Fiches de films - Répliques
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Les Misérables
Narrateur : Les dernières galères du Roy avaient depuis longtemps pourri dans les ports, mais les forçats restaient pour tous des galériens.
Narrateur : La liberté ? Oui, on leur rendait la liberté, mais leur passeport d'anciens forçats qu'ils devaient faire viser partout restait attaché à leurs pas comme un boulet.
[Un cardinal rend visite à l'évêque de Digne. Alors que le cardinal arrive avec un étalage rutilant, l'évêque approche monté sur un âne.]
Cardinal : C'est bien la première fois que je rencontre un évêque dans un tel équipage.
Monseigneur Myriel : Oui, je vois ce qui scandalise Votre Eminence - Vous permettez ? il a beaucoup trotté - vous trouvez que c'est bien de l'orgueil pour un modeste prêtre d'emprunter une monture qui a été celle de Notre Seigneur. Mais je le fais par nécessité, je vous assure, et non par vanité.
[Le cardinal refuse de passer la nuit dans la masure de l'évêque.]
Cardinal : Merci beaucoup, mais ce voyage m'a brisé et j'ai besoin de me reposer vraiment. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'irai chez le Maire. Je ne suis pas un moine.
Monseigneur Myriel : Je vous en prie. Nous servons la même cause mais nous ne sommes pas dans le même bataillon.
[L'évêque accueille Jean Valjean, qui le prend pour le curé du village]
Madame Magloire : Puis-je servir le potage, Votre Grandeur ?
Monseigneur Myriel : Mais oui, mais oui, notre hôte a dit qu'il avait faim. Passez-moi donc une chaise, Ma Grandeur n'atteint pas jusqu'à l'étagère.
[Jean Valjean vole l'argenterie de l'évèque et est arrêté.]
Brigadier : Monseigneur ! Regardez ce que cet homme avait dans son sac ! Nous l'avons interpelé pour contrôler son passeport et le fouiller, voilà ce qu'il avait ! Et comme on savait qu'hier, vous l'aviez reçu à dîner, ma foi, nous l'avons arrêté.
Monseigneur Myriel [à Jean Valjean] : Qu'est-ce que vous avez répondu ?
Gendarme : Rien.
Monseigneur Myriel : Pourquoi n'avez-vous pas dit à ces messieurs que je vous les avais donnés ? Vous avez même oublié vos chandeliers ! Je vous les avais donnés avec les couverts, pourquoi ne les avez-vous pas emportés ? Madame Magloire, allez donc chercher les chandeliers de Monsieur.
[Après avoir fait libérer Valjean, Monseigneur Myriel éloigne les gendarmes]
Jean Valjean : Merci.
[Il part]
Monseigneur Myriel : Attendez ! Vous oubliez encore vos chandeliers ! Allez, prenez-les ! Jean Valjean, mon frère, je ne crois pas au pouvoir de l'argent, mais celui-ci peut vous aider à devenir un autre homme. vous n'appartenez plus au Mal, mais au Bien. C'est votre âme que je vous achète.
Petit-Gervais [jouant avec une pièce d'argent] : C'est beau, hein ? [Valjean attrape la pièce au vol] Ben, ma pièce, Monsieur ?
Jean Valjean : Va-t'en.
Petit-Gervais : Ben j'veux qu'vous m'rendiez ma pièce !
Jean Valjean : Va-t'en.
Petit-Gervais : Ben rendez-la moi, quoi !
Jean Valjean : Va-t'en, j'te dis !
[Petit-Gervais s'enfuit]
Jean Valjean : Hé ! Hé, écoute !!! Oh, arrête !
Narrateur : Voleur. Il était un voleur. Et il comprenait tout à coup qu'il n'aurait pas trop de toute sa vie pour payer cette petite pièce d'argent.
Monsieur Madeleine : Comment reconnaissez-vous la racaille, Monsieur Javert ?
Javert : C'est bien simple. Il y a d'une part les honnêtes gens, les gens établis, et d'autre part ceux qui n'ont ni travail, ni famille, ni domicile fixe. Les premiers forment la société et respectent la loi, les autres ne respectent rien et attaquent tout. Mon devoir est de défendre les premiers contre les seconds. C'est pas bien difficile.
[Fantine est arrêtée pour prostitution et pour l'agression d'un passant]
Javert : T'es bonne pour six mois. Allez, emmène-la.
Fantine : Six mois ? Six mois de prison ? Oh, c'est pas possible, j'ai la pension de ma petite fille à payer. Ma p'tite Cosette, mais qu'est-ce qu'elle va devenir ? Ils vont la mettre dehors en plein hiver !
