Fiches de films - Répliques
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Les Ripoux
Dame âgée : Ça fait la sixième fois depuis 4 mois qu'on m'arrache mon sac à main et que faites-vous ? Rien ! Je ne mets plus rien dedans, mais quand même !
René : Alors on est complet ?
Hôtelier : C'est vrai, monsieur le Commissaire.
René : Inspecteur. Eh ben on va vérifier tout ça, mmh ? Allons-y, les gars.
Hôtelier : J'vous jure, c'est vrai !
François : Non non, j'aurais pu trouver une autre chambre ailleurs, hein...
[Après une descente de police éclair]
René : Eh ben voilà ! Deux putes, un interdit de séjour : trois chambres de libres !
François : Flagrant délit ! On les arrête ?
René : Mais non, t'es là pour apprendre, pour voir comment y bossent. T'as tout ton temps pour les serrer. Y a qu'une chose qui attend pas : la bouffe !
René : Je sens qu'on va bien s'amuser tous les deux.
François : Je ne suis pas entré dans la police pour m'amuser.
René : J'ai cru comprendre, oui.
François : Je viens p't'être de province mais faut pas me prendre pour plus con que je le suis, hein ?
Fréquence de la police : Vol à l'arraché, rue du Delta. Un individu en fuite, direction Barbès.
René : Ah, merde ! [Il change la fréquence]
Radio : Ici André Terron en direct de Vincennes pour l'arrivée de la 4ème course...
François : Ah non, mais c'est pas possible ! On écoute RTL et pendant ce temps-là, le voleur, il court !
René : Les bourrins aussi, ils courent, figure-toi.
René : Va chercher les menottes dans la bagnole.
François : Vous les avez pas sur vous ?
René : Ça déforme les poches.
[René laisse partir un casseur]
René : Si on veut alpaguer des gros bonnets, on a besoin de types comme lui qui vous refilent des tuyaux.
François : ... Ah bon. Alors, 'tendez, si j'comprends bien, donc, on relâche un type parce qu'il nous donne un tuyau sur un autre type ?
René : Mmm.
François : Alors grâce au tuyau, on va arrêter l'autre type, n'est-ce pas, qu'on va relâcher aussitôt parce qu'il va nous donner un autre tuyau sur un troisième type. Et puis et caetera, et caetera... Alors, peut-être qu'en fin de compte, on aura beaucoup de tuyaux, mais on aura jamais arrêté personne, hein ? J'm'excuse.
René : De toute façon, les prisons sont bourrées.
Simone : Et ton poulain ?
René : Oh, c'est un tocard. À part le grand prix des incorruptibles, j'vois pas c'qu'y peut gagner, celui-là.
René : Ah bon, tu veux arrêter quelqu'un ? Ah ben dis donc, tu vas pouvoir faire un carton, hein ! Tiens, la terrasse du café, là. Trop longue d'un mètre. Interdit ! Article R-38-7. Cette bonne femme, à poil, sur l'affiche, là, c'est interdit. Article G-92. La p'tite vieille qui traverse en dehors des clous, là, tiens, regarde-la ! Interdit ! Le travelo, là, au coin, le travelo ! Interdit en dehors des périodes de carnaval ! Le clébard qui fait pas où on lui a dit de faire ! Au gnouf ! Et les deux mecs qui fument du hash dans le passage, là ! Interdit ! Le commerçant qui affiche pas ses prix ! Interdit aussi ! Alors, tu descends, et tu arrêtes tout le monde ! [prenant la radio] Allo, voiture 26 à Autorité ! Envoyez urgence 6 cars de police, le nouveau a arrêté 250 personnes !
[François, excédé, freine brusquement. Les klaxons retentissent]
René : Eh ben, il klaxonne. C'est interdit, arrête-le !
François : L'addition, s'il vous plaît !
René : Non, laisse, je t'invite.
François : Séparée !
[Arrestation d'un voyou par François, qui l'amène à René pour prendre sa déposition.]
René : Alors, vous l'avez trouvé où, ce sac ?
François : Dans le panier d'une bonne femme !
René : Non, tais-toi, je t'en prie, hein, laisse répondre Monsieur. Ce sac, vous l'avez trouvé dans la rue.
Pickpocket : ... Euh... Oui.
René : Voilà. Vous l'avez ramassé ?
Pickpocket : ... Oui.
René : Et à ce moment-là, vous avez aperçu Monsieur, et vous lui avez demandé où se trouvait le commissariat de police le plus proche.
