Fiches de films - Répliques
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Le vieux fusil
Chef milicien : Monsieur Dandieu, la guerre n'est pas encore terminée. Si vous n'étiez pas chirurgien, vous savez ce qui arriverait ? Je vous embarquerais à la Gestapo allemande et vous seriez fusillé. Hé oui ! Il y a longtemps que je vous suis. De loin. Vous avez une famille, une femme, une fille... Dans leur propre intérêt, surveillez-vous.
[Le médecin allemand, Müller, croise les miliciens]
Müller [en allemand] : Encore eux.
Dandieu : Laissez pas faire ça, Müller.
Müller : Monsieur Dandieu, j'ai encore 125 officiers blessés à évacuer et je ne sais pas où ni comment. Et de toute façon, c'est une histoire entre français.
Müller : Vous, dans un ou deux mois, vous êtes libéré. Vous aurez peut-être de la pénicilline, tandis que moi...
Infirmier : Le blessé du poumon...
Dandieu : Lequel ?
Infirmier : Celui qui a fait sauter le train de Paris.
Dandieu : Ah, oui, celui-là. Encore un héros. Ils commencent à m'emmerder, ces héros.
Dandieu : Quand est-ce que tu dormiras ?
François : Bah ! Après la guerre !
Dandieu : Regardez-moi ça, voilà, ça, c'est le phénomène ! Et pourtant, dans un mois, il sera debout, ce petit milicien.
Un assistant : Oui, patron, il est sauvé. Il est mûr pour le peloton.
Dandieu : Ah, y a des chances, oui.
François : Parti comme il est, c'est pas 12 balles de plus qu'auront raison de lui, hein !
Dandieu : Elle a un joli p'tit cul, Mademoiselle Langrenier. Elle baise bien ?
Infirmier : Oh, oui, Monsieur !
Dandieu : Ben heureusement, parce que pour les intraveineuses, c'est pas brillant-brillant.
[Après s'être approchée d'une flamme, Clara se réfugie dans la cave]
Dandieu : Qu'est-ce qu'il y a ? Mais qu'est-ce qui se passe, hein ?
Clara : Rien, j'sais pas.
Dandieu : Tu veux pas me dire ? Quelqu'un t'a fait de la peine.
Clara : Non ! Non, non...
Dandieu : Alors ?
Clara : Je ne sais pas. J'étais triste tout d'un coup.
Dandieu : Pourquoi triste ? Hein ?
Clara : J'sais pas, j'ai... j'ai eu peur.
Dandieu : Mais peur de quoi ?
Clara : Je ne sais pas. C'était... Ça m'a... ça m'a fait mal... Mais c'est fini.
[Conversation en allemand]
Officier allemand : Le Colonel a été tué. Plus personne ne nous couvre à l'Etat-Major.
Autre officier : Personne n'en saura rien. Il faut rejoindre l'unité à Périgueux et, de là, le front de Normandie.
Premier officier : Pour le village, on dira que des partisans nous ont attaqués, et d'ici la fin de la guerre...
Clara [off] : L'enfant, tu veux pas le faire tout de suite ? Si c'est un fils, nous l'appellerons David.
Clara : Qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
Dandieu : Je suis chirurgien, comme François. Et je vis en province, comme François.
Clara : Tout comme François ! Je ne le connais pas très bien, François, vous savez ! C'est où, votre province ?
Dandieu : Dans le Sud, en bas, à droite, en descendant. Ça s'appelle le Quercy. J'ai un château aussi. Enfin, une sorte de château. Je le répare. Enfin, de temps en temps, quand je le peux.
Clara : C'est bien !
Dandieu : Et vous, qu'est-ce que vous faites ?
Clara : Moi ? Rien !
Dandieu : Rien du tout ?
Clara : Non. Enfin, j'essaie, c'est pas facile.
Clara : C'est fini. C'est pas parce que vous n'êtes pas beau. Ça n'a rien à voir. C'était très agréable. Mais je n'aime pas les types à qui je cède tout de suite, j'aime pas. Vous n'y êtes pour rien, c'est moi. [silence] C'est un malentendu. Je regrette. [silence] Hé ! Vous êtes déjà rentré dans votre province ?
Dandieu : Clara ! Vous savez, les nouvelles sont mauvaises. Je crois vraiment que nous allons avoir la guerre.
Clara : Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ?
Dandieu : Vous voulez m'épouser ?
Dandieu : Qu'est-ce qu'on a fait du chien ? Marcel. Le chien Marcel.
François : Eh bien...
Dandieu : Clara a dû l'emmener dans sa voiture... Tu viens dîner ce soir ? [François arrête sa voiture] Qu'est-ce qu'il y a ?
François : Si tu veux. Je peux me faire remplacer à l'hôpital, et puis je resterais quelques jours avec toi.
Dandieu : Oui, si tu veux. Clara aime bien quand tu viens à la maison.
François : Julien...
Dandieu : Quoi ?
François : Mais... euh...
Dandieu : Quoi donc ? ... Qu'est-ce que j'ai ? Qu'est-ce que...

