Fiches de films - Répliques
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Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages
Rita : Vous autres, j'sais pas c'que vous aimez, les oeufs au plat, Teilhard de Chardin ou le rythm & blues... Moi, c'est les sous. J'pense qu'à ça. À ça et aux hommes. Aux hommes qu'ont des sous.
Jacky [après avoir fait exploser une camionnette transportant des lingots d'or] : C'est pas de la violence pour la violence, ça, mmh ? C'est pas du travail d'homme ?
Fred [à propos de Jacky-Rosemonde et sa bande de jeunes efféminés] : Pour moi, la Rosemonde et sa bande de gouines, c'est rien que des grosses prétentieuses, des insolentes. J'dirais même des personnes malsaines.
Fred : C'est moins intelligent qu'un dauphin, d'accord, mais ça vole.
Jacky : Un coup bien préparé est un coup à moitié réussi. Croyez-moi, mes loulous, il pouvait rien se passer.
Rita : La dialectique. C'est avec ça qu'il m'a eue, Fred. La dialectique et les manières. Rien que sur sa façon d'passer les portes, y'aurait des livres à écrire. C'est pas comme y'en a qui vous les foutent dans la gueule. Lui, il passe devant, bien sûr, mais vous la tient ! Pardon Madââme... Une classe folle !
Fred : Technicité + efficience = rendement. On est plus à l'époque du Courrier de Lyon ou de la Bande à Bonnot. Le bricoleur, même de génie, n'a plus sa place dans le monde moderne.
Fred : J'ai drôlement peaufiné le coup. Le fourgue est à Hong Kong. Il recevra la livraison par petits paquets transités moitié par Anchorage et moitié par Johannesburg. [...] J'ai demandé à être casqué moitié en dollars, et moitié en francs suisses. [...] Les biftons partiront de Formose moitié par jonques et moitié par Boeing, et seront versés à un compte numéroté dans une banque égyptienne à Tel-Aviv. C'est ça, l'chou.
Charles : Debout, face au mur et les paluches en l'air, que j'les voie bien !
Fred : C'est pas ta voix, Charles ! C'est pas possible, j'ai des bourdonnements !
[Charles est parvenu à voler l'or à Fred avec la complicité de Rita]
Fred : Tu veux qu'je dise c'que t'es ?
Rita : Une femme riche.
Fred : Que j'sorte de là et j'la marque au fer rouge ! J'l'empale sur un cactus !
Rita : Ça, fallait l'dire avant.
Rita : Quand j't'ai balancé l'coup, on est bien convenus de marcher fifty-fifty, hein ? 500 briques chacun !
Charles : Si c'est pas inhumain d'entendre ça ? Mais qu'est-ce que tu veux que je fasse avec 500 briques, hein ? Surtout de nos jours. Le SMIC est en plein chancetique, la T.V.A. nous suce le sang, la bourse se fait la malle. J'ai calculé, j'en aurais à peine pour cinq piges. J'aurai 50 berges. Tu veux tout de même pas que je retourne au charbon à c't'âge-là ! Tu serais pas vache avec les vieux, des fois ?
Charles [à Rita] : Toi, t'es jeune, t'as l'avenir devant toi, surtout salope comme t'es.
Rita : J'm'en fous, j'vais l'dire à ma tantine !
[Léontine évoque feu son mari, Adrien]
Léontine : Un homme qui portait une moustache "à la Morny" et qui otait sa casquette quand il giflait une dame.
Léontine [à propos d'Adrien] : Un homme fabuleux. Il disait des choses sur la mer ! Qui chantait la Tosca dans son bain ! Qui abattait un buffle à 30 mètres !
Rita : Et un homme, à combien ?
Léontine : Ma petite enfant, j'ai horreur de cette forme d'esprit. Elle me rappelle fâcheusement celle de ton pauvre papa, qui était libre-penseur. Il est monté à la guillotine en blasphémant.
Léontine : Une fille qui fait 85 de tour de poitrine et 32 de tour de tête ne peut pas être vraiment mauvaise. Elle peut être légèrement... sotte. Et je crains que tu le sois.
Rita : Quand je lui ai dit : "Si vous me faites des misères, j'vais l'dire à Tantine", il t'a balancé un de ces surnoms, oh ! Qu'j'ose même pas répéter.
Léontine : J'aimerais, pourtant.
Rita : Léontine la gâteuse.
Léontine : Tiens ?
Rita : Il a même ajouté : "La vieille perd ses boulons".
Léontine : Casimir ?
Casimir : Mademoiselle ?
Léontine : Les valoches !
Rufin [à propos de la visite imprévue de Léontine] : A ton avis, on est venue à Paris faire des achats ?
Casimir : A mon avis, on serait plutôt venue buter le gros Charles.
Charles : Tu vas me convoquer toutes les épées pour ce soir, minuit. Tout le who's who : le Moko, Trois-doigts, le P'tit cheval, la Tirelire, l'Espingo, pis Jambe de laine... Oh là là !
Charles : Messieurs. Messieurs, si je vous ai arraché à vos pokers et à vos télés, c'est qu'on est au bord de l'abîme. La maladie revient sur les poules. Et si j'étais pas sûr de renverser la vapeur, j'vous dirais de sauter dans vos autos et d'filer sur les routes comme en 40. Le tocsin va sonner dans Montmartre. y'a l'choléra qui est de retour. La peste qui revient sur le monde. Carabosse a quitté ses zoziaux. Bref, Léontine se r'pointe.
