Fiches de films - Répliques
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Indigènes
Officier : Je sais que vous, les Aït-Seghrouchen, les montagnards, vous êtes les meilleurs combattants de l'armée française, bien meilleurs que toutes les autres tribus berbères. Et vous le montrerez. Maintenant, attention. Sur le territoire ennemi, la razzia est autorisée pour la popote. Mais pas touche aux femmes, sinon vous serez fusillés. Et en France, pas de razzia, de la discipline. C'est chez nous, la Mère Patrie. A gauche... gauche.
Larbi : Yassir, ils nous traitent comme des mules. Rentrons.
Officier : Soyez fiers de servir la France et la France sera fière de vous.
Larbi : Pourquoi tu nous as engagés ?
Yassir : Pour l'argent, pour te marier.
C'est nous les Africains
Qui revenons de loin.
Venant des colonies
Pour sauver la patrie.
Nous avons tout quitté,
Parents, gourbis, foyers,
Et nous gardons au coeur
Une invincible ardeur.
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu'un voulait nous séparer,
Nous serions là pour mourir à ses pieds.
Battez tambours, à nos amours
Pour le Pays, pour la Patrie.
Mourir au loin,
C'est nous les Africains
Martinez : Tiens, prends ça. C'est un fusil allemand. C'est les meilleurs. Tu seras le tireur.
Abdelkader : C'est pas de sa faute, sergent. Ils ont eu très peu d'entrainement.
Sergent : J'ai droit de vie et de mort sur vous tous. A commencer par toi.
Abdelkader : D'où tu viens, Saïd ?
Saïd : Du fond de la misère.
Abdelkader : Avec cet uniforme, tu es comme moi, tu es comme nous. On est une famille. L'armée, c'est l'égalité.
Messaoud : Attends demain, tu auras ta part de balles allemandes.
Martinez : Demain, ça va être notre fête.
Ali : Oui, demain, c'est la fête.
Martinez : Inch'Allah.
Journaliste : Mon Colonel ? Combien de pertes ? Combien de morts ?
Colonel : C'est une magnifique victoire. Ici, pour la première fois depuis la défaite de 1940, notre armée a vaincu les troupes allemandes. La France a reconquis sa place et la confiance des Alliés. Écrivez-ça. Écrivez ce que je vous ai dit.
Martinez : Toi, tu es à la cuisine, lui il tient un fusil.
Cuisinier : Bien, sergent.
Martinez : Le tirailleur peut se faire tuer pour nous sans histoire, mon Capitaine. Mais s'il y a injustice, ça peut exploser.
Capitaine : Vous les connaissez, les indigènes, Martinez.
Martinez : Ne les appelez pas comme ça devant nous, Capitaine.
Capitaine : Les Musulmans.
Martinez : Ça non plus, ils aiment pas.
Capitaine : Comment voulez-vous qu'on les appelle, Sergent ?
Martinez : Les hommes, mon Capitaine, les hommes.
Abdelkader : Mon Capitaine, avec nos frères d'armes français, on combat sous le même drapeau, sur le même terrain, face au même ennemi. Il faut partager les tomates aussi. Les balles allemandes ne font pas de différence, mon Capitaine.
Capitaine : Sergent. Dorénavant, quand il y aura des tomates, elles seront pour tout le monde.
Saïd : Le sergent dire pour moi : "Saïd monte dans la montagne." Il savait que j'avais peur. Mais je monte dans la montagne. Je monte dans la montagne. Je cours, je cours, je cours. Messaoud, il était à droite, le caporal il était à gauche. Là, Hamdulillah, j'ai pas peur. Mais l'Allemagne elle tire sur nous, elle tire à droite, elle tire à gauche. Partout elle tire sur nous. Messaoud il dit : "Couche toi dans le trou." Je couche dans le trou. Je parle pas. Le Sergent il regarde moi. Je regarde moi le Sergent. Je sais qu'est-ce qu'il veut. Je prends la grenade. Je dégoupille, je tire, je jette la grenade comme ça sur l'Allemagne. Tous l'Allemagne ils sont morts. Je libère un pays. C'est mon pays. Même si j'ai jamais vu avant. C'est mon pays.
Irène : Pourquoi t'as eu peur ? Les Allemands vont pas revenir. Vous les avez ratatinés.
Messaoud : C'est pas ça. Mais dans mon pays, on va pas avec les femmes françaises.
