Fiches de films - Répliques
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Stand by me
Gordie adulte [voix off] : J'allais sur mes treize ans la première fois que je vis un mort. Ce fut au cours de l'été 1959, il y a bien longtemps. Mais encore faut-il compter en années.
Chris : Eh ! A quoi tu vois qu't'as un français comme voisin de palier ?
Teddy : Eh ! J'suis français, attention !
Chris : Eh ben, tes poubelles sont vides et puis ta chienne attend des petits !
Charlie : Le train a dû lui passer dessus.
Billy : Bon, ben on s'en cogne.
Gordie adulte [voix off] : Nous avions tous suivi de très près l'affaire Ray Brower parce que c'était un jeune de notre âge. Trois jours avant, il était allé cueillir des airelles et depuis, plus personne ne l'avait revu.
Chris : Eh ! Eh ! Attendez ! J'vous parie tout ce que vous voulez que si on le retrouve, on a notre photo en première page !
Teddy : Oui. On passera même à la télévision !
Chris : C'est sûr !
Teddy : Super héros !
Chris : Ouais ! Bof, mon vieux y va me frapper, mais merde, ça vaut une danse !
M. Lachance : Si tu avais des amis comme en avait Denny...
Gordie : Ceux que j'ai sont bien.
M. Lachance : Parlons-en ! Un voleur et deux débiles.
Gordie adulte [voix off] : Il était pratiquement midi quand nous nous mîmes en quête d'un jeune mort nommé Ray Brower.
Gordie : T'as aussi des balles ?
Chris : Ouais, j'ai raflé tout ce qui restait dans la boîte. Mon vieux, y va croire que c'est lui qui a fait des cartons sur des boîtes de bière alors qu'il était beurré.
Teddy : Hé, dis donc, Vern, ta mère, elle a jamais eu des gosses normaux ?
Vern : Comment ça ?
[La bande se rend compte que personne n'a amené à manger]
Chris : Non, mais tu veux dire que t'as rien du tout ?
Teddy : Oh, merde, c'est pas de moi, c'est Vern qu'a eu cette idée là. [À Vern] Pourquoi t'as rien amené à bouffer ?
Vern : C'est sur moi qu'ça tombe, ça y est, il faut qu'je pense à tout ! Moi, j'ai pensé au peigne !
Teddy : Ah, bravo, Monsieur pense au peigne ! Qu'est-ce que t'en as à foutre, t'as pas un seul tif sur le caillou !
[Un train approche]
Chris : Viens, Teddy.
Teddy : Non. J'vais faire de l'esquive.
Chris : Fais pas le con, Teddy, merde. Reste pas sur la voie. T'es barjo ?
Teddy : Esquiver un train... L'Élysée...
Chris : Nom de Dieu, ne fait pas ça, Teddy ! Si tu veux te faire tuer, dis le tout de suite !
Teddy : Comme sur les plages de Normandie...
Teddy : Un Teddy, ça a pas besoin de nounou.
Chris : Toi, si.
Gordie adulte [voix off] : Aucune intrusion n'était tolérée par Milo Pressman, le casseur de voitures, et son chien Chopper. Ce chien était la véritable terreur, encore que fantômatique, de Castle Rock. Selon la légende, Milo n'avait pas dressé Chopper qu'à l'attaque, mais à l'attaque de certaines parties de l'anatomie masculine. Donc, tout môme qui escaladait en catimini la clôture du casseur entendait tonner le cri redouté : "Chopper, chope-lui les couilles !"
Gordie : Teddy, il est barjot.
Chris : Ouais, tout ce que tu veux qu'à 20 ans, il sera mort.
Gordie : Tu te rappelles la fois où tu l'as sauvé dans l'arbre ?
Chris : Ouais. Ah, tu sais, y'a même des fois où ça me revient en rêve. Seulement, dans le rêve, je loupe mon coup, j'attrape une poignée de cheveux et crac, tout lâche. Ça fait drôle !
Gordie : Chris Chambers loupe jamais son coup.
Chris : Non, même pas quand les dames remontent pas le siège.
Gordie : Ta gueule, l'imberbe !
Teddy : Moi, imberbe ?
Chris, Vern et Teddy : Je suis acerbe, et quand j'te r'garde, j'ai la gerbe !
Gordie : Et c'est vot'mère qui n'a plus qu'à lécher vot'dégueulis superbe !
Gordie adulte [voix off] : Trouver de nouveaux et, de préférence, d'ignobles biais pour salir la mère d'un copain était toujours tenu en haute estime.
Milo : Chopper ! Chope, chope, allez !
Gordie adulte [voix off] : Il avait bien dit "Chopper, chope, allez." Mais moi, j'entendis "Chopper, chope-les."
Tinball : Alors, où t'en es avec Connie Palermo ? Ça gaze ?
Billy : Ça fait déjà un mois que j'me frotte et elle se laisse juste peloter un petit peu. C'est tout.
Ace : C'est une catho. C'est pour ça. Toutes des coincées. Pour tirer ton coup, faut te dégoter une petite protestante. Une juive, c'est bon !
Gordie : Tu me trouves bizarre ?
Chris : À bloc, oui.
Gordie : Non, merde, j'suis sérieux. Tu me trouves bizarre ?
Chris : Oui, mais tant pis. Tout le monde est bizarre.
Chris : En juin prochain, on va se séparer.
Gordie : Qu'est-ce que tu débloques ? Et pourquoi, d'abord ?
Chris : En 3ème, on prend des options. Voilà pourquoi. Prépa universitaire en ce qui te concerne, alors que moi, Teddy et Vern, on se tapera des T.P. avec plein d'autres débiles et on fera des cendriers et des paniers d'osier. Toi, t'auras plein de nouveaux en classe. Des mecs extras.
