Fiches de films - Répliques
Film suivant (Gendarme et les Gendarmette...) (Gendarme en balade (Le)) Film précédent
Le Gendarme et les extra-terrestres
[À son retour à la Gendarmerie, Gerber a constaté l'absence de tous ses hommes]
Gerber : Eh bien, Cruchot, qu'est-ce qui s'est passé ?
Cruchot : Eh bien, on vient d'arriver !
Gerber : Mais, je vois bien, mais avant ?
Cruchot : Eh ben on était partis !
Cruchot : Maintenant que nous sommes seuls...
Beaupied : Oui, chef !
Cruchot : Appelez-moi "mon Lieutenant".
Beaupied : Bien, mon Capitaine. [Sourire ravi de Cruchot] Que vous êtes joli, mon Commandant ! [sourire extasié de Cruchot] Que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phoenix des hôtes de ces bois.
Cruchot : Oooh !
Beaupied : Mais si, mon Colonel.
Cruchot : Oooh !
Beaupied : Oh, mon Général !
Gerber : Elle était comment, cette soucoupe ?
Beaupied : Tropezoïdale, mon Adjudant.
Gerber : TRApezoïdale !
Beaupied : Oui, c'est ce que j'ai dit, tropezoïdale. Avec des hublots, carrés.
Gerber : Alors, tout à l'heure, y'en avait quatre et ils étaient ronds...
Beaupied : Ah, oui, oui, oui, ronds-carrés.
Gerber : Ronds-carrés... Alors vous l'avez d'abord vue sphérique, puis ovale, et maintenant tro... tropezoïdale.
Cruchot : Il n'a rien vu, mon Adjudant. C'est un pyromane.
Taupin : Alors, fais un effort !
Beaupied : Ben ça... ça ressemblait à une toupie. À une toupie comme celle que mon grand-père m'avait rapportée un soir. Un soir de Noël. Je m'en rappellerai toujours. [D'une voix brisée par l'émotion] Sa... sa grande barbe blanche et... puis sa houppelande rouge... Six kilomètres, il avait fait pour me l'apporter, pépé.
Taupin [ému] : Ton pépé ?
Gerber : Cruchot !
Cruchot : Oui, mon Adjudant ?
Gerber : Quel âge vous avez ?
Cruchot : Mardi, mon Adjudant.
Gerber : Mardi ! J'vous demande pas ça, j'vous demande quel âge vous avez !
Cruchot : Ah ! Euh... ben, mercredi.
Gerber : Quoi, mercredi ? Je... Écoutez, vous vous foutez de moi. Quel âge vous avez ? Répondez, c'est tout.
Cruchot : Ah ! oui, oui. [Comptant sur ses doigts] Un, y'en a deux, y'en a trois...
Gerber : Trois ? Eh ben, vous paraissez nettement le double.
Cruchot : Que vous êtes joli, mon Adjudant, que vous me semblez beau. Sans mentir, si votre pot au lait ressemble à votre fromage...
[Cruchot vient de voir une soucoupe et l'annonce à l'adjudant de façon incompréhensible]
Gerber : Mais... quoi ?
Cruchot : J'vous l'dis !
Gerber : Et où ?
Cruchot : T'as pas vu ?
Gerber : Quoi, j'ai pas vu ?
Cruchot : T'as pas vu ?
Gerber : Quoi ?
Cruchot : T'as pas vu ?
Gerber : Non !
Cruchot : Tiens, viens voir.
[Les échos d'une campagne publicitaire dans les rues envahissent les bureaux de la gendarmerie]
Cruchot : Je l'ai vue, mon Adjudant. Il faut me croire, on l'a vue !
Beaupied : Parfaitement. On l'a vue. On l'a vue, comme on vous voit, comme ça !
Gerber : Mais, qu'est-ce que vous avez vu ?
Cruchot : Eh ben, j'ai vu un Dubonnet non identifié, en forme de Tefal posé sur le Formica, avec des petits Aspro lumineux tout autour, et ça faisait Bic, Bic, Bic.
Gerber : Attention. Attention la tête, Cruchot. Là, vous débloquez.
Beaupied : Mais pas du tout, mais pas du tout, mon Adjudant ! Moi, j'ai changé mes deux paquets de lessive contre un paquet d'Ariel et c'est parti dans le Yoplait avec la petite fleur.
Gerber : Alors, non seulement vous avez des visions, hein, mais maintenant, vous faites de l'intox, de la publicité clandestine !
Cruchot : Moi, mon Fixodent ? Pas un Omo de tout ça ne m'a paru Ricard, pas un Omo.
