Fiches de films - Répliques
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Les dents de la mer
[Martin a demandé au Maire de fermer la plage au public, un requin rodant à proximité]
Le Maire : Si le public ne peut plus se baigner chez nous, il est fichu de se rabattre sur les plages de Cap Code, New Hampton, Long Island...
Martin : C'est tout-de-même pas une raison pour servir du hachis parmentier au menu !
Le Maire : Martin, tout ça c'est psychique. Vous criez "barracuda", tout le monde dit "Hein ? Quoi ?". Vous criez "requin" et c'est la panique générale pour la Fête Nationale.

Quint : Vous me connaissez tous et vous savez de quoi je vis. Je le capturerai, moi, votre bestiau. Mais ce sera pas du tout cuit, parce que c'est un filou. Sortir un requin, c'est pas taquiner l'ablette dans l'étang ou la perchette. Le requin, il avale tout ce qu'il voit. Un coup de dent, un coup d'attendrisseur et ça descend.
Quint : J'sais bien qu'il y a urgence. Faut faire rappliquer le touriste, vu que le pékin, il met du beurre dans le plat d'épinards, mais ça sera tout sauf de la rigolade. Ma peau, elle vaut davantage que 3 000 dollars, pas vrai, chef ? Pour 3 000 dollars, je vous le trouverai. Mais pour l'attraper et le zigouiller, c'est 10 000 qu'il me faudra. La balle est dans votre camp. À vous de jouer. Ou vous les crachez et vous refaites surface, ou vous bloquez les fonds et c'est la soupe populaire pour le petit commerce.
[Matt Hooper examine le corps de Chriss, la première victime]
Matt : Voici ce qui s'est passé. Un gros squale, affamé mais non hystérique, l'a attaquée. Peut-être un longimanus ou isurus glaucus. De l'énorme masse tissulaire arrachée qui empêche toute analyse détaillée, nous pouvons toutefois déduire que le prédateur dépasse de loin la taille normale des squales qui vivent dans ces eaux.
Matt : En tout cas, je le répète, ce n'est pas un accident dû à un bâteau. Ni à une hélice. Ni à un récif de corail. Ni à Jack l'Eventreur non plus. C'est dû à un requin.

[Un requin a été tué par les pêcheurs, mais Matt est persuadé que ce n'est pas le requin tueur. Il veut examiner son estomac]
Le Maire : Voyons, Messieurs, un peu de sens commun. Ce n'est ni le lieu, ni le moment de vous livrer à votre espèce de soi-disant autopsie du goinfre. En tous cas, moi, il est hors de question que je reste là, à regarder la triperie et attendre que cette saloperie dégobille le fils Kintner sur le quai.
Mme Kintner [après avoir giflé Martin] : Je viens d'apprendre qu'une jeune fille a été tuée ici, il y a huit jours, et vous le saviez. Vous saviez qu'un requin rodait au large des côtes et vous saviez qu'il était dangereux, mais vous avez permis que les enfants se baignent malgré cela. Vous saviez tout cela. Mais Alex est bien mort à l'heure où nous sommes. Et ni vous, ni personne, ne me le rendrez. Mon fils est mort, souvenez-vous toujours de cela.
Ellen : Je m'excuse... Je croyais que le requin avait été capturé. D'ailleurs, ils l'ont dit à la radio. ils en parlaient sur Cape Code.
Matt : Ils ont capturé un requin, pas LE requin. Pas celui qui a tué Chrissy Walkins et sûrement pas le requin qui a tué le petit.
Ellen : Martin déteste les bâteaux, Martin reste dans sa voiture chaque fois que nous prenons le ferry-boat. ça doit lui venir de l'enfance. Médicalement, ça a un nom, je crois.
Martin : Noyade.
Martin : Ecoutez... Est-il vrai que la plupart des gens attaqués par des requins le sont dans un mètre d'eau, à environ trois mètres de la plage ?
Matt : Exact.
Martin : Et avant que les bains de mer n'aient été à la mode comme aujourd'hui et, de ce fait, que les requins n'aient su où trouver pâture, est-il exact que ces attaques restaient ignorées ?
Matt : C'est vrai.
Martin : Quant à ce requin qui se déplace seul... Quel est son nom, déjà ?
Matt : Rogue.
Martin : Rogue, c'est ça. Ce gaillard, donc, il va poursuivre sa chasse le long d'une plage où la table est excellente, jusqu'à ce qu'il ait épuisé les stocks, okay ?
Matt : Ça, c'est la territorialité. C'est d'ailleurs une théorie qui a mon agrément.
Martin : Où allez-vous ?
Matt : A sa recherche dès maintenant. Il se nourrit la nuit.
Martin : Vous irez en mer ?
Matt : Si c'est un requin que nous cherchons, c'est pas sur terre qu'on le trouvera.
[Matt a embarqué Martin sur son bâteau équipé pour la recherche sous-marine]
Martin : Qui paie toute cette installation ? Le gouvernement ? l'institut ? C'est pas donné, ces machins là !
Matt : J'ai payé de mes deniers la plus grosse partie.
Martin : Vous voulez rire.
Matt : Non.
Martin : Vous êtes riche ?
Matt : Oui.
Matt [au Maire] : Voilà la situation. Il semblerait qu'un grand requin blanc se soit approprié les eaux territoriales d'Amity. Il va continuer à s'y alimenter tant que les eaux seront pourvues de nourriture.
Matt : Tout ce qu'on appelle "squale" est attiré irrésistiblement par le bruit et les turbulences aquatiques produites par un humain qui nage. C'est une donnée naturelle.
Martin : Ouvrir les plages pour la Fête Nationale, ça équivaut à leur sonner la cloche pour le déjeuner.
Matt : Monsieur Vaughn, ce que nous avons à affronter, c'est une machine à dévorer. L'engin parfait. Un authentique miracle de l'évolution. Cette machine nage, ingurgite et fabrique du requin. C'est sa fonction.

