Fiches de films - Répliques
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La maladie de Sachs
Monsieur Deshoulières [Au Docteur Sachs] : Mais surtout, j'voulais vous dire... Le jour où on est venu vous voir pour la première fois, vous vous souvenez ? On sortait de chez le docteur Jardin. Ma femme, elle en pouvait plus. Elle s'était mise à pleurer comme je l'avais jamais vu pleurer. Elle lui avait dit : "Docteur, faites quelque chose". Et il avait répondu : "Madame Deshoulières, je ne peux plus rien pour vous". Et là, ma femme a dit : "Ben docteur, on s'en va." C'est là que ma femme m'a dit : "On va aller voir le nouveau docteur." J'ai dit : "on n'a pas rendez-vous et puis, on le connaît pas." Et ma femme a répondu : "On n'attendra pas plus que chez l'autre." C'est vrai qu'on avait attendu plus d'une heure parce que le docteur Jardin donne toujours 3 rendez-vous à la fois. Ça dit tout. Et pour le reste, ça peut pas être pire. Ma femme vous a tout raconté. Et moi comme elle, on a bien vu que vous étiez choqué par ce qu'avait dit le docteur Jardin. Vous avez dit, je m'en souviendrai toute ma vie : "Quelque soit la maladie, on peut toujours faire quelque chose." Et quand on est parti, elle allait mieux. Elle a marché jusqu'à la voiture sans que je la soutienne. Et pendant 15 jours, je ne l'avais jamais vu comme ça depuis le début de sa maladie. Elle a repris courage, elle souffrait moins. Elle a même cuisiné plusieurs fois. Et j'y ai cru, vous savez. Et elle aussi. J'sais bien qu'elle va s'en aller. Elle aussi, elle le sait. On n'est pas en colère. C'est plus une vie de la voir tant souffrir. J'voulais vous dire que ces 15 jours-là, c'est pas grand-chose 15 jours quand on a souffert sans arrêt pendant 3 ans, mais ces 15 jours-là, elle vous en a toujours été reconnaissante. Et moi aussi.
[Sachs vient de se réveiller. La femme de ménage repasse.]
Mme Borgès : Les gens ici vous aiment bien parce que vous êtes patient.
Bruno Sachs : Parce qu'ils m'ont jamais vu en colère.
Mme Borgès : Vous en colère ? Et contre qui ?
Bruno Sachs : Eh ben par exemple contre les docteurs.
Mme Borgès : Eh ben ?
Bruno Sachs : Un docteur, ça discourt, ça pontifie, ça s'prend au sérieux... Ça m'emmerde.
Bruno Sachs [s'enregistrant] : Elles sont drôles, les femmes. Sûr d'être les seules à sentir, à savoir. Qu'est-ce que vous en pensez, docteur ? Est-ce qu'il vaudrait pas mieux... Je sais ce que je dis, je suis sa fille. Je suis pas docteur mais tout de même, je suis sa mère. Elles sont perdues, désespérées, elles en peuvent plus. Docteur, vous comprenez ? Oui, tu comprends qu'elles sont dans la merde et qu'elles te demandent d'y mettre les mains. Parce que lorsque tu pousses la porte de la chambre, tu vois bien que la toux, la fatigue, les larmes, ça donne pas du tout le fin mot de l'histoire. Le vieux te fait comprendre qu'il en peut plus de sa fille qui s'angoisse parce qu'il vieillit. Et le petit, s'il balance à la volée ses petits légumes si bien moulinés, c'est qu'il en peut plus d'étouffer dans l'amour de sa mère. Elles sont drôles les femmes, quand elles comprennent que t'es du genre à faire de la résistance. Mais vous n'allez rien faire, docteur ? Si madame, on va faire simple. [Se réécoutant] Elles sont drôles les femmes, toujours la même inquiétude, la même culpabilité. Qu'est-ce que vous en pensez, docteur ?
Pauline : J'suis désolée. J'peux pas m'empêcher de vous détester parce que vous allez m'avorter.
Bruno Sachs : C'est normal.
Pauline : Et aussi parce que vous trouvez normal qu'on vous déteste.
