Fiches de films - Répliques
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Le Tatoué
Dubois [montrant un tableau] : Joli, hein ?
Mézeray : Ah ! Très bien, très bien... 400 !
Dubois : Oh, ben non, Monsieur Mézeray. Tout augmente ! La viande, le beurre, les oeufs...
Mézeray : Ben alors, 300 !
Mézeray [montrant un autre tableau] : Ça, qu'est-ce que c'est, ça ?
Dubois : Ça, c'est une gare.
Mézeray : Une petite gare. Elle est petite. 200 !
Mézeray [montrant un autre tableau] : Et ça, qu'est-ce que c'est ?
Dubois : Alors, celui-là, je pensais vous le laisser...
Mézeray : Ah non ! Moi, je veux le payer. Oh, là, là !
Dubois : Oui, enfin, vous le laisser à 700.
Mézeray : Ah !
Dubois : Vous savez, y'a des heures de travail, y'a la toile, les peintures...
Mézeray : ... Et puis le temps que ça sèche, quoi !
Mézeray [soulevant la chemise de Legrain] : Faites voir.
Legrain : Mais je ne vous le permets pas. Qu'est-ce que c'est que ce genre !
Mézeray [à Dubois] : Qu'est-ce qu'il a dans le dos ?
Dubois : Un tatouage.
Mézeray : On dirait une reproduction de Modigliani.
Legrain : Est-ce que j'ai une tête à avoir une reproduction ?
Mézeray : Mais faites voir ! Mais faites voir !
Legrain : Oh ! Mais, arrière, jeune homme !
Mézeray : Vous n'allez pas me dire...
Legrain : Mais j'ai rien à vous dire, Monsieur.
Mézeray : C'est vraiment un Modigliani ?
Legrain : C'EST un Modigliani !
Mézeray : Authentique ?
Legrain : Je ne permets pas à un va-nu-pieds de votre espèce de mettre en doute la parole d'un légionnaire.
Mézeray : Mais c'est vraiment Modigliani qui vous l'a tatoué ?
Legrain : Et merde !
Mézeray : Monsieur Legrain, vous m'entendez ? Je vous l'achète !
Legrain : Me prendriez-vous pour un saucisson ou un pied de porc, Monsieur l'épicier ?
Mézeray : 500 000. Allez, 500 000... ou alors 1 000 000.
Legrain : Savez-vous, jeune homme, que je vais vous mettre mon pied au cul ?
Mézeray : Ecoutez, écoutez... Je vous donne 2 millions pour ce que vous avez dans le dos.
Legrain : Comment, ce que j'ai dans le dos ! Est-ce que vous me prendriez pour une prostituée, bougre d'abruti ?
Mézeray : 3 !
Legrain [à Dubois] : Monsieur Dubois, je ne vous félicite pas pour la qualité de vos relations.
Mézeray [montrant des croutes à 2 acheteurs américains] : Avant de parler du prix du Modigliani, il faudra m'acheter tout ça, tout ce qui est par terre. Regardez, y'a ça, y'a ça, y'a ça .. Et puis, alors, regardez celle-là, c'est moi qui l'ai faite. Regardez si c'est joli.
1er acheteur : Elles sont invendables !
Mézeray : Hé, hé, hé ! C'est justement pour ça que je veux vous les vendre.
2ème acheteur : C'est awful !
Mézeray : Comment, qu'est-ce que vous dites ?
2ème acheteur : Mais elles sont affreuses.
Mézeray : Ah, non ! Ah, non, non ! Elles sont pas affreuses, elles sont horribles, elles sont hideuses, ça, j'peux plus les voir. Alors, c'est pour ça, j'veux vous faire un prix, pour tous les deux, mais un prix... un prix... 150 millions !
1er acheteur : Jamais !
Mézeray : Pour avoir le Modigliani, il faut m'acheter tout ça, 150 millions.
Mézeray [dans l'interphone] : Passez-moi sur cet appareil et en priorité, Bernheim de New-York.
1er acheteur : Ah, non ! Pas Bernheim !
Mézeray : Alors ?
1er acheteur : Bon, 150 millions.
Mézeray : 160.
1er acheteur : Vous aviez déjà dit 150.
Mézeray : 170.
