Fiches de films - Répliques
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Les Clefs de Bagnole
Laurent : Ca fourmille !
Producteur : Ouais, ça réfléchis.
Laurent : Moi quand j’le lis on m’dit « Ca fourmille » !
Producteur : Mmm, ça fourmille ...
Laurent : Et j’ai pensé l’appelé à une époque « Ca fourmille » et puis non, faut pas, c’est « Les Clefs de Bagnole », c’est « Les Clefs de Bagnole » hein.
Elie : Fout moi la paix hein, demande à Dieudo !
Dieudonné : Oh non fout moi la paix, demande à Elie !
Edouard Baer : Nan, j’respecte ton truc là pouet pouet à la télé : ouais ouais ouais, moi j’déconne, pouet cul, c’est très bien j’trouve ça marrant, j’suis l’premier à rire à ça. Mais l’cinéma c’est autre chose. C’est Carné, c’est Renoir, c’est les Frères Lumière tu vois ? C’est la Ciotat, tu vois ? C’est l’arrivé du train à la Ciotat. C’est la sortie des ouvriers, là c’est du travail, ça c’est l’histoire, c’est l’histoire de l’humanité. Et c’est pas un p’tit con, que j’respecte, qui est formidable, et qui va « hey moi aussi la télé, nan nan j’veux faire du cinéma ». Là, là va t’faire enculé. D’une certaine façon, métaphoriquement parce que bon ...
Jean Rochefort : J’ai tourné avec les plus grands. C’est pas pour tourner avec les plus p’tits.
Jamel : Il veut que j’tourne dans son film.
Bande : Hahahahahahaha !
Jamel : Ce s’ra pas possible. ‘Scuse moi je ... nan nan. J’peux pas faire ça. Ou au maximum, si j’tourne dans ton film ... j’fais une voix.
Bande : Hahahahahahaha !
Jamel : Et encore ... et encore ... et encore faut que ce soit une voix de chien.
Bande : Hahahahahahaha !
Jamel : Attends attends, et si ... et si l’chien il est en pate à modelé.
Bande : Hahahahahahaha !
Laurent : C’est qui ?
Daniel : C’est moi, ouvre !
Laurent : C’est qui « moi » ? J’en connais beaucoup des « moi ».
Daniel : Dis donc, j’pense à un truc là.
Laurent : Quoi ?
Daniel : La belle histoire d’amour, on l’a pas encore vu dans l’film ?
Laurent : Nan. C’est après ça.
Daniel : Donc ça va arrivé ?
Laurent : Ouais.
Daniel : Et c’est qui qui va la vivre ?
Laurent : Oh écoutes tu verras.
Daniel : Sois pas salaud, dis le moi.
Laurent : Non non, j’te dis rien, sinon après y’a plus d’surprise et tu vas jouer comme un cochon. J’vais pas t’raconter l’film, t’es gentil.
Daniel : Bon allé ! Après j’te demande plus rien, j’te l’jure !
Laurent : T’es chiant hein. J’voulais t’faire la surprise.
Daniel : C’est ... c’est moi ?
Laurent : Ouais.
Daniel : Merci mon lolo.
Laurent : Allez.
Daniel : Hey, attends. Sinon la meuf elle est bonne ?
Laurent : Daniel, c’est comme ça que tu parles de ta belle histoire d’amour ?
Daniel : Non enfin j’veux dire, la fille elle est belle ?
Laurent : Elle est magnifique. Bien gaulée, comme tu aimes, c’est ta came ! Grave !
Daniel : Attends attends.
Laurent : Quoi ? Quoi ? Quoi ? Ca cogite hein.
Daniel : Y’a pas une couille par hasard ?
Laurent : Quelle couille ?
Daniel : Non parce que, comme c’est toi qui a écrit tout l’film, et qu’à un moment donné y’a un super canon à niquer.
Laurent : Daniel.
Daniel : Non non, enfin j’veux dire y’a une jolie fille à séduire, je sais hein, mais je trouve que tu m’laisses la place bien facilement alors j’me demandais juste si y’avais pas une couille c’est tout. Je sais pas, mais peut être que pour faire un gag, elle pourrait avoir des champignons ou un truc comme ça, ça pourrait être drôle.
Laurent : Parce que tu trouve ça drôle toi une belle fille avec des champignons ?
Daniel : Bon ça va, on est d’accord.