(Le maire tient tête à Martin et Hooper qui veulent le persuader d'interdire la baignade)
Matt [au maire] : C'est ça, au revoir. Je ne veux pas perdre mon temps avec un individu qui attend son tour pour être mangé à la tartare. [à Martin] Tchao, l'ami, à un de ces jours.
Le Maire : Je veux bien qu'on ait le légitime souci de la vie des baigneurs et je vous laisse carte blanche pour que vous preniez les mesures qui s'imposent. Mais que nos plages soient bel et bien ouvertes pour le week-end.
[Quint rechigne à prendre Matt au bord de son bâteau, comme lui demande Martin]
Martin : C'est moi qui paie, j'invite qui je veux.
Quint : Exact, c'est vous qui invitez et c'est vous qui payez, mais c'est MON bâteau. Vous serez à bord de MON bâteau. Je suis mousse, matelot, pilote et capitaine. [À propos de Matt] Je le prend pour faire du lest.

Quint : Qu'est-ce que c'est cet attirail ? Une douche portative ou une cage à singe ?
Matt : C'est une cage anti-requin.
Quint : Une cage anti-requin ! Et vous entrerez dans la cage ! [signe de tête affirmatif de Matt] Et la cage entrera dans la mer ! [Acquiescement] Et vous avec ! [Acquiescement] Avec le requin autour ! [Acquiescement] Notre requin !
Quint :
Au revoir et adieu, jolie fille madrilène
Au revoir et adieu, jolie fille d'Espagne
J'ai reçu l'ordre de repartir à Boston
Et jamais plus je ne reviendrai en Espagne
Poum Poum Poum, tout me rappelle ce doux rêve
J'aime y songer le whisky à la main
Elle s'en est allée
Je n'ai pas su la garder
Qu'il est loin son rire mutin...
Ellen [à Martin qui va embarquer] : Qu'est-ce que je vais raconter aux enfants ?
Martin : Que papa est à la pêche.
Quint : Les bonnes femmes, ça râle quand on sort, mais ça râle aussi quand on rentre.
Martin : Qui pilote le bâteau ?
Quint : Personne. Les courants.
Quint : 12° sud, sud-est et à plein régime !
Matt [à la barre] : A vos ordres, Capitaine ! [Entre ses dents] J't'emmerde, eh ! connard !

[La gueule d'un énorme requin a émergé à proximité de Martin, qui balançait des appâts par dessus bord]
Martin [pétrifié, à Quint] : Il nous faudrait un plus gros bâteau.

[Quint raconte une expérience vécue par lui et l'équipage d'un bâtiment coulé, pendant la guerre contre le Japon]
Quint : Aux premières lueurs de l'aube, les requins commencent à rôder. Alors, on a formé des espèces de groupes compacts, dans le genre des carrés qu'il y avait dans les batailles de l'ancien temps, voyez ce qu'ils ont fait à la bataille de Waterloo. Alors, on s'était dit, si un requin s'approche de trop près, le premier rang se débattra dans l'eau, il gueulera, il se remuera. Des fois, ça suffit et le requin, il fout le camp. Mais des fois, ça marche pas, il reste là. Si vraiment il s'incruste, alors là, attention, il vous regarde droit dans les yeux. Et je vais vous dire, moi, ça a des yeux sans vie, sans rien. Une paire d'yeux tout noirs. Des yeux de nounours. Lorsqu'il s'approche de vous, le requin, il fait pas vivant. Jusqu'à ce qu'il vous happe. Là, ses petits yeux noirs, ils deviennent blancs et alors, on entend ce cri terrible qui vous perce le tympan et l'océan est tout rouge. Et malgré qu'on se débatte, qu'on gueule et qu'on hurle, ça grouille de partout et ça vous met en pièces.
Quint : A l'aube de ce premier jour, cent hommes étaient morts. Y'avait combien de requins ? Peut-être un millier d'hommes, je sais pas, mais il en partait six à l'heure en moyenne.

[Le requin géant s'approche du bâteau]
Matt : Messieurs, je crois qu'il vient chercher son déjeuner.
[Martin et Matt nagent en direction de la terre, accrochés à des barils]
Martin : Et moi qui avais horreur de l'eau.
Matt : Vous avez été servi.
