Fiches de films - Répliques
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Fantômas contre Scotland Yard
Fantômas : Rassurez-vous. Je ne suis pas venu dans l'intention de vous assassiner.
Lord Mac Rashley : Merci...
Fantômas : Enfin pas tout de suite.
Fantômas : J'ai adopté ce slogan, trop galvaudé par les démagogues : faire payer les riches. Je vais leur faire payer un impôt sur le droit d'être vivant.
Lord Mac Rashley : Quoi ?
Fantômas : N'ai-je pas le droit de vie et de mort sur vous ?
Lord Mac Rashley : Mais c'est-à-dire...
Fantômas : Mais c'est tout comme.
Lord Mac Rashley : Oui, bien sûr...
Fantômas : J'ai donc organisé un système personnel de contributions directes. C'est un bureau de perception destiné à prélever parmi les trop favorisés de ce monde un impôt sur le droit de vivre. Voici une déclaration déjà remplie à votre nom, vous n'avez qu'à signer... Oh, bien naturellement, je vous accorde des facilités de paiements ! Je peux, à votre choix, vous imposer pour 2 ans, 1 an, 6 mois. Seulement, un impôt par tranches de 6 mois, à la longue, deviendrait fastidieux et puis celà vous coûterait une fortune ! Non, non, non... Non, euh, étant donné votre bonne santé, et votre situation financière... exceptionnelle, la formule la plus pratique et la plus économique est indéniablement le forfait !
Lord Mac Rashley : Le forfait ?
Fantômas : Oui. 3 milliards, ou 6 millions de dollars. Et vous n'entendrez plus jamais parler de Fantômas.
Lord Mac Rashley : 6 millions de dollars ! Mais c'est une fortune !
Fantômas : Ah ! Ah ! Ah ! Au prix actuel de la vie ? C'est donné !
Fantômas : Je vous accorde un délai d'un mois.
Lord Mac Rashley : Ah !
Fantômas : Et comme vous le voyez, toute somme qui n'aura pas été payée à la date indiquée sera automatiquement majorée de 10 %.
Lord Mac Rashley : Mais... Cela ferait 6 600 000 dollars !
Fantômas : Oui. Sans les taxes. Et passé ce nouveau délai d'un mois, je serais au regret de vous envoyer un dernier avertissement avant exécution.
[Juve est au téléphone avec Lord Mac Rashley]
Juve : Yes, my Lord. Yes, my Lord. Yes, my Lord. But aïe bègue your pardonne, my Lord, but in my opinione, aïe am sure, but alors aïe am tout à fait sure que c'est un coup de Fantômas. Oh, my Lord. Aïe am confused. It iz, euh, a great honneur for me to be invaïteude in your château.
Lord Mac Rashley : Vous êtes invité avec votre assistant, Monsieur le Commissaire.
Juve : Wiz maïe assistante ? Yes. Aïe accepte. Yes, my Lord.
Lord Mac Rashley : Je vous signale que je parle très bien français...
Interprète : Son Excellence, le Maharadjah de Kimpura dit qu'il est la victime la plus touchée par Fantômas. À la fin de chaque année, il doit lui livrer son poids de diamant bruts.
Richard : Je peux donner tout de suite au maharadjah de Kimpura l'adresse d'un excellent masseur, qui lui fera perdre au moins 50 kilos d'ici la fin de l'année.
Interprète : Le Maharadjah de Kimpura cite avec reconnaissance cette pensée du Rabin Ranatagor : "La foudre frappe, mais la pluie de l'orage fait fleurir le cerisier."
Lord Mac Rashley : Ah oui...
Juve : Vous m'y reprendrez, vous, à me faire mettre en jupe !
Bertrand : Je vous assure, Monsieur le Commissaire, en Écosse, la tenue de soirée, c'est le kilt.
Juve : Non, Monsieur, c'est le smoking !
Bertrand : Mais c'est écrit noir sur blanc dans le Guide du savoir vivre international ! Noir sur blanc !
Juve : Ben justement, le smoking, c'est noir sur blanc.
Hélène : Votre château est-il hanté ?
Lady Mac Rashley : Évidemment.
[Lady Mac Rashley propose une séance de spiritisme]
Lady Mac Rashley : Mais, Monsieur le Commissaire, Walter sait par qui il a été assassiné. Il va nous le dire.
Fandor :Voilà une méthode nouvelle que la police n'a jamais songé à utiliser. Au lieu d'interroger les inculpés, interroger les victimes après leur mort, c'est une expérience à tenter ! Vous ne croyez pas ?
