Fiches de films - Répliques
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L'Aile ou la cuisse
Maître d'hôtel : Pour vous faire passer l'addition, permettez-moi de vous offrir un petit Armagnac.
[Duchemin doit poser pour les photographies de son guide. Il veut une musique d'ambiance]
Duchemin : Il met Wagner ! Mais Wagner... mais Wagner... c'est pour le gibier, pour le gros gibier, pour le sanglier, pour le rhinocéros. Enfin ! Pam pa pam pam ! Pam pa pam pam pam ! Enfin ! Mais, pour la poularde de bresse au homard de Roskoff, il faut autre chose ! Alors, trouvez-moi une musique légère, spirituelle, subtile, dosée... mais dépêchez-vous !
Duchemin [dictant une critique culinaire] : Si vous aimez être reçu comme un chien dans un jeu de quilles, risquer votre vie à chaque coquillage et l'infarctus en lisant l'addition, alors, courez aux "Délices de l'océan".
[Habillé comme un touriste américain, Duchemin teste une gargotte. On lui sert du beaujolais nouveau]
Duchemin : Mmh ! Very, very, very good. Marvelous, wonderful. [il grimace] But, very, very nouveau, hein !
[Un faux plombier a été envoyé pour espionner Duchemin. Celui-ci, par téléphone, fait sortir son employé pour prendre le plombier sur le fait]
Duchemin : Gardez tout votre calme, Dubreuil. Taisez-vous et ne dites plus qu'un seul mot : "oui". Vous avez compris ?
Dubreuil : Mais, je ne comprends pas, Monsieur le Directeur.
Duchemin : Mais qu'est-ce que je viens de vous dire ? Vous voulez être viré ?
Dubreuil : Mais... Oui, Monsieur le Directeur.
Duchemin : Vous avez compris, bon. Le plombier est toujours là ?
Dubreuil : Oui, il est en train de...
Duchemin : Dubreuil !
Dubreuil : Euh... oui, oui, oui, oui.
Duchemin : Détendez-vous. Souriez. Faites comme si je vous annonçais une grosse augmentation.
Dubreuil : Oh ! Merci, Monsieur le Directeur.
Duchemin [entre ses dents] : C'est ça, oui. Alors, vous allez, très décontracté, sortir du bureau et y laisser le plombier, voilà, et vous venez nous rejoindre.
Dubreuil : Oui, Monsieur le directeur.
Duchemin : Alors, maintenant, répétez ce que je vais vous dire. [sur un ton faussement décontracté] Un apéritif à l'atelier de gravure ? J'arrive tout de suite, Monsieur le Directeur !
Dubreuil [sur le même ton faussement décontracté] : Un apéritif à l'atelier de gravure ? J'arrive tout de suite, Monsieur le Directeur !
Duchemin : Je vous attends.
Dubreuil : Je répète ça aussi ?
Duchemin : Andouille.
[A l'étage, Marguerite a barré le passage au faux plombier qui l'a jetée sur le côté. Elle reste accrochée à la suspension et risque de tomber]
Duchemin : Mon lustre !
[Duchemin veut affronter Tricatel dans un débat télévisé. Le journaliste rend visite à Tricatel en lui laissant croire que c'est à lui de choisir son adversaire]
Tricatel : Mais, pourquoi vous avez barré ce nom là ?
Bouvard : Lequel ?
Tricatel : Ben là, Duchemin.
Bouvard : Oh non. Duchemin, ça n'est pas sérieux. Il n'est pas assez costaud.
Tricatel : Je ne suis pas du tout de votre avis. Duchemin est un adversaire qui me convient très bien.
Bouvard : Oui, mais... comment le persuader ?
Tricatel : Je crois qu'il faut procéder hypocritement et lui donner l'impression que l'idée vient de lui. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Bouvard : Je pense, Monsieur Tricatel, que vous êtes l'héritier de Machiavel.
Tricatel : Alors là, je vous arrête. Je ne suis pas un fils à papa, Monsieur. Je me suis fait tout seul.
Duchemin : Qui êtes-vous ?
Margaret : La nouvelle secrétaire intérimaire.
Duchemin : Vous vous appelez comment ?
Margaret : Margaret. Et vous ?
Duchemin : Je m'appelle Monsieur le Directeur.
Duchemin [finissant de dicter une critique culinaire] : ... C'est absolument infect tous les jours sauf le dimanche, jour de fermeture.
[Au cirque, Gérard fait un numéro de clown et envoie à un partenaire pris dans la salle, un seau de mousse à raser. Cette fois, c'est Monsieur Duchemin]
Gérard : Ça te fait de la peine papa ?
Duchemin : T'inquiète surtout pas.
Gérard : Ah bon.