Laurent : On comprend que vous allez faire l’amour mais on fais l’impasse sur la scène de cul pour pas être graveleux ! On fait ça tout l’temps au cinoche.
Daniel : Mais pas du tout ! Moi quand j’loue une cassette on vois tout.
Laurent : Ouais sauf que c’est pas les mêmes films. On peut pas montrer quand vous baisez, on va être interdit aux moins de 18 ans, surtout vicelard comme t’es.
Double de Daniel : Bonjour !
Daniel : Ba ... Qu’est ce que c’est que cette connerie là ?
Laurent : Ba c’est toi.
Daniel : Ba j’vois bien que c’est moi. Mais ça sert à quoi ?
Laurent : Ba c’est pour les jeunes !
Daniel : Les jeunes ?
Laurent : Ba oui, aujourd’hui Daniel au cinéma si y’a pas au moins un personnage qui se dédouble et ba les jeunes ils accrochent pas, c’est comme ça.
Laurent : Au revoir Bingo.
Jamel : Comment ... Comment ça, « au revoir Bingo » ?! Tu voulais dire « assis Bingo ». Tu voulais pas dire « au revoir Bingo », ça veut rien dire « au revoir Bingo » !
Laurent : Non j’voulais dire « au revoir Bingo » parce que t’es un super chien mais là franchement j’peux pas t’garder. Y’a le film, tu comprends.
Jamel : Qu’est ce que ça veux dire ça ... le film , mais c’est pas plus important que moi le film, si ?
Laurent : Mais non c’est pas ça, tu comptes beaucoup
mais j’ai commencé un travail et j’dois l’finir. Tu m’en veux ?
Jamel : Mais qu’est ce que j’vais d’venir ?
Laurent : Ba ...
Jamel : Mais ... qu’est ce que j’vais faire ? J’vais quand même pas allé à la NESPEA quand même, si ? C’est ça que tu veux ? Tu veux qu’on m’pique avec une piqûre ? Mais quel bâtard ! En plus tu veux que j’te dises ton film c’est même pas un film, t’es mal fais ! C’est d’la mauvaise pâte à modelé. T’es même pas ressemblant, on dirait une pale copie de Zizou ton truc.
Laurent : Zizou ?! Tu trouves que j’ressemble à Zizou ?!
Jamel : Ouais mais un Zizou qui jouerait à Gueugnon tu vois ? Un Zizou qui marquerait jamais d’but.
Daniel : C’est ça qui manquait à ton film ! Une belle scène d’action là, un truc qui pète un peu avec des flingues, des cris, des larmes, du sang partout.
Laurent : Ah non pas de sang dans mon film, je déteste ça moi.
Daniel : Réfléchis deux secondes : tu crois que Tarantino il a cartonné en filmant des trousseaux d’clés ?!
Laurent : Je ne veux pas de violence dans mon film.
Daniel : Ah ouais, et comment tu vas le faire ton hold-up ?
Laurent : Ba à l’amiable !
Daniel : A l’amiable ! Oh putain le scénario !
Laurent : Bonjour !
Guichetière : Oui, c’est pour quoi ?
Laurent : C’est pour un retrait !
Daniel : Un gros retrait !
Guichetière : Oui, vous me donnez votre numéro de compte, s’il vous plaît ?
Laurent : Non, on a pas de compte chez vous.
Guichetière : Excusez moi, je comprends pas bien là.
Daniel : C’EST UN HOLD-UP MA GROSSE !
Laurent : Daniel, à l’amiable on a dit, hein.
Daniel : C’est un hold-up, s’il vous plait madame.
Guichetière : J’ai bien peur de ne pas être compétente, je vous emmène chez le directeur vous me suivez ?
Daniel : Ouais.
Le directeur : C’est à dire que d’habitude les gens qui commettent un hold-up viennent masqués et armés.
Daniel : Ca je suis bien d’accord !
Le directeur : Et vous vous n’avez pas d’arme.
Laurent : Ah si j’ai peut-être un petit couteau.
Le directeur : Non.
Laurent : Mais avec des ciseaux quand même !
Le directeur : Ca suffira pas.
Laurent : Même pour un hold-up à l’amiable ?
Le directeur : Excusez moi mais je ne vois pas très bien pourquoi je vous remettrai la somme de 500.000 euros si je n’y suis pas contraint et forcé !
Laurent : Mais vous êtes butés ou quoi ? Vous voulez qu’on vienne avec des armes qu’on stresse tout le monde ? Qu’on abatte un otage toutes les 10 minutes, c’est ça que vous voulez ?!