Juve [à un inspecteur britannique] : Non, écoutez, mon cher confrère, je sais que nos méthodes françaises sont des méthodes démodées, bon ! Que notre police est une police d'agités, bon ! Que vous avez le secret du flegme intuitif, n'est-ce pas ! Mais je ne pensais tout de même pas qu'en Angleterre, à Scotland Yard, on faisait tourner les tables.
Fandor : Ben il est sans doute plus facile de faire tourner une table qu'un coupable.
Hélène [à Juve, qui refuse de participer à la séance de spiritisme] : Allons, Commissaire, ne faites pas le mauvais esprit !
[La séance de spiritisme commence, menée par Lady Mac Rashley]
Lady Mac Rashley : Non, ne soyez pas nerveux, Monsieur le Commissaire. Approchez votre main de la mienne. Il faut que votre petit doigt touche le mien.
[Le tonnerre retentit et la lumière s'éteint]
Lord Mac Rashley : Ne vous inquiétez pas. Ce n'est rien. C'est la foudre qui est encore tombée sur le transformateur.
Lady Mac Rashley : Non, c'est un signe ! C'est un signe de l'au-delà. Un signe très favorable. Concentrons-nous. [On entend le hurlement d'un chien] Écoutez ! C'est Walter qui nous fait savoir qu'il arrive.
Lady Mac Rashley : Qu'y a-t-il, Walter ? ... Walter, êtes-vous là ? ... Y a-t-il un réfractaire parmi nous ? [un coup de guéridon] Il y a un réfractaire parmi nous ! Est-ce mon voisin de gauche ? [deux coups de guéridon] Ce n'est pas mon voisin de gauche. Est-ce mon voisin de droite ? [un coup de guéridon] Commissaire ! Vous êtes réfractaire !
[Albert, le maître d'hôtel, mène Juve à sa chambre]
Albert : Attention, Monsieur, l'escalier est étroit. Il est d'époque. Ah ! Le château est plein de souvenirs émouvants. Depuis les Croisades, il s'y est passé tant de choses. Mystérieuses, romanesques, terrifiantes. Et aujourd'hui, toutes ces vieilles pierres nous parlent du passé.
[Juve aperçoit une silhouette enveloppée d'un drap]
Juve : Regardez ! Regardez !
Albert : Ah ! C'est Murdoch !
Juve : Murdoch ?
Albert : Sir Murdoch Mac Rashley, Monsieur le Commissaire !
Juve : Qu'est-ce qu'il fabrique en fantôme ?
Albert : Sir Murdoch Mac Rashley est mort glorieusement à la Troisième Croisade, sous les murs de Saint-Jean d'Acre.
Juve : Mais il se fout de moi, celui-là !
Albert : Oh, non, Monsieur le Commissaire.
Albert : Attention, Monsieur le Commissaire, il y a une marche.
Juve : Où est-elle ?
[Il trébuche]
Albert : Ah ! Elle était là, Monsieur le Commissaire.
Albert : Puis-je me permettre de faire un compliment à Monsieur le Commissaire ?
Juve : Oui, je vous en prie, Albert, oui.
Albert : Monsieur le Commissaire porte très bien le kilt.
Juve : Ooooh ! Ah ! Dites, à propos, je me demandais, est-ce que ça se porte toujours ?
Albert : Naturellement !
Juve : Ah !
Albert : En soirée, tout le monde devrait porter le kilt, en Écosse
Juve : Et mon assistant qui me soutenait le contraire. Donc, j'avais raison !
Albert : Absolument ! Mais les traditions se perdent. Tous ces hommes en pantalon, c'est d'un triste !
Juve : Alerte ! Y a un pendu dans ma chambre !
Valet : Qu'est-ce qu'il y a ?
Juve : Y a un pendu...
Valet : Ah ! Quelle horreur !
Juve : Laissez-moi parler, Bon Dieu ! Y a un pendu dans ma chambre !
Valet : Dans ma chambre !
Juve : Dans la mienne !
Valet : Dans la mienne ! Quelle horreur !
Juve : Quelle andouille !
Juve : Faites attention, il y a une marche par ici.
Bertrand : Où est-elle ?
[Il rate la marche et tombe]
Juve : Elle était là.
Juve : Mon pendu ! Où est mon pendu ? On m'a dépendu mon pendu !
Albert : Monsieur le Commissaire a perdu quelque chose ?
Juve : J'ai perdu mon pendu, il faut qu'on me le retrouve, vous m'entendez ? Il faut qu'on me le retrouve !
Albert : Je puis assurer à Monsieur que je n'ai rangé aucun pendu dans sa chambre.