1er acheteur : Mais, écoutez...
Mézeray : 180.
1er acheteur : Bon, d'accord, d'accord.
[Mézeray a amené ses acheteurs américains chez Legrain qui les reçoit avec un fusil]
Legrain : Et des anglais, en plus ! Azincourt, Fachoda, l'ennemi héréditaire !
Mézeray : Ce sont des américains !
Legrain : Alors, raouss !
Mézeray : Ils viennent de New-York !
Legrain : Ah, ben pour moi, c'est pareil.
Mézeray : Mais non, mais non...
Legrain : Mais si !
Mézeray : Non.
Legrain : Si ! Les espagnols ont tué les incas. Ils ont trucidé les indiens.
Legrain : Ça va dans la lune avec des ordinateurs et du coca-cola, mais ça bouffe du gigot à la confiture.
Mézeray : Meuh non !
Legrain : Mais si. Allez, embarquez-moi vos trompettes de jazz, vos téléviseurs et vos pilules à dépeupler. Messieurs, go home !
Legrain : Mais comme je suis aimable, en souvenir de La Fayette et de Pershing, je vais vous le montrer, mon dos.
1er acheteur : Vous connaissiez Modigliani ?
Mézeray : Oui, oui, oui, il le connaissait très bien.
Legrain : Non, jeune homme, je ne connaissais personne. Il était 2 heures du matin. Je suis entré au café du Dôme à Monparnasse. Il règnait comme une démence. Alors, y'a un type qui s'est approché de moi. Il m'a dit : "Je veux te tatouer une femme dans le dos".
Mézeray : Ah !
Legrain : Oui, Monsieur, et je me suis couché sur le billard.
Mézeray : Oh !
Legrain : Oui, Monsieur, et ce n'est que 20 ans plus tard que j'ai appris que c'était Modigliani et que j'étais devenu un chef-d'oeuvre. Ceci dit, ça n'avait aucune importance, car j'étais resté à la Légion et je continuais à me battre sous l'emblème apatride de la grenade à 7 flammes.
Valet : D'abord, pourquoi vous me regardez de si haut ?
Mézeray : Comment ?
Valet : Parce que je suis le valet de chambre ?
Mézeray : Comment ?
Valet : Parce que je suis noir ?
Mézeray : Mais non, mais non, mais non, vous n'êtes pas noir.
Valet : Mais si, je suis noir.
Mézeray : Mais enfin, pas tellement, quoi !
1er acheteur : Bon. Au sujet du Modigliani...
Mme Mézeray : Oh ! Quand je pense qu'il l'a trouvé au marché aux puces ! C'est là qu'il a débuté, il poussait une charette...
Mézeray : Darling !
Mme Mézeray : Yes ?!
1er acheteur : Au sujet du Modigliani...
Mme Mézeray : Quand je pense qu'il l'a trouvé au marché aux puces ! C'est là qu'il a débuté, il poussait une charette...
Mézeray : Darling !
Mme Mézeray : Yes ?!
1er acheteur : Au sujet du Modigliani...
Mme Mézeray : Quand je pense qu'il l'a trouvé au marché aux puces...
Mézeray : En voilà assez ! Dites-moi, pour en revenir au Modigliani...
[Eclat de rire de Mme Mézeray]
Mme Mézeray : Oh ! Ecoute, mon petit coco...
Mézeray : Alors, d'abord, je ne suis pas ton petit coco. Je ne suis le petit coco de personne. Est-ce que j'ai une tête de petit coco ?
Mme Mézeray : Comme tu veux.
Mézeray : Ah ben, oui, tiens, justement, au sujet de "comme tu veux". Je voudrais te demander de ne plus me tutoyer.
Mme Mézeray : Pourquoi ?
Mézeray : Parce que dans un ménage comme le nôtre, qui a acquis une certaine aisance, une certaine... classe, on ne se tutoie plus.
Mme Mézeray : On ne se tutoie plus ?
Mézeray : Non ! [éclat de rire de son épouse] Ah !!! On ne se tutoie plus jamais !
Mme Mézeray : Plus jamais ?
Mézeray : Plus jamais !
Mme Mézeray : Comme vous voudrez. Bonsoir, Monsieur.
Mézeray : Voilà ! Bonsoir, Madame.