Pickpocket : Oui ?
René : Oui ! Coup de bol extraordinaire ! Vous tombez sur un flic sympathique qui prend la peine de vous accompagner jusqu'ici.
Pickpocket : Oui.
René : Voilà ! Eh ben bravo ! Parce que c'est triste à dire, mais y a très peu de gens qui ramènent les objets trouvés, maintenant. Alors, si dans un an et un jour, ce sac n'a pas été réclamé, il est à vous. Alors vous signez là, s'il vous plaît.
Pickpocket : Et je peux partir ?
René : Mais bien évidemment !
[Le pickpocket file sans demander son reste]
François : Je suppose que vous avez une explication à me fournir ?
René [sortant un document officiel] : Note confidentielle numéro B-742 : "Nous avons déjà procédé à 3247 arrestations soit 11% de plus que l'année dernière à la même date." Ce qui veut dire que si nous ne voulons pas passer pour l'arrondissement de Paris où la petite délinquance a le plus progressé, il nous est gentiment demandé de différer à l'année prochaine l'arrestation des petits délinquants. Autrement dit, non seulement tu as risqué de prendre un coup de couteau dans le bide pour un sac dont personne n'avait rien à foutre, mais en plus tu nous faisais grimper au hit parade des quartiers pourris !
René : Tu sais dégainer ?
François : Ben, à l'école, j'étais le meilleur, oui.
René : Ah ben on va voir. Viens là. T'es prêt ? A trois, hein ? 1, 2, 3 ! [René sort son flingue avant François] Et t'étais le meilleur ! Tu veux savoir pourquoi t'as mis une demi-seconde de plus que moi à écarter le pan de ta veste ? Parce que moi, je l'ai lesté avec du plomb. Tu vois, mon p'tit pote, si tu veux éviter d'avoir du plomb là-dedans, tu en mets là.
[Une planque dans une poubelle s'est mal terminée pour François, qui finit dans le camion des éboueurs]
René : François ! François, ça va, tu m'entends, là ?
François [voix étouffée depuis l'intérieur du camion] : J'en ai plus que marre de vos bizutages à la con !
René : Ah, on peut se laisser aller, François, c'est humain...
François : Mais j'vous jure que j'l'ai pas touché, c'est lui qu'a commencé à sauter contre les murs !
René : Non, l'important, si tu veux, c'est de pas laisser de traces.
François : Mais, mais non, mais c'est lui, c'est lui, là !
René : Avec les coups de pieds, les coups de poings, l'emmerdant, c'est qu'ça laisse des marques !
Simone : Écoute, moi les bonshommes, j'les connais mieux que les psychiatres, parce que moi, je m'allongeais sur le divan avec eux.
Natasha : Heureusement qu'y a pas qu'des ripoux chez les flics !
[Dans la voiture]
François : Dites donc, ça veut dire quoi, "ripoux" ?
René : Ah, tu connais pas le verlan ? Tu inverses les syllabes des mots. Ripoux, pourris, pourris, ripoux.
[François reçoit "par accident" une giclée de gaz anti-agression]
Natasha : Pour du gaz périmé, ça marche encore quand même, hein ?
François [en larmes] : Oui, oui, oui, mais ça a perdu son pouvoir paralysant, quand même.
Natasha : Vos yeux sont tout rouges, on dirait un lapin russe.
François : Ah, ça secoue, vous savez.
Natasha : J'suis désolée.
François : Vous savez que pour violer quelqu'un après ça, faut être salement motivé.
René : Si seulement tu pouvais connaitre les chevaux comme tu connais les hommes, toi, le quarté de demain, ce serait dans la poche.
Simone : Mais voilà, j'ai jamais couché avec des chevaux.
[Natasha, amoureuse de François, lui révèle que c'est René qui a combiné leur rencontre]
René : Violence sur la voie publique à 9 heures du mat', dis-donc. Tu commences tôt ta journée, toi, hein ?
Voyou : Mais non, je la terminais. Pis c'est l'autre enculé qui m'a insulté.
René : Comment ça ?
Voyou : Ben, il m'a traité d'enculé. Vous auriez fait quoi à ma place ?
François [à René] : Espèce d'enculé !
[René et François viennent de se battre. René reprend son entretien avec le voyou]
René [essouflé] : Avec ta récidive, tu vas en prendre pour 3 mois, toi, hein ?