Javert : Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, moi ?
Fantine, Oh, si j'fais c'métier-là, c'est pas par vice, j'vous jure. J'avais plus d'argent, j'ai toujours dû... Mais j'ai une petite fille à la campagne, elle est malade, il faut tellement d'argent !
Javert : Hé, toutes les putains disent ça !
Monsieur Madeleine : Hélas, c'est presque toujours vrai.
Thénardier [à Fantine] : Vous en faites pas, vous pouvez partir tranquille. Vot'petite, elle s'ra comme notre enfant.
Javert : Monsieur le Maire, un acte coupable a été commis. Un agent inférieur de l'Autorité a manqué de respect à un magistrat supérieur de la façon la plus grave. Je viens vous demander de le punir comme il le mérite.
Monsieur Madeleine : Qui est cet agent ?
Javert : Moi.
Monsieur Madeleine : ... Et qui est le magistrat qui ait à se plaindre de vous ?
Javert : Vous, Monsieur le Maire.
Javert : Y a une vieille histoire de vol à main armée sur un petit savoyard et, quand on l'a arrêté, il venait de sauter un mur pour chiper des pommes. Pour un enfant, c'est une polissonnerie, pour un homme, c'est un délit, mais pour un bagnard, c'est un crime.
Javert : Monsieur le Maire, je vous rappelle que vous devez me destituer !
Monsieur Madeleine : Mais non, vous avez cru faire votre devoir. Je vous garde.
Javert : Je ne veux pas de votre bonté ! La bonté qui consiste à donner raison à la prostituée contre le bourgeois, à l'agent de police contre le Maire, cette bonté-là ne vaut rien !
Narrateur : Il y a un spectacle plus grand que la mer, c'est le ciel. Et il y a un spectacle plus grand que le ciel, c'est l'intérieur d'une âme.
Monsieur Madeleine : Écoutez, dites que l'enfant est là, mais que le médecin ne veut pas qu'elle la voit tout de suite.
Soeur Simplice : Ne comptez pas sur moi, je ne peux pas dire ça.
Soeur : Soeur Simplice n'a jamais menti.
Monsieur Madeleine : Quoi, un mensonge comme ça, allons...
Soeur Simplice : Il n'y a pas de mensonge innocent. Le mensonge, c'est le démon.
Fantine : Monsieur le Maire !
Javert : Y a plus de Monsieur le Maire !
Jean Valjean : Écoutez, Javert...
Javert : Monsieur l'inspecteur !
Narrateur : Il y a parfois avantage à être ancien forçat.
[Valjean rend visite à Soeur Simplice, qui veille Fantine. Javert arrive]
Javert : Excusez-moi, ma soeur. Le forçat Jean Valjean, dit Madeleine, vient de s'évader. Il est passé chez vous il y a quelques minutes, on l'a aperçu du côté de l'hôpital. Il y a longtemps que vous êtes ici ?
Soeur Simplice : Oui.
Javert : Et vous ne l'avez pas vu ?
Soeur Simplice : Non.
Narrateur : Il y avait à Montfermeil une croyance très ancienne : on disait que, dans la forêt, près du village, le diable venait le soir de Noël enterrer ses trésors. Mais cette nuit-là, on aurait pu voir un étrange vagabond creuser le sol.
Thénardier : Eh ben moi, si j'avais le bonheur de l'rencontrer, le diable, en train de faire un trou, je m'sauverais pas. J'lui dirais : "Part à deux ?"
Thénardier : C'est 40 sous.
Un client : C'est 20 sous, le prix.
Thénardier : Pas pour les pauvres !
Cosette : Monsieur. Il a de quoi boire, votre cheval.
Client [levant son verre] : Tel cheval, tel maître !
Thénardier : Eh ben nous aussi, ça va être l'heure qu'on s'couche. On vous attend chez vous.
Client : Déjà !
Thénardier : Ah, ça fait une heure que vous n'avez rien bu, là ! Allez, du vent !
Client : Mais on a même pas payé.
Thénardier : Ben ça fait rien, c'est pas tous les jours Noël.
Client : Ah ben merci, hein !
Thénardier : De rien, de rien. Je mettrai ça sur vot'compte.
Javert : Tais-toi et conduis-nous, et sans bruit ! Fais attention, il est dangereux.
Thénardier : Ah, dangereux ? Ben, après vous, alors.
