Fiches de films - Répliques
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La Cage aux folles
Trésorier : Monsieur Baldi, on fait quelque chose pour l'addition du prince ?
Renato : Non. J'ai dit plus de réductions. Grosse, l'addition ?
Trésorier : 5 000 environ.
Renato : Et combien ils sont ?
Trésorier : 2.
Renato : Bon. On comptera pas les cafés pour cette fois.
Le docteur [frappant à la porte de Zaza] : C'est moi, Zaza. C'est le docteur.
Zaza : Je ne suis pas visible !
[Le docteur ouvre la porte et d'un même mouvement, lui et Renato se baissent tandis qu'un chausson lancé de l'intérieur de la pièce leur frôle la tête]
Le docteur : On va se montrer, hein Zaza. On va vite se montrer pour que le docteur voie Zaza.
Zaza [cachée sous un drap] : Non. Je suis affreuse ! Je suis affreuse, docteur !
Le docteur : Zaza, votre public vous attend et mon dîner refroidit...
Zaza : J'ai envie de mourir, docteur. J'ai envie de mourir. Vous étiez en train de dîner ?
Le docteur : Oui.
Zaza : Ben, ça se réchauffe au moins ?
Le docteur : Du lapin à la moutarde.
Zaza : Oh, oui, alors, ça se réchauffe bien. Ah ben, ça, tant mieux. Alors, voilà ce que vous faites. Vous faites réduire le fond de sauce dans la sauteuse, hein. Mais attention, vous faites ça dans une sauteuse en cuivre. ça, je dis toujours à mes amis, surtout la sauteuse en cuivre. Sinon, alors, je ne réponds de rien...
Renato : Alors, tu meurs ou tu cuisines ?
Zaza : Ah toi, tais-toi, hein ! C'est à cause de toi que j'en suis là. Regarde ce que je suis devenue par ta faute. Une vraie loque humaine. Une loque humaine...
[Renato allume un magnétophone et on entend l'enregistrement]
Voix de Zaza : ... une épave, un déchet. Quand je pense qu'avant de te rencontrer, j'avais des épaules ravissantes. Regarde ce qu'elles sont devenues maintenant.
Renato : C'est tous les soirs la même chose. Je t'ai enregistrée hier.
Zaza [au docteur] : Regardez à quoi il joue pendant que je souffre.
Renato [la main sur le magnétophone] : Tu veux continuer en playback ?
Renato : Pourquoi tu te maquilles les cuisses ? On les voit pas, tes cuisses, en scène.
Albin : L'indifférence, c'est la chose la plus horrible, Renato. J'ai fait deux mois de régime, tu n'as même pas remarqué que j'avais maigri. Je me suis détraqué la santé pour toi, avec tous ces coupe-faim, ces diurétiques. Et rien, pas un mot, pas un encouragement. Tu ne me vois pas. Tu ne m'aimes plus. Tiens, l'autre jour, j'ai acheté un petit ensemble. Je l'ai mis, pour te faire plaisir. Rien.
Albin : Tu ne m'aimes plus, Renato. Après tant d'années de vie commune, tu me regardes comme un pot-au-feu, plus comme une reine de théâtre.
Albin : Il y a un homme dans ta vie, Renato, ça, je le sais.
Renato : Non, il n'y a aucun homme. Seulement, il y a 250 personnes qui attendent que la diva se décide à entrer en scène !
Zaza [qui a un oeil au beurre noir] : Tu vois, t'inquiète pas, ça ira très bien, ma Toutoune, tu sais. J'ai plus mal, regarde, c'est rien du tout. Tu t'es fait mal avec tes petits poings ?
Mercedes : Je ne veux pas dépendre des humeurs de Madame. Elle n'a qu'à moins traîner au lit, ce gros veau.
Renato : Je ne veux pas que tu parles comme ça d'Albin. Tu as compris ? Et dès demain, tu t'habilles en homme.
Mercedes : Non, non, je t'en prie, pas ça, c'est trop méchant.
Renato : J'ai dit en garçon. Tu l'as cherché, Henri !
Mercedes : Henri !
Renato : Oui, Henri !
[Renato console un travesti en pleurs]
Renato : Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Pétunia, qu'est-ce que tu m'as encore inventé, toi ?
