Fiches de films - Répliques
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Quelques messieurs trop tranquilles
[Dans un reportage sur l'exode rural]
Paul : Moi, j'ai épousé une enfant du pays. On voulait le calme et la tranquilité, mais à ce point-là...
Chauffeur de bus : Dis-donc, là, vous avez de la visite.
Michalon : De la visite ?
Chauffeur de bus : Dans le genre Medrano.
Peloux : Vous savez, ils sont capables de tout. Et s'ils plantaient du haschisch dans votre champ ?
Adrien : Du quoi ?
Peloux : Du haschisch. Ils s'installent dans un champ et ils font leur petit carré de haschisch. On lit ça tous les jours dans les journeaux.
Adrien : Ah bon...
Peloux : Oui
Adrien : Et ça pousse facilement ?
Peloux : J'vous demande pardon ?
Adrien : J'ai jamais réussi à rien faire pousser dans ce champ. J'ai essayé le blé, le maïs, même la betterave. Ça rapporte, le haschisch ?
Michalon : 5 ans de prison minimum.
Peloux : Mon cher Adrien, un hippie ne pense qu'aux fleurs, à l'amour et à la non-violence. "Faites l'amour, pas la guerre", c'est votre slogan, n'est-ce pas ?
Charles : Oui. Et si je foutais mon poing sur votre gueule ?
Peloux : C'est que vous n'êtes pas un vrai hippie.
Charles : Non. C'est que vous êtes un vrai con.
Alain : La drogue, le sexe et la violence sont les trois tares de la jeunesse actuelle.
Peloux : Des animaux, j'vous dis. J'ai lu dans un journal, qu'à Copenhague, au Danemark, pour gagner de l'argent, ils avaient fait l'amour en public sur une moto.
Paul [choqué] : Sur une moto ?
Peloux : À l'arrêt.
Paul [soulagé] : Ah bon...
Peloux : La fille s'accrochait au guidon... Et toc ! Après ils ont fait la quête. Des animaux, j'vous dis.
Michalon : Ben moi, j'ai jamais vu des animaux faire la quête après.
Peloux : En tout cas, pas de hippies sur le territoire de la commune. Ce n'est pas Katmandou ici.
Michalon : Bravo !
Paul : Malheureusement, c'est p't-être dommage. Y a des touristes à Katmandou.
Anita : Vous avez pas des pâtes vertes ?
Michalon : Ah non, ici je n'ai que des pâtes normales, du sucre normal, du riz normal. Ça va p't-être vous paraître anormal mais ici, on ne sert que des gens normaux.
Michalon : Des pâtes vertes, du riz brun, du sucre brun... Y paraît que quand tu manges en couleur, ça t'empêche de devenir agressif.
[Peloux observe des hippies dévêtues]
Charles [à propos du campement hippie] : C'est beau, hein ?
Peloux : Ça a l'air confortable...
[Visite de la tente des hippies où couche toute la communauté]
Charles : C'est le principe des igloos esquimaux.
Peloux [acquiescant] : Mmm. Les esquimaux ont des moeurs très libres. Mmm.
Arsène : Vous êtes en plein sur les terres de la Comtesse.
Charles : Mais enfin, c'est insensé ! Il n'y a rien ici, c'est un désert. Ça peut appartenir à personne !
Peloux : En France, tout appartient toujours à quelqu'un.
Arsène : La Comtesse, elle vous donnera jamais l'autorisation.
Charles : On peut toujours la lui demander.
Peloux : Avec votre dégaine et vos cheveux longs, vous n'avez aucune chance.
Arsène : Elle a même viré les Allemands pendant la guerre.
Michalon : Et pourtant, ils avaient les cheveux courts.
Martin : Je ne crois pas que la Comtesse puisse vous recevoir maintenant. Parce qu'elle est avec un...
La Comtesse : Salopard ! Escroc !
Martin : Avec un avocat.
Charles : Elle a dit oui.
Michalon : Alors ça...
Peloux : Quand la noblesse s'allie à l'anarchie, c'est la fin de l'Etat.
Michalon : Moi, j'ai toujours été pour la paix !
Tous : Ouais ! Bravo !
Michalon [off] : C'est le lendemain matin qu'on a trouvé le cadavre de Martin.
[Le corps de Martin est remonté du fond d'un ravin]
Le commissaire : Vous dites que vous l'avez trouvé à 8 heures ?
Arsène : J'l'ai trouvé, j'lai trouvé, c'est beaucoup dire... J'ai vu quelque chose d'accroché, là.
Le commissaire : Et vous n'êtes pas allé voir si ce quelque chose était encore vivant.
Arsène : Là ?!
Le commissaire : Non-assistance à personne en dang...
Arsène : Oh, non-assistance, non-assistance, hé ! Non-alpiniste, oui !
Le commissaire : Vous vous appelez Cahuzac. Vous êtes paysan et fossoyeur...
Arsène : AGRICULTEUR et fossoyeur !
Adrien : C'est pas quelqu'un du village qui a fait l'coup, Monsieur l'inspecteur.
Peloux : Avec l'exode rural, si en plus on se mettait à assassiner, alors y aurait bientôt plus personne !
Michalon : C'est vrai, y a jamais rien ici. Des fois, un poulet volé par un forain, c'est tout.
Adrien : C'est ça, des forains ou des... nomades.
Michalon : Oui, des gens de passage, quoi.
Peloux : Des gens... extérieurs... au village.
Le commissaire : Y a des forains en ce moment ?
Peloux : Des f- des forains ? Non.
Michalon : À coté de ça, y a des jeunes qui campent tout près d'ici.
Peloux : Très sympathiques. Les filles se promènent toutes nues.
Michalon : Même qu'y dorment tous ensemble.
Adrien : Ils sont sales ! Et ils ont les cheveux longs !