Gerber : Non, Monsieur le Maire, ne dramatisons pas. Ce n'est pas parce qu'ils ont cru voir un Cinzano au creux de l'Epeda. D'accord, ce n'est peut-être pas très Astra, mais la visibilité était mauvaise. On n'aurait pas distingué un grille-pain Seb au travers d'un collant Dior.
Beaupied : Ben, qu'est-ce que vous foutez là, vous ? Qu'est-ce que vous voulez ?
Extra-terrestre : La paix. Nous ne sommes animés d'aucune mauvaise intention à l'égard de votre planète. Facilitez nous la tâche et nous serons amis. Nous avons envoyé ici un petit groupe de reconnaissance, afin d'étudier les moeurs et le comportement des terriens en nous mêlant à la population.
Beaupied : Ah ben dites donc, vous avez le rosé imaginatif, vous.
Extra-terrestre : Nous avons choisi Saint-Tropez pour son échantillonnage de races au moment des vacances.
Beaupied : Oui, bon, ben, ça va bien. Allez cuver ailleurs, hein. Ou alors moi je vais vous coller un échantillonnage de PV qui va vous éclaircir les idées, ça ne vas pas traîner, hein !
Beaupied : Ils sont là ! Ils sont là ! Ils sont là !
Cruchot : Qui ça ?
Beaupied : Les extra-terrestres ! Ils ont débarqué ! Y'en a un qui m'a parlé, en bas. Et alors, ils peuvent prendre l'apparence de n'importe qui. Lui, là, en bas, c'était moi. C'était moi ! Ils sont indestructibles. Et... et... la douleur... y sentent rien ! Puis quand on leur tape dessus, ils sonnent creux.
Cruchot : Il a dû rêver, mon Adjudant.
Faux Gerber : Non, Monsieur Cruchot, il n'a pas rêvé. Nous lui avons parlé, mais c'est un esprit borné.
Cruchot [acquiescant de la tête] : Oh, ça !
Faux Gerber : J'espère trouver auprès de vous plus de compréhension.
Cruchot : Mais, bien sûr, mon Adjudant.
Faux Gerber : N'ébruitez pas que nous sommes parmi vous.
Cruchot : Oh non !
Faux Gerber : Il s'agit d'une reconnaissance pacifique.
Cruchot : Bravo, mon Adjudant, vous avez très bien parlé. Vous feriez un acteur comique... ! Un petit verre de prunelle avant de regagner votre soucoupe ? Hein ? C'est pour qui la prunelle ? C'est pour qui ?
[Les yeux du faux Gerber deviennent incandescents et leur rayon fait exploser la bouteille d'alcool, les verres, une lampe, des assiettes, un plat]
Faux Gerber : Est-ce suffisant ?
Cruchot : Ah oui, oui, oui, c'était très bien ! [avec des courbettes] Mon Général ! Monsieur le Président ! Mon Eminence ! A vos ordres, mon Eminence, à vos ordres !
Cruchot : Votre mari... c'est pas lui !
Mme Gerber : ... Pardon ?
Cruchot : Votre mari n'est pas votre mari.
Mme Gerber : Mais enfin, Monsieur Cruchot...
Cruchot : C'est un être venu d'une autre galaxie qui a copié ses traits.
[Cruchot a versé de l'huile de moteur dans un verre]
Mme Gerber : Vous n'allez pas boire ça !
Cruchot : Non, mais lui va le boire, votre "mari". Et vous verrez, il est insensible à la douleur et il sonne creux.
Gerber : Mais, Cruchot, qu'est-ce que vous faites là ?
Cruchot : Avalez-moi ça, "Mon Adjudant" !
Gerber : Mais, qu'est-ce que c'est ?
Cruchot : C'est une surprise.
[Gerber boit, crache, et reçoit un coup de poinçon dans la fesse]
Gerber : Vous êtes fou, Cruchot ! Qu'est-ce qui vous prend ?
Cruchot : Mais je ne sais plus où j'en suis, mon Adjudant. Vous êtes deux. L'autre sonne creux et il boit de l'huile.
[Le faux colonel de Gendarmerie a donné l'ordre aux gendarmes de ne plus parler d'extra-terrestres]
Cruchot : Mais la patrie est en danger, mon Colonel. Il faut mobiliser d'urgence !
Gerber : Taisez-vous. On ne répond pas à un colonel ! Je vous accompagne, mon Colonel.
[Les montres du faux colonel et de ses accompagnateurs font entendre un signal et ils sortent précipitamment]
Cruchot : Ah ! C'en est un ! Ils en sont !
[Cruchot, prenant le véritable Colonel pour son double extra-terrestre, lui a planté un poinçon dans la fesse]
Gerber : Mon Colonel ! Mon Colonel ! Excusez-moi pour lui... excusez-moi pour elle... excusez-lui pour moi... excusez-moi pour elle. C'est la grande déprime. C'est les champignons hallucinogènes.