Mézeray : Qu'est-ce que c'est que ça ?
Legrain : Du jumeau aux haricots rouges.
Mézeray : Du jumeau ?
Legrain : Du jumeau. Vous ne connaissez pas. Vous, c'est biscotte-salade. Moi, c'est livarot-beaujolais.
Mézeray [tapant sur son ventre plat] : Oui, mais regardez ! Eh !
Legrain [tapant sur sa bedaine] : Et ben, regardez !
[Mézeray a proposé une grosse somme d'argent à Legrain pour son tatouage. Celui-ci refuse en le traitant de fou]
Mézeray : Enfin ! Vous vous rendez compte ? 50 millions ! C'est vous qui êtes fou !
Legrain : Mais, je ne vous permets pas ! Je ne suis pas fou ! Je suis riche et je tiens à le rester. Je dépense moins que je ne touche, c'est la seule formule. Ma retraite de légionnaire me paie le boire, le manger et le tabac et moi, Monsieur, je passe l'hiver à Paris et dès la belle saison, je gagne ma campagne.
Mézeray : Vous avez une campagne ?
Legrain : Oui, jeune homme.
Mézeray : Avec une maison dessus ?
Legrain : Oui, jeune homme.
Mézeray : Et je parie que cette maison est en mauvais état.
Legrain : Oui, jeune homme.
Mézeray : Alors, écoutez Monsieur Legrain. Si vous le désirez, cette maison... ce sera un château.
Legrain : Un château...
Mézeray : Votre campagne, moi, je vous la remets à neuf.
Legrain : J'ai horreur du neuf.
Mézeray : Non, mais j'veux dire, je la remets en état. La cuisine, les papiers, le plafond, les murs, le chauffage central... Tout.
Legrain : Tout ?
Mézeray : Tout !
Legrain : Je ne signerai que quand les travaux seront commencés.
Mézeray : Oh ! Vous n'avez pas confiance en moi ?
Legrain : Non.
[Legrain, au volant d'une antiquité, emmène Mézeray dans sa maison de campagne]
Mézeray : Mais on n'avance pas. Où il est votre compteur de vitesse ?
Legrain : Je l'ai débranché en 1931.
Mézeray : A quelle heure on va arriver ?
Legrain : Je ne m'occupe jamais de l'heure.
Mézeray : Ça va faire 4 heures qu'on roule.
Legrain : Vous n'allez pas pleurer toutes les 2 heures, non ?
Mézeray : Si ça continue comme ça, on sera jamais de retour à Paris ce soir.
Legrain : Qui vous a dit qu'on serait à Paris ce soir ?
Mézeray : Dites donc, mais c'est très grave ce que vous dites ! Moi, il faut que je téléphone, hein !
Legrain : Décidément, c'est une psychose.
Mézeray : Oui, ben écoutez. De toutes façons, vous allez m'arrêter un peu plus loin. Un boqueteau, tenez, là.
Legrain : Pour téléphoner ?
Mézeray : Non. C'est pour... c'est...
Legrain : Je ne m'arrête jamais. Moi, je prends mes précautions avant.
Mézeray : Non. Il faut s'arrêter.
Legrain : Non !
Mézeray : Ah si. Il faut le faire.
Legrain : Ben, vous le ferez plus tard.
Mézeray : Ça, je pourrai pas.
Legrain : Si !
Mézeray : C'est joli par ici. On est arrivé ?
Legrain : Pour ce soir, oui.
Mézeray : Comment ça pour ce soir ? Mais où elle est votre maison ?
Legrain : Dans le Périgord noir. Le dernier refuge des loups.
[Legrain a arrêté sa voiture devant un vieux château qui menace ruine. Mézeray admire ce qui reste de l'édifice]
Mézeray : Dites, maintenant, on va chez vous. On est pressés, hein !
Legrain : Ben, c'est ici chez moi.
Mézeray [riant] : Non. Oh, oh, oh !
Legrain : Si. C'est ma maison de campagne.
Mézeray : Allons... allons...
Legrain : Ben, vous m'aviez dit que vous vouliez en faire un château. Voyez que le plus gros est fait.
Mézeray : Mais c'est pas pour ça que vous m'avez fait signer !
Legrain : C'est vous qui avez voulu signer.