Juve : Il se fout toujours de moi, celui-là !
Albert : Non, Monsieur le Commissaire. D'ailleurs, je ne fais jamais le ménage passé 10 heures du soir.
Juve : Enfin, c'est trop fort, personne n'a l'air de me croire, ici !
Lady Mac Rashley : Moi, je vous crois, Monsieur le Commissaire. Évidemment, vous avez trouvé un pendu dans votre chambre !
Juve : Enfin, vous me croyez.
Lady Mac Rashley : Bien sûr ! Seulement, il est parti.
Juve : Oui, ben ça, je le sais, mais pourquoi ?
Lady Mac Rashley : Parce que c'était un fantôme !
Juve : Écoutez, chère Madame, une fois pour toutes, mettez vous bien dans la tête que je ne crois pas aux fantômes. Le fantôme que j'ai pendu... Le fendu que j'ai... Oh, j'sais plus c'que j'dis, moi ! Le fantôme que j'ai vu dans le couloir tout à l'heure était un homme de Fantômas déguisé en fantôme. Voilà ! Et alors, désormais, tout fantôme aperçu dans le château sera arrêté sur le champ.
Juve : Ça y est, je me souviens. Le pendu avait un imperméable clair, avec un papier, un papier rose du percepteur, vous savez, épinglé sur la poitrine, avec ces mots : "Dernier avis avant exécution."
Fandor : Un papier rose du percepteur ?
Juve : Oui ! Là, il était là !
[Bertrand et Juve errent dans les couloirs déguisés en fantômes]
Bertrand : Monsieur le Commissaire, même dans un château hanté, je me demande si c'est le bon moyen de passer inaperçus !
Juve : Il n'a rien compris !
Bertrand : Ah bon !
Juve : Mais il ne s'agit pas de passer inaperçus, imbécile, bien au contraire ! Dans ce château, il y a des fantômes...
Bertrand : Des vrais ?
Juve : Non, des faux, puisque les vrais n'existent pas ! Le fantôme que j'ai vu l'autre fois au bout du couloir, c'était un faux fantôme. Donc, ici, il y a des faux fantômes, il faut les provoquer. Alors, quand un faux fantôme rencontre un autre faux fantôme, qu'est-ce qu'il se passe.
Bertrand : Ben il a peur.
Juve : NON ! Il vous prend pour un complice. Alors il s'approche, comme ça, il s'approche, il s'approche, il sait pas que c'est vous, alors, là, clac ! Les menottes. Alors, allez faire votre ronde dans l'aile sud et ne vous prenez pas les pieds dans votre drap.
Valet : Mais qu'est-ce qu'il y a ?
Juve : On a assassiné Lord...
Valet : Oh ! Quelle horreur !
Juve : Il est mort, il est mort sur mon lit.
Valet : Sur mon lit ! Oh, quelle horreur !
[Juve retrouve Lord Mac Rashley]
Juve : C'est pas possible ! Vous n'êtes pas dans mon lit ?
Lord Mac Rashley : Ben dites-donc ! Je le saurais !
Lady Mac Rashley : Je ne comprends pas ce qui vous étonne, Monsieur le Commissaire. C'est très naturel !
Juve : Comment ça ? Mais je trouve votre mari mort dans ma chambre, et simultanément, il sort de la sienne, et vous trouvez ça naturel !
Lady Mac Rashley : Bien sûr. Nous avons tous notre double dans l'au delà. C'était son double, tout simplement. Un fantôme.
Juve : Non, je vous en prie, vous n'allez pas recommencer. Les fantômes, ça...
Inspecteur de Scotland Yard : Il y a bien une autre hypothèse. La plus simple... et la plus évidente. [il tapote son front avec sa pipe]
Juve : Non, mais dites donc. J'ai horreur qu'on se moque de moi, hein ! Surtout à l'étranger.
[Pour prouver qu'il a raison, Juve amène tout le monde dans sa chambre]
Juve : Tenez, entrez. Vous allez voir. C'est terrible, terrible, terrible. [Quand ils arrivent, le corps a disparu] Ah ! C'est pas possible ! C'est pas possible ! Il était là. Mais enfin, il était là, donc il doit être là, je ne sors pas de là !
Juve : Vous me croyez ?
Fandor : Mais oui, c'est comme pour le pendu.
Juve : Oui, bon, ben, le pendu, à la rigueur, lui, il est en l'air, il peut pas savoir.
Hélène : Vous êtes sûr que c'était Lord Mac Rashley ?
Juve : Certain ! Sur mon lit !
Fandor : Vous l'avez rencontré en bas !
Juve : Ah ben oui, c'est vrai...
