Fiches de films - Répliques
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Fantômas se déchaîne
Le Ministre : Il y a à peine un an, Fantômas terrorisait la population. Mais un Français ne désespère jamais. Il sait qu'aux moments les plus critiques de son Histoire, toujours s'est dressé le grand homme de la situation. Bayard, Bonaparte, Jeanne d'Arc.
Le Ministre : Oui, Commissaire, il y a un an, vous risquiez votre vie, sur terre, sur mer et dans les airs, à la poursuite de Fantômas. Un petit fonctionnaire ne payant pas de mine, un français moyen, banal, d'apparence insignifiante, se dresse brusquement devant l'ennemi et le boute jusqu'à sa tanière. C'est ça la France. Vive le Commissaire Juve.
Fantômas : Oui, c'est bien moi, Fantômas !
[Fantômas ridiculise en direct le Commissaire Juve]
Le Ministre : Monsieur le Commissaire, en vertu des pouvoirs qui me sont conférés et au nom du Président de la République, je vous nomme Commandeur... dans l'ordre des Jean-Foutre !
Juve : J'ai surtout pas eu de chance...
Le Ministre : Oh si, vous avez eu de la chance, et même beaucoup de chance, d'être décoré avant cet interlude télévisé !
Le Ministre : Ce que je vous demande, c'est de vous montrer digne de la confiance que l'on a mise en vous. Le destin de l'humanité est peut-être en jeu.
Juve : Nous manquons de crédits...
Le Ministre : A une époque où, pour Fantômas, la tête d'un savant est plus précieuse que tout l'or du monde, votre devoir est de nous prouver qu'à la tête de notre police, le cerveau d'un Commissaire vaut plus que des milliards. Vous en avez un ?
Juve : Oh....
Le Ministre : Alors, sachez réviser vos méthodes !
Juve [à ses hommes] : Il faut réviser vos méthodes ! C'est fini la belle époque du petit hold-up hebdomadaire et des gorilles de papa, hein ! Il va falloir faire travailler un peu ça ! Vous avez un cerveau, alors sachez vous en servir ! Hein ? De quoi auriez-vous l'air si Fantômas était arrêté par un 00 quelconque, hein ? De quoi auriez-vous l'air ? Ben moi, j'vais vous l'dire. Vous auriez l'air de Jean-Foutre ! De Jean-Foutre ! Voilà de quoi vous auriez l'air.
Juve : Les grands déploiements de force spectaculaires qui ne font qu'effaroucher l'adversaire sont démodés. Nous sommes à l'époque des agents secrets et des gadgets.
Bertrand : C'est moi qui voulait savoir c'que c'était que les gajettes.
Juve : Un gadget ! Un gadget ! Le gadget est une petite invention secrète destinée à surprendre l'adversaire. Vous n'allez jamais au cinéma, hein ?
[Explication de la gabardine gadget]
Juve : Cette gabardine gadget est tout simplement munie d'un faux bras et d'une main postiche. Vous m'écoutez, là-bas ?!
Un inspecteur [qui se réveille] : Mhh ? Oui, oui...
Juve : Le mouvement fait pour lever une main en l'air imprime au faux bras et à la fausse main le même mouvement de bas en haut. On se retrouve donc apparemment les mains en l'air à la merci de l'ennemi. Mais soudain, à la hauteur du ventre surgit, par l'ouverture de la gabardine, la deuxième vraie main qui rend le coup de feu libérateur.
Juve : Mais enfin, messieurs, vous manquez de calme et de sang-froid, hein ? Allez-vous asseoir, vous ! Allez vous asseoir ! Non, mais dites-donc ! Je veux une police relax ! Vous m'entendez ? Relax ! Regardez, là, paf et gneugneugneu ! Enfin, quoi ! Une police relax ! Le contrôle du physique par le moral ! C'est la psychosomatiqueuh, là ! Quand vous observez, restez relax ! Vous observez, là, relax, comme ça, relax, quand même, relax, relax, vous observez comme ça, relax, restez relax, relax, relax, restez relax !!!
Juve : Comme vous le savez, Messieurs, le professeur Lefèvre doit prendre ce soir le rapide de Rome. Alors, méfiez-vous des apparences et contrôlez toujours qui est qui.
Bertrand : Qui est qui ?
Juve : Oui, enfin, contrôlez qui est qui. Qui est qui !
Bertrand : Quoi, qui est qui ?
Juve : Ben quoi, qui est qui ? Qui est qui, quoi !
Bertrand : Y a pas de micros sous le lit, Monsieur le Commissaire.
Juve : Ne m'appelez pas Monsieur le Commissaire ! Jamais ce mot-là ici ! Enfin ! Les policiers de l'Interpol occupent les chambres voisines pour protéger les savants, et pour eux, je suis ici incognito. Je ne suis rien. Y a pas de commissaire ! Alors ?
Bertrand : Y a pas de micros, y a pas de commissaire, y a rien.
[Déguisés en ecclésiastiques, Juve et Bertrand surveillent Fandor déguisé en Professeur Lefèvre]
Juve : N'ayons l'air de rien, nous sommes ici incognito. Dites-moi, quel est le but de Fantômas ?
Bertrand : Ben, enlever le professeur Lefèvre.
Juve : Et où est le professeur Lefèvre ?
Bertrand : Ben il est à Paris.
Juve : Non, il est devant vous ! Il est... c'est Fandor ! Fandor alias le professeur Lefèvre.
Bertrand : Ah oui, Monsieur le Commissaire, oui.
Juve : Non, ne m'appelez pas "Monsieur le Commissaire", appelez-moi "Mon Père."
