Fiches de films - Répliques
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L'Impasse
Carlito : Quelqu'un m'attire vers le sol. J'ressens les choses, mais, j'vois rien. Mais j'panique pas. J'suis déjà passé par là, comme quand j'me suis fait flinguer dans la 104ème. Ne m'emmenez pas à l'hopital surtout, leurs urgences à la con, ça a jamais sauvé personne. Y a toujours des fumiers qui trouvent le moyen d'vous flinguer à minuit, quand y reste plus qu'un interne chinois avec un vieux thermomètre. Regarde-moi ces connards qui s'agitent dans tous les sens. Ça sert à quoi ? C'est déjà bien beau d'avoir réussi à trainer mes fesses de portoricain jusque là.
Carlito : Vous en faites pas. Mon coeur, y m'laisse jamais tomber. Moi j'suis pas encore prêt à tirer l'rideau.
Carlito : Monsieur le président, avec tout le respect que je vous porte, maintenant comme hier et pour aller tout de suite au plus court, je dis bien haut devant ce tribunal que j'en ai fini de vivre en marge de la loi. Voilà c'que je voulais vous dire. J'ai été atteint par tous les virus sociaux qui ravagent les ghettos. Mais mon séjour dans ces modèles d'établissements correctionnels que sont Greenhaven et Sing-Sing n'a pas été inutile. Ça m'a guéri ! Ça m'a fait renaître comme les hommes du Watergate ! On vous a déjà servi ce couplet seulement là, c'est vrai. C'est du sérieux. J'ai changé. J'ai changé ! Et il n'a pas fallu trente ans comme votre Honneur l'avait estimé, mais seulement cinq. Parfaitement. Cinq ans. Et regardez moi : complètement réhabilité, re-, remis à neuf, récupéré par la société, et en fin de compte, je vais être relogé. Et y a tout un tas de gens que je voudrais remercier. Je regarde à ma droite, et je vois cet homme, là-bas, monsieur Norwalk. Je veux vous remercier, monsieur, d'avoir fait ces bandes magnétiques en toute illégalité. Et je veux aussi remercier les membres de la cour d'appel d'avoir annulé votre sentence. Et je remercie également Notre Père qui êtes aux Cieux, car grâce à lui, aucun verdict n'est pris à la légère.
Le Juge : J'ai l'impression de rêver...
Carlito : Ah j'ai failli oublier ! Comment est-ce que j'ai pu oublier ? Mon très cher avocat et ami, David Kleinfeld, qui ne m'a jamais, jamais, jamais laissé tomber, et qui m'a soutenu contre vents et marées.
Le juge : La décision de la cour d'appel... et les techniques malencontreuses de Monsieur le Procureur... m'imposent le pénible devoir de relâcher au péril de la société un meurtrier notoire condamné pour trafic de stupéfiants.
Carlito : Non, j'ai jamais été condamné pour de la dope !
Kleinfeld : On s'rend service. Les amis, c'est fait pour ça.
Carlito : J'ai déjà une dette envers toi. Et les services, ça tue encore plus vite qu'une balle.
Kleinfeld : Toi, tu vas louer des voitures ?!
Carlito : Ouais, j'm'y connais en bagnoles. J'ai commencé à en voler à l'âge de 14 ans.
Pachanga : Tous les petits jeunes qu'on voit maintenant, ils ont aucun respect pour la vie humaine. Ils te canardent au fusil de chasse juste pour te voir valdinguer dans le décor.
Carlito [pris au piège avec un flingue vide]: J'ai rechargé ! Compris ? Amenez-vous, bande de fils de putes ! Et ben alors, j'vous attends ! Qu'est-ce qu'y a, vous venez pas ? Bon, j'arrive ! Maintenant vous l'avez dans l'os, fumiers ! J'vais vous exploser la tête ! Vous vous prenez pour des grosses pointures ? Vous allez crever comme des rats, minables ! Vous êtes prêts ? Ça va faire mal !
Carlito : Tu disais que c'étaient tes potes, mais y'a pas de potes dans ce business de merde.
Carlito : C'est plus du trafic, ça, c'est qu'une bande d'excités qui se descendent entre eux. Je cherche pas les merdes, elles me tombent dessus. J'me sauve, elles me courent après. Y doit quand même bien y avoir un moyen de les semer.
Carlito : Et me voilà au club dans le rôle d'Humphrey Bogart.
Steffie : Carlito ? Tout à l'heure, c'est bien à Benny Blanco que tu parlais ?
Carlito : Ouais, Benny Blanco, l'homme du Bronx.
Steffie : Je m'suis laissée dire que c'est une valeur qui monte.
Carlito : Ouais, ah ouais, il a beaucoup d'avenir. S'il arrive à passer la semaine.
Taglialucci : T'as déjà un contrat collé au cul, ma grande. Les hommes, les flingues, la chaux-vive est déjà dans le trou.
Benny Blanco : Monsieur Brigante, c'est la deuxième fois que j'vous offre un pot et que vous refusez. Vous aimez pas mon champagne ?
Carlito : Ouais, ça s'pourrait.
Benny Blanco : A mon avis, il doit y avoir comme une légère erreur, j'sais pas, vous vous souvenez pas de moi, je m'appelle Benny Blanco.
Carlito : J'en ai peut-être rien à foutre. Et peut-être même que je me souviens pas de la dernière fois que je me suis torché le cul.
Benny Blanco : Carlito, on a un putain de problème de communication, là !
Carlito : Ecoute, Benny Blanco, l'Homme du Bronx. Cette gonzesse, Steffie, appartient au club. Alors si t'as le malheur, et je dis bien le malheur, de ramener ta tronche de cake dans le coin, je t'éclate comme ça, hop.
Benny Blanco : T'es un homme fini. T'appartiens à l'histoire ancienne et t'as plus d'avenir. Alors tu ferais bien de me tuer tout de suite parce que si j'ai le malheur de revoir ta gueule j'te tue.
Carlito : C'est pas malin, là j'ai joué au con. Mais c'est les vieux réflexes qui reviennent. Normalement, la suite logique de tout ça, c'est que Benny y passe. Si je l'fais pas, les gars vont se dire : "Oh, Carlito s'dégonfle, y s'est ramolli, c'est un ex-dur à cuir, c'est la tôle qui l'a eu." La rue, elle t'a à l'oeil. Elle te surveille sans arrêt.
Kleinfeld : Vous voulez baiser, mais baisez, comme des gens normaux, les chambres c'est fait pour.
Kleinfeld : J't'emmerde, toi, ta sale morale à la con et ton soi-disant code de l'honneur. C'est ça qui a réduit ta peine de trente ans à cinq ans ? C'est ça ? Non, c'est moi. C'est ça qui, quatre fois, t'a fait acquitter ? Putain, non, c'est moi. Alors va te faire foutre, va chier avec ta rue, ton univers, il est minuscule, il a qu'une loi : chacun pour ses fesses.
Carlito : Désolé, les mecs. Tous les points de suture du monde pourront pas me recoudre. Laisse tomber, laisse toi aller. Ils vont m'allonger dans un salon des pompes funèbres Fernandez dans la 109ème rue. J'ai toujours su que j'y ferai un saut, mais beaucoup plus tard que ce que croyaient pas mal de gens. Le dernier des mohicans portoricains. Enfin, peut-être pas le dernier. Gail sera une bonne mère. Un nouveau Carlito Brigante, en mieux.