Fiches de films - Répliques
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Marie-Octobre
Victorine : Vous n'avez pas changé ! C'est comme si je vous avais vu hier.
Marinval : Ouais ?
Victorine : Vous avez toujours paru plus vieux que votre age.
Marinval : Merci !
Victorine : J'plains votre femme. J'espère pour elle que vous êtes pas marié.
Marinval : Alors comme ça, t'es devenu la providence des assassins ?
Simoneau : A ton service, boucher.
Marinval : Hé, je fais quand même partie de la Société Protectrice des Animaux.
Simoneau : C'est de l'auto-défense !
Marinval [découvrant qu'un ancien camarade est devenu prêtre] : Le Gueven ! Oh ! Mon pauv'vieux ! Avec l'avenir que t'avais et tes succès ! Y a longtemps que ça t'a pris ?
Le Gueven : 10 ans. Ça t'épate, hein ?
Marinval : Y a de quoi ! Quand je pense qu'on t'appelait "Au bonheur des Dames" ! Ça alors !
Blanchet : D'ailleurs, aujourd'hui, avec les assurances sociales, on peut se payer n'importe quelle maladie.
Thibault : Oui. Le cancer n'est plus un luxe.
Vandamme : Tu fais un drôle de métier.
Simoneau : Ben et toi ? Moi, mes clients me remercient parfois, les tiens te maudissent toujours. Tu es la terreur de ton quartier.
Vandamme : Et je m'en flatte ! Craint mais respecté. Les tireurs au flanc, crrr ! Vissés. Je suis fier de la profession que j'exerce.
Marinval : Quelle profession ?
Vandamme : Je suis fonctionnaire.
Simoneau : Ah oui, mais quel fonctionnaire ! Allez, dis un peu au monsieur le joli métier que tu fais.
Vandamme : Je ne vois pas pourquoi je ne le dirais pas.
Simoneau : Ben dis-le si tu l'oses, dis-le !
Vandamme : Mais je le dis ! Laisse-moi parler !
Marinval : Vas-y, on te pardonne d'avance.
Vandamme : Je suis contrôleur des contributions.
Marinval : Oh ! L'ordure !
Marinval : Marié ?
Bernardi : Non, on vit en amateur. Tu connais Linda Belle ?
Marinval : La chanteuse ? Si tu viens, si tu viens dans mon 6ème étage, tu verras, j'te dis qu'ça, mon panorama. C'est ça ? J'connais ses disques.
Bernardi : Hé ben moi, à la maison, j'ai les deux faces, et puis, pas en cire, en chair et en os. Tu parles d'un microsillon !
Bernardi : 2 briques que ça m'a coûté. Oui, mais rien que des artistes de premier choix ! Parce que, strip-tease, strip-tease, c'est vite-dit, là, mais strip-tease pas qui veut, mon pote.
Marinval : Vous êtes là, à vous torturer pour une histoire du temps du rutabaga. Moi, le passé, je l'écrase. Mais à votre disposition, comme avec les polyvalents. Vous voulez vérifier mes livres. Les voilà ! Marinval, toujours en rêgle. Parfaitement, contrôleur !
Vandamme : Je m'en félicite.
Marinval : T'es bien le seul.
Marinval : Quand je pense que j'ai dû payer 25% de taxes supplémentaires, sans compter les amendes et les rappels pour un malheureux moment de distraction dans ma comptabilité...
Vandamme : Tiens ! Je te croyais toujours en rêgle ?
Marinval : Avec ma conscience, toujours. Elle ne me reproche rien, elle !
Vandamme : Elle est aveugle et muette !
Vandamme : Si nous en revenions à notre mouton ?
Rougier : Quand nous aurons trouvé le coupable, qu'est-ce que nous en ferons ?
Thibault : Ben c'est vrai ? Supposons que ce soit moi. J'ai avoué. Et alors ? Je prends mon chapeau, au revoir tout le monde. Et la vie continue.
Bernardi : Qu'est-ce qu'on faisait des traîtres en 42 ? On les exécutait !
Le Gueven : Nous ne sommes plus en 42.
Marie-Octobre : Disons que la Justice a choisi son heure.
Le Gueven : Disons plutôt qu'elle l'a laissée passer.
Bernardi : Vous avez tous bougrement changé ! Un donneur, c'est un donneur, et pour moi, y a pas de pitié pour ces vendus-là !
Vandamme : Bravo, enfin un homme ! Je vote la mort.
Thibault : Alors, tu seras le bourreau ?
Vandamme : Le bourreau ?
Thibault : Ben oui, tu juges, tu condamnes, alors tu exécutes !
Vandamme : Ah ! Je juge, je condamne... Si l'accusé passe aux aveux... Enfin, c'est à voir, faut étudier le dossier...
Le Gueven : Ecoutez-moi, je vous en supplie ! Laissez à Dieu le soin de...
Simoneau : Oui, bien sûr, on connait la chanson. Il n'est même pas capable de sauver un innocent, ton Dieu. Est-ce qu'il a protesté quand on a crucifié l'Autre ? Il n'est jamais là quand on a besoin de lui.
Le Gueven : Tais-toi, tu déconnes.
Simoneau : Si le Pape t'entendait...
