Fiches de films - Répliques
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Troie
Ulysse [voix off] : Les hommes sont hantés par l'immensité de l'éternité. C'est pourquoi nous nous demandons : "Le récit de nos actes trouvera-t-il un écho à travers les siècles ? Des étrangers entendront-ils notre nom longtemps après notre disparition ? Se demanderont-ils qui nous étions, si nous avons combattu avec courage et aimé avec ardeur ?"
[L'armée d'Agamemnon est face à l'armée de Thessalie, prête au combat]
Agamemnon : Jour faste pour les corbeaux.
Triopas : Je veux que ton armée quitte mes terres.
Agamemnon : Mais j'aime tes terres. Je pense m'y installer. J'aime aussi tes soldats.
Triopas : Jamais ils ne combattront pour toi.
Agamemnon : C'est que les Messéniens disaient. Ainsi que les Arcadiens. Et les Épiriens aussi. Aujourd'hui, tous se battent pour moi.
Triopas : Tu ne peux contrôler le monde, Agamemnon. Il est trop vaste, même pour toi.
Messager : C'est vrai, ce qu'on raconte sur vous ? Ils disent que votre mère est une déesse immortelle, et aussi que personne peut vous tuer ?
Achille : Pourquoi est-ce que je porterais un bouclier dans ce cas ?
[Agamemnon a choisi Achille pour lutter contre le géant Boagrius du camp adverse. Achille arrive en retard]
Agamemnon : Peut-être fallait-il remettre cette guerre à demain que tu sois reposé ? Je devrais te faire fouetter pour ton impudence !
Achille [faisant demi-tour] : Peut-être pourriez-vous vous battre ?
Agamemnon : De tous les seigneurs de guerre aimés des dieux, c'est lui que je hais le plus.
Triopas : Qui es tu, soldat ?
Achille : Achille, fils de Pélée.
Triopas : Achille. Jamais je n'oublierai ce nom. Le souverain de Thessalie doit porter ce sceptre. Remets-le à ton roi.
Achille [se détournant sans prendre le sceptre] : Il n'est pas mon roi.
Ménélas [levant son verre] : Puissent les dieux garder les loups dans les collines et les femmes dans nos lits.
Hélène : Je n'ai pas peur de mourir. J'ai peur de demain. J'ai... j'ai peur de te regarder prendre la mer en sachant que tu ne reviendras jamais.
Hélène : Avant que tu n'arrives à Sparte, j'étais une ombre. Qui marchait, se nourrissait et se baignait dans les flots. Mais je n'étais qu'une ombre.
Hector : Va à Sparte et ils te tueront.
Pâris : Alors, je mourrai au combat.
Hector : Et tu penses être un héros en te comportant ainsi ? Mourir au combat ! Dis-moi, petit frère, tu as déjà tué un homme ?
Pâris : Non.
Hector : Tu as vu un homme mourir au combat ?
Pâris : Non.
Hector : J'ai tué des hommes. Je les ai entendus mourir et je les ai vus mourir, et je ne ressens aucune gloire à avoir fait cela. Rien de poétique ! Tu dis que tu veux mourir par amour, mais tu ignores tout de la mort et tu ignores tout de ce qu'est l'amour.
Pâris : Je ne te demanderai pas de combattre avec moi.
Hector : C'est ce que tu viens de faire.
Agamemnon : La paix, c'est bon pour les femmes... et les faibles. Les empires sont forgés par la guerre.
[Achille s'entraîne au combat avec son cousin Patrocle]
Patrocle : Nerveux ?
Achille [parant le coup avec facilité] : Pétrifié.
Ulysse : Éduqué par Achille en personne ! Des rois tueraient pour cet honneur.
Achille [à propos d'Agamemnon] : Cet homme n'a aucun honneur.
Ulysse : Laisse Achille se battre pour l'honneur. Laisse Agamemnon se battre pour le pouvoir. Laisse les dieux décider quel homme recevra les lauriers.
Patrocle : Le prince Hector est-il aussi grand guerrier qu'on le prétend ?
Ulysse : Le meilleur de tous les Troyens. Et on prétend aussi qu'il est meilleur que tous les grecs.
Ulysse [à Achille] : Tu te sers de ton épée. Moi, c'est ma ruse que j'utilise. Nous jouons avec les jouets que nous donnent les dieux.
Ulysse : Cette guerre restera gravée dans l'Histoire, ainsi que les noms des héros qui auront combattu.
