Fiches de films - Répliques
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Barry : Et on commence avec la nouvelle la plus consternante de la soirée : 3 américains sur 4 préfèrent regarder la télé plutôt que faire l'amour à leur conjoint. Deuxième mauvaise nouvelle : des gamins avaient besoin d'argent pour s'acheter du crack hier soir. Ils ont trouvé la solution : ils ont planté un couteau dans la gorge d'une grand-mère de 80 ans. En plein Dallas ! Triste bilan d'une nuit dans une ville américaine. Multipliez-le par des centaines de villes, vous aurez un pays qui a pour toute culture les films pornos et Massacre au marteau-piqueur. Un pays pour qui la morale signifie corruption et espionnage industriel, et pour qui l'intégrité est synonyme de mensonge, de prostitution et d'intox en tout genre. Ce pays est dans une sacrée merde, il est pourri jusqu'à la moëlle et il vaudrait mieux que quelqu'un y fasse quelque chose. Maintenant, vous allez sortir votre main de votre paquet de chips, balancer votre journal et décrocher votre téléphone.
Barry : Mais dis-moi, alors, de quoi tu as besoin ? Qu'est-ce qui te manque dont tu as besoin ?
Debbie : Un mec ! Un p'tit copain...
Barry : Un mec ? Mais qu'est-ce que t'as à offrir à un mec ?
Debbie : Ben, euh, j'ai de longs cheveux brillants...
Barry : Tu sais qu'il peut s'acheter une perruque ?
Debbie : Non, on voit pas qu'c'est une perruque, j'la perds jamais.
Barry : L'été dernier, j'suis allé en Allemagne. C'était la première fois, je voulais voir la patrie d'Hitler. Vous connaissez Adolf Hitler ?
Chet : Mais oui, très bien.
Barry : J'm'en s'rais douté...
Barry : Stu, envoyons un four à micro-onde à Chet !
John : Bonsoir, euh, je suis noir.
Barry : Content pour toi. Qu'est-ce que tu veux ? Une médaille ?
John : Je voulais te dire que ton émission me plaît beaucoup, et surtout que j'aime bien les juifs.
Barry : Et moi, les noirs, j'en raffole. D'ailleurs, tout le monde devrait en avoir un chez soi.
Debbie : Barry ? C'est encore Debbie...
Barry : Ah oui, Debbie. Celle aux longs cheveux, ma reine zombie, le fantasme de mes nuits.
Barry : Tu sais, un bon chirurgien esthétique ou un verre de cyanure, y'a toujours une solution.
Chet : Alors, maintenant, tout le pays va entendre ta grande gueule ?
Barry : Quel plaisir de vous entendre. Mais je vous croyais en train de brûler du métèque ou de molester des enfants à l'heure qu'il est.
Chet : J'préfère discuter avec toi.
Barry : De quoi ? Du dressage des bergers allemands ?
[Fin de l'émission de Barry]
Barry : Ne partez pas encore, si vous avez un problème psychologique ou si vous n'êtes qu'un suicidaire chronique, le docteur Sheila Fleming est là, et elle sera ravie de vous donner des conseils douteux. Si vous êtes normal et heureux avec la tête sur les épaules, vous pouvez éteindre votre radio jusqu'à lundi.
Barry : Les pierres et les bâtons vous casseront les os, mais les mots vous briseront à vie.
Dan : J'te réveille ? Pardon.
Barry : Non, non, tu m'réveilles pas. Je me lève toujours 10 heures avant d'aller au boulot.
Jerry : Barry, vous n'avez jamais nourri le moindre doute sur la réalité de l'Holocauste ?
Barry : Je crois me souvenir que nous avons déjà abordé le sujet. Quand vous portez des accusations contre les Juifs, quand vous mettez en doute la réalité de l'Holocauste, vous devriez tenir compte des faits, et on peut les connaître les faits, si on veut.
Jerry : Mais nous sommes tout à fait d'accord pour discuter des faits avec vous.
