Fiches de films - Répliques
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The Holiday
Iris : Tout ce qui a été écrit sur l'amour est vrai. Et à en croire les auteurs, il existe vraiment. Shakespeare a dit : "Le voyage s'achève à la naissance de l'amour." Oh, l'idée est magnifique. Personnellement, ce que j'ai vécu ne ressemble ni de près ni de loin à cet absolu, mais j'espère que Shakespeare était sûr de ce qu'il affirmait. J'pense à l'amour plus que personne, en tout cas plus qu'il ne faudrait. Et j'suis toujours étonnée par le pouvoir qu'il a de transformer et de conditionner nos vies. Shakespeare a aussi écrit : "L'amour est aveugle." Ça, je sais par expérience que c'est vrai.
Iris : Dans l'éventail des amours possibles, il en est un de la pire espèce. Sa cruauté est telle qu'il tue ses victimes. On l'appelle l'amour non partagé. Celui-là, je le connais, je suis experte en la matière. Dans la plupart des histoires d'amour, les sentiments sont réciproques. Et dans les autres ? Et nous alors ? Les laissés-pour-compte. Nous qui aimons sans retour, tous seuls dans notre coin. Nous sommes les victimes de l'amour à sens unique. Les oubliés dans la distribution du bonheur. Nous sommes les mal-aimés, les bancals, les handicapés du coeur, et ça ne nous donne même pas droit à des places réservées. Oui, je fais partie de ces âmes en peine. Parce que j'ai été éperdumment amoureuse de cet homme. Cet amour sans espoir a duré trois ans, et ces trois années ont été les pires de ma vie, les pires anniversaires, les pires Noëls, les soirs de nouvel an arrosés au cocktail de larmes et de Valium. Ces années ont été les plus sombres de ma vie. Tout ça parce que la fatalité a voulu que je tombe amoureuse d'un homme qui ne m'aime pas et qui ne m'aimera jamais. Dès que je l'aperçois, au secours ! Mon coeur s'emballe, ma gorge se noue. Impossible d'avaler. Enfin, tous les symptômes d'usage.
Amanda : Etant donné que je traverse une période de crise, que je me retrouve dans un endroit inconnu très loin de chez moi aux alentours d'un village dont je n'arrive même pas à me rappeler le nom, que vous avez débarqué ici à l'improviste et que vous êtes follement sexy, que je ne serai probablement qu'une filel de passage, pour vous, j'estime qu'il serait judicieux qu'on devrait s'envoyer en l'air... Si vous voulez.
Graham : C'est une ruse, cette question ?
Amanda : Graham, il n'y aucun danger. Je ne tomberai pas amoureuse, je te promets.
Graham : Bien envoyé ! Ça fait toujours plaisir.
Amanda : Non, non, ce que je veux dire, c'est que je me connais. J'vois comment les autres fonctionnent et c'est évident que je ne sais pas aimer comme tout le monde. Et ça, il faut pouvoir l'accepter.
Graham : Comme j'ai dit, tu as la palme de la fille la plus intéressante.
Amanda : Je sais pas si j'dois considérer que c'est un compliment.
Graham : Tu dois. Absolument.
Arthur Abbott : Iris, dans les films, il y a l'héroïne, et il y a l'amie dévouée. Vous, vous êtes une héroïne, je vous le garantis. Mais vous vous comportez en amie dévouée, et on vous pique la vedette.
Iris : C'est tellement vrai, ça ! Dans la vie, je me refuse le droit de figurer sur le devant de la scène. Arthur, vous imaginez que j'ai vu une psy pendant 3 ans, et qu'elle ne m'a jamais dit les choses comme vous avec clarté ? Vous m'avez bien analysée. c'était brutal. Mais bien clair, merci.
Graham [A Iris] : Call me old fashioned but one doesn't have sex with women who are unconscious.
Graham : J'ai une profession très prenante. En plus de ça, je suis père et mère à plein temps. Et ça, c'est difficile. Je lis des bouquins d'éducation pour être sûr de bien les élever et de cuisine pour apprendre à varier les repas. Pendant le week-end, je pars acheter des tutus roses. J'apprends aussi à coudre. Et j'amuse la galerie pendant le dîner.