Larbi : Dis-moi, Yassir. Quand j'étais petit, les soldats français ont tué notre famille. Ils les ont massacrés. Qu'est-ce qu'ils ont dit ?
Yassir : Ils ont dit : Pacification.
Martinez : Caporal ! Approche. Qu'est-ce que tu lis ?
Abdelkader : C'est un manuel militaire, Sergent. C'est le manuel du gradé d'infanterie.
Martinez : Tu veux devenir Colonel ?
Abdelkader : Sergent d'abord, Sergent. Laissez-moi vous lire un passage. "En principe, aucun soldat ne doit rentrer illettré dans ses foyers à l'expiration de son service. Les cours sont obligatoires pour tous les hommes au moment de l'incorporation." Pourtant, ici, aucun des tirailleurs ne sait lire ni écrire.
Martinez : Saïd, tu veux apprendre à lire ?
Saïd : C'est trop tard, Sergent. Mais pour lire quoi ?
Martinez : C'est quoi ce bordel ? Pourquoi les Français, vous partez en permission, et pas nous ?
Un Soldat : On est sur le Front depuis Marseille.
Martinez : Nous, depuis l'Italie.
Le Soldat : Nous, on rentre à Paris. Toi, il faut te ramener en Afrique, chez les bougnoules.
Martinez : Le bougnoule, il t'encule !
Martinez : Faut pas se foutre de leurs gueules, mon Capitaine. Ils n'ont pas vu leurs familles depuis 20 mois. Ils mangent froid, ils se gèlent dans leurs tenues d'été.
Capitaine : Je sais, Sergent.
Martinez : Les Français, eux, ils ont des permissions.
Capitaine : Y a pas de bateau.
Martinez : Les bateaux, on en a bien trouvé pour les amener se battre. On peut bien en trouver pour les emmener en permission.
[Abdelkader lit des tracts envoyés par des allemands]
Abdelkader : "Soldat musulman, tu dois savoir que tu peux passer dans le camp allemand où tu seras accueilli à bras ouvert pour avoir la vie sauve. Tes chefs préfèrent t'envoyer à la mort plutôt que les Français. Soldat musulman, tu n'es pas né pour être esclave. L'Allemagne te donnera la liberté. L'heure de l'indépendance a sonné pour l'Afrique."
Martinez : Qu'est-ce que vous ferez sans nous, Abdelkader ? Tu as des idées derrière la tête ? Dis-les, d'homme à homme.
Abdelkader : De Gaulle a dit qu'on se battait pour le culte de la Liberté. Mais moi, je me bats au côté de la France contre le Nazisme. [Il jette le tract]
Saïd : Je sais que vous aussi, vous êtes comme nous... un arabe.
Martinez : Qu'est-ce que tu racontes là ?
Saïd : Je viens de voir la photo de votre mère de la chemise. C'est incroyable. Si vous mettre la photo de ta mère à côté de ma photo de ma mère, on dirait 2 soeurs.
Martinez : T'as fouillé dans mes affaires, Saïd ?! Fouille-merde, charogne. Parle jamais de ça, tu entends ? J'te tuerai !
Avec des pommes de terres et des fayots pourris,
La France est notre mère, c'est Elle qui nous nourrit.
Abdelkader : Les Français se couronnent les premiers, ensuite c'est vous les pieds-noirs, et nous les indigènes, on nous oublie.
Martinez : J'y suis pour rien, y a des quotas.
Abdelkader : Y a des quotas... Vous le saviez, vous nous avez rien dit.
Martinez : C'est comme ça, tu peux pas comprendre. Alors tu ferme ta gueule et tu dégages !
Abdelkader : Pourquoi je peux pas comprendre ? Parce que je suis un bougnoule, j'ai moins de cerveau que vous ?
Martinez : Les bougnoules, ils sont pas faits pour commander.
Abdelkader : Un jour, ça viendra, Sergent. Pardon. Sergent-Chef.
Rambert : Colonel, il faut être très ferme avec les Musulmans. Punissons ce Caporal de façon exemplaire.
Colonel : Rambert, dites-moi une chose.
Rambert : Oui, Colonel ?
Colonel : Avant de rejoindre in extremis le camp du Général De Gaulle, vous aviez quel poste à Vichy ?
Saïd : J'espère que tu vas mourir, Sergent ! Sergent-chef !
Journaliste : Les soldats français libèrent l'Alsace !







