Fiches de films - Répliques
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L'Oeil du Monocle
Dromard : Pauvre Schlumpf. Il ne savait pas choisir ses amis.
Poussin : Et avec ça, pas de chance. Venir mourir dans un trou pareil...
Dromard : Encore une victime des agences de tourisme...
Dromard : Là, voyez-vous, Poussin, je ne suis pas mécontent. Que l'Anglais soit venu, soit, je m'y attendais. Mais que ce renard de Matlov soit tombé dans le panneau lui aussi... Je suis très satisfait.
Poussin : Il est dangereux ce Matlov.
Dromard : Et pourtant, à le voir, on lui donnerait Lénine sans confession.
Matlov : Un de mes hommes a vu Dromard tirer et Schlumpf s'écrouler.
Major Cyring : Mais il ne s'est pas assuré de sa mort ?
Matlov : Vous connaissez le petit personnel. Toujours négligent. On est obligé de tout vérifier soi-même.
Major Cyring : Heureux ceux qui croient sans avoir besoin de voir.
Matlov : Moi, je suis matérialiste.
Major Cyring : Et moi, sujet britannique.
Dromard : [à Schlumpf] Je dois dire que vous avez fait un cadavre merveilleux. Quand votre enterrement... Quelle réussite !
Schlumpf : Beaucoup de monde ?
Dromard : Que des amis !
Schlumpf : Dromard, vous savez bien, vous seul pouvez m'aider. Vous seul et votre gouvernement. Il faut de très gros moyens que je n'ai jamais pu réunir et descendre à 40 mètres au fond de la mer, faire sauter une porte blindée, remonter les caisses !
Dromard : Rien que ça !
Schlumpf : Monsieur Hitler était un homme organisé.
Dromard : Un peu inquiet, non ?
Schlumpf : En Septembre 1943...
Dromard : Hum hum hum... j'admets.
Schlumpf : Toutes nos archives du front Sud évacuées ici après la rupture du front d'Italie. La correspondance de notre Fürher et de Mussolini. La preuve des conversations entre notre gouvernement et celui de Sa Majesté britannique en cachette des Russes. La preuve des conversations entre notre gouvernement et celui de Monsieur Staline en cachette des anglais. De quoi semer une jolie pagaille, comme vous dites.
Dromard : J'avoue que cela peut intéresser chez nous quelques esprits facétieux.
[Dans un bar fréquenté par des légionnaires]
Schlumpf : Je suis venu ici en 1944. Le décor était le même, mais les uniformes étaients différents... Vous ne m'avez jamais vu en uniforme ?
Dromard : Non ! Excusez-moi, vous étiez si nombreux.
Poussin : Mais c'est un des inconnus de l'enterrement !
Dromard : Oui, l'autre nous a déjà quittés, hélas !
Poussin : Eh ben celui-là ne va pas tarder à le rejoindre.
Dromard : Les médecins font des miracles aujourd'hui, à condition qu'ils interviennent à temps.
Poussin : Ah ! Ouais, à condition qu'il ne soit pas mort.
Dromard : Non ! Il a bougé...
Un gangster, blessé : Je... souffre...
Dromard : Alors parlez, mon vieux, ça soulage.
Le blessé : Un médecin, vite.
Dromard : Mon camarade et moi, nous ne sommes pas du pays.
Poussin : Et nous ne connaissons personne.
Le blessé : Je vais tout vous dire...
Dromard : Voilà, je suis sûr que vous vous sentez déjà mieux. Monsieur Poussin, allez chercher un médecin.
[Matlov a mitraillé Dromard peu avant]
Major Cyring : Notre ami Matlov aussi brûlait de vous voir.
Dromard : C'est fait. Nous nous sommes croisés ce soir. Le commissaire était en pleine forme. Un allant, une jeunesse...
Major Cyring : Et l'ami Schlumpf ? Comment se porte-t-il depuis son petit accident.
Dromard : Pas très brillant, Monsieur Schlumpf. Il a pris un coup de froid.
Diana : Schlumpf est mort. Poignardé, Major Ceyling.
Dromard : Je suis navré, Madame, que d'aussi beaux yeux aient contemplé spectacle aussi laid.
Poussin : Et ta soeur, elle habite toujours Moscou ?
Martigues : Ah ! L'argent ! Toujours l'argent ! Mais enfin, qu'est-ce que ça nous rapporte, l'argent, hein ! Tout ce qui est vraiment utile dans la vie, ça coûte généralement 3,50 F
Dromard : L'amitié en politique a ceci de bon qu'elle n'est jamais définitive.