Le directeur : J’ai jamais dis ça !
Laurent : Parce qu’on peut le faire on est pas plus con que les autres ! On peux le faire aussi !
Daniel : Bah oui, ON LE FAIT, ON LE FAIT !
Laurent : C’est compliqué déjà ... Bon écoutez, on va pas tergiverser comme ça pendant des heures, alors je vous montre le scénario avec la version initiale du hold-up, celle qu’on va tourner si vous refusez notre petit arrangement. Voilà. Ca commence là, je vous laisse juge.
Le directeur [Lisant le scénario] : Alors Laurent et Daniel ...
Laurent : Laurent.
Daniel : Daniel.
Le directeur : ... pénètre dans le bureau du directeur, ça c’est moi, après 10 secondes de réflexion ce dernier refuse l’idée d’un hold-up à l’amiable, tu m’étonnes ! Aussitôt Daniel tire froidement une balle dans la nuque de Martine qui s’écroule au sol INERTE ! Attendez Martine, vous voulez dire ma secrétaire ?
Laurent : Ba oui, Martine, oui.
Le directeur : Ah mais attendez parce que quel jour on est ? On est mardi, c’est pas possible parce que j’en ai besoin jeudi pour une réunion très importante !
Laurent : Continuez, continuez !
Le directeur [Qui lit à nouveau] : Devant l’obstination du directeur, les gangsters passent à la vitesse supérieure et abattent immédiatement la moitié des clients présents dans la succursale tout en sodomisant l’autre moitié. Mais qu’est ce que c’est que cette histoire !
Laurent : Continuez, continuez c’est pas fini !
Le directeur : Quand la police arrive enfin sur les lieux le carnage redouble et 23 policiers resteront à terre. 23 !
Laurent : Trois fourgonnettes.
Le directeur : 23 ! Ah non c’est possible en plus y a un problème, ça c’est les policiers du 19 qui vont venir et je les connais tous ! Vous permettez ?
Laurent : Oui bien sur, j’vous en prie.
Le directeur : Alors, j’vais vous dire un truc. Déjà ça c’est non : Martine c’est hors de question, réunion jeudi ! Et pour ce qui est de la sodomie, je vous rappelle que la maison n’a jamais fait appel à des éléments extérieurs pour enculer sa clientèle : c’est notre métier ! Et puis les 23 policiers : c’est non. Voilà toutes ces vie sauvées, je vais vous dire je respire, moi ! Vous avez 2 minutes ?
Laurent : Bien sur.
Le directeur : Je vais au coffre.
Laurent : Ce qui serait bien maintenant, ce serait qui se passe un truc qui relance un petit peu l’intrigue.
Daniel : Ba pourquoi ?
Laurent : Ba pour booster un petit peu le scénario, Daniel.
Daniel : Ba pourquoi ?
Laurent : Ba pour éviter de tomber dans la routine. Tu sais Nietzche disait « La routine c’est l’habitude plus l’ennui ».
Daniel : Ba pourquoi ? Roh non merde, merci les dialogues : toi tu fais des belles phrases, tu cites Nietzche et tout ça et moi c’est « Ba pourquoi » ! Tout pour ta gueule hein.
Daniel : Tu l’as écris avec qui ton scénar ?
Laurent : Tout seul !
Daniel : T’es sur ? Tu t’serais pas fais aider par Marie-Jeanne Tarpé par hasard ?
Daniel : Bon on y va à la grotte ?
Laurent : Ouais.
Daniel : Il est pas raccord ton blouson.
Laurent : J’avais froid, j’ai mis ça deux minutes.
Daniel : Mais on tourne là.
Laurent : Ba je sais bien qu’on tourne Daniel.
Daniel : Ba attends excuse moi mais ... t’es en faux raccord.
Laurent : Les raccords j’les emmerdes, ok ?
Daniel : Moi j’suis désolé : moi j’vois un film, j’vois un faux raccord, moi j’y crois plus, j’décroche hein.
Laurent : Mais arrête de m’emmerder avec ça Daniel ! Quand t’as une bonne réplique au cinéma, que ton blouson soit bleu ou rouge, si la vanne est bonne elle est bonne quoi.
Laurent : C’est qui ?
Danièle Gilbert : C’est Danièle.
Laurent : Danièle comment ?
Danièle Gilbert : Gilbert.
Laurent : Gilbert comment ?