[Au téléphone, avec sa mère]
Mme Sachs : A une époque, je me suis même demandée si tu préférais pas les hommes. Mais j'ai vu une émission à la télévision où l'on disait que les homosexuels étaient très proches de leur mère. Ça m'a rassuré. Toi, tu es distant, secret. Tu vas pas rester seul toute ta vie, quand même ? Mais quelle femme irait faire sa vie dans ton village ? Ou alors une patiente, évidemment.
Bruno Sachs : Ceux qui font ça sont des sales cons !
Bruno Sachs [écrivant] : Moi, quand je faisais un stage d'infirmier, et qu'on nous a amenés un type qui faisait une pancréatite aïgue, il se roulait par terre en se tordant de douleur, j'ai dit à l'interne : "Vous trouvez pas qu'il en fait un peu trop ?" L'interne m'a coincé dans l'office et m'a dit de changer de métier. Le lendemain, j'ai voulu présenter des excuses aux malades, il était mort dans la nuit.
Bruno Sachs : Moi, quand j'ai dit à une patiente que ses douleurs au ventre pouvaient très bien être psychiques, que j'ai fait venir son mari pour en discuter avec eux 1 heure par semaine parfois 2 sans amélioration, le jour où elle m'a appelé pour me dire "j'ai trouvé l'explication en allant aux toilettes, c'est quand même pas compliqué à soigner un ver solitaire". Depuis, elle consulte à Lavigniers.
Bruno Sachs : Un soir, à un dîner...
Diego : Toi, à un dîner ?
Bruno Sachs : C'était y'a longtemps... J'ironisais sur les services hospitaliers qui n'avaient rien trouvé à un type qui venait de perdre 20 kilos. Et j'disais, content de moi, on perd pas 20 kilos sans avoir quelque chose. A la fin du dîner, sa femme m'a coincé entre deux portes et m'a dit que son mari avait un cancer inopérable, et qu'il le savait pas.
Une jeune femme [à son copain} : Un jour, c'est drôle, j'ai eu un malaise dans ce café. C'était assise là-bas dans l'coin. Le patron a appelé les pompiers et ils m'ont amenée à l'hôpital et ça me faisait vachment chier. Bon, alors j'étais là, à me geler sur une table d'examen quand un type en blouse est entré dans le boxe. Il m'a regardé d'un drôle d'air. J'ai pensé "encore un salaud qui va s'amuser à me ploter." Il m'a donné un peignoir et il m'a dit : "J'suis l'interne, qu'est-ce qu'il vous arrive ?" Alors je lui ai tout raconté : les emmerdes, pas bouffée depuis la veille et puis l'reste... Tout, quoi ! Alors il est sorti, et il est revenu avec un chocolat chaud et un sandwich puis il a pris ma tension, il a déchiré ma fiche, il m'a tendu la main, il m'a aidé à me lever, il m'a donné ma robe, il a souri et il m'a dit : "Rentrez chez vous, beauté." Il a rougi, et puis il est pati. C'était lui, là, à droite [en montrant Sachs].
Le client de la pharmacie : Le docteur Sachs, moi, je veux plus le voir ! La dernière fois, il a refusé de me prescrire mon médicament contre le cholestérol ! Il a dit que le cholestérol, c'est moins grave que les cigarettes. Mais moi, j'lui demande d'arrêter de fumer, j'lui demande de soigner mon cholestérol. Nan mais pour qui il se prend ? J'sais quand même mieux que lui ce dont j'ai besoin... C'est qui le malade ?
La standardiste médicale [réveillant Sachs, le seul médecin de garde pour une urgence] : C'est un bébé de 8 mois, il a de la fièvre et il pleure sans arrêt.
Bruno Sachs : Allez-y, Catherine, je note [il écrit l'adresse]. Elle l'a baigné ? Non. Dommage, elle aurait pu le jeter avec l'eau du bain.
Bruno Sachs [à son dictaphone] : Faut pas regretter de s'être dérangé pour rien. Ou pour les toqués, les jetés, les pas nets. Donner des exemples. Qui encore ? Les angoissés, terrifiés de passer encore une nuit seuls avec eux-mêmes. J'ai plus de parents, j'ai plus d'amis, mes enfants sont partis, mes voisins sont en vacances. Il faut que je parle à quelqu'un sinon j'vais tourner dingue.