Serveuse : Et pour commencer ?
Dromard : Caviar.
Serveuse : Bien !
Dromard : Une seconde, comment est-il, votre caviar ?
Serveuse : Comment il est, notre caviar ?
Dromard : Je suis très pointilleux sur le caviar.
Serveuse : C'est du caviar...
Dromard : Mais encore ? D'Iran, de Russie ou de Gironde ? Nouvelle pêche ou non ? Petit ou gros grains ? De qualité osciètre ou sevruga ?
Serveuse : Et si vous preniez des asperges ?
Dromard : Non, Mademoiselle. Un homme lancé sur le caviar ne peut plus revenir en arrière. Vous m'en donnerez une boîte.
Serveuse : La boîte fait 500 grammes, Monsieur.
Dromard : Ça ira pour commencer.
Serveuse : Bien, Monsieur. Vodka ?
Dromard : Champagne ! Piper Heidseck 57.
Poussin : Pour moi, ce sera un museau de boeuf vinaigrette.
[La voiture de Dromard explose]
Dromard : Vous allez peut-être dire que j'ai l'esprit de persécution, mais je suis persuadé qu'on m'en veut.
Martigues : Bon ben ça suffit comme ça. On tue mes amis, on me chasse de chez moi, on vient me chercher dans ma retraite, on torture ma femme...
Dromard : Votre muse.
[Une fusillade éclate]
Martigues : Maintenant, on me tire dessus ! Enfin, c'est pas juste. Tout le monde me frappe, m'assomme, me matraque. Vous bouffez mes provisions. Alors, vous voulez peut-être mon lit aussi !
Dromard : Merci. Vous avez toutes les délicatesses. [Il s'installe sur le lit.]
Dromard : Je vais vous dire toute la vérité. Martigues, je dois vous l'avouer, Erika est orpheline, victime de maîtres chanteurs. Ce sont eux qui l'ont obligée à retrouver le trésor d'Hitler. Sinon...
Martigues : Sinon ? [à Erika] Sinon ?
Erika [prise de court] Sinon... Sinon, mon père irait en prison.
Martigues : Ah ! Orpheline, hein ?
Dromard : Raison de plus !
Dromard : Vous devenez raisonnable.
Martigues : Non, mon Commandant. Je deviens patriote. Les choses étant ce qu'elles sont, c'est-à-dire pas très jolies, voir même dégueulasses, alors que voulez-vous que je fasse, moi ? Où voulez-vous qu'j'aille ? L'Europe entière me traque, et j'ai plus un sou. Alors, hein, l'amour, la poésie, la gentillesse, les oiseaux et les petites fleurs, allez hop ! Tout ça aux objets perdus. Puisque sans argent on peut pas vivre en paix, et ben alors on va aller en chercher ! Et rassurez-vous, vous allez l'avoir, votre Rolls. Mais je vous préviens, mon Commandant. Moi je veux ma part, moi, mais une énorme part !
Dromard : Il est toujours grand de se dévouer pour une noble cause.
Dromard : La Marine française a quand même autre chose à offrir à ses missions spéciales qu'une coquille de noix. Notre arme secrète, Du Guano, c'est de savoir jouer les imbéciles avec sincérité.
Dromard : De toutes façons, vous ne retrouverez pas Poussin, et cela, Matlov, je ne vous le pardonnerai jamais.
Matlov : Poussin ? Mais quel poussin ?
Dromard : Mon camarade, l'obscur, le sans-grade.
Du Guano : Il était sergent. 25 ans de service. Champion de boxe militaire, surnommé "Le Tigre." Disqualifié à vie pour irrégularités sur le ring.
Dromard : "Mânes des hommes illustres, mes modèles, mes idoles. Faites-moi un signe. Faites-moi comprendre que vous m'acceptez parmi vous. Pompée, César, à moi. Mais rien, pas un geste, pas un signe. Ils s'effacent, alors moi aussi." Malatesta, acte IV, scène 9. [Dromard se jette à la mer]
Matlov : Ce désespoir me paraît un peu excessif.
Erika : Que fait-on en Russie quand il y a un homme à la mer ?
Matlov : Ça dépend des cas. Il a une nage très élégante... un peu vieille France. N'est-ce pas ?
Du Guano : Avant 100 mètres, il aura coulé. Mais faites quelque chose !
Matlov : Chez nous, il y a un proverbe qui dit "Quand la tête de ton ennemi te plaît... enfonce-la sous l'eau."