Duchemin : Mais j'aurais aimé l'apprendre autrement.
Duchemin : Et ça marche ?
Gérard : Ça démarre.
Duchemin : Les histoires de tartes à la crème, ça les fait rire?
Gérard : Oui.
Duchemin : Oh ! Mais alors, moi, par exemple, je prends ce seau et, Waouf ! Et ils vont rire ?
Gérard : Peut-être, oui.
[Duchemin lance un seau de crème à raser au visage de Gérard. Personne ne rit]
Gérard : Ben, c'est raté.
Duchemin : Comme toi.
Gérard : Peut-être que t'avais pas envie de les faire rire.
Duchemin : Parce qu'il faut avoir envie ?
Gérard : Ah oui ! Oui !
[Un gargotier, qui avait dû fermer son établissement précédent suite à une mauvaise critique, force Duchemin à manger ses plats]
Gargotier : C'est pas très bon, hein !
Duchemin : C'est même très mauvais.
Gargotier : Maintenant, je suis seulement le gérant. Toute la journée, je sers de la merde.
Duchemin : Mais au "Relais des cigales", c'en était déjà, hein !
Gargotier : Oh, peut être ! Mais c'était moi qui la faisais.
Duchemin : Parce que là, c'est pas vous ?
Gargotier : Ah non ! Tous les matins, c'est l'usine du grand patron qui m'l'envoie.
Gargotier : Alors ? C'est bien dégueulasse toute cette bouffe là, hein ?
Duchemin : On ne s'y habitue pas.
Gargotier : Oh, il faudra bien. Y'aura plus que ça, bientôt.
Duchemin [catastrophé] : J'peux même plus me mettre en colère !
Tricatel: Duchemin est en ce moment dans mon usine !
Lambert : Exactement. On prévient la police ?
Tricatel: Vous êtes fou ! Il faut à tout prix les empêcher de sortir de cette usine.
Lambert : Vous voulez dire que...
Tricatel: On peut très bien fabriquer quelques boites de conserves supplémentaires, non ?
Tricatel : Duchemin ne viendra pas, parce qu'il n'existe plus ! ... Enfin, ce qu'il représente n'existe plus. Une cuisine compliquée, pour des gens priviligiés qui sont encore plus compliqués. Moi, je nourris des millions de personnes. Et demain... demain, je nourrirai peut-être la terre entière. Simplement. Naturellement. Et c'est pas Duchemin qui viendra me prouver le contraire.
[Gérard entre sur le plateau de télévision]
Tricatel : Parce que c'est ça Duchemin ? Non, mais c'est une honte. C'est une imposture. Ça n'a jamais été Duchemin, ça !
Bouvard : Je vous en prie, Monsieur Tricatel. La France vous regarde, un peu de dignité.
Tricatel : Dignité, mon cul. Je veux voir le vrai Duchemin.
Gérard [goûtant du vin] : Alors... Vin soi-disant du sud de la France. Composé en réalité d'un tiers de vin italien, d'un tiers de vin grec et le reste de colorants et de produits chimiques. Vin que Monsieur Tricatel donne en abondance chaque jour à sa nombreuse clientièle. [Jetant le verre sur Tricatel] Attention, ça tache.
[Gérard ayant des difficultés à identifier un vin, Duchemin est venu sur le plateau de télévision]
Duchemin : Belle robe vermeille, un peu violette... Bel éclat... C'est un Bordeaux. Un GRAND Bordeaux ! Un peu de pourriture noble en suspension... Les impuretés descendent lentement... Ce vin a 23 ans. C'est un 53, très grande année ! Le vin, c'est la terre. Celle-ci est légèrement graveleuse. C'est un médoc ! Le vin, c'est aussi le soleil. Ce vin a profité d'une belle exposition sud-ouest sur un coteau de bonne pente. C'est un Saint-Julien, château Léoville Las Cases 1953 !
Bouvard : Exact !
[Gérard et Duchemin ont, à leur tour, fait goûter des plats à Tricatel qui a fait la grimace à chaque bouchée]
Bouvard : Bon, si je puis dire ! Alors, je vous demande maintenant de formuler un jugement sur ces produits.
Tricatel : Mais, c'est infect. C'est absolument innommable. Ils ont voulu m'empoisonner. C'est pas de la nourriture.
Duchemin : Exact. Ces produits viennent de chez vous. Et des millions de personnes les consomment chaque jour.
Tricatel : Impossible, Monsieur, absolument impossible.
Duchemin : Enfin, tu aurais pas envie, un jour, de porter un beau costume comme ça ?
Gérard : Ah non ! Non, merci, non, ça va, j'ai ce qui faut.
Duchemin : Ça vaut bien ton costume de clown !
Gérard : Oui, mais pas plus.