Voyou : Et pour lui avoir cassé la gueule, vous allez écoper de combien, vous ?
René : Pour nous, c'est gratuit.
René : Si on voulait toujours tout simplifier, on irait mourir dans les cimetières.
Fernand [présentant l'addition] : Et voilà.
François : C'est pas la maison qui nous invite ?
Vendeur : Et Pierrot ?
René : Oh, il est malade.
Vendeur : Quand on a pas la santé, hein...
René : Oui, ben justement, lui, il l'a !
[René aborde un vendeur à la sauvette]
Vendeur : J'ai rien, patron, j'ai rien !
[René lui relève la manche et dévoile un bras couvert de montres]
Vendeur : Vous savez, c'est parce que j'aime pas être en retard au travail.
René : Tu travailles, maintenant ?
Vendeur : Non... Oh oui, pas... euh... J'aime pas être en retard quand même.
[René ouvre la veste du vendeur]
René : 1, 2, 3 manteaux. Ben tu risques pas d'avoir froid.
Vendeur : Vous savez, mieux vaut prévenir que guérir !
François : Et la drepou ?
René : La quoi ?
François : Ben la poudre !
René : S'il vous plaît !
Restaurateur : Oui ?
René : Vous êtes le patron ?
Restaurateur : Oui.
René : Y a longtemps que vous êtes ouvert ?
Restaurateur : Deux semaines.
René : Ah, deux semaines... C'est très bon !
François : Ah oui, c'est bon.
René : Très très bon ! C'est même rare dans le quartier.
Restaurateur : Merci !
René : On aimerait pas que ça ferme.
François : Ah non, non, on aimerait pas
Restaurateur : Mais pourquoi ?
René : Asseyez-vous.
François : Allez.
René : Vous connaissez les règlements administratifs. Compliqués, innombrables ! Enfin, la loi, c'est...
Restaurateur : Tout est conforme !
François : Eh ben commençons par le début, alors. Vous avez vu la porte, là-bas. La porte, elle s'ouvre, mais dans le mauvais sens.
Restaurateur : Mais j'vais la changer !
François : Ça va vous coûter un maximum ! Hé hé, c'est que les prix des menuisiers aujourd'hui, c'est une horreur.
René : L'autre jour, j'ai voulu faire faire une petite étagère à la maison, j'en ai eu pour 100 sacs.
François : Et encore ! Encore, il est pas cher, celui-là ! Parce que une... une porte comme ça, ça va chercher dans les...
René : Une porte comme ça, ça va chercher dans les... C'est... Pff... Au moins !
Restaurateur [reprenant l'addition] : Je peux vous offrir un petit cigare ?
René : Pourquoi petit ?
René : On a les boeufs-carottes au cul ! L'IGS, l'Inspection Générale des Services, la Police des polices.
François : Oh merde !
René : Ils nous surveillent.
François : Pourquoi on dit "boeufs-carottes" ?
René : Parce que quand ils t'attrapent, ils te laissent mitonner à petit feu.
[Vidal révèle le plan d'action de la brigade d'intervention]
René : Et nous, on sera où, nous ?
Vidal : Vous ? Ben... au bistrot, comme d'habitude.
René : Pour votre plan, je peux quand même vous dire quelque chose ?
Vidal : Écoutez, les cartes vermeilles, à la casse !
René : Qu'est-ce que tu dirais de tenir un commerce ? Un p'tit resto-tabac PMU, bien situé.
Simone : T'as raison, il faut que je commence à penser à vendre autre chose que moi-même. Parce que dans ce domaine, ça sent le dépôt de bilan.
[Après avoir braqué un trafiquant, René et François sont poursuivis par des gangsters et par la police]
François : Écoute, René, ce serait con de tomber tous les deux, hein ?
René : Ben tu vas pas m'arrêter ?
François : T'es dingue ou quoi ?
Simone : J'appelle la police !
René : Ils arriveront bien tous seuls. Tu m'apporteras des oranges à la Santé.
Simone : Des fleurs au cimetière, oui !
Juge : René Boirond, vous venez de prendre connaissance des chefs d'accusation. Vous reconnaissez les faits ?
René : Absolument, Monsieur le Président. Mais j'avais l'intention de rendre l'argent.
Procureur : L'argent qui a brûlé dans l'incendie !
René : Hélas, Monsieur le Procureur, les billets de banques sont encore en papier...












