Fiches de films - Répliques
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La Maison du Diable
Dr Markway : Une vieille demeure de sinistre apparence, le type même de la maison hantée, pareille à un territoire vierge qui attend d'être exploré. Le Castel se dresse ici depuis 90 ans et dans 90 ans il pourrait bien y être encore. Un silence lourd pèse sur les pierres et les boiseries de cette Maison du Diable, et si des fantômes s'y promènent, leur solitude est respectée.
Dr Markway : Hugh Crain laissa Abigail au soin d'une gouvernante et partit pour l'Angeleterre où il eut le malheur de se noyer. C'est merveilleux ! Enfin, je veux dire, c'est merveilleux comme l'histoire du Castel semble calquée sur les modèles du genre.
Dr Markway : Elle vécut complètement solitaire dans la maison vide, bien que certains prétendent que la maison n'était pas vide, et qu'elle ne l'a jamais été depuis la nuit où la vieille mademoiselle Abigail est morte. On prétend que ce qui hantait et hante encore cette maison finit par rendre folle la dame de compagnie.
Mme Sonnerson : Aucun de ceux qui ont loué la maison n'y a jamais séjourné plus de quelques jours. Les morts sont très agités au Castel.
Mme Sonnerson : Je serais curieuse de savoir ce que vous et vos auxiliaires espérez trouver au Castel.
Dr Markway : Peut-être quelques lattes de parquet disjointes qui craquent et peut-être... je dis bien peut-être, la clef d'un autre monde.
Mme Dudley : Je laisse le dîner sur la desserte de la salle à manger à 6h et je débarrasse le matin. Je prépare le petit-déjeuner à 9h. Je ne sers pas à table, moi. Je m'en vais quand j'ai mis le dîner sur la desserte et quand il commence à faire noir. Je pars toujours avant que la nuit tombe.
Eleonor : Et votre mari ?
Mme Dudley : Nous habitons en ville à des kilomètres.
Eleonor : Oui.
Mme Dudley : Il n'y a donc personne si vous avez besoin de secours.
Eleonor : Oh oui, c'est évident.
Mme Dudley : On ne vous entendrait pas... dans la nuit.
Eleonor : Vous avez une idée, du genre où le docteur...
Mme Dudley : Personne ne vous entendrait. Les plus proches voisins sont en ville. Jamais personne n'approchera du Castel.
Eleonor : Je sais.
Mme Dudley : Dans la nuit... dans le noir...
Theo : On peut lire en vous à livre ouvert.
Eleonora : J'ai peur que ce ne soit pas une lecture très passionnante.
Eleonor : Ah !
Theodora : Qu'est-ce qu'il y a ?
Eleonor : Nous ne sommes pas toutes seules.
Theodora : Je ne vois rien du tout.
Eleonor : Vous ne sentez pas quelque chose ?
Theodora : Non, je ne sens rien... Si, j'ai très froid.
Eleonor : Ça bouge maintenant.
Theodora : Ce n'est que le vent qui souffle dans le couloir.
Eleonor : Ah non !
Theodora : Alors, qui ? Quoi ?
Eleonor : Écoutez... La maison est vivante.
Eleonor : Ne me laissez pas y aller. Théo, restez avec moi.
Dr Markway : Ça semble incroyable, mais il y a 5 minutes, j'ai laissé cette porte grande ouverte pour que vous retrouviez votre chemin. Elle s'est refermée toute seule.
Eleonor : Ah, ce n'est pas très gai, cet endroit.
Théo : Oh, je n'en sais rien... Rien de plus rigolo qu'une vieille gargouille, si on met à part, naturellement, une potence ou deux.
Dr Markway : À l'origine, il y en avait 6 qui se prêtaient à l'expérience. Mais un par un les autres se sont décommandés. Je suppose qu'ils ont été effrayés par les histoires terrifiantes que l'on colporte sur cette maison. Il ne reste que vous finalement.
Dr Markway : Je suis fermement convaincu que votre présence dans cette maison va stimuler des forces inconnues et les obliger à se manifester.
Théodora : Et comment appeleriez-vous cette maison ? Le Palais du Rire peut-être ?
Dr Markway : Je dirais qu'elle est malsaine, malade, folle si vous voulez. Tenez, une maison détraquée, ce serait la meilleure formule, je crois. [à Luc] Votre tante est d'avis que le Castel porte malheur. Ce sont ces maisons-là qu'on qualifie dans la Bible de "lépreuses". Les mêmes aussi qu'Homère appelle, évoquant l'enfer, "Demeures d'Hadès."
