Fiches de films - Répliques
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Micmacs à tire-larigot
[Bazil, témoin d'une fusillade, a reçu une balle perdue dans la tête]
Chirurgien : Si j'extrais la balle, j'ai neuf chances sur dix d'en faire un légume et si je l'extrais pas, il a neuf chances sur dix de mourir subitement.
Infirmière : Mieux vaut être vivant et risquer de mourir subitement que de ne pas être conscient d'être vivant sans risque de mourir.
Chirurgien : C'est philo qu'il fallait faire, pas médecine.
Concierge de Bazil : Oh ben dis donc, t'as voulu te recoiffer avec un ouvre-boîte ?
Placard : Les trois quarts de ma vie, j'les ai passés en taule, du coup, tous mes amis m'appellent Placard.
Bazil : J'vis au jour le jour. Avec la balle que j'ai là-dedans, ça peut disjoncter n'importe quand.
Placard : Moi, c'est la Veuve qui m'a fait le coup d'la panne. La guillotine, en 59. Le couperet s'est bloqué, ça m'a juste entamé la couenne. C'est arrivé que deux fois dans l'Histoire, et on m'a gracié.
[Dans le hall des "Arsenaux d'Aubervilliers", Bazil se fait interpeller par les hommes de main du directeur]
1er homme de main : Je peux vous renseigner ?
Bazil : Oui, je voudrais voir M. de Fenouillet, s'il-vous-plaît.
2ème homme de main : Vous avez rendez-vous ?
Bazil : C'est-à-dire... euh... J'ai un truc dans la tête. Ça le concerne.
3ème homme de main : S'il s'agit d'un projet ou d'une idée, vaut mieux lui adresser un courrier.
Bazil : Je pourrais toujours lui envoyer un scanner, mais je préfère le voir les yeux dans les yeux.
Orateur : Vous savez que nous sommes passés leaders dans le domaine des munitions à fragmentation. Nous avons quadruplé notre maintenance dans les pays du Golfe, diminué de 7 à 9 % les dommages collatéraux, car, vous le savez, nous ne sommes pas des monstres, nous ne souhaitons la mort de personne. Nous savons fort bien qu'un soldat blessé coûte plus cher à l'ennemi qu'un soldat tué.
Marconi : Balles traçantes, explosives ou perforantes... Nous avons les plus tranchantes, les plus offensives et les plus performantes. Vous savez, Rimbaud a commencé poète pour finir marchand d'armes, et bien moi, je vais faire le contraire. Mais, mais, mais, mais, mais... Mais ! En attendant la retraite, je compte bien continuer à faire rimer ambition avec munition et réussite avec dynamite.
[Bazil s'imagine un match de football bien particulier]
Thierry Rolland : Je vous rappelle la nouvelle règle en vigueur depuis le début de la saison. Une mine antipersonnel a été placée quelque part sous la surface de jeu.
Jean-Michel Larqué : Oui, Thierry. C'est évidemment un regain de suspense qui nous est offert par la Ligue Française de Foot...
[Explosion sur le terrain, un joueur est à terre]
Thierry Rolland : Eh bien, mon cher Jean-Michel, le suspense, il aura été de courte durée, puisque c'est l'avant-centre de l'équipe visiteuse, François Sylvestre, qui vient d'en faire les frais.
Chauffeur : Arthur Rimbaud finissant dans le commerce des armes, c'est historique ?
Marconi : Oui, oui, absolument. Oui, ça ne l'a pas empêché de mourir avec la gangrène, amputé d'une jambe.
Chauffeur : Et Baudelaire, c'est la syphillis, je crois ?
Marconi : Verlaine le delirium tremens, Lorca a été fusillé, Nerval s'est pendu à un lampadaire.
Chauffeur : En tout cas, moi, j'encouragerai jamais mon fils à devenir poète, Monsieur.
[Le gardien de l'usine de Marconi fait son service dans une loge vieillotte en écoutant des chansons anciennes]
Marconi : Dites-moi, ça fait combien de temps que vous travaillez pour nous ?
Le gardien : 30 ans le mois prochain Monsieur.
Marconi : Ah ! Qu'est-ce que vous diriez qu'on refasse la loge, là ? Pour vos 30 ans. Avec un peu de matériel high tech ?
Le gardien : Vous savez, Monsieur, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, hein ?
Marconi : Han, han ! Essayez au moins de changer de pull. Au moins une fois tous les 30 ans.
Marconi [à son petit garçon] : J'ai fait un très beau discours. Je me suis même comparé à Rimbaud. Tu sais qui c'est ?
Le garçon : Bien sûr. Mais faudrait que tu t'mettes à la muscu.
Marconi : ... Non, pas Rambo, chéri, Rimbaud.
Placard [évoquant son exécution ratée] : On t'a déjà fait le coup de la panne et le coup du lapin en même temps ? [...] Depuis, elle ne m'a plus jamais quitté, la veuve. Où que j'aille, elle est toujours dressée dans mon dos à m'faire de l'ombre.