Simoneau : En somme, pas d'équivoque ? L'un de nous ne sortira pas d'ici vivant. C'est bien ça ?
Marinval : Qui est-ce qui vous ravitaillait tous autant que vous êtes ? Qui est-ce qui envoyait à Fresnes des colis aux copains ? Mon beurre à c't'époque-là, vous ne lui trouviez pas un goût de vert-de-gris, hein !
Vandamme : Oh ! Nous n'allons pas te dresser un arc de triomphe en margarine pour célébrer tes bienfaits ? Honneur, patrie et matière grasse.
Marinval : Nous avions rendez-vous au métro Saint-Denis.
Vandamme : C'est possible.
Marinval : Tu n'es pas venu à notre rendez-vous. Pourquoi ?
Vandamme : Est-ce que je sais ?
Marinval : C'est pas parce que t'avais été arrêté ?
Vandamme : Ah ! Cette fois-là ? Oui. Les allemands avaient fait une descente dans mon immeuble. Ils recherchaient des parachutistes.
Marinval : Et c'est toi qu'ils ont arrêté ?
Vandamme : Moi et tous les locataires de mon immeuble !
Marinval : Ils ne t'ont pas gardé ?
Vandamme : 48 heures pour vérification d'identité.
Marinval : Et ils t'ont relâché ?
Vandamme : Oui.
Marinval : Comme ça ?
Vandamme : Quoi, comme ça ? Oui, comme ça !
Marinval : Et Costa, et Damont, et Verger. Eux aussi, ils ont été arrêtés et on les a jamais revus.
Vandamme : Et alors ?
Marinval : C'est tout.
Marinval : Il se croit à l'Elysée-Monmartre. Les coups défendus. Un ancien lutteur...
Bernardi : Toi, le boucher, occupe-toi de ta viande, hein !
Marinval : Oh ! Bravo ! On est distingué place Pigalle. "Occupe-toi de ta viande" dans la bouche d'un marchand de strip-tease, c'est amusant...
[Après un vote à bulletin secret, les résultats sont contre Simoneau à l'unanimité moins une voix.]
Le Gueven : C'est moi qui ai voté blanc.
Simoneau : Tiens...
Le Gueven : Je ne pouvais pas agir autrement. Quelle que soit ma conviction.
Simoneau : Ta conviction... Ouais... Tu votes blanc et tu penses noir, que le bon Dieu se démerde, et vivement le Jugement Dernier.
Blanchet : Ma parole te suffit pas ?
Bernardi : Laquelle ? La première ou la seconde ?
Marinval : Une rafale de mitraillette, en général, ça fait des dégâts ! Tu n'as pas remarqué des traces de balles ?
Renaud-Picart : Aucune !
Marinval : C'était sans doute une mitraillette de salon. Une mitraillette à bouchon.
Vandamme : Laisse-moi l'interroger, j'ai l'habitude.
Marinval : Inquisition fiscale !
Vandamme : Cet argent, d'où vient-il ?
Rougier : C'est un ami qui me l'avait prêté, là !
Vandamme : Un ami, de l'argent ?!
Rougier : Oui, imagine-toi qu'il y a des amis qui prêtent de l'argent à leurs amis, ça t'épate ?
Vandamme : Quel ami ?
Rougier : Un ami, vous ne le connaissiez pas.
Vandamme : Vous avez échangé des papiers ?
Rougier : Non ! Pas entre amis !
Vandamme : Et... Où peut-on l'interroger, cet ami modèle ? Où habite-t-il ?
Rougier : Au cimetière. Il est mort.
Vandamme : Sans être remboursé ?!
Le Gueven : Par conséquent, Victorine est hors de cause.
Victorine : Ah ! Vous voyez ? Qu'est-ce que je vous disais ? M'accuser, moi, avec les rhumatismes que j'ai...
Renaud-Picart : Tu as perdu. Personne ne peut plus rien pour toi. Ce sera très court, tu vas voir. "Je reconnais... Je reconnais avoir, en août 1944, dénoncé à la Gestapo le réseau Vaillance. Je m'accuse en outre d'avoir tué de mes propres mains le Commandant Castille, chef de ce réseau." Plus qu'une phrase, encore un petit effort. "Confondu par mes anciens camarades, j'ai résolu... j'ai résolu de me donner... de me donner la mort." Signe. Signe.
Le Gueven : Ecoutez-moi ! Si vous assassinez cet homme - car il s'agit bien d'un assassinat - ne comptez pas sur moi pour accréditer la thèse du suicide. Non seulement je vous dénoncerai à la Justice, mais je témoignerai contre vous. Assassinat, complicité d'assassinat, vous savez ce que vous risquez ! Simoneau, je ne t'apprends rien.
Simoneau : Nous acceptons toutes les conséquences.
Vandamme : Toutes.
Le Gueven : Vous acceptez ensemble, à la majorité. Mais séparément, seul dans votre conscience ? Non. Non, vous n'êtes pas des monstres. On n'exécute pas un homme au bout de 15 ans, c'est abominable ! Allons, allons. Dans votre for intérieur, vous savez que vous n'êtes pas d'accord ! Vous n'êtes pas d'accord, mais vous n'osez pas le dire.












