Fiches de films - Répliques
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Borsalino
[Siffredi, à sa sortie de prison, se rend au cabaret du Danseur, qu'il soupçonne de l'avoir dénoncé]
Siffredi : Qui m'a donné ?
Danseur : Qu'est-ce que tu veux dire ? [Siffredi a pris une bouteille d'alcool et en verse dans les verres placés devant lui] Qu'est-ce que tu veux dire ? [Siffredi ne répond toujours pas et, dans le dernier verre, laisse déborder l'alcool qui se répand sur le comptoir] Tu crois quand même pas que c'est moi ?
Siffredi [allumant une cigarette] : Si.
[Il laisse tomber l'allumette sur le comptoir]
[Pendant l'absence de Siffredi, sa maîtresse, Lola, est devenue l'amie de Capella. Il la retrouve dans un bar où Capella joue au billard]
Siffredi : Mets ton chapeau, prends ton sac et viens.
[Lola s'exécute]
Capella [tout en jouant au billard] : Où tu vas, Lola ?
Lola : Moi ? Nulle part.
Capella : Alors, pose ton manteau, ton sac, et vas t'asseoir.
[Lola repose ses affaires et retourne à sa place]
Siffredi : T'as entendu ce que j't'ai dit ? [Signe de tête de Lola] Alors ?
[Lola retourne prendre ses vêtements sur le porte-manteaux]
Capella : Qu'est-ce que tu fais, Lola ?
Lola : Rien ! Je... je...
Capella : Tu t'en vas ?
Lola : C'est Siffredi !
Capella : Et puis, c'est quelqu'un de bien élevé, de discret...
Siffredi : ... de fidèle !
Capella : Où t'étais passé ? On t'a cherché partout !
Mario : J'me suis foulé la cheville, mon vieux. Tu sais bien que j'ai les chevilles fragiles.
Capella : Oui, surtout les soirs où y'a du travail.
[Capella et Siffredi ont fait un mauvais coup pour le compte de l'industriel Boccace. Celui-ci remet à Capella deux fois la somme convenue]
Siffredi : Et ma part ?
Boccace : Comment ça, votre part ?
Capella : Ben oui, j'vous l'ai dit. C'est mon associé.
Boccace : Oui, j'ai entendu. Et ben, vous vous arrangez. Vous partagez.
Siffredi : Je ne prends jamais sur la part d'un ami. Question de principe !
[À une réception de l'avocat Rinaldi, Siffredi et Capella observent les invités]
Siffredi : Qui c'est ?
Capella : C'est Marello. Depuis 2 ans, avec Poli, ils se partagent Marseille. C'est la vieille école. Mais des caïds, des installés !
Siffredi : Qu'est-ce qu'il fait chez Rinaldi ?
Capella : Boccace sans Rinaldi, c'est rien. Et Rinaldi sans Marello, c'est pas grand chose.
[Capella fleurte avec la petite amie de Poli]
Simone Escarguèle : Vous croyez que ça peut être dangereux pour lui ?
Siffredi : Y'a toujours un peu de danger avec une femme.
[Siffredi et Capella donnent rendez-vous à Maître Rinaldi chez Poli, qu'ils viennent d'éliminer]
Capella [à maître Rinaldi] : On a longtemps hésité à votre sujet. Et puis, on s'est dit que, finalement, vous pourriez nous être utile.
Siffredi : Oui. Nous avons décidé d'acheter, ici.
Rinaldi : Vous voulez acheter !
Siffredi : Ouais.
Rinaldi : Mais... où est Poli ?
Capella : Il est mort. Au restaurant. [à Siffredi] Un quart d'heure ?
Siffredi : Vingt minutes.
[Maître Rinaldi a été blessé par un tireur inconnu]
Commissaire Fanti [à Capella] : Tant que les choses se passent entre vous, nous avons l'habitude d'intervenir le moins possible. Quand les loups se dévorent, ça fait l'affaire du berger. Maître Rinaldi est l'adjoint au maire de Marseille et peut-être notre futur député. Donc, nous sommes obligés d'intervenir.
Danseur [à propos de Siffredi et Capella] : On commence à dire qu'ils vous font peur.
Marello : Écoute, Danseur, il faut laisser dire les gens. C'est des petits cons. Ils ne perdent rien pour attendre. Tu sais quoi ? En tirant sur Rinaldi et en le manquant, ils en ont fait un député. [Il montre le journal à Danseur] Tu vois ça ? C'est moi qui ai trouvé le titre. Avec deux balles dans le corps, maintenant, il est sûr d'être élu.
Commissaire Fanti : Évidemment, vous aviez le plus bel alibi, vous étiez sur place ! Je suppose qu'on vous a volé votre portefeuille. Vous devriez porter plainte.
Capella : Oui, c'est ce qu'on a fait.
Siffredi : Oui. J'espère qu'on les retrouvera. Dans le mien, y'avait les photos de ma mère, et ça, ça se remplace pas.
Commissaire Fanti : Et les hommes qui ont fait le coup, vous les avez pas reconnus, je suppose ?
Capella : Non.
Siffredi : Non.
Commissaire Fanti : Et la mort de Marello, aucun tuyau ?
Siffredi : Aucun.
Capella : Paraît qu'il aurait glissé et qu'il serait tombé sur son coupe-papier.
Siffredi : François, pourquoi tu t'en vas ?
Capella : Parce qu'on est deux.
Siffredi : Comprends pas !
Capella : Facile à comprendre. On a eu Poli d'abord, puis le Danseur, puis Marello. Aucune raison que ça s'arrête. Un jour ou l'autre, il n'en restera plus qu'un de nous deux. Vaut mieux que je m'en aille avant. On finira par se tirer dessus. C'est peut-être moi qui commencerai, d'ailleurs. C'est comme ça, on n'y peut rien, et tu le sais.
Siffredi : Et si je partais, moi, à ta place ?
Capella : Tu le ferais ?
Siffredi : Tout de suite.
Capella : Je te l'joue. Si tu perds, tu t'en vas. D'accord ?
Siffredi : D'accord.
Capella : Qu'est-ce que tu prends ?
Siffredi : Face.
[Capella plonge ses mains dans les poches de son gilet. De la droite, il sort une pièce qu'il jette en l'air et qui retombe sur le dos de sa main gauche]
Capella : Cette fois, t'as gagné, Roch. [Il jette en l'air la pièce que Siffredi rattrape au vol et examine. Elle est face des deux côtés] Tu savais ?
Siffredi : Une pièce dans chaque poche ! Avant, ça m'amusait, mais pas ce soir.
Capella : Salut, Roch. La chance, ça n'existe pas.



