Cruchot : Mais ne tombez pas dans le panneau, mon Adjudant. Y'a un truc là-dessous. C'en est un ! Il faut le mettre à poil.
Colonel : Qu'est-ce qu'il lui a pris ? Qu'est-ce que je lui ai fait ?
Gerber : C'est incompréhensable ! Ça, c'est impardonnible ! Il est sorti sous le soleil sans son képi, alors une claque qui veine dans le verceau...
Colonel : Oui, mais rappelez-vous, Gerber, rappelez-vous ce qui s'est passé en 17 en Champagne, et les mutineries. Là, c'est pareil !
Gerber : Je vais vous donner un petit doigt de fleur d'oranger, ça va vous requinquer.
Colonel [grimaçant après avoir bu] : Elle est rugueuse, votre tisane.
Cruchot : Je suis en mission secrète. Roulons, ma mère, roulons !
Mère Supérieure : Je roule pour vous, mon fils.
[Pour ne pas être reconnu de Gerber, Cruchot, déguisé en religieuse, couvre son visage de sa main en faisant une grimace]
Gerber : Vous avez mal ?
Cruchot : Oui.
Gerber : Vous souffrez ?
Cruchot : Oui.
Gerber : Mais, qui est ce qui vous a fait ça ? Mais qui ?
Cruchot : La Mère.
Gerber : La Mère !
Cruchot : La Mère Supérieure. Paf ! Elle est costaud, hein !
Une religieuse [apportant un képi à la Mère Supérieure qui reçoit l'Evêque] : Regardez ce que je viens de trouver dans la buanderie.
[L'évêque trouve Gerber qui aide à étendre le linge]
Evêque : C'est très aimable à vous, mon fils, mais ce n'est pas une communauté mixte.
[La chorale du couvent a chanté devant l'évêque. Cruchot, en religieuse, a dû chanter quelques mesures en solo]
Evêque : C'était très joli ! très joli ! Mais, dites-moi, quel est le nom de cette soeur qui a déraillé quelque peu. Enfin, si peu. Qui est-ce ?
Mère Supérieure : C'est... Soeur Marie-Cruchotte qui revient de Terre-Neuve. Elle a pris froid en évangélisant les esquimaux.
Evêque [à Cruchot] : Cela a dû être pour vous une mission exaltante, ma soeur, n'est-ce pas ? Comment ces peuplades lointaines ont-elles reçu la parole du Christ ?
Mère Supérieure : Elle est aphone, mon Adjudant... oh, pardon... Monseigneur !
Gerber : En bonne soeur ! Maintenant, il se met en bonne soeur ! Ah, là, là, là, là, là, là, là, là ! En bonne soeur ! Alors, décidément, rien ne vous arrête, hein ! Pas même le sacrilège.
[Cruchot a pris la fuite avec la jeep de Gerber, le laissant sur la route avec Taupin]
Gerber : Alors là, ça, c'est le conseil de guerre, maintenant.
[Un automobiliste complaisant a ramené Gerber et Taupin à la gendarmerie]
Gerber [sortant son carnet de contraventions] : Dites-moi, le numéro minéralogique est illisible, il vous manque un phare et le clignotant gauche ne marche pas. Vous me direz, ce sont des détails, mais je suis obligé.
Taupin : Rien de bien grave. Deux ou trois refus de priorité, un petit excès de vitesse. [Il lui tend une contravention] Allez, au plaisir.
[Tricart, Taupin et Berlicot se sont fait draguer par trois ravissantes baigneuses qui sont en fait des extraterrestres. Elles les ont embrassés et ils sont dans un état second]
Cruchot : Debout ! Debout, il faut les rattraper ! Garde à vous ! GARDE A VOUS !
Taupin :
A la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeurs...
Tricart :
S'avançant, plus câlins que les anges du mal
Pour troubler le repos où mon âme était mise...
Berlicot :
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ces métamorphoses...
Cruchot : Qu'est-ce que c'est que ça ?!
Taupin :
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes
Tout servait, tout parait, sa fragile beauté...
Cruchot : Dans quel état elles me les ont mis ! Dans quel état !
Cruchot : Tout ce que vous voulez, ma biche. Mais ne me parlez plus de divorce. Ah, l'affreux mot.
Cruchot : Vous vous souvenez de notre première rencontre ?
Josépha : Oh oui !
Cruchot : Excès de vitesse, dépassement dangereux, refus d'obtempérer... Vous m'avez plu tout de suite.