[Les lieutenants de Charles paniquent]
Charles : Ben quoi, c'vieux fourbi, c'est quand même pas du plutonium !
Charles : Bon, j'récapitule dans le calme. On la débusque, on la passe à l'acide, on la découpe au laser, on la dissout et on balance c'qui reste dans le lac Daumesnil.
Charles : Souviens-toi, mon enfant. Qui t'a offert ta première carabine à plomb ? Ton premier chalumeau ? Ton premier révolver ?
Tiburce : Mais vous, mon oncle.
Charles : Bon. Et ben, je vais te donner l'occasion de me rembourser d'un coup les bienfaits dont je t'ai comblé. Seulement, j'serai franc, j'te parlerai comme à un grand garçon. Il va falloir assassiner un petit peu.
Tiburce : Oh !
Charles : Laisse-moi finir ! Il s'agit d'une très vieille personne.
Tiburce [soulagé] : Ah bon !
Tiburce : Je vous demande de m'annoncer à Mademoiselle Léontine !
Rufin : Connais pas. C'est de la part de qui ?
Tiburce : Attention, j'aime pas les questions.
Rufin : Moi, j'aime pas les conneries. Surtout le matin avant le café, ça agace.
Tiburce :
Je ressens tout au fond de moi,
Je ne saurais dire pourquoi.
Oui, je ressens un doux émoi
En forme d'étincelle.
Rita :
Quant à moi, rien que de vous voir
J'éclate en 100 larmes d'espoir.
Le ciel désormais n'est plus noir
Et je vous interpelle.
Rita / Tiburce :
Oui, la vie est si belle / Oui, vous êtes si belle
C'est l'amour qui s'éveille !
Rufin : Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, d'accord. Tout cela est quand même extrêmement curieux.
[La surveillance de Fred est infructueuse]
Fred : Tout va bien. Le piège se resserre.
Léontine : Maintenant que nous sommes entre nous, serait-il indiscret, jeune homme, de vous demander vos intentions ?
Tiburce [chantant] : Épouser Henriette adorée-ée-euh !
Léontine : Il est idiot ou c'est un genre ?
Rita : Il est idiot.
[Charles ne voyant pas revenir son neveu, croit que Léontine l'a supprimé]
Charles : Les institutions, la notoriété, l'prestige... Tout est bafoué, tout ! Le roi s'endort, on dessoude le dauphin.
[Rufin et Casimir ont éliminé les hommes de Charles venus tuer Léontine. Ils jettent des morceaux de corps dans la chaudière en évoquant des souvenirs]
Casimir : Toute la bande à Riton-Beau Sourire, je m'la suis farguée par colis de 10 kg dans des musettes. 37 voyages entre Pigalle et Joinville.
Rufin : La Marne, c'est gai.
Casimir : C'est gai, mais c'est loin. [En regardant les flammes dans la chaudière] La machine est vraiment devenue l'amie de l'homme. A ton avis, y'en a pour combien de temps ?
Rufin : Oh ! Deux bonnes heures pour saisir et cinq heures à feu doux.
Léontine : Ce n'est pas pour me vanter, mais quand je suis au lit et que je ne dors pas, moi, je pense !
Rita : Moi aussi !
Léontine : Je pense à Charles.
Rita : Moi, à Tiburce. Des trucs insensés ! Qu'j'ose même pas dire !
Tiburce [chantant] : Oh la la, qu'est-ce que ça peut être...
Léontine : Dehors ! Allez chanter dehors !
Léontine : Vous vous êtes quittés comment ? Avec, euh, l'autre.
Rita : Quel autre ?
Léontine : Fred.
Rita : Ah ! Oh, il était dans un jour odieux ! Genre vulgaire, tu vois ? Il m'a menacée de sévices orientaux, et Charles, d'exécution sommaire.
Léontine : Ça te gênerait beaucoup ?
Rita : Ben... Oh, beaucoup, beaucoup... Si j'avais bu, si j'étais...
Léontine : Je ne parle pas de toi, je parle de Charles !
Léontine : Elle crie ton nom toutes les nuits, elle dévore ses oreillers... Tends-lui la main, Fred !
Fred : Si j'la tends, ce sera au travers de sa gueule.
Léontine: Tu crois pas que le milliard de la Franco-libanaise ferait un beau matelas pour une nuit de noces ?
Fred : J'suis trop meurtri.
Charles : Mais elle me prend pour un pélican ! Pour Saint Vincent de Paul, pour l'UNESCO !
Rita : La première nuit passée sous le toit d'une jeune fille, ça impose le respect. Mais la deuxième ?
Léontine [à un fourgue déguisé en prêtre orthodoxe] : Mon ami, entendons-nous bien. Les affaires sont les affaires, mais j'ai été baptisée et confirmée dans le sein de l'Église Catholique Romaine. C'est pas pour me faire caver à 75 piges dans vos singeries byzantines !
Léontine [après avoir giflé Rita] : Tu m'as vue ? Est-ce que j'ai une tête à me farcir 1500 km de route, une escalope Monteverdi et le flèchage complet du grand collecteur pour me faire racketer par un petit boudin ?
Rita : On me frappe, on me dit des gros mots et en plus on me pique mes sous. J'en ai marre. Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu...
Léontine : Mais, Charles, je te donnerais cet argent avec le plus grand plaisir, mais nous sommes samedi et les banques sont fermées.
Charles : Mais chaque fois que tu es entrée dans une banque, elle était fermée ! La Chase Bank de Dallas et la B.N.P. de Levallois, ça te dit rien, non ?






