Thétis : Si tu restes à Larissa, tu vivras en paix. Tu trouveras une femme merveilleuse. Tu auras des fils et des filles qui auront à leur tour des enfants. Ils t'aimeront tous beaucoup. Après ta mort, ils se souviendront de toi. Et quand tes enfants seront mort et leurs enfants après eux, on aura oublié ton nom. Si tu te rends à Troie, tu connaîtras la gloire. On écrira l'histoire de tes exploits pour les milliers d'années à venir. Le monde n'oubliera jamais ton nom. Mais si tu te rends à Troie, tu ne reviendras jamais. La gloire n'a d'autre prix que de marcher à côté de ta mort, et jamais je ne te reverrai.
Priam : Des rumeurs courent sur votre beauté. Pour une fois, je donne raison aux commérages.
Priam : Apollon veille sur notre peuple. Même Agamemnon ne fait pas le poids contre les dieux.
Hector : Et de combien de bataillons le dieu du soleil dispose-t-il ?
Priam : Évite de te moquer des dieux !
Achille : Myrmidons, mes frères d'épée, je préfère me battre à vos côtés qu'avec des milliers de soldats. Montrez notre férocité ! Montrez à l'humanité qui nous sommes. Nous sommes des lions !
[Achille et ses Myrmidons débarquent sur la plage, loin devant les hommes d'Agamemnon]
Agamemnon : Cet homme veut mourir ?
Ajax : Regardez-le. Regardez. Ramez, bandes de femelettes ! Ramez ! Des Grecs sont à terre !
Achille : Il faut être très courageux ou complètement stupide pour me poursuivre seul. Tu es sûrement Hector.
Hector : Viens te battre !
Achille : Pourquoi te tuerais-je maintenant, Prince de Troie ? Personne ne te verrait tomber.
Hector : Pourquoi es-tu venu te battre ?
Achille : Dans un millier d'années, on parlera toujours de cette guerre.
Hector : Dans un millier d'années, même la poussière de nos os aura disparu.
Achille : C'est vrai. Mais nos noms ne seront pas oubliés.
Achille : Rentre chez toi, Prince. Bois du vin, fais l'amour à ta femme. Demain, nous ferons la guerre.
Hector : Se battre semble n'être qu'un jeu pour foi. Mais combien de femmes attendent aux portes de Troie leurs maris qui jamais ne reviendront ?
Achille : Ton frère pourra les réconforter. On dit qu'il a beaucoup de succès auprès des femmes des autres.
Achille : Si tu navigues aussi lentement, tu vas tout rater !
Ulysse : Peu m'importe de rater le début tant que je suis là pour la fin !
Achille : J'en sais plus sur les dieux que tes prêtres. Je les ai déjà vus.
Agamemnon : Il s'agit d'une plage troyenne qui appartenait à Priam ce matin et qui appartient à Agamemnon cet après-midi.
Achille : Je ne suis pas venu chercher du sable, tu peux la garder.
Agamemnon : Pas du sable. Tu es venu pour que ton nom traverse les siècles.
[Les rois sont venus féliciter Agamemnon d'une victoire remportée par Achille]
Agamemnon : Une grande victoire a été remportée aujourd'hui. Mais cette victoire n'est pas la tienne. Les rois ne s'agenouillaient pas devant Achille. Les rois ne rendaient pas hommage à Achille.
Achille : Peut-être que les rois étaient trop loin pour tout voir. Les soldats ont gagné cette bataille.
Agamemnon : L'Histoire se souviendra des rois ! Pas des soldats !
Achille : Je n'ai rien contre vous, mes frères, mais soit vous la relâchez, soit votre vie s'arrête ici. Choisissez.
Briséis [à Achille] : Tuer, c'est tout ce que vous savez faire. Vous êtes maudits ! Je refuse qu'on meure pour moi.
Hector : Les dieux ne feront pas cette guerre à notre place.
Priam : J'ai mené beaucoup de batailles autrefois. Certaines pour des terres, d'autres pour le pouvoir ou pour la gloire. Je suppose que se battre pour l'amour est beaucoup plus sensé que tout le reste, mais cette fois, ce n'est pas moi qui combattrai.
Achille : La nuit, je vois leurs visages. Tous ces hommes que j'ai tués, ils sont là, immobiles, sur l'autre rive du Styx. Ils attendent ma venue. Ils disent : "Bienvenue, frère".
Hector : Vous voulez me faire trembler en dénombrant votre armée ? Je les vois. Je vois 50 000 hommes, amenés ici pour se battre pour l'avidité d'un seul.
Hector : Ne pense qu'à ton épée, à son épée, et rien d'autre !
Ménélas : Tu as vu les corbeaux ? C'est la première fois qu'ils mangeront un prince.
Ulysse : Nos hommes pensent qu'ils sont venus pour reprendre la femme de votre frère. Je ne vois pas ce qu'il en ferait maintenant.
