Fiches de films - Répliques
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La Soupe aux Choux
Le Glaude : J’ai l’diabète.
Le Bombé : Ba où que t’as vu ça ?
Le Glaude : Dans l’journal.
Le Bombé : Y parle de ton diabète dans la montagne ?
Le Glaude : Mais non ! Il en parle en général dans un article. Et y’a du particulier dans ce général là.
Le Bombé : Et bein alors ?
Le Glaude : Et bein et alors ?! Ma tante Augustine qui avait du diabète dans tous les coins, on lui a enlevé un œil comme ça ... elle est morte. Mon cousin germain Benoît, il était tout p’tit comme ça ... ba lui aussi il y a eu droit au diabète, alors on lui a enlevé un œil comme ça ... il est mort. Alors un et un pour moi ça fait deux.
Le Bombé : Et ba hey, confidence pour confidence, moi j’ai deux oncles qui sont morts en 14.
Le Glaude : Ah bon ?
Le Bombé : Et ba ça m’étonnerait bien que ça m’arrive. Allez bois donc.
Le Glaude : Ah non.
Le Bombé : Allez bois donc ! Bois donc !
Le Glaude : Faut plus que je boive !
Le Bombé : Bois donc ! Bois donc !
Le Glaude : Jamais ! J’vais au docteur !
Le Bombé : Et bein ... on a pas fini d’en causer tiens.
Le Bombé : Hey l’Glaude ! Mon eau sans m’venter, c’est la meilleure du coin pour la soupe et pour le perniflard. Y’a lad’ssous une nappe phréatique comme y’a point dans tout l’Allier. Quand j’pense que t’as supprimé ton puit pour l’eau du robinet, ça m’fais sortir de ma culotte à reculon.
Le Glaude : Mais tu sais bien, c’est la Francine qui la voulait sur l’évier ! Les bonnes femmes leurs faut tout l’confort moderne maintenant !
Le Bombé : Ah, leur faut même la qualité aux femelles. Ils vont être mignons tiens les gamins si elles les fabriquent toutes seules, à grand coup de seringues quelque part. Elles vont nous sortir que des hippocampes, comme on en trouve dans les mares. Ou bein des diabétiques.
Le Glaude : Ti vois l’Bombé, c’est encore dans notre petit coin à nous, loin des malfaisants, qu’on est encore le mieux pour attendre la mort.
Le Bombé : Ouais. Et bein moi en tout cas à l’asile j’irai point. J’aime mieux m’foutre dans mon puit, comme devrais l’faire tous les vrais puisatiers.
Le Glaude : C’est ça, et moi j’me taperai sur la tête jusqu’à la mort avec un sabot comme devraient le faire tous les vrais sabotiers, allons !
Le Glaude : Et ba si on peut plus péter sous les étoiles sans faire tomber un martien, il va nous en arriver des pleines brouettes.
Le Glaude : La soupe aux choux mon Blaise, ça parfume jusqu’au trognon. Ca fait du bien partout où qu’elle passe dans les boyaux, ça tient au corps, ça vous fait même des gentillesses dans la tête. Tu veux que j’ti dise, ça rend meilleur.
Le Glaude : Et reviens vite la Denrée, t’es un bon gars.
Le Glaude : Allez, un p’tit canon. Un canon c’est un coup d’vin rouge.
La Denrée : J’avais bien compris. Le mot revient souvent dans votre langage.
Le Glaude : Et ba chez vous on vieillit pas vite mais on doit pas rigoler souvent, hein ?
La Denrée : On n’rigole pas, comme vous dites.
Le Glaude : Aïe.
La Denrée : Pas du tout. Jamais !
Francine : Oh, mais tu l’as encore cette sale bête. Faudra m’lui filer un coup d’fusil à cette charogne. Ah propos d’charogne, le Bombé est mort ou pas ?
Le Glaude : Mais non il est pas mort, il est malade.
Francine : Pendant que je serais partie, tu pourras débarrasser la table et puis laver les bols. Et au lieu d’aller vider des chopines avec ton acolyte, tu tacheras de laver par terre. On voit même plus la couleur du carrelage.
Le Glaude : Alors, j’te permet pas d’me parler comme ça parce que j’t’ai quand même apporter des beaux géranium, des beaux p’tits pétunias ...