Mézeray : Mais fallait m'en empêcher !
Legrain : Mais vous êtes fou, et c'est dangereux de contrarier les fous.
Mézeray : Regardez ça, c'est une ruine.
Legrain : Ah ben, il a brûlé 4 fois. La dernière fois en 44.
Mézeray : Y'a le téléphone ?
Legrain : Ni téléphone, ni eau, ni gaz, ni électricité.
Mézeray : Y'a rien, alors ?
Legrain : Non, mais vous allez tout mettre.
Mézeray : Qu'est-ce qui se passe ?
Legrain : Il se passe, mon cher, que vous venez de perdre encore des millions, et qui plus est d'une façon stupide.
Mézeray : Qui ? Moi ? Et comment ?
Legrain : Hé ! Hé ! Les pilleurs de château. Une engeance sournoise qui travaille en sous-main avec l'antiquaille du faubourg Saint-Germain.
Legrain : Il faut voir les choses bien en face. Les assises romanes s'éboulent, la charpente s'effondre et la toiture est pourrie.
Mézeray : Oui, mais enfin, maintenant, c'est pas grave, on fait des injections de béton armé, pis c'est fini.
Legrain : Ah ! Pas d'injections. Écoutez-moi bien. Je veux que chaque pierre soit dessertie au burin à froid et recollée au mortier de chaux et au sable marin, comme en utilisaient les bâtisseurs de cathédrales.
Mézeray : Mais, y'a plus d'ouvriers qui travaillent comme ça !
Legrain : Et ben, y'a qu'à en former !
Mézeray : Vous habitez Saint-Ouen ?
Legrain : Oui.
Mézeray : Alors, ce château historique où nous sommes, comment s'appelle-t-il ? Et qu'est-ce que c'est au juste ?
Legrain : Montignac, mon cher. Demeure ancestrale des Montignac depuis le XIème siècle, époque de lutte sanglante entre les comtes et les évêques. Et les comtes ne cédèrent jamais, mon petit, vous m'entendez, jamais ! Et pour un de leurs fils mort, trois évêques y passaient, rrrra !
Mézeray : Tout ça c'est très amusant, mais enfin, les comtes de Montignac, y'en a plus ?
Legrain : Il en reste un.
Mézeray : Donc, ce château n'est pas à vous. L'accord est caduc et je ne vous dois rien.
Legrain [se retournant] : Qui va là ?
Facteur : C'est Lucien, Monsieur le Comte.
Facteur : J'avais 5 lettres des Impôts pour vous. Alors, je suis monté.
Legrain : Ça tombe bien, j'allais allumer le feu.
Mézeray : Vous allez me restaurer le château.
Pellot : Quel château ?
Mézeray : Ben le château d'ici, le château de Montignac.
Pellot : Le château du fou ?
Mézeray : Oui, c'est ça, le château du fou. Alors, je désirerais, il faut et je veux que vous commenciez les travaux tout de suite.
Pellot : Tout de suite ?
Mézeray : Tout de suite.
Pellot : Mais c'est pas possible, tout de suite. Il est trop tard, j'ai pas d'ouvriers.
Mézeray : Alors, tout de suite, on peut pas ?
Pellot : Non.
Mézeray : Et demain ?
Pellot : Ben, demain c'est samedi, je marie ma fille.
Mézeray : Ah bon ! Vous travaillez pas, alors.
Pellot : Dimanche... c'est dimanche !
Mézeray : Oui, on travaille pas.
Pellot : Lundi... c'est lundi !
Mézeray : On travaille plus.
Pellot : Mardi...
Mézeray : Attendez, attendez, il me vient une idée, on va prendre le problème à l'envers. Alors attendez. Lundi ?
Pellot : Ben, je travaille pas.
Mézeray : Dimanche ?
Pellot : J'travaille pas.
Mézeray : C'est ça. Samedi ?
Pellot : J'marie ma fille, j'travaille pas.
Mézeray [sortant une grosse liasse de billets] : Et... maintenant ?
Pellot : Ben, maintenant ! Ben, si vous voulez bien ! J'me tue à vous l'dire.
Mézeray : Quand j'étais petit...
Legrain : Vous avez été petit ?
Mézeray : Oui.