Pétunia : J'attends un enfant...
Renato : Comment ?
Pétunia : J'attends un enfant !
Renato : Tu as fait un autre enfant à ta femme ?
Pétunia : Oui...
Renato : Mais c'est le septième !
Renato : J'élève un garçon pendant 20 ans, mon fils. Et puis, une fille arrive et elle me le pique. Une salope. Une salope, oui, une salope !
Renato : Écoute-moi bien, Laurent. Si jamais tu épouses cette fille, tu remets plus les pieds chez nous, j'te donne plus un centime et on ne se revoit plus jamais. Choisis.
Laurent : Au revoir, papa.
[Laurent et Andréa viennent d'annoncer leur projet de mariage à leurs parents respectifs. Ils se parlent au téléphone dans la foulée]
Andréa : Je leur ai parlé. Et toi ?
Laurent : Oui, moi aussi, oui. Il est ravi.
Renato : Salope !
Jacob : Qui j'ai vu là ? Qui j'ai vu qui était là, ce matin ? Qui j'ai vu là ? Le petit maître blanc !
Albin : T'aurais pu me prévenir que Laurent arrivait, mmh ? ça t'aurait évité une scène. Seulement, voilà, c'est que, la vérité... tu ne supportes pas de partager ton fils, alors tu me le caches, tu me gommes, tu m'évinces.
Renato : Il se marie.
Albin : Comment ?
Renato : Mon fils, il se marie.
Albin : Oh, que tu es bête !
Albin : C'est... c'est pas vrai, Renato !
Renato : Une espèce de fille qu'il a rencontrée à l'Université. Ça devait arriver.
Albin : Avec une fille ! Quelle horreur, mon Dieu ! Pauvre petit bonhomme. Mais c'est pas possible, il est trop... trop jeune. Tout petit encore. Il est... Il va gâcher sa vie, c'est tout.
Albin : Salope, cette bonne femme !
Laurent [qui vient d'entrer dans la pièce] : Je vois que tu l'as mis au courant.
Albin [à propos du fils de Renato] : On va nous le prendre, Renato et on n'en aura plus d'autre.
Renato : A moins d'un miracle.
Charrier [qui réécrit un discours] : A la place du mot "voyou", mettez "dégénéré". "Dé-gé-né-ré."
Charrier : Le président Berthier est mort...
Madame Charrier : Le président, oh ! Mon Dieu !
Charrier : Dans les bras d'une femme... une prostituée...
Madame Charrier : Dans les bras d'une...
Charrier : Et mineure en plus.
Madame Charrier : Non !
Charrier : Mineure et noire !
Madame Charrier : Comment ?
Charrier : Une prostituée mineure de couleur.
Madame Charrier : Simon, vous n'êtes pas responsable.
Charrier : Louise, je suis le secrétaire général d'un parti qui s'appelle l'Union pour l'Ordre Moral, dont le président vient de mourir dans les bras d'une prostituée. Vous allez voir les journalistes, tout à l'heure !
[Mécontent de l'inscription sur le gâteau, Albin pousse un cri qui fait sursauter Jacob et Renato]
Albin : AAAH ! Ah non ! Ils ont écrit sa tati-i. C'est pas sa tati-i, c'est sa tati-e "à mon Lolo, sa tati-e". Sinon, sa tati-i, ça veut rien dire ! Sa tati-e ! [Silence consterné de Renato et de Jacob] Bon, ben, j'agace. Bien !
Albin : J'te casse un oeuf ?
Renato : Non, j't'en prie. Au moins, dans la cuisine, tu me lâches, hein. Dans la cuisine, c'est moi, le patron.
Albin : Ahhh. La cuisine, c'est votre domaine.
[Charrier retourne chez lui en passant par la fenètre de derrière pour éviter la presse]
Madame Charrier : Mais qu'est-ce que vous faites là ?!
Charrier : Vous avez vu ? Vous avez vu devant la porte ? J'ai préféré prendre l'échelle !
Madame Charrier : Mais c'est dangereux ! Vous pouviez tomber !
Charrier : Mais je SUIS tombé !
Zaza [à son jeune partenaire] : C'est bien joli d'avoir 20 ans et la cuisse longue, mais ça ne suffit pas pour vous donner du talent !