Monsieur Gillenormand : Ma petite fille, depuis 50 ans, dans cette maison, les servantes - et j'en change souvent ! - s'appellent Nicolette, c'est plus commode de conserver le même nom. Vous vous appellerez donc Nicolette et vous aurez 50 francs par mois ! Pour ce qui est du service, vous vous adresserez à cette jeune dame, Mademoiselle Gillenormand, ma fille.
Mademoiselle Gillenormand : Mmh !
Monsieur Gillenormand : Ben, que fait donc votre neveu ? Montez voir !
Mademoiselle Gillenormand : Dans la chambre de ce jeune homme !
Monsieur Gillenormand [hilare] : Oh ! Le comble de la pruderie consiste à multiplier les défenses là où la place risque le moins d'être attaquée !
Thénardier : La garde !
La Thénardier : Couche-toi ou tu vas faire un mort, si un officier te voit !
Testament du Colonel Pontmercy : Pour mon fils. À Waterloo, un homme m'a sauvé la vie. Il se nomme Thénardier. Je n'ai jamais pu le retrouver. Si mon fils le rencontre, il lui fera tout le bien qu'il pourra.
Testament du Colonel Pontmercy : L'Empereur m'a fait Baron sur le champ de bataille. La Restauration me conteste ce titre. Mon fils le prendra et le portera, et il en sera digne.
Monsieur Gillenormand : Baron ? Te voilà Baron maintenant ? Qu'est-ce que tout celà veut dire ?
Marius : Mon père m'a légué ce titre, gagné avec son sang. Et je serai fier de le porter.
Monsieur Gillenormand : Baron ! Tu es Baron comme ma pantoufle !
Monsieur Gillenormand : Un Baron comme Monsieur et un vieil émigré comme moi ne peuvent rester sous le même toit ! Vous voudrez bien quitter cette maison aujourd'hui !
Marius : Je serai ravi d'obéir !
[Il part]
Mademoiselle Gillenormand : Mon père, vous avez bien raison !
Monsieur Gillenormand : Ma fille, vous êtes une hermine de stupidité sans la moindre tâche d'intelligence !
Éponine : Tiens, 20 sous. Voilà tout ce que j'ai r'çu. Et encore, il a voulu m'caresser les mains.
Thénardier : Pour te caresser les mains, 20 sous ? Ben le monde est tombé bien bas !
Thénardier : Écoutez ça, c'est tapé, ça. "Madame la Comtesse de Montvernet, 9 rue Cassette..." Cassette, ça rime avec gros sous, ça !
Gavroche : Oh, arrête tes boniments !
Thénardier [Ton plaintif] : "Je suis une malheureuse mère de 6 enfants dont le dernier n'a que 3 mois. Abandonnée de mon mari, et malade, couchée" - kof kof kof - "au lit, sans ressource au monde dans la plus affreuse indigence, je vous envoie ma fille aînée, dans l'espoir de votre bon coeur, avec mon profond respect." Signé : Femme Balizart.
Narrateur : Comme beaucoup d'étudiants, Marius venait travailler au Luxembourg. Il remarquait que les jeunes filles se retournaient sur lui. Celà le rendait à la fois timide et furieux. Il pensait qu'elles le regardaient pour ses vieux habits et qu'elles en riaient. Le fait est qu'elles le regardaient pour sa grâce et qu'elles en rêvaient.
Narrateur : Il y a un jour où le regard d'une jeune fille a le pouvoir de faire naître au fond d'une âme cette fleur sombre, pleine de parfums et de poisons, qu'on appelle l'amour.
Éponine : L'hiver dernier, on couchait sous les ponts. On se serrait pour pas se geler. Ma soeur pleurait. Moi, des fois, j'avais envie de me noyer. Quand je regardais l'eau, j'me disais : "Non, c'est trop froid."
Marius : La Révolution, on la prépare. La République...
Éponine : Mon père, il nous parle tout le temps de l'Empereur. Il en a plein la bouche. C'est pas ça qui nous donne à manger.
Marius [tendant une pièce à Éponine] : Tiens, il me reste ça. J'ai déjà déjeuné.
Éponine [regardant la pièce] : Oh, Louis XVIII ! Ah, vive le Roi, quand même !
[Cosette donne une robe neuve à Éponine]
Éponine : Les riches, d'habitude, c'est pas comme ça. Ça vous donne des vieilles affaires, et puis ça vous fait des discours, et puis, ils ont des mains qui traînent partout. Ils vous donnent des croûtes comme à un chien. Je voudrais les mordre.
[Éponine amène un mécène (Jean Valjean) chez les Thénardier]
Thénardier : Un riche ? [à sa femme] Toi, couche-toi.