Fandor : Vous lui avez parlé.
Juve : Oui, oui, c'est vrai. Ah ben alors, alors, c'est que je rêve, c'est que je suis en train de rêver.
Fandor : Mais oui, mais oui, mais oui, vous rêvez !
Juve : Mais non !
Fandor : Ben c'est un cauchemar ! C'est rien.
Juve : Alors, écoutez, si y a pas de mort ici et que je rêve, c'est qu'il y a personne ici. Vous n'êtes pas là, vous, alors ?
Fandor : Voilà !
Juve : Alors vous, vous n'êtes pas là ?
Hélène : Non !
Juve : Moi, j'suis pas là, y a personne, personne, y a personne.
Bertrand : J'suis là, moi.
Juve [agitant son revolver] : Mais non, y a personne, vous n'êtes pas là. [Fandor prend le revolver des mains de Juve] Mon revolver !
Fandor : Il est pas là.
Hélène : Oh, Commissaire, détendez-vous. Vous allez vous réveiller.
Juve : Je vais me réveiller et je vais tout comprendre ?
Fandor : Mais oui, Commissaire. Vous allez tout comprendre, et nous aussi.
Juve : Ah ! Et j'ai pourtant pas l'impression de rêver, voyez-vous !
Hélène : Buvez !
Juve : Qu'est-ce que c'est que ça ?
Hélène : C'est un petit somnifère.
Juve : Mais non.
Hélène : Si.
Juve : Mais non, puisque je dors et je vais me réveiller !
Fandor : Si, justement, Commissaire. Réflechissez. Puisqu'on prend un somnifère pour s'endormir, quand on ne rêve pas, mais qu'on veut dormir... Bon, vous me suivez bien ? Bon, alors qu'est-ce qu'on prend pour se réveiller quand on rêve qu'on ne dort pas ?
Juve : Je ne sais pas !
Fandor : Mais un somnifère !
Juve [s'endormant] : Ah ben je sens que je me réveille, moi...
[Juve voit le véritable Lord Mac Rashley pendu dans sa chambre et fonce dans les couloirs en hurlant]
Valet : Qu'est ce qu'il y a ?
Juve : Y a rien ! Alors vous, foutez-moi la paix !
Valet : Quelle horreur !
Juve : Lord Mac Rashley est pendu dans ma chambre !
Fandor : Qu'est ce que vous dites ?
Juve : Lord Mac Rashley est pendu dans ma chambre !
Fandor : Qui ?
Juve : Lord Mac Rashley est pendu dans ma chambre !
Fandor : Vous divaguez !
Juve : Lord Mac Rashley est pendu dans ma chambre ! Il est là... [Fantômas, sous les traits de Lord Mac Rashley se tourne vers Juve. Juve le fixe d'un air ébahi] Oh, quelle horreur !
[Pendant une chasse à courre, Juve et Bertrand perdent leurs chevaux.]
Bertrand : Oh ! Là ! Le cheval !
Juve : Où ça ?
Bertrand : Là !
Juve : Mais c'est un merle !
Bertrand : Sous le merle.
Juve : Y a pas de cheval sous le merle !
Bertrand : Mais si !
Juve : Ah ben je vois plus le merle.
Bertrand : Vous voyez le cheval ?
Juve : Oui !!
Bertrand : Au dessus.
Juve : Ah oui, je vois le merle.
Lady Mac Rashley : Vous penserez à Édouard ?
André : Naturellement, puisque je pense à vous !
Lady Mac Rashley : Promettez-moi qu'il ne souffrira pas trop. Le pauvre chéri !
André : Vous avez ma parole.
Lady Mac Rashley : Mais surtout ne le manquez pas !
André : Dans quelques instants, vous serez veuve.
André : Fallait que ce soit vous ou moi. J'aime votre femme.
Lord Mac Rashley/Fantomas : Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ! Je ne suis pas jaloux.
[Juve récupère le cheval de Fantômas, équipé d'un talkie walkie, depuis lequel on entend la voix de l'un des hommes du criminel qui tente de le contacter]
Voix : Alors patron, répondez. Est-ce qu'on peut rentrer ? Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Il commence à se faire tard !
Juve : Le cheval parle... Le cheval parle ! J'ai un cheval qui parle !
Voix : Alors qu'est-ce qu'on fait, on rentre ? On rentre ?
Juve : Des hallucinations ! Des hallucinations !
Voix : Alors, on rentre.
Juve : Oui, oui, oui, on va rentrer. On va rentrer. Alors, passez devant, moi je vous suis. Il parle... Il parle !









