Fiches de films - Répliques
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Ratatouille
Emile : Ha très bien, et c’est qui Gusteau ?
Rémi : Le plus grand chef du monde, il a écrit ce livre de recettes.
Emile : Attends attends, tu... tu sais lire ?
Rémi : Oui, enfin niveau CM2.
Emile : Ho c’est pas vrai... et papa il est au courant ?
Rémi : Haha, on pourrait remplir plusieurs volumes, toute une bibliothèque avec tout ce que papa ne sait pas. Même 2 bibliothèques. C’est pour ça que j’ai appris à lire. Mais attention, ça doit rester secret.
Emile : J’aime pas les secrets, et toute cette cuisine, et ces lectures et ces émissions de télé pendant qu’on lit et qu’on cuisine. C’est comme si tu me rendais complice d’un crime et je suis consentant. Pourquoi je suis consentant ?
Gusteau [à la télé] : Tout ce qui compte, c’est la cuisine.
Rémi : Ho c’est Gusteau, Emile regarde.
Gusteau : La grande cuisine n’est pas faite pour les timorés. Il faut avoir de l’imagination, de l’audace. Il faut prendre le risque de commettre des erreurs et personne n’a le droit de vous imposer des limites, quelles que soient vos origines, d'où que vous veniez. Votre seule limite, c’est votre âme. C’est la vérité, tout le monde peut cuisiner, mais le véritable génie, n’appartient qu’aux audacieux.
Rémi : C’est de la pure poésie...
Voix à la télé : Malheureusement, cela ne devait pas durer. Le restaurant Gusteau allait perdre une de ses 5 étoiles, à la suite d’une chronique assassine du célèbre critique gastronomique Anton Ego. Ce fut un coup terrible pour Gusteau. Le coeur brisé, il devait décéder peu de temps après, ce qui, conformément à la tradition, entraîna pour le restaurant la perte d’une autre étoile...
Rémi : Gusteau... est mort ?!
Gusteau: Si tu es affamé remonte à la surface et regarde autour de toi. Pourquoi restes-tu là à te morfondre ?Rémi : Ben... je viens de perdre ma famille, tous mes amis, sans doute pour toujours.
Gusteau : Et comment le sais-tu ?
Rémi : ... Tu es une illustration, dans un livre, pourquoi je parle avec toi !!
Gusteau : Hooo tu viens de perdre toute ta famille, tous tes amis. Tu es découragé.
Rémi : Hoho oui. Tu es mort !
Gusteau : Ça doit pas t'empêcher de croire à tes rêves. Si tu fais une fixation sur le passé, tu sauras jamais ce que l’avenir te réserve. Remonte à la surface et regarde.
Larousse : Patron, regardez qui est là. Alfredo Linguini, Le fils de Renata. Il a grandi hein ?! Vous vous souvenez de Renata, le grand amour de Gusteau.
Skinner : Haa ouii... comment allez vous...
Larousse : Linguini.
Skinner : C’est ça Linguini. C’est gentil de venir nous voir. Et comment va...
Larousse : Renata
Skinner : Ha oui, Renata. Comment va t' elle ?
Linguini : Bien. Enfin, pas très bien. Elle est heeuuuu...
Orst : Elle est morte.
Skinner : Oh... toutes mes ... condoléances.
Linguini : Oh nan mais ça va, elle croyait en la vie éternelle. Alors... elle est servie. Question éternité je veux dire.
Linguini [A Rémi, enfermé dans un bocal] : Hoo arrête de me regarder comme ça !! Tu n’es pas le seul à t'être fait piéger ! Ils m’ont demandé de refaire la même recette. J’n’ai pas la moindre prétention, j’n’ai jamais voulu être cuisinier, tout ce que je voulais c'était ne pas avoir de problèmes.