La Thénardier : Pourquoi ?
Thénardier : T'es malade ! Allez, couche-toi ! [à Azelma] Toi, casse un carreau !
Azelma : Un carreau ?
Thénardier : Casse un carreau !
Azelma : Mais pourquoi faire !
Thénardier : Ben pour faire pitié !
Éponine : Dis, tu vas pas leur jouer des tours ?
Thénardier : Oh, toi, la ferme ! Alors, ça vient, ce carreau, Bon Dieu ?
[Azelma casse le carreau et se blesse]
Azelma : Je saigne !
Thénardier : Oh, c'est rien, c'est rien ! Bon, la maladie, le froid, le sang, parfait !
Marius : Écoute...
Éponine : Oh oui, tutoyez-moi !
[Marius dénonce Thénardier qui prévoit de tendre un piège à Valjean. Javert lui tend un pistolet et lui explique son plan]
Javert : Quand vous jugerez le moment venu, tirez un coup de pistolet en l'air, le reste me regarde.
Marius : Entendu.
Javert : Un conseil, Monsieur Pontmercy. Dans les jours qui viennent, abstenez-vous de fréquenter vos jeunes amis, qui veulent refaire le monde en buvant de la bière dans l'arrière-salle du café Musain.
Marius : Mes idées ne regardent que moi.
Javert : Mmh. Vous me rendrez le pistolet, tout à l'heure.
Jean Valjean : Comment va votre femme ?
Thénardier : Elle est mourante ! Mais elle a tellement de courage. C'est pas une femme, c'te femme-là. C'est un boeuf !
Thénardier : D'abord, regardez-moi bien. Vous me reconnaissez pas ? Tenez, comme ça, sans barbe. L'auberge de Montfermeil, à l'enseigne du Sergent de Waterloo. Vous voulez pas vous rappeler ? Thénardier ! Je suis Thénardier !
Jean Valjean : Je ne sais pas ce que vous voulez dire, je ne vous connais pas !
Thénardier : Ah, vous vous souvenez pas ? Vous voyez pas qui j'suis ?
Jean Valjean : Si ! J'vois qu't'es une belle canaille !
Jean Valjean : Vous avez p'têt' du vice, mais vous manquez d'épaules !
Javert : Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas seul. Vous êtes 6, nous sommes 15, ne nous battons pas comme des auvergnats.
[La bande de Thénardier se rend à la police]
La Thénardier : Bande de lâches ! Des hommes, ça ? Ça se dit des affranchis et ça se laisse arrêter comme des gonzesses !
[Marius découvre qu'Eponine connait l'adresse de Cosette]
Éponine : Si j'vous la donne maintenant, vous me croirez ? Dites, si je vous donne l'adresse maintenant, vous... vous me croirez ? Qu'est-ce que vous me donnerez pour ça ? Vous m'embrasserez au jour de l'an ? C'est rue Plumet, 19, une maison avec une grille. Et un jardin. Vous êtes content.
Enjolras : Alors, vous venez avec nous, Monsieur Mabeuf ?
Gavroche : On va flanquer le gouvernement par terre !
Monsieur Mabeuf : J'en suis !
Prouvaire : Va y avoir du tapage !
Monsieur Mabeuf : C'est bon !
Révolutionnaire 1 : Des coups de sabre et des coups de fusil, Monsieur Mabeuf !
Monsieur Mabeuf : C'est bon !
Révolutionnaire 2 : Et même des coups de canon !
Monsieur Mabeuf : C'est bon !
Grantaire : "Au raisin de Corinte" ? Sans H ! Eh bien, un café, ça me plaît. Décidément, Enjolras est le roi des stratèges.
Grantaire [ivre] : Oh, j'veux bien mourir pour la République, mais j'veux pas mourir de soif !
Enjolras : Alors, cette idée ?
Gavroche [désignant Javert, infiltré parmi les insurgés] : Elle est là, elle travaille.
Javert [à Marius] : On se retrouve. Tu m'as toujours pas rendu ton pistolet !
[Devant la dépouille de Monsieur Mabeuf]
Enjolras : Que chacun défende ce vieillard mort comme il défendrait son père vivant. Son vêtement sera notre drapeau.
Éponine [mourante] : On se retrouvera après. Oh dites, c'est vrai qu'on se retrouvera après ?
Marius : Oui.
Éponine : Pourtant, si tout le monde se retrouve, là-haut, ça doit faire les mêmes drames qu'en bas.