Gordie : Des mecs très minets, un peu filles sur les bords.
Chris : Ah non, vieux. T'as tort de dire ça. Faut pas croire ça.
Gordie : Jamais j'irai avec des minets. Pas question.
Chris : Alors, c'est que t'es con.
Gordie : Parce que c'est con de pas vouloir se séparer de ses copains ?
Chris : C'est con si ça doit t'empêcher de suivre ta route. Si tu restes avec nous, tu te prendras pour un crack, mais tu seras que de la merde.
Chris : T'es qu'un gosse, Gordie...
Gordie : Oh, papa, hé, écrase !
Chris : Si j'étais ton père, je serais heureux. Crois-moi, tu parlerais un peu moins de faire techno et T.P. si moi, j'étais ton père. Dieu, il t'a fait un cadeau, mon petit père. Ce sont les histoires que tu nous inventes si bien. Et il te dit : "Voilà, moi, ce que je peux t'offrir, fiston, tâche de ne pas le gâcher." Mais les gosses bousillent tout, sauf s'ils ont quelqu'un de bien et qui s'en occupe. Et si tes parents ils sont trop paumés pour le faire, moi, je peux prendre la relève.
Teddy : Écoutez. Vous n'avez qu'à faire le détour si ça vous chante. Et moi j'traverse ici. Et pendant que vous, les mecs, vous traînerez vos jolis p'tits culs de gonzesses d'un bout à l'autre du patelin, j'vous attendrai bien tranquille de l'autre côté, plongé dans mes pensées et cool.
Gordie : Dis, Teddy, tu fais ça de la main droite ou de la main gauche ?
[Gordie et Vern manquent de se faire écraser par un train]
Chris : Hé ! Maintenant, on sait au moins l'horaire.
Teddy : 23 heures 00. Le Caporal Teddy Duchamp monte la garde. Aucun signe de l'ennemi, RAS au fort.
Chris : Oh, merde, Teddy ! Ta gueule et ouvre l'oeil !
[Teddy continue son délire et se fait copieusement engueuler par la bande]
Teddy : Les bidasses sombrèrent dans le sommeil car ils savaient que le Caporal Teddy Duchamp les protégeait tous et les protégeait corps et biens.
Vern : Merde, Gordie, pourquoi t'as rien pris pour le p'tit-déj', comme sodas, bombecs, chocos...
Gordie : Excuse-moi. Un consommateur plus averti aurait sûrement rapporté plus pour tes 7 cents.
Chris : Non, mais t'as quel âge ?
Teddy : L'âge que j'ai ? J'suis dans la fleur de ma jeunesse, et on n'est jeune qu'une fois, les mectons.
Chris : Ouais, mais t'en fais pas. Con comme toi, c'est pour la vie.
Vern : J'avais jamais vu un mec partir dans les vapes comme ça.
Teddy : Il est p't'être tombé dans les pommes en voyant ta gueule en peau de fesse.
Gordie adulte [voix off] : Il n'était pas malade. Il ne dormait pas. Il était mort.
[La découverte du corps rappelle à Gordie la mort de son frère]
Gordie : Pourquoi il a fallu qu'il meure ? Pourquoi il a fallu que Denny meure ? Pourquoi ?
Chris : Je n'en sais rien.
Gordie : Ça aurait dû être moi.
Gordie: J'suis bon à rien. Mon père me l'a dit. J'suis bon à rien.
Chris : C'est parce qu'il te connait pas.
Chris : Un jour, tu vas devenir un grand écrivain, Gordie. Tu pourrais même t'inspirer de nous, si des fois tu manques un peu de matériel.
Gordie : Alors, il faudrait que je sois vachement en panne, hein ?
Ace : Vous n'aviez pas l'intention de nous piquer le cadavre, quand même, non ?
[Gordie tire un coup de semonce avec le pistolet de Chris]
Gordie : Tu ne l'emporteras pas. D'ailleurs, personne ne l'emportera.
Ace : Et alors ? Tu vas tous nous descendre ?
Gordie : Non, Ace. Que toi.
Gordie adulte [voix off] : Au fil des ans, nous vîmes de moins en moins Teddy et Vern. En fin de compte, ils ne furent plus que deux visages dans la foule. Ça arrive parfois. Les amis, ça va, ça vient, comme des services dans un restaurant.
Chris : File-moi ta paluche.
Gordie adulte [voix off] : Chris s'en sortit. Il suivit les prépas universitaires avec moi, et bien que ce fut dur, il s'ouvrit les tripes, comme toujours. Il fit sa fac et, pour finir, devint avocat. La semaine dernière, il est entré dans un fast food. Dans la queue devant lui, deux hommes se prirent de querelle. L'un des deux sortit un couteau. Chris, depuis toujours prompt à rétablir la paix, tenta de s'interposer. Il fut poignardé à la gorge. Sa mort fut quasi instantanée. Bien que je ne l'aie pas vu depuis plus de 10 ans, je sais qu'il me manquera à jamais.
Stand by me
When the night has come
And the land is dark
And the moon is the only light we'll see,
No I won't be afraid, no, I won't be afraid
Just as long as you stand, stand by me.
So darling, darling, stand by me, oh stand by me,
Oh stand, stand by me, stand by me.
If the sky that we look upon
Should tumble and fall
Or the mountains should crumble to the sea,
I won't cry, I won't cry, no, I won't shed a tear
Just as long as you stand, stand by me.
And darling, darling, stand by me, oh stand by me,
Oh stand by me now, stand by me, stand by me.
Oh darling, darling, stand by me, oh stand by me,
Oh stand, stand by me, stand by me.
