C’est toi qui a fait le malin avec tous ces aromates ! Qu’est-ce que tu as mis dans cette soupe ? De l’origan... nan ? Quoi alors, du romarin ? C’est un aromate hein le romarin...? Tu n’as pas mis de romarin ? Mais qu’est-ce que tu faisais alors avec tes pattes quand tu faisais tomber les les... Hooo... j’en ai besoin de ce boulot. J’en ai perdu tellement. Je ne sais pas faire la cuisine et voilà que maintenant je parle a un rat comme si tu.. HHAAAA Tu as hoché la tête ? Tu as, tu as hoché la tête ? Tu comprends quand je parle ? [Rémi hoche la tête] Je ne suis pas fou alors !! Hé mais attend un peu, attend... Je n’ai aucun don pour la cuisine c’est ça ? [Rémi fait non de la tête] Mais toi... toi oui ?! [Rémi fait un signe de peut-être] Ça va fais pas le modeste t’es qu’un rat après tout. Je ne sais pas ce que tu as fait mais ils ont adoré. Ouiiii... ça pourrait marcher... Ils ont adoré cette soupe ! [Linguini fait tomber le bocal]
Ils ont adoré ta soupe... Est-ce que tu crois que tu pourrais la refaire ? Bon alors je vais te laisser sortir de ce bocal, mais maintenant il faut qu’on soit solidaires d’accord ? Bon bha...
[Rémi se sauve en courant... Puis revient]
Linguini [dans un le frigo] : Bon alors, réfléchissons. Toi tu sais faire la cuisine et moi je sais... je sais... faire heu... l’homme. Il faut qu’on mette au point un système pour que j'exécute les gestes que tu veux que je fasse mais sans qu’on s'aperçoive que je travaille sous le contrôle d’un rat NAN MAIS ECOUTEZ MOI JE SUIS DEVENU COMPLETEMENT DINGUE JE SUIS DANS UN FRIGO EN TRAIN DE PARLER A UN RAT !!
Skinner [A l'extérieur du frigo] : Linguiniiii...?
Linguini : Il faut qu’on communique je ne peut pas être en permanence suspendu à un oui ou à un non.
[Skinner ouvre la porte du frigo. Linguini éteint la lumière et cache Rémi]
Skinner : Oh le rat là je l’ai vu !!
Linguini : Un rat ?
Skinner : Oui oui un rat je l’ai vu à coté de vous !! Mais qu’est-ce que vous faites là ?
Linguini : Euh je me familiarise un peu avec les produits les légumes les...
Skinner : DEHORS !! Pas de familiarités avec les légumes dans mon restaurant !!
Avocat de Skinner : Hé bien, le testament stipule que si au bout d’une période de 2 ans après la date du décès aucun héritier ne s’est présenté, tous les actifs de Gusteau reviendront à son sous-chef. Vous.
Skinner : Je sais ce que le testament stipule ! Ce que je veux savoir c’est si cette lettre, si cet imbécile change quelque chose !
Avocat de Skinner [regardant un portrait de Gusteau] : Il n’y a pas une très grande ressemblance.
Skinner : Il n’y a aucune ressemblance, aucune !! Ce n’est pas le fils de Gusteau. Gusteau n’a pas eu d’enfants. Il fallait que ça arrive maintenant, le délai prévu dans le testament expire dans un mois ! Et tout d’un coup comme ça se garçon arrive porteur d’une lettre dans laquelle sa mère qui vient de décéder prétend que Gusteau serait le père de son fils ?! C’est trèèès suspect !!
Avocat de Skinner : Mais le garçon n’est pas au courant ?
Skinner : Elle assure ne jamais lui avoir dit, à Gusteau non plus. Et elle me demande de garder le secret.
Serveur [Effrayé] : Un client demande ce qu’il y a de nouveau !!
Orst : De nouveau ??
Serveur : Ouiiii qu’est-ce que je leur dis moi ?
Orst : Qu’est-ce que tu leur as répondu ?
Serveur : J’leur ai dit que j’allais demander !
Skinner : Qu’est-ce que c’est que ce bavardage ?
Orst : Quelqu’un a demandé ce qu’il y avait de nouveau.
Serveur : Qu’est-ce que je leur dis ?
Skinner : Qu’est-ce que vous leur avez dit ?
Serveur : J’AI DIT QUE J’ALLAIS DEMANDER !!
Skinner : L’occasion est venue de mettre vos talents en pratique Linguini. Une magnifique recette tombée en désuétude. Les riz de veau à la Gusteau. Colette vous aidera.
Colette : Oui chef.
Skinner : Au travail. Vivement. Nos clients ont faim.
Larousse : Vous êtes sûr ? Cette recette était un désastre, Gusteau lui même l’a reconnu.
Skinner : C’est justement le genre de défi qui convient à un jeune chef.