Barry : Hein ? Mais qui c'est, "nous" ? Je parle à un "nous" ou à un "vous" ?
Barry : Ils disent qu'il y a eu 6 millions de juifs tués. C'est peut-être 5 millions, ou 7 millions.
Jerry : Ah, ça pourrait être 2 aussi, non ?
Barry : Ah, c'est ça la question, que 2 millions d'innocents soient morts seulement. Pourquoi un seul innocent devrait mourir, juif ou non juif ?
Jerry : Si on avait les emprunts et les subventions qu'on donne à Israël, on perdrait pas nos fermes, qui sont la clé de voûte de ce pays.
Barry : Oui, et que diriez-vous si une femme est en compétition avec vous sur le marché du travail et vous vole votre boulot ? Et ça vous ferait plaisir que les noirs se mettent à épouser des femmes blanches ? Et si les profs de vos enfants sont homosexuels ? Et si vous voyiez les spéculateurs s'en mettre plein les poches alors que vous, vous faites la queue à l'ANPE ? Et dites-moi, si votre... si votre gouvernement vous envoie au Viet-Nam faire une guerre qu'il n'a aucune chance d egagner ? Et si votre pays s'enfonce doucement dans la débâcle, la décadence ? J'les connais, ces arguments. Par coeur. C'est la grande leçon de l'Histoire du monde. On entend ça depuis belle lurette. C'est un argument qui dit que, quand les choses vont mal, au lieu de chercher une solution pour les améliorer, au lieu de changer sa façon de faire, c'est plus facile de rejeter la faute sur un bouc émissaire.
Barry [parlant des Carnets de Turner] : Pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas cet ouvrage, l'action se déroule, on ne sait trop pourquoi, à partir de l'année 1991 et on demande au lecteur de faire comme s'il s'agissait du journal intime d'un jeune électricien raciste qui adhère à une organisation paramilitaire clandestine connue sous le nom de l’Ordre.
Jerry : C'est exact.
Barry : Oh, vous me donnez une bonne note ! Merci. Cette organisation paramilitaire fomente une révolution contre le GOS, ou Gouvernement d’Occupation Sioniste d’Amérique. Et l'Ordre, au passage, trucide la plupart des races bâtardes : les juifs, les noirs, les homosexuels, les féministes et tout ce qui a la peau un tant soit peu bronzée. C'est un livre écrit par des gens qui ont du chewing-gum à la place de la cervelle et qui ont grandi en regardant des rediffusions de la Nuit des morts vivants !
Barry : La Nuit écoute ! Parlez, ça coûte pas un rond. En fait, c'est pas gratuit du tout, et je dirais même que c'est un peu comme la roulette russe : c'est pratique et amusant, mais ça peut coûter cher, on sait jamais sur quoi on va tomber.
Barry : Dan, tu veux quelque chose ? Café, thé, insuline, crack ?
Barry : John, est-ce que... est-ce que tu as déjà choisi... qui tu vas violer la prochaine fois.
John : J'l'ai déjà choisie, j'l'ai repérée. J'ai toujours eu envie d'elle.
Barry : Et qu'est-ce qu'elle a que tu aimes ?
John : Qu'est-ce que tu aimes dans une tarte aux fraises, ou dans un chou à la crême ? J'en sais rien du tout ! Elle pourrait être noire, blanche, latino, japonaise, mignonne, grosse, moche... Aaaaaahhh !!!
Barry : Encore une âme en perdition qui se fond dans la nuit de Dallas.
Barry : Nous avons Ken avec nous pour nous renseigner sur ce que sera l'Amérique de demain. Ken est le reflet de la jeunesse américaine : il est énergique et plein de ressources, enfant gâté, pervers, perturbé.
Barry : T'es défoncé ou t'as toujours cette combativité de larve ? Attention à ta bave, elle dégouline sur la console.
Ken : Ça enregistre vraiment, c'binz ?
