Fiches de films - Répliques
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Le Grand Blond avec une chaussure noire
Perrache : Le type qu'on doit accueillir...
Toulouse : Oui ?
Perrache : Qui est-ce ?
Toulouse : Je ne sais pas.
Perrache : Pardon ?
Toulouse : Je ne sais pas. Allez à Orly demain matin à 9h30 et choisissez.
Perrache : Je ne comprends pas.
Toulouse : Oui, choisissez. Prenez n'importe qui, un homme dans la foule, le plus anonyme possible. Celui que vous allez accueillir n'a aucune importance. C'est un prétexte. Ce qui compte, c'est que Milan morde à l'hameçon. Je peux vous dire précisément ce que vous allez chercher demain à l'aéroport, mon petit Perrache : un piège à cons.
Toulouse : Pourquoi un violoniste ?
Perrache : Vous m'aviez dit de choisir n'importe qui.
Toulouse : Oui mais pourquoi un violoniste ?
Perrache : Parce qu'il avait une chaussure noire.
Christine : Une enfance sans histoire. Son père guide ses premiers pas vers la musique. Catholique. Praticant.
Milan : Homosexuel ?
Agent : Alors, on le descend ?
Milan : Non, j'aimerais d'abord savoir ce qu'il a dans le ventre. Ce sont ses yeux qui le trahissent.
Perrin : À propos, tu sais qui vient à 4 heures ?
Paulette : Non.
Perrin : Maurice.
Paulette : Maurice ? Pourquoi faire ?
Perrin : Je lui ai promis d'aller faire du cross avec lui au bois de Boulogne. Mais c'est pas drôle. Je fais le cheval avec toi à 2 heures et je cours à Longchamps à 4 heures.
Paulette : C'est à qui les petites noreilles ?
Perrin : C'est à moi.
Paulette : C'est à qui le petit neunoeil ?
Perrin : C'est à moi.
Paulette : C'est à qui la petite boubouche ?
Perrin : C'est à moi.
Un agent : C'est à qui les cigarettes ?
Perrin : C'est à moi.
Le cycliste : Alors les jeunes, on est à plat ?
Maurice : Non, on joue !
Perrache : Milan va vite s'apercevoir que c'est un piège, il est trop malin.
Toulouse : Milan ne s'apercevra de rien parce qu'il le construit lui-même, le piège. Nous avons seulement placé un petit morceau de gruyère dans la cage et Milan fabrique une souricière autour.
Perrache : Le petit morceau de gruyère, qu'est-ce qu'il va devenir ?
Un agent : En principe il va au bois. Mais maintenant il est foutu d'aller chez le dentiste.
Milan : On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde.
Perrin : J'ai les pieds glacés.
Christine : Ce n'est pas grave...
Perrin : C'est une journée bizarre.Christine : Pourquoi ?
Perrin : Ça a commencé le matin. Les copains m'ont cloué mes chaussures devant ma porte dans un hotel de Munich.
Christine : Ah bon...
Perrin : Ils me font toujours des blagues. J'avais sorti mes chaussures pour qu'on me les cire et ils me les ont clouées. J'ai été obligé de rentrer à Paris avec une chaussure marron et une chaussure noire. Puis y avait de la crème dentifrice dans ma pâte à raser et de la pâte à raser dans ma crême dentifrice... Et ça n'étonne personne. Puis après je suis allé au Bois avec un copain et il a eu des visions. C'est un type normal d'habitude. Sportif, carré. Pas du tout le genre à délirer. Tout d'un coup il entend des voix. Puis ce soir au concert, j'ai claqué une corde. Puis maintenant je me retrouve dans un lit avec toi, puis tu m'embrasses, puis j'ai les pieds glacés.
Un agent : Ça y est, ils baisent.
Milan : Mais qu'est-ce que c'est que ces galipettes à répétition ? Vous pouvez pas travailler avec votre tête de temps en temps ?
Christine : Quand ?
Milan : Hein ?
Christine : Quand travailler avec ma tête ? Il a passé la nuit à coincer mes cheveux dans sa braguette, à s'envoyer des coups de cornemuse, à jouer son opéra, et accessoirement à me faire l'amour... très bien d'ailleurs.
Maurice : Je suis pas fou, François.
Perrin : Mais non, mais non...
Maurice : J'ai entendu Paulette au téléphone tout à l'heure, ça j'en suis sûr
Perrin : Mais oui, et tu l'as entendue faire l'amour dans une camionnette de fleuriste hier.
Maurice : Oui...
Perrin : Et aujourd'hui tu as vu trois cadavres chez moi.
Maurice : C'est pas bon signe.
Perrin : Je suis pas médecin, moi, tu sais...
Toulouse : D'un côté Milan avec toute sa trouille, de l'autre le Grand Blond avec la chaussure noire. Cette histoire devrait se finir par un règlement de compte comme dans les bons westerns.