Fiches de films - Répliques
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Le Gendarme en balade
Le Colonel : CRUCHOT ! CRUCHOT ! [Cruchot assoupi se réveille en sursaut] Excusez-moi de vous réveiller. Les années passent, la digestion se fait difficile.
Cruchot : Oui, mon Adjudant.
Le Colonel : Pardon ?
Cruchot : Oui, mon Colonel.
Le Colonel : L'esprit se refuse à admettre que les organes le trahissent. Nous vivons une époque impitoyable. Il faut être lucide, Cruchot.
Cruchot : Mais je me sens bien moi, mon Colonel.
Le Colonel : Garde à vous.
Cruchot : Pardon ?
Le Colonel : GARDE À VOUS !!! Rassemblez tous vos hommes ! J'ai à leur parler ! Demi-tour ! En avant, 'arche ! Execution !
Le Colonel : Messieurs... Le monde est en pleine évolution et nous impose un rajeunissement de l'effectif. Il nous faut désormais des hommes d'acier, et sans vouloir vous vexer, on ne peut pas faire du neuf avec... de l'ancien. Aussi, dans la perspective d'un repos bien mérité, vous êtes autorisés à faire valoir vos droits à la retraite.
Le Colonel : Nul n'oubliera jamais le remarquable travail que vous avez fait ici. C'est pourquoi, outre vos 350 francs de pension mensuelle, il vous sera alloué... exceptionnellement... par homme et par hiver... pour services éminents rendus à la Cité... un sac de 50 kilos de charbon !
Fougasse : Les gars ! Mais c'est la quille !
Cruchot : Fougasse !
Gerber : Puisqu'on vous dit que c'est la quille ! Mais souriez ! Souriez tous ! C'est un ordre !
Merlot : Les ordres, maintenant...
Josepha : Ah ! Bonjour, mon père ! Quel bon vent vous amène ?
Le curé : Oh ! Quel bon vent... Une bien vilaine bourrasque, chère Madame, qui a emporté le toit de notre pauvre chapelle.
Le Curé : Et, euh... Comment va ce bon Monsieur Cruchot ?
Josépha : Oh ! Depuis 8 mois que nous sommes revenus de Saint-Tropez, j'ai l'impression qu'il m'échappe. Il a des sautes d'humeur imprévisibles, des silences prolongés, des tristesses soudaines et inexplicables. Et pourtant je le couve, je lui évite toute fatigue.
Le Curé : Oui, mais pour beaucoup, la retraite est un bien pénible exil.
Josépha : Mais je ne sais que faire pour le distraire ! Ses moindres désirs sont immédiatement exaucés. Je veille discrètement à l'organisation de tous ses loisirs afin que tout soit parfait.
Palefrenier : Je vais vous raconter l'histoire du Petit Chaperon Rouge... [au cheval] Je vais te la raconter à toi parce que lui, il écoute pas, alors... Le Petit Chaperon Rouge avait une mère-grand, c'est-à-dire une grand-mère, qui vivait dans la forêt, alors le Petit Chaperon Rouge qui avait une petite casquette rouge, et puis une veste rouge, le Petit Chaperon Rouge, il dit, "Tiens, je vais aller fêter la fête à ma Mémé, je vais lui porter un pot de beurre avec une grande galette de confiture. Et il part, et alors il arrive... Non, avant... avant il rencontre le Loup. Le Loup, un loup, un Wolf. Et alors le loup, il dit : "Ah tiens, où vas-tu, Petit Chaperon Rouge ?" Alors il dit : "Je vais chez ma Mémé." "Mais qu'est-ce que tu as dans ton panier." Il regarde. "Qu'est-ce que tu as dans ton panier, fais voir." Alors il dit : "J'ai une galette et un pot... un pot de confiture." Alors... c'est intéressant. "Et où elle habite ta mémé ?" "Où elle habite ? Loin là-bas dans la forêt, loin." Alors, le Loup, il court vite, il va à la mémé. Alors, je me rappelle plus bien les étapes, j'en passe des incidents... Il rentre et il prend la place de la Mémé. Et quand le Petit Chaperon Rouge, après avoir batifolé, il a ramassé des coquelicots, tout rouges, puis il arrive chez la Mémé. "Oh Mère-Grand, que vous avez de grands bras !" "C'est pour mieux t'embrasser, mon enfant !" "Oh, Mère-Grand, que vous avez de grands pieds !" "C'est pour mieux marcher..."
Cruchot : Ça va, ça va, foutez-moi le camp.
Valet : Good morning, sir. May I prepare your bath, sir ?
Cruchot : Non ! Je veux préparer mon bain moi-même, moi-même.