Bruno Sachs [en consultation IVG] : Vous avez un enfant ?
L'infirmière : Une petite fille, métisse.
Bruno Sachs : Tous les enfants sont métis.
Pauline : J'ai quelque chose à signaler parce que ce n'est pas habituel. Enfin, chez moi. Vous me plaisez énormément, ce qui est tout à fait inhabituel d'être séduite par un médecin. Et vous, c'est habituel de susciter des émois chez vos patientes ? Parce que chercher à les séduire, ce n'est pas du tout votre genre. Je me trompe ou... J'me suis "Pauline, quand tu vas retourner dans ce service sinistre, avec ce médecin qui ne fait même pas net, tu vas t'apercevoir que tu fantasmais, contre-coup, l'émotion, tu as des excuses." Bien non. J'aimerais que vous ne me plaisiez plus mais vous me plaisez toujours. La situation étant de très mauvais goût, j'vais y mettre fin.
Bruno Sachs : Il paraît que j'ai pas de goût. Enfin, pas beaucoup. Le mauvais goût ne me dérange pas.
Pauline : Et la patiente qui tombe amoureuse du médecin, ça vous dérange ?
Bruno Sachs : Ça me surprend mais ça ne me dérange pas. J'espérais vous revoir aujourd'hui. Je me serais pas permis de vous le dire mais je vous permets pas de vous en moquer.
Pauline : J'ai plein d'a priori.
Bruno Sachs : Sans doute.
Pauline : Vous avez mon numéro de téléphone, mon adresse, même ma date d'anniversaire.
Bruno Sachs : Et vous, si vous voulez me joindre, entre l'hôpital, Mme LeBlanc et le Minitel, vous pouvez pas me rater.
Pauline : Ça manque d'imprévus.
Bruno Sachs : Et de mystères.
Pauline : On peut en inventer. Je ne vous appelle pas, vous ne m'appelez pas. Et si on s'croise en ville, on part ensemble ? D'accord ?
Bruno Sachs : Mmh.
Pauline [en partant] : Ah j'oubliais, j'veux beaucoup d'enfants.
Pauline [lisant un text de Sachs] : La vie est un enfer. On ne le sait pas tout de suite, on l'apprend dans son corps. Et lorsque le corps de l'autre vient s'en mêler, s'il n'y a pas ou plus d'amour, l'enfer est double. J'en ai vu, des femmes, les cuisses serrées et leur sacs par-dessus crachant leur haine d'un mari qui, quand il ne couche pas ailleurs, s'assoupit pendant le film et puis monte en traînant la savate, et lorsqu'elle le rejoigne enfin, après avoir étendu la troisième lessive et mis un suppositoire à la petite qui ne voulait pas dormir, se retourne vers elle sans même ouvrir les yeux, leur colle leur museau sur la figure, remonte la chemise de nuit, et j'ai pas besoin d'en dire plus, n'est-ce pas, docteur ? Vous savez comment c'est, les hommes ! J'en ai vu des hommes qui murmuraient en rédigeant leur chèque, qu'ils auraient bien voulu reprendre le foot, se remettre à faire des maquettes, mais le samedi, c'est pas possible, y'a les courses à faire à l'hyper, et ma femme n'aime pas conduire. Et le dimanche, c'est pas possible non plus, y'a ci, y'a ça. Y'a la belle-famille qui vient déjeuner alors le foot, les maquettes... Et de toute façon, j'ai beau mettre des journaux, elle râle parce que ça laisse des traces sur sa toile cirée, si jamais je laisse tomber une goûte de colle par terre, la voilà qui me saute dessus. Alors qu'au lit... Enfin, j'vous en dis pas plus... Elle dit tout le temps qu'elle veut que je sois gentil, que je lui parle mais en fait, ce qu'elle veut c'est que je la laisse parler, parler, parler... Vous me comprenez, vous savez comment c'est les femmes ?