[Gerber est sorti pour dîner avec son épouse après avoir mis Cruchot aux arrêts]
Taupin : Et maintenant, c'est moi qui commande, je suis le plus grand.
Cruchot : Quoi !
Taupin : C'est moi qui commande, je suis le plus grand.
Tricart : Non. C'est moi qui commande parce que je suis le plus fort.
Beaupied : Non, c'est moi qui commande, je suis le plus gros.
Berlicot [s'asseyant sur le siège de l'adjudant] : Non, c'est moi qui commande par ce que j'ai le fauteuil.
[Au restaurant "Le Cabanon" les gendarmes ont repéré des extraterrestres]
Extra-terrestre : N'approchez pas ou vous cesserez d'exister. [Avec une arme laser, il fait totalement disparaître le restaurant] Oubliez ce que vous venez de voir. Oubliez notre existence. L'heure n'est pas encore venue. La ville tout entière pourrait subir le même sort. Pensez-y.
[Gerber, venu dîner avec son épouse, ne trouve plus son restaurant]
Gerber : Ça alors ! Mais c'était pourtant bien ici !
Cruchot : Quoi donc, mon Adjudant ?
Gerber : Ben, le restaurant, Le... Le Cabanon.
Cruchot : Mais y'a pas de restaurant ici.
Gerber : Comment, y'a pas de restaurant ?
Cruchot : Y'a jamais eu de restaurant.
Gerber : Comment y'a jamais rien eu ! Y'a toujours eu un restaurant.
Les gendarmes : Non.
Gerber : Y'avait rien ? Y'a des années que je viens ici !
Cruchot : Jamais !
Gerber : Jamais ?
Cruchot : Jamais !
Gerber : Mais y'a des années... Mais... Mais, écoutez. Avant hier. Avant hier, j'ai mangé ici. J'ai mangé ici ! [signe de tête négatif des gendarmes] J'ai pas mang... j'étais là ! [nouveau signe de tête des gendarmes] Ecoutez ! Ecoutez ! J'ai mangé un civet là ! [nouveau signe de tête] Je suis pas fou ! Mais, enfin, je suis pas fou ! Vous vous foutez de moi ! Non mais, y'a quelqu'un qui se fout de moi. Y'a quelqu'un qui se fout de moi !
Cruchot : Mais non, mon Adjudant...
Gerber : Vous vous foutez de moi.
Cruchot : Mais y'en a qui croient voir des extraterrestres et puis d'autres qui croient voir des cabanons, des restaurants !
[Les gendarmes cherchent une idée]
Cruchot : On tourne en rond, on tourne en rond, hein ! Alors ?
Beaupied : Ah ! Ah la...
Cruchot : Non, allez, hop.
Tricart : Et si on fait... Non, c'est pas valable.
Taupin : Ou alors...
Cruchot : Non, rendormez-vous.
Cruchot : Enfin, ce qu'il faut, c'est en attraper un, le décortiquer et trouver le défaut de la cuirasse.
Tricart : Ah, ben oui, mais ça ne sera pas de la tarte.
Beaupied : Surtout s'ils continuent à se déguiser en gendarmes, là. On ne les reconnait pas !
Berlicot : J'ai une idée, chef. Il faudrait qu'on se trouve un signe de reconnaissance.
Cruchot : Lequel ?
Berlicot : Ah ben, chef, on... on n'a qu'à mettre les képis "à la Blériot".
[Gerber a rapporté à la brigade un squelette métallique rouillé]
Beaupied : Mais vous avez vu, chef, il est tout rouillé.
Cruchot : Rouillé ! Rouillé ! Ça y est, on les tient. Ça y est, on les tient, mon Adjudant. On les tient ! Ils rouillent !
Gerber : Et alors ?
Cruchot : Ils rouillent. On les tient. Ils rouillent.
Gerger : Mais comment les repérer parmi la population ?
Cruchot : La douche ! La douchhhhhe ! La douchhhhhe !
Colonel [postillonnant] : On persécute les pauvres passants, sans penser aux problèmes que ça vaudra aux responsables de vos pitreries, pitoyables plaisanteries de poivrots ! Permettez-moi de vous préciser poliment que vous êtes de pauvres petits peigne-culs ! Et mettez vos képis convenablement. Qu'est-ce qui vous a pris de mettre vos képis "à la Lindbergh" ?
Colonel : Allez-y, je vous couvre. Je vous couvre, mais sous votre entière responsabilité. N'est-ce pas, Monsieur le fonctionnaire ?
Fonctionnaire : Ah, moi, vous savez, je ne me mouille pas.
Beaupied : Ah, c'est beau. C'est beau, cette obscure clarté qui tombe des étoiles...