Valet : I beg your pardon, sir ?
Cruchot : Je veux tourner mes robinets moi-même. Mon eau froide et mon eau chaude tout seul, voilà.
[Cruchot, après avoir boxé la bonne, achève le valet à coups de pied]
Josépha : Ludovic ! Ludovic ! Oh ben non, voyons, le pauvre garçon, Ludovic !
Cruchot : Il me hait, il me hait, celui-là !
Josépha : Oui, mais enfin, la bonne, vous n'auriez peut-être pas dû...
Cruchot : Elle me hait aussi, elle m'empêche toujours de faire mon lit. Tu sais ce que c'est ? Elle me hait, voilà !
Josépha : Monsieur le Curé, Monsieur le Curé. Nous avons la visite de Monsieur le Curé.
Cruchot : Il me hait celui-là. Il me hait encore plus celui-là.
Josépha : Monsieur le Curé est venu parce qu'il a eu une vilaine tornade...
Le Curé : Une mauvaise bourrasque, chère Madame.
Josépha : Ah, c'est ça, oui.
Le Curé : Une mauvaise bourrasque qui a enlevé le toit de notre pauvre chapelle.
Josépha : Voilà ! Et Monsieur le Curé désirerait une petite aide financière pour les réparations qui s'imposent. [Pendant que Josépha parle, Cruchot fait comprendre par gestes au curé qu'il n'aura pas d'argent] Certes, il semblerait que la solidarité de tous les paroissiens devrait s'affirmer, mais la plupart d'entre eux font la sourde oreille. Eh bien moi, je n'hésite pas à dire que je trouve ça révoltant... [Le Curé regarde les mimiques de Cruchot] N'est-ce pas ?
Le Curé : Mais certainement, chère Madame.
Josépha : Il est très louable de s'intéresser aux misères des autres, mais n'a-t-on pas le devoir de se préoccuper au même titre de ceux qui nous touchent de plus près ? [Le Curé fait à son tour des grimaces à l'encontre de Cruchot] J'estime que c'est un devoir sacré de militer activement dans sa propre paroisse... [déroutée par le comportement du Curé] Monsieur le Curé, si ça ne vous intéresse pas, je peux arrêter...
Le Curé : Non, non... Mais pas du tout, chère Madame !
Josépha : Il y a aussi le patronage, les fêtes de bienfaisance... les misères à soulager... les malades ?
Le Curé : Et pour le toit de notre pauvre chapelle, Madame ?
Josépha : Ah non ! Oui. Enfin, plus tard, plus tard, beaucoup plus tard.
Le Curé : Alors, à demain, chère Madame.
Josépha : C'est ça, plus tard.
[Le valet a tiré une cartouche de gros sel dans les fesses de Cruchot. Cruchot est assis sur une pile d'oreillers.]
Le valet : I'm sorry, sir ! I'm so sorry. I'm sorry. I'm sorry, sir !
Cruchot [après lui avoir fait un croche-pied] : I'm sorry...
La bonne : Vous souffrez toujours ?
Cruchot : Oui.
La bonne : He really is sorry.
Cruchot [après lui avoir fait un croche-pied] : I'm sorry...
Josepha : Ce n'était pourtant que du gros sel.
Cruchot : Oh ben alors, ça va aller mieux.
[Gerber et sa femme entrent chez Cruchot par une vieille porte rouillée et grinçante]
Gerber : Ça manque d'huile, tout ça, hein ! C'est pas le tout d'acheter, il faut entretenir.
Mme Gerber : C'est pas possible, c'est pas l'entrée principale !
Gerber : Allons, ne sois pas snob, Cecilia, non, y a des limites.
Gerber : Ah, New York ! Qu'est-ce qu'ils ont comme fenêtres !
Josépha : Vous savez que vous n'avez pas le droit de porter l'uniforme.
Cruchot : Mais mais mais nous n'avons pas d'uniformes...
Josépha : Si vous êtes pris, vous risquez des sanctions graves, hein ! Je connais le rêglement aussi bien que vous. Sans parler de la suppression de la retraite.
[Devant le panneau d'entrée de la ville]
Cruchot : Viens là, viens là... Qu'est-ce que vous lisez là ? Regardez bien.
Fougasse : Saint Trospette.
Cruchot : Avancez, avancez ! Par là !
Un passager : Qu'est-ce que c'est que cet énergumène ?
Cruchot : N'approche pas ou je te fous un marron !
Le passager [décoré de la légion d'honneur] : Un marron, à moi ?!
Cruchot : Tes papiers ! Allez, hop !
Le passager : Vous ne savez pas à qui vous parlez !
Cruchot : Je m'en fous !