Legrain : On a du mal à le croire.
Mézeray : Quand j'étais tout petit, j'étais pauvre, pauvre pauvre. Alors, j'ai travaillé et je suis devenue riche, riche, riche.
Legrain : Et ben moi, quand Monsieur mon père eut bouffé la grenouille, j'ai décidé de ne plus jamais dépendre de l'argent. C'est pour ça que j'ai choisi l'aventure et la Légion.
Mézeray : Ah ! Je comprends.
Legrain : Non. Pour comprendre, il faut avoir connu Lyautey, Abd El Krim et le sud marocain.
Mézeray : C'est bien d'être comme vous. Moi, je suis tout le contraire. Il faut que je possède, il faut que j'amasse, il faut que je compte.
Legrain : Et ben, j'vous plains.
Mézeray : Hé ! Vous avez vu ?
Legrain : Quoi ?
Mézeray : Vous avez pas vu ? Un lièvre comme ça !
Legrain : Oh ! C'est pas un lièvre, c'est un rat.
Mézeray : Un rat !
Legrain : Oui, Platon, mon rat.
Mézeray : Ah ! ben, j'vais dormir dans la voiture.
Legrain : Et ben, à votre aise ! Si vous voyez du sang couler des voûtes, c'est celui des hérétiques cathares.
Mézeray : Bon, ben alors, je reste avec vous.
[Des pilleurs de châteaux, poursuivis par Legrain, sont tombés dans un cul-de-basse-fosse]
Legrain : Ils vont attendre la mort lente en buvant l'eau croupie et en mangeant le pain d'angoisse.
Un pilleur : On ne vous demande qu'une chose, livrez-nous à la police.
Autre pilleur : Oh oui !
Legrain : Aux archers du roi ? Jamais ! J'ai droit de haute et basse justice sur mes terres.
Mézeray : Ça vous apprendra.
Legrain : D'abord, on ne retrouvera pas leurs squelettes avant 5 ou 6 siècles.
Mézeray : Ben, c'est très bien ! C'est parfait ! Ça leur donnera le temps de réfléchir avant de recommencer.
[Deux détectives privés envoyés par les acheteurs américains se sont retrouvés dans le cul-de-basse-fosse]
Legrain : Messieurs les tueurs à gage, vous êtes démasqués. Alors, comme ça, on voulait me faire la peau ?
1er détective : Je me suis tordu la cheville.
Legrain : M'en fous. Combien l'infâme Mézeray vous a-t-il baillé pour cette basse besogne ?
1er détective : Mais monsieur Mézeray n'y est pour rien.
Legrain : Croupissez, vermines. Moi, j'vais lui dire deux mots, à Mézeray.
2ème détective : C'est un malentendu.
Legrain : Tout est malentendu dans la vie, même la mort.
Mézeray : Je vous jure sur la tête du gouverneur de la Banque de France que je ne vous ai envoyé personne.
1er acheteur : Je vous offre trois fois plus que Mézeray. Three times more.
Legrain : Y'a pas de "three times more". Mais il me croit vénal, ma parole ! J'sais qu'aux Amériques, il n'y a pas de gentilhommes et c'est là votre seule excuse. Retirez l'offre insultante que vous venez de me faire ou nous irons sur le pré. Je suis l'offensé, mais je vous laisse le choix des armes, même l'arbalète ou le canon de 75.
Legrain : Manger des tripes sans cidre, c'est aller à Dieppe sans voir la mer.
[Dans un restaurant, Legrain initie Mézeray à l'art de bien manger]
Legrain : On va faire le "trou normand". Le calva dissout les graisses, l'estomac se creuse et y'a plus qu'à continuer.
Legrain : Vous ne savez pas vivre, mon petit. Y'a que votre argent qui vit. Vous, vous êtes un fantôme.
Mézeray : Oui, ben le fantôme, il vous dit merde, hein, voilà !
Legrain : Ah, ben dites donc, y'a du progrès !
Legrain : Aucun Montignac n'est mort dans son lit, mon cher. Ils sont à Jérusalem, à Pavie, à Moscou et à Sébastopol.
Mézeray : Et votre père ?
Legrain : Mon père est mort debout, à une table de roulette de Monte-Carlo.










