute la vie d'un homme captée par un réseau de plus en plus dense de cameras cachées et retransmise en direct sans aucun montage, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, dans le monde entier, depuis l'île de Sea Haven. Le plus grand studio qui ait jamais été conçu et qui est à ce jour, avec la grande muraille de Chine, la seule construction humaine visible de l'espace. Voici, pour la 30ème année consécutive, le Truman Show !
[Christof veut envoyer un bâteau à la poursuite de Truman]
Gus : Allez-y, appareillez. Rejoignez-le. Allez !
Officier de marine : Ah ! Maintenant, c'est le bus que je conduis.
Gus [à Christof] : Ils ne savent pas se servir d'un bâteau. C'est des acteurs !
[Pour dissuader Truman de s'éloigner, Christof fait déclencher une tempête artificielle]
Christof : Envoyez la foudre ! Encore ! Remettez ça !
Producteur : Au nom du ciel, Christof, le monde entier nous regarde. On ne va tout de même pas le laisser mourir en direct !
Christof : Il est venu au monde en direct.
[Truman a trouvé la porte qui donne sur le monde extérieur. Une voix l'interpelle]
Truman : Qui êtes-vous ?
Christof : Je suis le créateur d'une émission de télévision qui donne de l'espoir, de la joie et de l'inspiration à des millions d'hommes et de femmes.
Truman : Et moi ?
Christof : Tu es le héros.
Truman : Alors, rien n'était vrai.
Christof : Toi, tu étais vrai. Et c'est pour ça que tu étais si bien.