Bertrand : Hein ?!
Juve : Appelez-moi "Mon Père." Vous êtes mon vicaire et moi je suis Mon Père.
Juve : Alors, actuellement, le professeur Lefèvre, Fandor, fait la chèvre.
Bertrand : La chèvre ?
Juve : Il fait la chèvre, il sert de chèvre, il sert d'appât. Alors, quand Fantômas se manifestera, il sautera sur le professeur Lachèvre, euh ! Sur le professeur Lefèvre, et nous lui tomberons dessus. Vous avez compris ?
Bertrand : Bien, mon Père.
Juve : Non ! ... Ah oui, c'est vrai.
[Dans un asile d'aliénés, Juve tente de s'expliquer devant trois psychiatres]
Juve : Alors, le premier faux professeur Lefèvre était le journaliste Fandor. Bon, le vrai professeur était resté à Paris, on en parle plus. Quand le deuxième faux professeur Lefèvre est arrivé, on pouvait croire que c'était le vrai. Ben, pas du tout !
1er docteur : Et c'était pas lui !
Juve : C'était Fantômas ! Enfin, bon sang !
1er docteur : Bien sûr !
2e docteur [quittant la pièce] : Excusez-moi, messieurs.
Juve : Je vous en prie. Alors, à ce moment-là, tout se déclenche. Le deuxième faux professeur Lefèvre, donc Fantomas, se jette sur le premier faux professeur Lefèvre, donc le journaliste, et c'est la bagarre, paf ! paf !
1er docteur : Oui, la bagarre !
Juve : Je suis poursuivi. Soudain, je me retourne et j'abats deux tueurs avec ma troisième main.
3e docteur : Avec votre troisième main !
Juve : Oui, ma main qu'est sur le ventre.
1er docteur : Ben évidemment, sa troisième main !
3e docteur : Ah, oui...
Juve : Écoutez, ne compliquez pas les choses parce que...
Juve : Et c'est à ce moment-là que je me suis donné un coup sur la tête, là. Crrrr... pam !
1er docteur : Un coup sur la tête ? Tiens, tiens...
Juve : Et je vois trois professeurs Lefèvre. Le vrai venait d'arriver. Mais moi, croyant sauter sur Fantômas, j'avais sauté sur Lefèvre. Vous me suivez ?
1er docteur : Oui, oui, oui, oui, oui...
Juve : J'me l'demande. Alors, je poursuis le troisième docteur... Euh, qu'est-ce que je raconte... Je poursuis le troisième savant... Ah ! Je poursuis Fantômas... Je saute enfin sur le vrai professeur, croyant que c'était le faux, mais c'était vraiment le vrai.
1er docteur : Et tout s'explique.
Juve : Et voilà comment le premier policier de France se retrouve chez les fous.
1er docteur : Victime du devoir !
Juve : Non, mais vous vous rendez compte ! Moi, le premier policier de France, passer pour un fou ! Si les journalistes apprenaient ça...
Bertrand : Monsieur le Commissaire, ... Dites, Monsieur le Commissaire...
Juve : Oui !
Bertrand : Vous savez, dans notre métier, il vaut mieux passer pour un fou que pour un imbécile.
Juve : Oh ben là, alors, vous ne risquez pas la camisole, vous !
Hélène [qui croit parler à Fandor] : Et cette voiture, à qui est cette voiture ?
Professeur Lefèvre/Fantomas : A Fantômas.
Hélène : Oh, écoute, te fiche pas de moi ! Et puis, pourquoi prends-tu cette voix pour me parler ?
Fantômas [enlevant son masque] : Mais parce que je suis Fantômas.
Hélène [à Fandor, qui lui demande où elle est allée] : Écoute, si tu voulais le savoir, tu n'avais qu'à me faire suivre par ton crétin, ton abruti de Commissaire Juve !
Juve [à l'écoute dans la pièce à côté] : Vous vous rendez compte ?!
Bertrand [qui prend la conversation de Fandor et d'Hélène en note] : Mais qu'est-ce qu'ils ont dit ?
Juve : Ça vous regarde, non ?
Bertrand : L'Interpol est électrocutée !
Hélène : Ah mon chéri ! Mon amour !
Fandor : Ah non, mon chéri, c'est pas le moment !
[Dans le repaire de Fantômas]
Juve [prenant un verre d'alcool et le tendant à Bertrand après l'avoir reniflé] : Goûtez-ça, vous.
Bertrand : Je n'ai pas soif, moi.
Juve : Non mais goûtez-moi ça, goûtez, c'est sûrement... c'est bon. Goûtez-ça.
Bertrand [après avoir bu une gorgée] : C'est très bon, ça.
Juve [qui reprend le verre] : Donnez-moi ça. [Il vide le verre] Mmmh, excellent.
Bertrand : Ben tant mieux ! [Il tend le bras pour se servir.]
Juve : Non, on a plus le temps.
Fantômas : Sous ces coupoles travaille maintenant sous mes ordres l'élite de la science mondiale. Vous savez que l'on peut de nos jours faire vivre la tête d'un animal séparée de son corps. Eh bien, je vais essayer de pratiquer cette expérience sur des corps humains. Vous allez vivre des minutes extraordinaires. Et si ce grand jour doit être pour vous le dernier, vous partirez au moins avec la consolation d'avoir été les pionniers d'une science nouvelle. Patience. Je suis à vous dans un instant. Imaginez ces têtes sans corps nous confiant leurs impressions et leurs états d'âme.
[Juve tombe en chute libre]
Juve : Fandor ! À moi ! Je ne sais pas voler !