Le commissaire : Des cheveux longs ?!
Adrien : Tu as vu cet inspecteur, avec son tarin ? Il doit pas manquer de flair. Je le prendrais bien pour aller aux truffes.
Michalon : M'est avis qu'y vont pas camper longtemps. D'ici à ce qu'ils se retrouvent entre des murs en dur, ou plutôt en tôle !
Paul : Vous savez ce que vous êtes ?
Adrien : Hé, hé !
Peloux : Je ne vous permets pas, hein !
Paul : Vous leur avez flanqué les flics aux fesses, ils sont probablement innocents. Vous êtes des salauds.
Chauffeur de bus : Bon ben puisque c'est comme ça, moi, j'm'en vais, au revoir.
Peloux : Non, mais écoutez, on a fait notre devoir. C'est un devoir de citoyen...
Paul : C'est une excuse de dégueulasse.
Arsène : Moi, je sais où il a été tué, Martin. Il était couvert de boue.
Peloux : Et alors ?
Arsène : Ben alors, alors, j'ai tout de suite reconnu la terre de mon cimetière.
Paul : Tu es sûr ?
Arsène : Ben, à force de faire des trous dedans...
Arsène : Vous, allez vers les nouvelles tombes, là où la terre a été fraîchement retournée.
Michalon : J'sais pas s'il est mort là, mais il aurait quand même plus choisir un endroit plus marrant.
Arsène : Oui, ben il a pas choisi.
Gérard : Tiens, depuis que j'suis parti, j'me suis même surpris à regretter la verdure.
Michalon : Pourquoi, y a pas de verdure en Amérique ?
Gérard : ... Si... Mais c'est pas aussi vert qu'ici.
Adrien : À cause du problème noir.
Gérard : Si dans 24 heures, vous avez pas décarré, je reviens avec un fusil. Et si j'm'en vais, c'est parce que je veux pas retarder vos préparatifs de départ !
Charles : C'est ça... Ce qu'il a comme mauvaises vibrations, ce mec.
[Michalon apprend que Gérard sort de prison]
Michalon : Maintenant, j'commence à comprendre pourquoi tu regrettais tant la verdure...
Peloux : Passer directement d'une naissance à un enterrement, vous m'avouerez que les choses vont vite !
Arsène : Mana ?
Michalon : Oui, Mana, ça veut dire la substance des êtres psychiques.
Arsène : Ben dis donc...
Michalon : Dans la religion celte.
Arsène : Et ils t'ont demandé d'être le parrain ?
Michalon : Ouais.
Arsène : Mais pourquoi ils lui ont pas donné un nom normal ?
Michalon : On a tout de même le droit d'appeler les gens comme on veut ! Allons, voyons !
Gérard : J'aime autant vous prévenir tout de suite : j'vais faire valoir mes droits. Pour une fois que j'ai la loi de mon côté.
La Comtesse : J'aime beaucoup le "pour une fois".
[Gérard vient de se faire tabasser par Charles]
Solange : Hé ben mon mignon ? On t'a fait bobo ?
Gérard : Bobo ? J'vais lui faire bouffer ces cheveux à ce grand con.
Jo : On voulait savoir si t'avais pas besoin de nous, cet après-midi.
Gérard : Non, j'vais pointer.
Jo : Au chômage ?
Gérard : Non, à la gendarmerie.
Jo : Alors, si t'as pas besoin de nous, on pourrait peut-être disposer.
Maurice : Avoir notre après-midi libre...
Gérard : Pour quoi faire ? Buter un autre jardinier ou visiter un nouveau cimetière ?
[Espionnage au château de la Comtesse]
Michalon : On a pu rentrer, mais si on rencontre quelqu'un, qu'est-ce qu'on va dire ?
Charles : "How do you do ?"
Adrien : Ce serait pas pour mon tracteur, je serais venu vous aider, mais un tracteur, c'est comme une brosse à dents, c'est personnel.
[Michalon et Charles ont retrouvé le Colt Cobra qui a servi à tuer Martin]
Michalon : Cobra, ça s'écrit "au" ou avec un "o" ?
Peloux : Julien...
Michalon : Ben quoi, c'est quand même pas un mot courant.
Peloux : "O" comme "colt"...
Peloux : La lettre anonyme, c'est la sauvegarde des libertés individuelles.
Michalon : Les honnêtes gens se défendent avec des moyens d'honnêtes gens.
Peloux : Avant, avant, y avait le cirque qui passait. Quand il venait, c'était la fête. Et puis quand il partait, on était plus tristes qu'avant. Alors, sans vous vexer, c'est un peu la même chose.
Peloux : Mais franchement, vous vouliez le ciel bleu, vous l'avez ! L'air pur, vous l'avez ! Les petits oiseaux, vous les avez.
Michalon : Et la paix ! On vous garantit maintenant que vous allez avoir une paix royale.
[La voiture de Gérard se fait entendre]
Charles : Vous avez peut-être parlé un peu vite.
Michalon : Qu'est-ce que tu cherches ?
Gérard : Des bijoux de famille !
Michalon : Des bijoux de famille ?
Peloux : Ta mère était garde-barrière...
Jo : Faites le plein !
Mme Michalon : Hé, là, il y a deux trous dans le réservoir, il faudrait peut-être le réparer avant.
Jo : Faites le plein !
[...]
Mme Michalon : Ça fait 98 litres, je continue ?
Alain : Rends-nous Mana !
Paul : Rends-moi ma femme !
Gérard : Rendez-moi ma boîte !
Odette : On est pas responsables de vos ennuis, nous.
Gérard : Tout le monde est responsable de tout le monde. Les Palestiniens, ils enlèvent bien des Belges pour forcer la main aux Israëliens.