Dr Markway : Mais qu'est-ce qu'il s'est donc passé ?
[Rires nerveux de Théodora et d'Eleonor]
Eleonor [tout en riant] : Rien... Rien de particulier. On a seulement cogné contre la porte à grands coups de bélier... Ensuite on a essayé d'entrer chez nous et de nous dévorer...
Luc : Il n'y a aucune trace sur la porte ni autour.
Eleonor : Oh, quelle chance que ça n'ait pas endommagé la porte.
Eleonor : Alors vous avez dû entendre ce chahut infernal ?
Dr Markway : Non... Aucun bruit ne venait du Castel. Enfin, rien d'audible pour nous. Nous ferions mieux de prendre des précautions.
Eleonor : Mais contre quoi ?
Dr Markway : Eh bien, quand Luc et moi nous sommes attirés au dehors et que vous êtes prises au piège à l'intérieur, ne dirait-on pas qu'une force inconnue essaie de nous séparer ?
[Une inscription est apparue sur le mur]
Luc : Vous pouvez lire.
Dr Markway : "Aidez Eleonor à revenir chez elle."
Eleonor : Quoi ?
Dr Markway : Eleonor...
Eleonor : Oh ! Non, mais voyons, effacez ça, je vous en prie. C'est insensé.
Theo : Insensé est le mot juste, en effet.
Dr Markway : Luc, allez chercher quelque chose pour effacer ça.
Eleonor : Mais c'est affolant. Mais pourquoi ?
Luc : Pourquoi serait-ce affolant ? C'est bien comme ça qu'elle s'appelle !
Eleonor : Je ne veux pas quitter le castel. Jamais jamais jamais. Toute ma vie, j'ai attendu qu'il m'arrive quelque chose de semblable.
Dr Markway : Une chambre froide. Une chambre froide naturelle. Et pourtant aucun thermomètre ne serait sensible à cette température.
Luc : C'est juste un courant d'air, voilà tout. Il vient de quelque part.
Dr Markway : Un courant d'air ? Au Castel ? Alors qu'aucune porte ne peut rester ouverte. Non, je l'ai trouvé. C'est le coeur du Castel.
Théo : Vous pensez que c'est là où nous nous tenons ?
Dr Markway : Derrière la porte.
Eleonor : Qu'y a-t-il là-dedans ?
Dr Markway : La chambre d'enfant. Abigaïl a grandi et est morte dans cette chambre.
Eleonor [chuchotant] : Vous êtes réveillée ? Ne dites pas un mot, Théo, pas un mot. Qu'on ne sache pas que vous êtes dans ma chambre... Tenez-moi la main, Théo... Théo, je vous en conjure, ne criez pas... Est-ce que c'est fini ? Vous croyez que c'est fini ? Théo, vous me broyez la main, Théo...
Eleonor : Si la cause de cette hallucination était dans mon esprit ?
Dr Markway : Ce qui interdit cette supposition, c'est qu'il y a trois autres personnes. Nous repoussons tous l'idée que ce qui courait dans le jardin la première nuit était un fantôme, que ce qui frappait sur la cloison était un fantôme, que ce qui vous tenait la main était un fantôme. Mais il est certain qu'il se passe quelque chose au Castel. Nous sommes près, Eleonor. Tout près de découvrir enfin ce que c'est.
Eleonor [Voix off] : Maintenant je sais où je vais. Je me fonds petit à petit dans cette maison.
Eleonor [Voix off] : Je veux rester ici, je veux rester ici pour toujours... Je n'aurai plus jamais peur... Je ne serai plus jamais seule.
Eleonor : J'ai triomphé des sortilèges du Castel. Je suis chez moi...
Eleonor : Je vous en prie, Luc, non. Gardez-moi ici. J'aiderai Mme Dudley. Ça ne vous coûtera rien que mon entretien. Je vous en prie.
Luc : Je regrette. Vous n'êtes pas du tout le genre de fille que j'entretiens.
Eleonor [Voix off] : Quels imbéciles ! Comme la maison les dupe facilement. Ce n'est pas en me disant de m'en aller qu'ils peuvent me faire partir. Ils ne peuvent pas me chasser si le Castel me fait savoir qu'il faut que je reste.