Iris : Je sais ce que c'est d'être laissé-pour-compte, de se sentir insignifiant et quasiment transparent pour l'autre. C'est une douleur nouvelle qui nous transperce alors qu'on croyait les avoir toutes connues. Accompagner des amis en soirée, changer de coiffure, faire du sport... On essaie tout ! Et quand on va se coucher, ça nous rattrape. S'il est indifférent, c'est que j'ai du commettre une faute, on revoit ce qu'il fait, ce qu'il a dit, on revit tout les yeux ouverts dans le noir. Peut-être est-ce un malentendu ? Et on relativise les faits, les preuves qui mettent en évidence que l'autre ne nous aime pas. Il arrive même qu'on veuille se convaincre que rien n'est fini, qu'il reviendra frapper à notre porte, un soir. Ça peut durer longtemps comme ça. Et enfin, un jour, on finit par partir. On rencontre des gens nouveaux. Ils nous mettent un peu de baume au coeur en nous trouvant de l'intérêt. On commence à se reconstruire, à voir les choses autrement. Et si on souffre encore au souvenir, les moments difficiles, de ces années de vie qu'on a gâchées, on se dit qu'il pourrait s'effacer.
Graham [A Iris] : I have another scenario for you - I'm in love with you. I apologize for the blunt delivery, but as problematic as this fact may be, I'm in love... with YOU. I'm not feeling this because you're leaving, and not because it feels good to feel this way... which, by the way, it does, or did before you went off like that. I can't figure out the mathematics of this, I just know I love you. I can't believe how many times I'm saying it! And I never thought I'd feel this way again, so that's pretty phenomenal. And I realize I come as a package deal: 3 for the price of 1. I know my package, perhaps in the light of day, isn't all that wonderful, but I finally know what I want and that, in itself, is a miracle. And what I want is YOU.
Iris : Oh mon Dieu, quand je pense que j'ai failli replonger. Si on m'avait annoncé que j'dirais ça un jour, j'aurais été vraiment étonnée. On n'est pas du tout fait l'un pour l'autre. Je viens de le comprendre. En fait, tu avais raison.
Jasper : Arrête, t'y crois pas une seconde !
Iris : Si, j'y crois, là ! Je vois les choses autrement. Je vais peut-être te le dire avec 3 ans de retard, mais ça n'fait rien, il faut que ça sorte. Jasper... Une seconde, il faut que j'allume... Jasper, tu ne m'as jamais bien traitée, jamais.
Jasper : Oh, j't'en prie.
Iris : Non, chut. Tu m'as brisé le coeur. Et en plus, tu as fait comme si tout était ma faute. C'est moi qui comprenait rien à rien. Et bien sûr, j'étais trop amoureuse pour me mettre en colère contre toi. Et c'est moi que j'ai puni, au lieu de me révolter. Finalement, je décide de partir en vacances pour Noël. Je suis là, tranquille. Et toi, tu débarques ici en disant que tu ne veux pas me perdre alors que bientôt, tu seras MARIÉ ! Eh bien, tu vois, ça m'libère, c'est ça qui me permet de te dire : c'est fini ! Ce lien toxique, malsain, qui m'a ligoté à toi tant d'années, ça y est, je m'en débarasse ! C'est fini, je le tranche. C'est miraculeux, je ne suis plus amoureuse de toi ! [En s'en allant] Je vais vivre une autre vie ! Et tu en seras totalement exclu.
Jasper : Chérie...
Iris : Ce soir, j'ai un rendez-vous très important alors fais-moi le plaisir de débarrasser le plancher. Et tout de suite !
Jasper : Je pourrais savoir ce qui te prend tout d'un coup ?
Iris : J'en ai aucune idée, [mettant Jasper à la porte] mais tout ce que je sais, c'est que je crois que je commence à ressembler à une femme de caractère. [Elle lui claque la porte au nez. Et elle crie de joie derrière la porte.]