Zaza : Ce n'est pas parce que nous jouons une revue de travestis qu'il n'y a pas une situation dramatique, mon petit gars. Faut comprendre les choses.
Renato [au partenaire de Zaza] : Il faut te concentrer. Penser à ton personnage. Tu sais ce que c'est, ton personnage. C'est ce bel inconnu, superbe, qui se promène dans Broadway, la démarche virile. Et puis, tout à coup [désignant Zaza] il se trouve devant cette chose incroyable, cette apparition. Tu comprends. Tu la regardes et tu ressens comme un appel sensuel qui t'électrise délicieusement le bassin. [Démonstration de Renato] Là, hop ! comme ça. Essaie un peu... [Déhanchement obscène du danseur] Comme appel sensuel, c'est un peu exagéré, tu vois.
Laurent : Charrier. Le député. L'Ordre Moral, tu connais ? Alors, à la question "profession des parents", elle a répondu attaché culturel et mère de famille. Voilà.
Renato : Ah. Ben alors, on fait quoi ? Je vends la Cage aux folles, j'm'inscris à Science Po, j'deviens diplomate, et Albin, lui ? Il fait quoi ? Crac, il se fait opérer ?
Renato : Oui, je mets du fond de teint. Oui, je vis avec un homme. Oui, je suis une vieille tata. Mais j'ai trouvé mon équilibre. J'ai mis plus de 20 ans pour ça, Laurent, et ce ne sera pas ton con de député qui va tout démolir. Je m'en tamponne de ton député. Je l'emmerde, ton député.
Jacob : Oh, là, là, là, là ! Il est de mauvaise humeur, le petit maître blanc ! Je lui ai demandé s'il a bien dormi, il me répond "tu t'habilles comme une pute".
Renato : Je dois parler à ce pauvre Albin, maintenant. J'en suis malade ! Qu'est-ce que je vais lui dire ? Mais qu'est-ce que je vais lui dire ? Hein ? Hein ? Je lui dis "Va-t-en, grosse vache, tu encombres. Va-t-en, disparais, tire-toi, vieille tante" ?
Laurent : T'es p't-être pas obligé de lui dire comme ça.
Albin : Dis donc, mon petit Renato, je ne suis peut-être pas très fin, mais quand on me met les points sur les i, je finis par avoir des lueurs.
Albin : Tu sais quel jour nous sommes ?
Renato : Non.
Albin : Nous sommes le 25 juin.
Renato : Ahhhh !
Albin : Ah. Comme vous dîtes. Le jour de notre anniversaire.
Albin : Alors, on me rejette. On m'exile comme un lépreux. On a honte de moi. J'ai passé des nuits entières au chevet de ce gosse... tout sacrifié, oui, je lui ai donné ma vie.
Albin : Je pourrais peut-être être quelqu'un de la famille. Un parent. Mmh ? Je pourrais peut-être être son oncle. On pourrait dire que je suis son oncle. Oui, oui, d'accord, c'est vrai que j'ai pas une tête d'oncle.
Albin : Attaché culturel ! C'est distingué ta façon de manger. Oh ! On dirait une pelleteuse !
Renato : Ton doigt ! Enfin, qu'est-ce qu'il fabrique en l'air, ton doigt ? Regarde un peu ton doigt.
Albin : Ben oui, et alors ? Il se redresse tout seul.
Renato : Commençons à le viriliser un petit peu, ce cher oncle. On essaie, hein ? Il faut que tu apprennes comment un homme doit tenir une biscotte dans la main. La biscotte doit se tenir virilement, comme ça, regarde. Et le beurre. Il faut l'étaler avec la même puissance. Et le thé se boit paisiblement en surveillant son petit doigt. Allez !
Renato : Bon. Nous reprenons à la biscotte, hein ! Et au beurre, d'accord ?
Albin : Oui.
Renato : Viril. N'aie pas peur d'appuyer. Oui, c'est ça. C'est bien. [la biscotte, trop serrée par Albin, éclate] Mais tu le fais exprès. Tu m'en veux. ça va, ça va, ça va. Recommence. Prends une autre biscotte.
Albin [en pleurnichant] : Je n'y arriverai jamais, jamais, jamais.