L'épouse du passager : Mon ami...
Cruchot : La ferme, vous, hein ! [Il regarde les papiers et manque de s'évanouir] Monsieur le Ministre, je ne vous avais pas reconnu.
Le Ministre [Le prenant par le col pour l'empêcher de tomber] : Mais remettez-vous voyons, remettez vous ! Alors, vous êtes calmé, oui ?!
Sa femme : Mon ami...
Cruchot : Qu'est-ce qu'il y a, ma biche ?
La femme du Ministre : Gendarme, gendarme, nous sommes terriblement pressés.
Cruchot [ton servile] : Merci, Madame. Excusez-moi encore, monsieur le Ministre. [Il coince le pied du Ministre dans la portière] Oh pardon, excusez-moi, vous n'avez rien ? Ça a dû vous faire mal. Monsieur le Chauffeur... [à une autre voiture] Foutez-moi le camp, vous !
Ministre [à son chauffeur] : Passez leur sur les pieds.
Le chauffeur : Oh oui, Monsieur le Ministre !
Gerber : Fougasse, Fougasse, je connais près d'ici une petite maison qui fut la vôtre.
Cruchot : Qui fut la nôtre, la nôtre !
Merlot : A nous, à nous !
[Devant la gendarmerie de Saint Tropez]
Gerber : Je ne vois en ces lieux que ceux qui n'y sont pas. Pourquoi ramènes-tu mes regrets sur leurs traces ?
[Tous fondent en larmes sauf Fougasse]
Cruchot [en pleurs] : Alors, Fougasse, le déclic ?
Fougasse : Alors là, rien du tout.
[Les ex-gendarmes sont coincés devant la gendarmerie, tous en uniforme]
Gerber : Y a plus d'essence ?! Eh ben allez en chercher, vite ! Mais pas comme ça ! Pas comme ça ! Changez-vous ! Port illégal d'uniforme, vous savez ce que ça veut dire ? Port illégal d'uniforme, hein ! Vous avez vu leurs gueules, aux nouveaux ? Ils vont croire qu'on vient les narguer. Alors changez-vous ! Aidez-le, vous autres ! Aidez-le ! Mais pas comme ça ! L'étranglez pas, n'en profitez pas pour l'étrangler !
[Aux ex-gendarmes, à la terrasse d'un café]
Un consommateur : Alors, les gendarmes, on se met en civil pour faire sauter les bouchons ?
Gerber : Ça vous dirait d'aller à la plage ?
Fougasse : A la plage ? Pourquoi faire ?
Cruchot : Pour se baigner !
Fougasse : Se baigner ? J'ai pas de maillot.
Cruchot : Vous mettrez ma cravate !
[La voiture de Cruchot a disparu]
Cruchot : Mais elle est là, elle est là et on ne la voit pas.
Commandant de brigade : Apparemment la Vieille Garde est revenue sur le lieu de ses exploits. Je n'aime pas les échecs. Ils s'en repentiront. Et vous aussi. Ce sera tout. Rompez !
Merlot : J'ai une puce, chef.
Cruchot : Eh ben gardez-la !
[Une hippie fait du stop. Les ex-gendarmes, déguisés, s'arrêtent.]
La hippie : Bonjour. Tu vas au rassemblement ?
Gerber : Bien sûr. Mais tu... tu connais le chemin ?
La hippie : Tiens, je te donne mon plan.
Gerber : Merci, merci, merci beaucoup. Tu...tu...tu peux monter.
Cruchot : Mais vous la connaissez ?
Gerber : Non. Mais dans la Grande Fraternité, ils se tutoient tous. Combien de fois faut-il te répéter les choses ? Petit frère !
Cruchot : T'es bien installée, petite soeur ?
La hippie : Je m'appelle Barbara, je viens de Rotterdam.
Cruchot : Je m'appelle Ludo.
Barbara : Bonjour.
Cruchot : Lui c'est Bob... Paul... Georges..
Fougasse : Et moi, c'est Ringo !
[Au rassemblement. Chaque hippie salue les arrivants en les étreignant en disant "Je t'aime"]
Gerber [à Cruchot] : Je t'aime ! Je t'aime...
Cruchot : Mais mon Adjudant... On est venus chercher la voiture, mon Adjudant !
Gerber : Je t'aime...
Cruchot : Mon argent ! Mon argent ! Où est mon argent ?
Hippie : On s'est un peu servis mais il en reste.
Gerber : Ce qui est à nous est à vous, petite soeur.
Cruchot : Il est à moi, petit frère !
Pilote d'hélicoptère : Les occupants abandonnent la voiture et s'enfuient dans le bois. Terminé.