Francine : Ah partir de maintenant tu m’arrangeras plus, tu m’fras plus trimer, toute une vie j’ai laver les draps dans la rivière, préparer l’frigo. Cette vie là j’en ai rien vu du tout, elle est passé comme un éclair. Sans rien. Alors une vie d’perdue ça suffit. Moi j’ai la chance d’en avoir une deuxième sous la main, alors je veux m’amuser ! Et rire ! Et chanter ! Voilà.
Le Glaude : Il faut quand même que j’t’apprennes que c’est grâce à moi si t’es en vie aujourd’hui. Si j’avais pas pété, tu seras pas là ! Parce que moi quand j’péte, la Denrée arrive tout d’suite dans sa soucoupe volante.
Francine : Et bein, t’as du en vider des tonneaux de pinards pendant que j’étais pas là.
Le Glaude : Et bein mes cadets, et bein mes p’tits frères, ça commence bien.
Le Glaude : La Denrée ! La Denrée ! Oh mais j’attendais pas. Qu’est ce que c’est que ça ? Hein ?
La Denrée : J’ai eu d’l’avancement. J’suis plus Oxien de 2ème classe, j’suis Oxien de 1ère classe.
Le Glaude : Ooooh !
La Denrée : Et grâce à vous, l’Glaude.
Le Glaude : Grâce à moi ?!
La Denrée : Oui. Grâce à votre soupe. On m’a donné la soucoupe qui met 2 heures au lieu de 3.
Le Glaude : Mais j’ti avais pas dis que tu monterais en grade ! J’ti avais pas dis, hein ? Et qu’il t’manquait que de boire le canon pour leurs grimper par-dessus les têtes à t’es 5 têtes, hein ?! Si t’as d’l’ambition ...
La Denrée : Oh non ...
Le Glaude : Si t’as d’l’ambition, tu y arriveras. Chez nous, les huiles, ils boivent que du pinard mais pas du pinard de Soldat. Du vin bouché, du cacheté, qu’on pourrait pas s’y payer nous autres puisque c’est nous qu’on leur paie.
La Denrée : Le Glaude, il faut absolument que vous veniez chez nous, puisque vous savez planter les choux à la mode de chez vous.
Le Glaude : Il est brelot ! Il est brelot ! Il est brelot ! Il est brelot ! Il est brelot !
La Denrée : Non, j’suis pas brelot ! Oxo est une planète à oxygène ou vous pourriez vivre jusqu’à 200 ans, sans maladie ni infirmité. Et quand vous serez là haut, il vous restera 130 ans à vivre au lieu de 10, avec beaucoup de chance.
Le Glaude : Il est brelooot ! Mais je ne me vois pas vivre 130 ans sans chopine, sans tabac ! Avec un caillou à bouffer à midi et une capsule le soir !
Le Glaude : On aurait mieux fait de ne pas péter ce soir là plutôt que de t’attirer ici, comme une mouche à merde !
La Denrée : Vous y pensez, l’Glaude, ce que vous venez de dire ?
Le Glaude : Parfaitement !
La Denrée : Il faut pas parce que je vous aime bien moi, le Glaude. Même qu’on m’y reproche assez sur Oxo que c’est du malheur d’aimer les gens.
Le Glaude : Ils racontent ça t’es sauvages ?
La Denrée : Oui.
Le Glaude : Et ba moi aussi j’taime bien, la Denrée. Et j’en ai point honte.
La Denrée : C’est vrai qu’vous m’aimez bien l’Glaude ?
Le Glaude : Ouiii ma vieille Denréeee !
La Denrée : Aaaaah non de diou, d’nom de diou ! Versez moi un canon l’Glaude !
Le Glaude : Comment ?!
La Denrée : Ba ti comprends ti pas ?! Verse moi un canon nom de diou !
La Denrée : Ah ! Je suis tellement content Monsieur Chérasse de votre décision. Content content ! Je viendrais ce soir à minuit pour votre départ. Le Glaude, vous m’présenterez Monsieur Chérasse.
Le Glaude : Oui.
La Denrée : Y’aura d’la soupe ?
Le Bombé : On en fera.
La Denrée : Y’aura un ch’tit canon à boire ?
Le Bombé : Y’en aura même deux.




