Fiches de films - Répliques
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Le Bossu
Gonzague : Le Roi n'aime guère les malades, il l'est trop lui-même depuis quelque temps.
Passepoil : En passant au bout d'la rue, j'ai vu 10 chenapans qui attaquaient un gentilhomme, alors...
Lagardère : Oui, tu prenais la fuite !
Passepoil : C'est-à-dire...
Lagardère : Avec mon cheval !
Passepoil : Oui, mais j'espérais trouver du secours plus vite.
Lagardère : Bon ! Eh bien, voilà qui est fait. Allez, viens.
Passepoil : Oui, mais ils sont 10 au moins.
Lagardère : Ben justement, la partie est égale.
Lagardère : Si j'ai un conseil à te donner, Passepoil, c'est de me servir loyalement. Sinon... [Il tire son épée]
Passepoil : Oh ! Monsieur le Chevalier, tu n'as rien à craindre. Du moment que tu emploies les arguments du coeur...
Peyrolles : En somme, Monseigneur, personne ne connait l'existence de cet enfant ! S'il disparaissait en même temps que son père...
Gonzague : ... L'héritage de Nevers me reviendrait de droit.
Peyrolles : Et vous seriez l'homme le plus puissant du royaume.
Gonzague : Après le Roi !
Peyrolles : Provisoirement, Monseigneur, provisoirement !
Lagardère : Et un de plus ! Approchez ! Mais il me faudrait des hallebardes pour vous atteindre !
Officier : Y a une prime de 5000 écus à qui les ramènera morts ou vifs.
Aubergiste : 5000 écus ! Alors, ça doit être des dangereux bandits !
Officier : Si on les trouve, on les tuera sur place. J'tiens pas à ce que ce soit ma veuve qui touche la prime, hein !
[L'officier et l'aubergiste éclatent de rire. Passepoil, qui buvait, avale de travers et tousse. L'officier le regarde et Passepoil, gêné, ricane]
Officier : Tu trouves ça drôle, toi, que je parle de ma veuve ?
Passepoil : Hein ? Non, non... mais, je... euh... le rire, c'est communicatif.
[Lagardère et Passepoil font route vers l'Espagne. Ils demandent leur chemin à un berger]
Lagardère : Oh ! C'est encore loin, l'Espagne ?
Berger : No comprendo, hombre.
Lagardère [à Passepoil, qui tient le bébé] : Oh, ben, nous y sommes, en Espagne.
Passepoil : [En levant le biberon] Olé ! [En regardant la bouteille] Au lait !
Peyrolles : Et que pense Mademoiselle de Caylus de la décision de son père ?
Gonzague : Elle me fait l'honneur de devenir Princesse de Gonzague. Dans 3 mois, nous nous marierons.
Peyrolles : Votre charme, Monseigneur, était garant de votre réussite.
Gonzague : Non, Peyrolles, elle est simplement convaincue que nous poursuivons le même but : retrouver sa fille Aurore. Elle a placé en moi son suprême espoir. Il s'agit de ne pas la décevoir.
Peyrolles : Nous ne la décevrons pas, Monseigneur.
[Peyrolle part pour transmettre les ordres de Gonzague à ses hommes de main]
Gonzague : Peyrolles ! Dites leur bien surtout qu'ils sont au service d'une très noble cause. Même les canailles ont besoin d'idéal.
Aurore : Au revoir, Passepoil ! Tu me rapporteras des oranges !
Passepoil : Oui ! Comme d'habitude !
Lagardère : Ne bois pas trop et ne parle pas !
Passepoil : Comme d'habitude...
Narrateur : 1715. Trop tôt pour les uns, bien tard pour les autres, Louis XIV avait cessé de rêgner.
Isabelle de Caylus [devenue Princesse de Gonzague] : J'aimerais que le nom que je porte n'évoque pas, dès qu'on le prononce, la corruption, la malhonnêteté et la débauche. Je vous saurais gré de faire en sorte qu'on ne puisse un jour me le reprocher.
Gonzague : Madame, mais qui oserait vous tenir un pareil langage ?
Isabelle : Aurore de Nevers, ma fille. Si grâce à Dieu, un jour, je la retrouve.