Colette : Riz de veau à la Gusteau. Riz de veau cuit dans une croûte de sel marin aux algues avec des tentacules de sèche, de la purée de cynorhodons, des oeufs d’esturgeon, des champignons Japonais, et des anchois au jus de réglisse... Heeuuu celle là j’la connaissais pas.
Linguini [pompette] : Hey pourquoi on appelle ça comme ça ?
Skinner : Quoi ?
Linguini : La ratatouille. C’est un ragoût de légume c’est ça ? Pourquoi ils ont appelé ça comme ça ? Quand on baptise un plat tant qu’à faire il faut choisir un nom appétissant. Ratatouille c’est pas du tout appétissant, ça fait penser a un rat, écrabouillé. Un rat écrabouillé c’est pas du tout appétissant ça.
Rémi : Nan papa, je ne suis pas d’accord. Ce que tu es en train de me dire c’est que l’avenir ne peut pas avoir un autre visage que celui là ?
Père de Rémi : Oui. Les choses sont ainsi faites. On ne peut pas changer la nature.
Rémi : La nature n’est faite que de changements papa. On peut faire évoluer les choses, chacun à son niveau. Et ça commence le jour où on le décide.
Père de Rémi : Où vas-tu ?
Rémi : Avec un peu de chance, je vais de l’avant.
Ego : Vous êtes lent pour quelqu’un qui veut brûler les étapes.
Linguini : Et vous vous êtes maigre pour quelqu’un qui aime la cuisine.
Ego : Sachez que je n’aime pas la cuisine, mais que je l’adore. Et si je ne suis pas séduit cher monsieur, je recrache le tout ! Je reviendrai donc demain soir avec de grandes espérances. Priez pour que je ne sois pas déçu.
Linguini : Je sais que ça a l’air insensé mais la vérité aussi quelque fois elle parait folle et pourtant c’est quand même la vérité. Et la vérité c’est que je n’ai pas le moindre talent. Mais ce rat, C’est lui le créateur de tous ces plats, c’est lui le cuisinier, le vrai cuisinier. Il était caché sous ma toque, il guidait tous les gestes, c’est grâce à lui que je peux cuisiner ces plats qui ont enthousiasmé tout le monde et qui ont fait que Ego est assis dans la salle ce soir. Le don que vous m’avez attribué en fait c'était le sien. C’est difficile à croire je sais bien mais vous avez bien cru que je savais faire la cuisine. Écoutez. Ça marche. C’est bizarre mais ça marche. On peut devenir le plus grand restaurant de Paris et ce rat, ce petit chef de génie sera notre guide.
[Il sort la fiche de la ratatouille]
Colette : De la ratatouille ? C’est un peu rustique. Tu es sûr que c’est ça que tu veux servir à Ego ?
[Rémi acquiesce]
Ego [Voix off] : A bien des égards la tache du critique est aisée. Nous ne risquons pas grand chose, et pourtant nous jouissons d’une position de supériorité par rapport a ceux qui se soumettent avec leur travail à notre jugement. Nous nous épanouissons dans la critique négative, plaisante à écrire et à lire. Mais la mère vérité qu’il faut bien regarder en face c’est que, dans le grand ordre des choses, le met le plus médiocre a sans doute plus de valeur que notre critique qui le dénonce comme tel. Il est pourtant des circonstances où le critique prend un vrai risque. C’est lorsqu’il découvre et défend l’innovation. Le monde est souvent malveillant à l’encontre des nouveaux talents et de la création. Le nouveau a besoin d’amis.
Hier soir j’ai vécu une expérience inédite et dégusté un plat extraordinaire d'une origine singulière s’il en est. Avancer que ce plat et son créateur ont radicalement changé l’idée que je me faisais de la grande cuisine serait peu dire. Ils m’ont bouleversé au plus profond de mon être. Je n’ai jamais fait mystère du mépris que m'inspirait la devise d’Auguste Gusteau "Tout le monde peut cuisiner !". Mais ce n’est qu’aujourd’hui, aujourd’hui seulement que je comprends vraiment ce qu’il voulait dire. Tout le monde ne peut pas devenir un grand artiste, mais un grand artiste peut surgir n’importe où. Il est difficile d’imaginer un régime plus modeste que celle du génie qui officie maintenant chez Gusteau et qui est a nos yeux, rien moins que le plus grand cuisinier de France. Je retournerai bientôt chez Gusteau... plus affamé que jamais.