Bruno Sachs : Vous devez penser que je suis un salaud d'écrire et de vous faire lire tout ça ?
Pauline : Oui, mais je supporte. Vous en écrivez souvent de ces réjouissantes considérations sur l'humanité ? [Sachs part et revient avec un gros carton d'écrits.] Tout ça ? On appelle ça comment en médecine ? Une manie, une maladie ? Ou un remède.
Bruno Sachs : Vous n'avez pas peur ?
Pauline : Moi non. Mais vous oui. Vous passez tout votre temps à écouter tout ce qu'on vous confie. Pourquoi vous n'auriez pas l'droit de vous confier en écrivant ?
Bruno Sachs [en lisant un de ses écrits] : Quand j'étais interne en pédiatrie, il y avait dans le service, un garçon de 8 ou 9 ans, qui chiait sans arrêt dans sa culotte. Pas parce qu'il ne savait pas se retenir, mais parce qu'il se retenait trop au contraire. Il se retenait depuis tellement longtemps qu'il ne sentait plus ce qu'il s'amassait dans son rectum. Alors à force de s'accumuler, ça sortait tout seul. Je passe sur les détails et nos essais pour le rééduquer. Un jour, j'ai interrogé le psychologue du service et il m'a dit que cela était souvent la conséquence d'une relation désastreuse avec la mère. Je n'ai pas voulu le croire... Jusqu'au jour où j'ai vu la mère !
[On voit la mère qui s'avance dans le couloir d'un hôpital, vers son enfant.]
La mère de l'enfant [en criant, à son fils] : Qu'est-ce que tu fais là ? Tu vois pas que tu gênes ? Va dans ta chambre !
Sachs [reprenant sa lecture] : Elle n'a pas eu un seul geste vers lui, rien qui puisse indiquer qu'elle était sa mère. Ou qu'il était son enfant. Ce jour-là, pour la première fois, j'ai éprouvé un sentiment effrayant. [fermant son cahier] Celui-là même que je viens de ressentir en virant une autre ordure. Un sentiment de haine incontrôlable qui me laisse tremblant à chaque fois.
Viviane, la serveuse [regardant Sachs et Pauline, en parlant à un autre serveur] : Ils me font chier à tant s'aimer... Ça me fait chier de les voir si amoureux.
Elle minaude pas. Quand elle lui parle, il regarde pas autour de lui. Quand il fait la gueule, elle le materne pas. Avec toute la misère qu'il doit voir, il a l'droit. Et puis quand elle a l'air d'aller moins bien, il est là lui aussi. Ils se parlent beaucoup. C'est marrant parce qu'ils sont vraiment intimes et ils se disent vous. T'as jamais vu ça ? Dans les vieux films, par exemple. Regarde ! On dirait qu'ils vont se lever, partir, rentrer dans son immeuble à elle, près du boulevard circulaire, monter l'escalier quatre à quatre, ils s'embrassent comme des fous, elle glisse sa cuisse entre les siennes, il faut pas une minute pour qu'ils soient déshabillés, elle a un très grand lit, toujours prêt avec des draps sombres. Ils se collent l'un à l'autre. J'suis sûre qu'elle adore ça. Qu'il la tienne et qu'il la regarde en même temps, ça la rend folle.
Ils me font chier avec tout ce désir mais j'dis rien. Parce qu'ils sont mon seul soleil dans cette taule...
Bon, j'vais aller prendre les consommations parce que je veux pas qu'ils changent de terasse. Ils me font chier mais j'ai qu'eux, alors j'les soigne.
Annie : J'ai fait ce que vous m'aviez dit.
Bruno Sachs : Endormir l'ennemi ?
Annie [en souriant] : Oui.
Pauline : Vous voulez pas prendre un bain et vous changez ?
Bruno Sachs : C'est-à-dire que M. Deshoulières va peut-être m'appeler. Faudra que j'me rhabille...
Pauline : Ben, c'est un métier à risques.
