Fiches de films - Répliques
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Le Corbeau
Dr Germain : La mère est sauvée
Grand-mère : Et l'enfant ?
Dr Germain : Non.
Grand-mère : Mon dieu, docteur, vous n'avez pas fait ça ?
Dr Germain : Je l'ai fait. Honnêtement. Si vous tenez à avoir un petit fils, dans 6 ou 8 mois, pas avant. Vous demanderez à votre gendre d'en faire un autre.
Voisine 1 : Il a déjà eu du mal la première fois.
Voisine 2 : Il se fera aider par un voisin.
Dr Delorme : Tenez, au lieu de vous disputer, venez donc avec moi. Je vais vous montrer une gangrène tout à fait pittoresque. Le tibia est sorti de la jambe de plus de 10 centimètres, ça a l'air d'une blague.
Dr Germain : Je vous demande pardon, Monsieur, mais je n'ai jamais été très blagueur.
Dr Delorme : Tant pis pour vous, le docteur Bertrand profitera seul du spectacle, mais vous le regretterez.
Dr Germain : J'en suis sûr...
Dr Delorme : Vous allez voir, mon cher, c'est crevant !
Dr Germain : Vous vous parfumez ?
Denise : Ça ne vous plaît pas ?
Dr Germain : J'aurais mieux fait de laisser la fenêtre ouverte.
Dr Vorzet : Ne vous fâchez pas, je vous rends vos lettres. Ah, vous permettez ? Je suis un peu graphologue.
Dr Germain : Je vous croyais simplement mystificateur.
Dr Vorzet : Graphologue ET mystificateur. L'un n'exclut pas l'autre. Mmm, curieux caractères. De l'intelligence, beaucoup d'intelligence, un peu trop. De la sensualité. Beaucoup trop de sensualité... Et avec ça, un manque de souplesse, de liberté. Vous n'avez pas d'indulgence pour la vie, mon cher. Vous êtes un bloc. Un beau bloc, mais un bloc. Ça ne doit pas vous faire énormément d'amis.
Bonnevie : Messieurs !
Un homme : Et les dames ?
Bonnevie : Mesdames !
Un homme : Bin et nous ?
Bonnevie : Mes chers amis !
Tous : Hou !
Denise : Alors vous partez ?
Dr Germain : Non, je fous le camp.
Dr Germain : Vous, vous êtes croyant ?
Dr Vorzet : Prudent... Dans l'incertitude, je prends une assurance, elle coûte si peu.
Dr Vorzet : [Faisant une dictée pour repérer l'auteur des lettres du Corbeau. Il dicte la lettre envoyée à Germain] Prenez vos plumes, je commence : Lettre numéro 1 : "Petit débauché, petit débauché, tu fais joujou, tu fais joujou, avec la femme à Vorzet, avec la femme à Vorzet, Laura la..." Euh, vous mettrez un "p" et plusieurs points de suspension. "Prends garde, j'ai l'oeil américain et je dirais tout".
Dr Vorzet : [dictant la lettre envoyé au suicidé] "Vieux canard, tu as un cancer du foie croquignolet, Vieux canard, tu as un cancer du foie croquignolet, qui te mène grand train aux asticots."
Dr Germain : "Qui te mène grand train aux asticots."
Dr Vorzet : "Germain se paie ta pauvre bobine de crevard, Germain se paie ta pauvre bobine de crevard. Mes amitiés au Père Eternel, au père éternel. Le Corbeau."
Dr Germain : Dites-moi franchement : vous aimez Denise ?
Dr Vorzet : Non, je ne pense pas... Je l'ai désirée, ça oui, je la désire encore certaines nuits. Mais si je la savais coupable, je n'hésiterais pas à la dénoncer.
Dr Germain : C'est cornélien... Vous avez tout du vieil Horace. Moins la barbe. Et encore... Vous avez une barbe virtuelle, c'est peut-être plus beau.
Germain : Enfin, mon cher, comment contrer une mauvaise bête ?
Dr Vorzet : J'en rencontre une chaque matin, dans ma glace, accompagnée d'un ange. Vous êtes formidable ! Vous croyez que les gens sont tout bons ou tout mauvais. [En descendant une lampe] Vous croyez que le bien, c'est la lumière et que l'ombre, c'est le mal. [Il fait se balancer la lampe] Mais où est l'ombre ? Où est la lumière ? Où est la frontière du mal ? Savez-vous si vous êtes du bon ou du mauvais côté ?
Dr Germain : Quelle littérature ! Il n'y a qu'à arrêter la lampe.
Dr Vorzet : Arrêtez la. [le docteur Germain touche la lampe et se brûle les doigts] Vous vous êtes brulé. Vous voyez, l'expérience est concluante. Tenez, je vous aime bien, je vais vous faire une confidence : je me drogue. Je me pique. C'est pour moi que Marie Corbin subtilisait à la pharmacie les ampoules de morphine, parce qu'elle a une vieille passion pour son ex-fiancé. Et je ne me prends pas pour un monstre, vous savez. Méditez là-dessus, jeune homme, et faites votre examen de conscience. Vous serez peut-être étonné du résultat.
Dr Germain : Je me connais.
Dr Vorzet : Orgueilleux... Depuis qu'il souffle sur la ville un tourbillon de haine et de délation, toutes les valeurs morales sont plus ou moins corrompues. Vous êtes atteint comme les autres ! Vous tomberez, comme eux ! Oh, mais je ne dis pas que vous étranglerez votre maîtresse, non, mais vous fouillerez ma serviette si je l'oublie sur ce bureau, et vous coucherez avec Rolande si elle est amoureuse de vous. On n'a pas le choix, vous savez...
Dr Germain : On voit que vous avez l'habitude de soigner les fous.
Dr Vorzet : A votre service. Et bonne nuit quand même.
La mère du cancéreux : [Montrant une lame de rasoir avec laquelle son fils s'est suicidé] Vous connaissez ça ? Il n'a servi qu'une fois. François est mort avec sa barbe. Il servira encore.
Dr Germain : Vous n'avez pas le droit de faire ça !
La mère du cancéreux : Vous croyez ?
Dr Germain : J'en suis sûr.
La mère du cancéreux : Alors je le ferai sans droit.