Remington : Madame, l'amiante, on ne la trouve pas qu'au diable vauvert. Dès potron-minet, mon collègue et moi avons maille à partir avec ce fléau, alors inutile de ruer dans les brancards.
[De Fenouillet lit les étiquettes de sa collection, contenue dans des flacons]
De Fenouillet : "La vertèbre de Tino Rossi", "Winston Churchill, rognures d'ongles", "La molaire de Marilyn... [avec tendresse] Monroe", "Le pied de Salmanasar 1er", "le coeur de Louis XVI", "le doigt de Matisse", "l'oeil de Mussolini"... [avec dépit] J'en ai qu'un !
De Fenouillet [au téléphone] : Les dommages collatéraux apportent toujours une valeur ajoutée au niveau médiatique.
Bazil : Je suis le bras droit de Monsieur de Fenouillet. Il m'a chargé de vous dire que l'oeil de Mussolini ne l'intéresse plus. Mais par contre, le talon d'Achille, la pomme d'Adam, il est preneur.
De Fenouillet : Qui êtes vous ?
Remington : Je suis l'émissaire d'Omar Boulounga.
De Fenouillet : Boulounga ! Je le croyais...
Remington : Rangé des voitures ? Que nenni.
Bazil [soufflant à voix basse] : Une révolution populaire...
Remington : Une révolution populaire est sur le point de rendre à Omar ce qui appartient à Omar.
De Fenouillet : Je ne fais pas de politique.
Remington : Vous devriez. Ça ne mange pas de pain.
[La bande a volé des valises pleines d'armes et les amène au refuge]
Tambouille : Hou la la la la la la ! Ça, on ne recycle pas. Ça, c'est pas pour nous, ça, les enfants.
Placard : Mais c'est pas de la récup'. C'est tombé d'un blindé !
Tambouille : Alors, ils ont mordu à l'hameçon, tes deux requins ?
Bazil : On n'en est pas encore là. Pour l'instant, j'appâte, je fais scintiller la cuillère. Mais dès que ça mordra, j'aurai besoin de tout le monde pour ferrer, hein, parce que c'est du gros.
[Pour la mise au point de son plan, Bazil a pris contact avec un couple de danseurs érotiques]
Môme Caoutchouc : Alors ? J'croyais que Monsieur pêchait le requin. Pas la morue ou le hareng.
De Fenouillet : Tes petites magouilles, je les honnis. Tes diamants de Boulounga, tu peux te les insérer où je pense.
Marconi: Ah, tu veux jouer au con ! Tu veux que je ressorte les dents, les doigts, les ossements des rois assyriens. Le pillage du musée de Bagdad, ça te dit quelque chose ? J'ai toutes les preuves ici même à la maison. Alors, si tu veux la guerre, il faudra p't'être y réfléchir à deux fois, hein ?
De Fenouillet : Cher ami, quand on la chance d'un divorce à son avantage, on évite de choisir comme maîtresse la femme du Premier Ministre. Moi aussi, j'ai un dossier à la maison.
De Fenouillet : T'as voulu la guerre ? Ça va être la blitzkrieg !
Bazil : Exercice n° 8 : l'argent. [à toute vitesse] Fric, oseille, thune, talbin, grisbi, artiche, avoine, maille, biscuit, blé, fraîche, flouze, caillasse, picaillon, pèpètes, pognon.
[De Fenouillet et son homme de main ont éliminé Boulounga et ses hommes qui tenaient Marconi prisonnier. Celui-ci est toujours ligoté]
De Fenouillet : Nous avons, toi et moi, refusé de vendre des armes à des rebelles. Rebelles qui fomentaient un coup d'Etat. Pour se venger, ils ont posé une bombe aux Arsenaux... avant de venir s'en prendre à toi. [hypocrite] Nous nous sommes précipités à ton secours ! N'est-ce pas, Libarski ?
Libarski : Nous sommes juste arrivés un poil trop tard.
De Fenouillet : C'est ballot !
Marconi : Bon, d'accord, j'aurais pas dû saboter ton usine. Mais, pour les obus que tu m'as volés, je retire ma plainte.
De Fenouillet : Quels obus ?
Marconi : Ben... le camion d'obus !
De Fenouillet [moqueur] : Il s'est fait voler un camion d'obus !
[Marconi et de Fenouillet ont été amenés,ligotés, dans ce qui semble être un désert. Marconi a un pied sur une mine antipersonnel et de Fenouillet est juché sur ses épaules, une grenade dans la bouche]
De Fenouillet : J'suis ami avec le président de la République. Non, mais, enlevez-moi cette grenade, c'est grotesque. On va lui téléphoner. Vous allez voir, il va payer.
Marconi : Articule, Ducon !