Peyrolles : Place à Monseigneur le Prince de Gonzague ! Il nous serait agréable que les chapeaux demeurés sur la tête disparaissent !
Bossu : Bonsoir, Monseigneur !
Gonzague : Comment vas-tu, Bossu ?
Bossu : Fort bien, Monseigneur. Mais, hé hé, si je suis bossu, vous en êtes un autre.
Gonzague : Qu'oses-tu dire !
Bossu : Monseigneur n'a-t-il pas la bosse des affaires ?
[Peyrolles a recruté 3 bohémiens pour servir les sombres projets de Gonzague]
Gonzague : Voilà ce que l'on peut appeler de vraies têtes de faux témoins. Ne craignez-vous pas que ce soit même un peu trop évident ?
Peyrolles : Au contraire, Monseigneur. Jamais le Conseil de famille n'imaginera que nous aurions à ce point forcé la note si nous les avions choisis.
[Gonzague fait réciter aux 3 bohémiens leur faux témoignage qui doit prouver la mort d'Aurore de Nevers.]
Gonzague : Mon Dieu, si tout celà pouvait être vrai. J'ai l'impression de rêver. Très bien, mon cher Peyrolles, faites garder ces gens à notre disposition. Demain, leur témoignage convaincra le Conseil de famille.
Peyrolles : Sans aucun doute, Monseigneur.
Gonzague : Quant à moi, mon cher Peyrolles, il me reste à accomplir une bien douloureuse mission. Je vais apprendre l'affreuse nouvelle à la Princesse.
[Une vieille bohémienne lit dans les lignes de la main de Passepoil]
La bohémienne : Quelle belle ligne de coeur. J'en ai jamais vu une pareille ! Oh la la la la ! J'en vois des femmes dans cette main ! Oui. Combien de femmes as-tu fait souffrir ?
Passepoil : Elle n'ont pas eu que des souffrances ! Faut rien exagérer.
La bohémienne : Quel séducteur !
Passepoil : Tu vois tout ça dans ma main, toi ?
La bohémienne : Non ! Dans tes yeux.
Passepoil : Eh là ! N'essaie pas de m'hypnotiser, espèce de sorcière !
Passepoil : Que tu es belle !
Aurore : Peu m'importe d'être belle, Passepoil. Le seul homme homme à qui j'aimerais l'entendre dire ne manifeste qu'indifférence à mon égard.
Passepoil : Mais il ne faut pas croire ça ! J'vais t'expliquer : la main d'une jeune fille se demande à son papa, et comme il a juré à ton pauvre papa d'être un papa pour toi, il ne peut pas se demander ta main à lui-même.
Artemis [à propos du Bossu] : Il a de si beaux yeux que je ne saurais être cruelle.
Courtisane [ironique] : Et son allure est fière et sa silhouette est noble.
Gonzague : Il ne lui manque qu'une épée pour avoir l'air d'un gentilhomme.
Bossu [saisissant une épée] : Ah ! S'il ne manquait que celà, Monseigneur, le mal est réparé.
Gonzague [par jeu] : Alors, en garde !
Bossu : Ah, ah, ah ! Un temps pour chaque chose, Monseigneur. Mais quand il le faudra, je serai votre homme.
Gonzague : Avez-vous au moins une bonne nouvelle à m'annoncer ?
Isabelle : Non, Monsieur. Une très mauvaise nouvelle, qui vous surprendra bien douloureusement. Votre ami, votre fidèle homme de confiance, Monsieur de Peyrolles, a été tué. Il est marqué d'une profonde blessure entre les deux yeux - la botte de Nevers, m'a-t-on dit.
Gonzague : Vous comprendrez, Madame, que j'aille où le devoir m'appelle.
Isabelle : Je ne sais pas ce qui vous appelle, Monsieur, mais je doute fort que ce soit votre devoir.
Gonzague : Ton imposture est démasquée, Bossu. Remets ton âme à Dieu.
Bossu : Pas avant d'avoir remis la vôtre au diable !
Régent [tendant son épée à Lagardère] : Que mon épée et votre bras soient les exécuteurs de la justice du Roi. Faisons confiance au Jugement de Dieu. En garde, Messieurs !