Éponine : Vous vous souvenez, quand je vous ai donné l'adresse ? Je vous ai demandé "Qu'est-ce que vous me donnerez ? Vous m'embrasserez au jour de l'an ?" On n'est qu'au mois de Juin ! Promettez-moi...
Marius : Quoi ?
Éponine : Promets !
Marius : Oui, je promets.
Éponine : Quand je serais morte, vous m'embrasserez pour de vrai ?
Marius : Faudrait que tu ailles porter cette lettre.
Gavroche : Ah ben, c'est pas l'heure du courrier !
Marius : Justement ! Mademoiselle Fauchelevent, Rue de l'Homme armé, 7, tout de suite.
Gavroche : L'Homme armé, ça me plaît ! C'est un mot de circonstance ! J'laisse ma cartouchière, ils prendraient jamais ça pour un sac de facteur.
[Gavroche arrive chez Jean Valjean avec la lettre de Marius]
Gavroche : Faut qu'j'lui donne !
Jean Valjean : Oui, mais elle dort, maintenant. Donne-la moi, je lui donnerai demain.
Gavroche : Demain, c'est aujourd'hui !
Narrateur : Et s'il gardait la lettre ? Cet homme mourrait et elle n'en saurait rien. Jamais. Il n'y a qu'à laisser faire. Tu l'oublieras et je te garderai.
[La barricade repousse un assaut]
Tous : Victoire ! Vive la République !
Enjolras : Encore une victoire comme celle-là et nous n'aurons plus de cartouche !
Gavroche :
Joie est mon caractère,
C'est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C'est la faute à Rousseau.
[Prouvaire est fusillé par l'armée]
Enjolras [à Javert] : Tes amis viennent de te fusiller. Le dernier survivant te cassera la tête.
[Jean Valjean se propose pour exécuter Javert]
Javert : Toi, ici. Évidemment, c'est dans l'ordre.
Javert : Au couteau ? Tu as raison, ça te va mieux.
Jean Valjean [coupant les liens de Javert] : Voilà, vous êtes libre. Au fond de la ruelle, il y a une palissade, vous n'avez qu'à passer par là. Et si je sors d'ici, vous me trouverez quand vous voudrez au 7 de la Rue de l'Homme armé.
Javert : Je comprends pas...
Jean Valjean : Oh, de toute façon, vous n'avez jamais rien compris. Alors...
Préfet de police : L'émeute raffermit les gouvernements qu'elle ne renverse pas. Elle éprouve l'armée, elle concentre la bourgeoisie, elle étire les muscles de la police.
Javert : Pourquoi m'avez-vous sauvé la vie ce matin ?
Jean Valjean : Vous ne savez pas pourquoi ?
Javert : Non.
Jean Valjean : Je vous plains.
Thénardier : Cet homme s'est glissé dans votre confiance et presque dans votre famille sous un faux nom. Je vais vous dire son vrai nom, et vous le dire pour rien. Il s'appelle Jean Valjean.
Marius : Mais je le sais.
Thénardier : Ah... Mais ce que vous ne savez pas, c'est que c'est un ancien forçat.
Marius : Je le sais.
Thénardier : ... Monsieur le Baron m'étonne. En tout cas, il doit voir que je suis bien renseigné. Mais ce que j'ai à vous apprendre n'est connu que de moi seul. C'est un secret extraordinaire. Je le vends... 20 000 francs.
Marius : Je connais ce secret comme les autres.
Thénardier : Mettez 10 000 francs et je parle.
Marius : Vous ne m'apprendrez rien.
Thénardier : Faut quand même que je dîne ce soir.
Marius : Je sais tout, et même votre nom.
Thénardier : Ce n'est pas difficile, j'ai eu l'honneur de vous l'écrire. Thénard.
Marius : -dier.
Thénardier : Comment ?
Marius : Thénardier.
Thénardier : Thénardier ?
Marius : Autrement dit Jondrette, le poète Alvarez, Fabantou, l'artiste dramatique, le père d'Éponine et de Gavroche.
Thénardier : Alors, là, vous m'avez fait mal. J'ai perdu ma grande fille, mon pauvre petit garçon, qui sont morts pour la République...
Thénardier : Le 6 Juin, le jour de l'émeute, je me trouvais, pour des raisons personnelles et tout à fait étrangères à la politique, dissimulé dans l'égout.
Marius : Dans l'égout ?
Thénardier : Qui donne dans la Seine. Y a parfois des circonstances où un honnête homme doit savoir se mettre les pieds dans... dans l'eau sale.
