Agamemnon : Le sang de mon frère mouille encore le sable, et toi, tu l'insultes !
Ulysse : Il n'y a aucune insulte à dire qu'un homme mort est mort.
Agamemnon : Hector se bat pour son pays. Achille ne se bat que pour sa petite personne.
Achille : Je vais te dire un secret, une chose qu'ils ne t'apprennent pas dans ton temple. Les dieux nous envient. Ils nous envient parce que nous sommes mortels, parce que chacun de nos instants peut être le dernier. Et tout est beaucoup plus beau parce que nous sommes condamnés.
Briséis : Je croyais que vous n'étiez qu'une grosse brute. J'aurais pardonné à une grosse brute.
Ulysse : Reste, Achille. Tu es né pour faire cette guerre.
Achille : C'est devenu compliqué.
Ulysse : Les femmes ont tendance à... compliquer les choses.
[Hector tue Patrocle, qu'il prend pour Achille, en combat singulier]
Hector : Assez pour un seul jour.
Ulysse : Oui.
Achille : Tu as désobéi à mes ordres.
Eudore : Non, mon seigneur.
Achille : J'avais ordonné aux Myrmidons de rester à l'écart. Qui les a menés au combat ?
Eudore : Je n'ai rien fait, mon seigneur. Nous avons cru vous suivre.
Achille : Où est Patrocle ? PATROCLE !
Eudore : Nous pensions que c'était vous, mon seigneur. Il portait votre armure, votre bouclier, vos jambières, votre casque. Il se déplaçait comme vous.
Achille : Où est-il ? Où est-il ?
Eudore : Il est mort. Hector lui a tranché la gorge.
Achille : HECTOR !!!
Achille [enlevant son casque avant le combat] : Maintenant, tu sais qui est ton adversaire.
Hector : C'est toi que je croyais combattre hier, et j'aurais voulu que ce soit toi. Mais j'ai traité ce garçon avec l'honneur qu'il méritait.
Achille : C'est avec ton épée que tu lui as fait honneur. Tu n'auras plus d'yeux ce soir, plus d'oreilles, ni de langue. Tu vas errer dans les enfers, aveugle, sourd et muet et tous les morts sauront qui est Hector, le fou qui a cru tuer Achille.
[Pendant le combat, Hector trébuche sur une pierre et tombe]
Achille : Lève-toi, Prince de Troie. Lève-toi. Je ne laisserai pas une pierre voler ma victoire.
Briséis : On t'a enlevé ton cousin et maintenant, tu m'as pris le mien. Y'a-t-il une fin ?
Achille : Ça ne finit jamais.
Priam : Crois-tu vraiment que la mort m'effraie à présent ? J'ai vu mon fils aîné mourir. Je t'ai vu traîner sa dépouille derrière ton char. Redonne-moi mon fils. Il a le droit d'avoir des funérailles convenables, tu le sais bien. Redonne-moi mon fils.
Achille : Il a tué mon cousin.
Priam : Il croyait que c'était toi. Combien de cousins as-tu déjà tués ? Combien de fils, de pères, de frères et d'époux ? Combien de braves, Achille ?
Achille : Si je te laisse sortir d'ici, si je te laisse le prendre, ça ne change rien, tu seras toujours mon ennemi au matin.
Priam : Tu es toujours mon ennemi ce soir. Mais même des ennemis peuvent se respecter.
[Achille enveloppe le corps d'Hector dans une couverture pour le rendre à Priam]
Achille : Nous nous retrouverons bientôt, mon frère.
[Sur la plage désertée par les soldats grecs, les Troyens découvrent un immense cheval en bois]
Priam : Qu'est-ce que c'est ?
Un prêtre : Une offrance à Poséidon. Les Grecs prient pour rentrer chez eux sains et saufs. C'est une offrande. Nous devrions l'installer au temple de Poséidon.
Pâris : Nous devrions le brûler.
Le prêtre : Le brûler ! Mon Prince, c'est une offrande aux dieux !
Pâris : Mon père, brûle-le !
Priam : Mais où est votre honneur ? Mais où est votre honneur !
Ulysse : Repose en paix... mon frère.
Ulysse [voix off] : S'ils racontent un jour mon histoire, laissez-les dire que j'ai marché aux côtés de géants. Les hommes se lèvent et tombent comme le blé d'hiver, mais leurs noms ne meurent jamais. Laissez-les dire que j'ai vécu à l'époque d'Hector, dresseur de chevaux. Laissez-les dire que j'ai vécu à l'époque d'Achille.


