Commandant de brigade : Oui, c'est terminé ! La gendarmerie de papa, c'est la fin, messieurs, c'est la fin !
Josépha : Il serait navrant que ces petits chéris soient les seuls à s'amuser.
Mme Gerber : Ce serait même immoral.
Gerber : Debout mon petit. Moi aussi j'ai chaud, j'ai faim, j'ai soif...
Fougasse : Aaaah, quand je pense à ce qu'ils doivent se taper à la Pinsonnière... Aujourd'hui c'est la daube... avec des carottes... et des petits lardons... et puis alors là-bas... on boit frais... on the rock, comme y disent.
Tricart : Ta gueule !
Berlicot : Ta gueule !
Gerber : La ferme ! Fougasse ! N'essayez pas de saper le moral des troupes ! Attention, hein ! On en a fusillé pour moins que ça, au Chemin des Dames !
Gerber : Messieurs ! L'insolation nous guette, il faut cesser le combat. Ayant lutté jusqu'à la limite de nos forces, l'honneur est sauf.
Cruchot : Debout les morts !
Cruchot : Vous êtes sûre qu'elle sait conduire ?
La Soeur : C'est moi qui lui ai appris.
Gerber : Vous avez créé un style !
La Soeur : Eh bien voilà, nous sommes arrivés !
Tous : Amen !
Gerber : Ma Soeur...
Cruchot : Ma Soeur...
La Soeur : J'ai oublié de vous dire que je suis devenue la Mère supérieure de ce couvent.
Gerber : Oh ! Ma Mère...
Cruchot : Ma Mère...
La Soeur : Vous savez, ça me fait plaisir de vous revoir ainsi, de film en film.
Religieuse : Oh ! Mes chéris ! Ils vous ont fait peur. Ces vilains messieurs !
Garnement [ton geignard] : Oui, ma soeur, ils nous ont frappés.
Gerber : C'est pas vrai, c'est eux qui ont frappé.
Garnement : Cafteur !
Religieuse : Je le dirai à la Supérieure. Elle sera déçue. Ah oui ! Et moi aussi, je suis déçue. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis déçue. Jamais je n'aurais cru ça de vous. Mes petits... Allons... Allons... Vite, partons.
Cruchot : Elle est forte, celle-là, alors.
Religieuse : Vous dites ?
Cruchot : Comment ?
Religieuse : Enfin, vous avez dit quelque chose !
Cruchot : N...non...
Religieuse : Si, vous avez dit : "Elle est forte, celle-là" !
Cruchot : Ah ! Oui, oui, oui.
Religieuse : Soyez correct ! Soyez correct !
Cruchot : Ma Mère, allez faire une promenade avec le petit et ne me posez pas de question.
La Soeur : Mais enfin, Monsieur Cruchot, il faut que je sache !
Cruchot : Écoutez, ma Mère, à Cap Kennedy, on vous aurait déjà envoyée 20 fois sur les roses.
Cruchot : Alors les gosses se sont enfuis avec une tête de fusée T-60, voilà !
Tricart : Mais la T-60 n'existe plus, elle a été remplacée par une T-80 à tête nucléaire.
Cruchot : Qu'est-ce... Comment, qu'est-ce que vous dites ?
Tricart : La T-60 n'existe plus, elle a été remplacée par une T-80 à tête nucléaire !
Cruchot : Qu'est-ce qu'y dit ?!
Berlicot : Il dit la T-60 n'existe plus, elle a été remplacée par...
Cruchot : Ça va, ça va, j'avais compris !
Le Colonel : Messieurs, vos remplaçants manquent encore d'expérience. Nous allons les aguerrir... Ailleurs. Vous avez fait preuve de beaucoup de courage. Votre place est ici ! Mais pourquoi diable avoir fait valoir vos droits à la retraite ?
Cruchot : Mais mon Colonel, c'est vous-même qui nous avez... foutus à la porte.
Le Colonel : Comment, vous n'avez pas demandé votre retraite ?
Cruchot : Mais, mon Colonel, c'est vous...
Le Colonel : Mais vous avez demandé votre retraite !
Cruchot : Mais pas du tout !
Le Colonel : Requête refusée !
Cruchot : Elle est forte, celle-là !
La religieuse [sortie de nulle part] : Qu'est-ce que vous avez dit ? Qu'est-ce que vous avez dit ?
Cruchot : Qu'est-ce que j'ai dit ?
La religieuse : Vous savez très bien ce que vous avez dit !
Le Colonel : Qu'est-ce qu'il a dit ?
La religieuse : Il a dit : "Elle est forte, celle-là !" Soyez correct ! Qu'il soit correct !