Barry : ... T'es dans une station de radio, Ken, et ce micro est en état de marche. Et quand tu parles, des milliers de personnes entendent ta voix. Leur cerveau en gardera la marque.
Ken : AAAAAAAAHHHH !!!!!
Barry : Nous sommes en train de parler de l'Amérique, Ken. Ça éveille une idée en toi ?
Ken : Euh...
Barry : Ah, excuse-moi, j't'ai fait perdre le fil de tes pensées.
Ken : J'ai pas d'opinion politique, tu vois. ... J'aime bien Bruce, qui fait de la politique.
Barry : Bruce, Bruce Springsteen, ah oui, c'est vrai, c'est un esprit politique de haut vol. Il est communiste, hein, ce type ?
Ken : Non, il est du New Jersey.
Barry : Ken, t'as du confetti dans la tronche, alors j'espère sincèrement que tu représentes pas l'avenir de ce pays, parce que si c'est le cas, on est mal barrés.
Barry : Y'a rien de plus ennuyeux que les gens qui vous adorent.
Auditrice : Est-ce que vous êtes aussi moche que votre voix le laisse supposer ?
Barry : C'est encore pire.
Auditrice : Pourquoi un type intelligent comme vous gaspille tant d'énergie à essayer de faire mal aux autres ? Vous ne vous aimez pas ? Je crois que vous êtes très seul, Barry.
Barry : On devrait me pendre. Je suis un hypocrite. Je demande la vérité et je dis que des mensonges. Je dénonce le système et je suis en plein dedans. Je veux avoir l'argent, le pouvoir, le prestige... Je cours après les indices d'écoute et les succès. Et j'en ai rien à foutre de vous, ni du monde. C'est la vérité. Je pourrais dire que je le regrette, mais je le dirais pas. Pourquoi je le regretterais ? C'est vrai, qu'est-ce que vous êtes, "chers auditeurs" ?
Barry : Vous fondez sur moi tous les soirs comme une meute de chiens parce que vous n'arrivez pas à supporter ce que vous êtes ou ce que vous avez fait. C'est vrai, le monde est une vraie poubelle. C'est vrai, le cancer et les broyeurs à ordures vous auront. C'est vrai, la guerre, c'est demain, la terre est en route vers l'enfer et on est tous du voyage.
Barry : Tout est complètement pourri, et vous, vous adorez ça. Vous êtes fascinés par les détails atroces. Vous êtes hypnotisés par votre peur. Vous vous repaissez d'accidents de voiture, de catastrophes, de maladies incurables. La souffrance des autres fait votre bonheur.
Barry : Les terreurs de votre existence, vous en faites un spectacle.
Barry : De quoi vous voulez parler, mmh ? Des matchs de Base-ball ? De votre chien ? De vos orgasmes ? Vous êtes pathétiques ! Des êtres abjects, qu'on ne peut que mépriser. Vous n'avez rien, rien pour vous racheter. Pas de méninges, pas de pouvoir, pas d'avenir, pas d'espoir, pas de Dieu.
Barry : Je vous trouve effrayants ! Chaque soir, je viens ici, je vous insulte, je tire sur vous à boulets rouges, j'vous rentre dans le lard, et vous, vous continuez ?! Vous en redemandez, vous êtes masos ? Vous allez arrêter de parler, je veux plus vous entendre ! Allez-vous en !
Barry : Vous n'êtes qu'une bande de maniaques morts de trouille à l'esprit étroit, ivrognes, intolérants, insomniaques, paranoïaques, dégoûtants, pervers, voyeurs, sadiques, obscènes, planqués derrière votre téléphone !
Barry : ... J'ai l'impression qu'on est coincés ensemble.
Dan : Tu t'en es tiré comme un champion, j'te félicite. On se voit demain.
Barry : Dan... Et si je venais pas demain soir ?
Dan : Tu vas venir demain, Barry. Tu viens toujours.