Renato : La pleurniche, encore. C'est fini, oui ? Tiens la bien, cette biscotte, bien fermement dans ta menotte. Voilà, avec mesure et décision. Une main de fer dans un gant de velours.
Albin : Oui. D'accord, oui.
Renato : Essaie, maintenant. C'est ça. La biscotte de l'homme !
Renato : Allez, on passe à plus difficile.
Albin : Un peu de confiture ?
Renato : Oui, prends la cuillère.
Albin : Je prends la petite cuillère ?
Renato : Oui, c'est ça. [Albin tient la cuillère entre le pouce et l'index] Non, non, pas comme ça. Qu'est-ce que c'est ? Mais qu'est-ce que c'est ? On dirait une clochette que tu secoues. Excuse-moi, c'est simplement une cuillère. Tu la tiens sans trembler, franchement ! C'est vu, oui ?
[Albin brise une autre biscotte qui vole en éclat]
Renato : Si tu veux me tuer, tu le dis carrément. Tu veux me tuer, c'est bien ça ? Vise les yeux, alors, c'est plus sûr !
Albin : Je n'y arriverai jamais, quand même, là. J'ai cassé ma biscotte !!!
Renato : D'accord, tu as cassé la biscotte, c'est un désastre. Mais devant une situation de ce genre, il est important de savoir réagir en homme, en vrai homme, tu as compris ?
Albin : Oui, bien sûr, oui, ça, tu as raison, je veux bien.
Renato : Tu dois te dire, calmement, solennellement : "Albin, tu l'as cassée, d'accord, mais au fond, ça n'est pas si grave". Pense que ta vie n'est pas finie pour ça. Essaie encore, prends une autre biscotte.
Albin : Oui, tu as raison, tu as raison, parce que, finalement, ça n'est pas très grave, parce que, quand même, j'ai encore d'autres biscottes.
Renato : Essaie de marcher comme John Wayne.
Albin : Le cow-boy ?
Renato : Oui. John Wayne. Tu descends de cheval, tu t'avances vers le saloon. Envoie valser la porte et crac ! Tu peux essayer ?
Albin : Que je fasse John Wayne ?
Renato : C'est ça. [Albin tente une démarche approximative] Ça, c'est John Wayne jeune fille.
[Albin marchant "à la John Wayne" arrive dans la grande salle du bar]
Un consommateur : Alors, pédé ?
Albin [revenant vers Renato] : Y'en a un qui m'a traité de pédé. [Renato se lève et se dirige vers le bar] Il va voir !
Albin : Tu vois, là, ça dégonfle déjà, ce sera rien du tout. Là, détends-toi. Tu as été magnifique. Merveilleux. Je suis fier de toi. Ah, tu sais, il était ridicule, ce grand type, quand il s'est assis sur toi pour te cogner la tête contre le carrelage. Il m'a fait pitié. Une grande brute qui ne savait pas comment s'occuper. Pauvre type !
Simone : Je ne suis pas très maternelle, tu comprends.
Renato : Moi, si.
Simone : C'est vrai. Il a eu de la chance.
Simone : Ça a duré combien de temps, nous deux ?
Renato : Je peux te le dire précisément. De 2 heures et demi à 4 heures moins le quart. Deux fois.
Renato : Tu sais, mon cimetière, il est en Lombardie. C'est le plus beau cimetière du monde. Là-bas, y'a des arbres, le ciel est bleu, y'a des oiseaux. Le tien, à Foissy, c'est vraiment de la merde à côté. C'est vrai, les morts, à Foissy, ils sont enterrés dans de la merde. Excuse-moi de te dire ça, mais tu n'es qu'une vieille emmerdeuse aigrie. C'est vrai que tu n'excites plus personne, que tu es devenu grotesque, que tu fais rire tout le monde. Et pourtant, tu vois, je suis toujours avec toi. Parce que tu me fais rire. Alors, tu sais ce que je vais faire ? Je revends mon caveau en Lombardie et je viens avec toi dans la merde à Foissy. Pour rire encore.
[Voyant Jacob en grande tenue]
Laurent : Ah, très très bien, très très bien. LE maître d'hotel. ... Jacob ?
Jacob : Mmh ?