Bruno Sachs [dans son bain, avec Pauline à ses côtés] : Le premier texte que j'ai rédigé, c'était dans "Médecine Utopique" pour exhorter mes confrères pour ne pas se limiter aux seins des femmes mais à regarder ce qui se passe dans le slip des hommes. Le cancer des testicules, bien sûr mais aussi l'hypospade, les bourses vides, les bourses qui gonflent, le phimosis, le kyste du cordon, la décoloration de la peau, les mycoses, la perte de sensibilité du noeud. J'ai relu l'article et j'me suis dit : "Mais qui peut bien envie d'avoir envie de regarder tout ça ?"
Pauline [qui s'écrie] : MOI ! MOI ! MOI ! [Et elle plonge sa main dans l'eau, entre les cuisses de Sachs.] Vous ne savez pas comment c'est, les femmes !
Pauline [lisant un texte de Sachs] : Les maladies portent le nom des médecins qui les ont, sinon observées, du moins décrites la première fois. Elles ne portent jamais le nom de la personne qui en souffrait. Cela montre bien à quel point la maladie appartient aux médecins, à une caste.
Bruno Sachs : Oublions. Oublions les corps décharnés, les corps obèses, les corps pustuleux, les corps en sueurs, les corps déformés, les corps désirables, les corps couverts de crasse et sentant le feu de bois, les corps blancs sous un visage tanné par le soleil, les corps nauséabonds, les corps balafrés de bas en haut par les chirurgiens, les corps tordus par la douleur, les corps gluants, les corps brûlés, les corps gémissants.
Docteur Boulle : Il paraît que t'as eu des mots avec ma remplaçante au sujet d'un de tes patients, un cancer du larynx en phase terminale.
Bruno Sachs : M. Guillot. Dimanche, j'étais pas de garde et sa femme n'a pas voulu me déranger alors elle a appelé ta remplaçante. Il avait un oedème monstrueux et elle a dit : "c'est rien, ça va passer."
Docteur Boulle : Elle prétend que tu l'as traité de conne. Elle exagère toujours.
Bruno Sachs : Non, non, elle exagère pas. Je l'ai traité de conne, de connasse, d'irresponsable, de sadique. Y'avait un double du dossier médical chez les Guillot. Elle l'a même pas regardé.
Docteur Boulle : Tu lui as dit que tu lui souhaitais un bon gros cancer de l'ovaire pour qu'elle comprenne.
Bruno Sachs : C'est fort possible, j'étais un peu en colère.
Bruno Sachs [en parlant d'un prématuré] : Toutes les 4 heures, j'devais lui faire une injection intra-musculaire d'antibiotiques. La première fois, il s'est mis à hurler, il s'est tordu de douleur. J'ai cru que je l'avais tué. On m'avait pas dit que ça lui ferait aussi mal. J'lui ai pas fait les autres piqûres. J'ai vidé les autres ampoules dans le lavabo. De temps en temps, je collais mon oreille contre la paroi de la couveuse et je ne respirais que quand j'entends sa respiration qui se mettait à gargouiller. On m'avait dit de le toucher le moins possible. Au petit matin, j'ai enlevé mes gants, je me suis savonnais les mains pendant 10 minutes, et je les ai glissées nues sur lui pour le caresser, sa main a attrapé mon p'tit doigt et son poing l'a tiré vers sa bouche pour le téter. Je le regardais et je pleurais sans pouvoir m'arrêter.
Bruno Sachs : J'aurai pas d'enfants, j'veux pas les voir souffrir, j'veux pas les faire souffrir.
Pauline [A Sachs] : Vous ne refusez pas d'avoir un enfant. Vous refusez de le désirer, c'est ça ? Mon pauvre Bruno, vous n'avez aucune logique. On aura des enfants, vous les ferez souffrir, vous les verrez souffrir. [le serrant dans ses bras] Ce soir, faites-moi plaisir, soyez à ce que vous faites et faites preuve d'imagination.
Pauline [lisant le serment d'Hipocrate] : Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent, et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l'intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qu'il s'y passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les moeurs ni à favoriser le crime.Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de leurs pères. Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses, que je sois couvert d'oprobe et méprisé de mes confrères si j'y manque.
[A Sachs] C'est un début ou un fin ?
Bruno Sachs : Un début.