Laurent : Il te manque pas quelque chose, là ?
Jacob : Je ne peux pas mettre de chaussure, je n'ai jamais mis de chaussure, ça me fait tomber.
Albin [en smoking] : Ça va pas ? Mmh ? Ben pourtant, je me suis habillé comme vous. J'ai retiré toutes mes bagues. J'ai... J'ai rien sur le visage...
Renato [montrant les chausettes criardes d'Albin] : Mais sur les pieds ?
Albin : Ah. Oui, là, évidemment, là, il reste encore une petite note de couleur. Mais vous avez raison, de toute façon, c'est encore comme ça que je suis le plus choquant.
Charrier : J'aime la rigueur de cet endroit.
Laurent : Oui, pour mon père, effectivement, cette maison est plus un lieu de travail et de recueillement qu'une véritable maison de vacances.
Renato : Un monastère.
Charrier : Je suis très sensible aux ambiances et, quand j'entre chez quelqu'un, je sais tout de suite à qui j'ai affaire.
Albin : AAAH !!! Je suis furieuse de vous connaître, vous savez. Oh, oui, le papa de la vilaine qui va me voler mon grand fils. Ouh, la vilaine ! AAAH !!!
Albin : Vous n'imaginez pas le nombre de bonnes qui se sont succédées dans cet appartement. Ah ! Et toutes aussi godiches les unes que les autres. Pas méchantes, mais maladroites, vous savez. Oh, c'est terrible ! Je pourrais vous en citer une bonne demi-douzaine. Roger, Marcel, Lucien, André, Michel...
Madame Charrier : Oh, mais dites-moi, il est beau, ce Christ !
Renato : Oui, c'est mon père.
Madame Charrier : Comment ?
Renato : Euh, c'est mon père qui l'a restauré...
[Sur la table, préparée pour le repas, les assiettes sont décorées de scènes érotiques]
Charrier [qui voit mal et tient son assiette à bout de bras en l'examinant] : Elles sont... elles sont curieuses, ces assiettes. Ce sont des jeunes gens qui jouent ensemble, non ?
Albin [gêné] : Vous savez, il y a tellement d'assiettes dans cette maison, que je ne peux pas vous dire ce qu'il y a dedans.
Charrier : Ce sont... ce sont des grecs. J'ai l'impression... j'ai l'impression que ce sont des grecs.
Albin : Oh ! En effet, des grecs. Des grecs dans mes assiettes ! Ça, c'est bizarre, alors, hein ? Vous avez raison, ce sont des grecs.
Charrier : C'est effrayant, moi je ne vois plus rien sans lunettes. Attendez .. Ce sont des garçons, hein, ce sont des garçons ?
Albin : Des garçons ? Vous avez des garçons .. Y'a sûrement des filles aussi. Vous n'avez pas des filles ?
Albin : Vous voyez, là, vous avez.. vous avez une fille, là. Ça, c'est une fille, ça, là, non ?
Charrier : Y'a longtemps que vous n'en avez pas vue, c'est pas possible !
Charrier [qui a mis ses lunettes] : Ah, voyons ! À quoi jouent-ils ces grecs ?
Renato [sortant de la cuisine] : Soupe paysanne à la martiniquaise. Une spécialité de Jacob [Il verse la soupe dans l'assiette avant que Charrier ne voie le dessin].
Renato : Jacob, continuez le service, s'il-vous-plaît. Cette pauvre Madame Charrier a le Seigneur sur les bras !
Charrier [le visage barbouillé de rouge à lèvres après une visite éclair de la troupe de travestis] : La Cage aux folles. C'est... la Cage aux folles !
Charrier : Une échelle ! Vous n'avez pas une échelle ?
Madame Charrier : Vous n'allez pas recommencer, Simon...
Madame Charrier : Oh ! C'est affreux, Simon !
Charrier : Je sais bien, je sais bien. Le blanc me grossit. J'aurais voulu du noir.
Albin : Mais non. Laissez-le tranquille. Il a du charme et ça lui suffit.
Charrier [en travesti, tombant dans les bras de son chauffeur] : A l'hôtel, à l'hôtel, vite à l'hôtel !
Le chauffeur : ... C'est combien ?




















